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Vendredi 27 juin 2008
Dépeche AFP:
Le défenseur central Lilian Thuram (36 ans), qui devait signer au Paris SG, a annoncé vendredi lors d'une conférence de presse qu'il souffrait d'une "malformation cardiaque", détectée lors de la visite médicale, qui l'empêche de s'engager avec le club parisien.  
"Si je tiens cette conférence de presse, ce n'est malheureusement pas pour annoncer mon engagement au Paris SG, mais pour vous dire que les médecins ont détecté une malformation cardiaque, a déclaré le joueur. Il semble que ce soit la même maladie que mon frère a eue il y a quelques années et qui lui a coûté la vie sur un terrain de basket".


Le gars a 36 ans, est footballeur pro depuis 20 ans et détient le record de sélections en équipe de France, et les médecins ne s'aperçoivent de son probleme cardiaque que maintenant?
Y nous prendraient pas un peu pour des cons, le PSG et Thuthu la?
Si j'étais un tenant de la théorie du complot, je dirais que tout ce foin a été organisé pour faire un peu mousser la cote médiatique du PSG, montrer qu'il est toujours capable d'attirer des grands joueurs (meme sur le déclin) et ainsi favoriser leur campagne de recrutement. Thuthu, plus capable de jouer parce que plus au niveau (mais personne ne le sait - a part peut-etre ceux qui ont vu France-Pays Bas-) aurait touché un petit cheque pour nous faire ce coup du genre "ah comme j'aimerais jouer dans ce grand club qu'est le PSG mais malheureusement, mon coeur, ah la la".
Ou alors, plus simplement, les dirigeants du club sont des blaireaux. Une fois de plus. Avec Villeneuve en nouveau président, avouez que ça ne serait pas tres étonnant.
par mixlamalice publié dans : C'est bon de rire parfois
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Jeudi 26 juin 2008
Je ne sais pas si cette vieille suceuse de La Fontaine a pompé cette fable sur Esope comme une grande partie des autres:

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une mourante vie ;
Nul mets n'excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d'amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d'honneur.
Et quant au Berger l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'Ane vint à son tour et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de Moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

En tout cas, la morale n'a jamais vraiment été démentie depuis. A tel point que ça a fini par devenir légitime (au sens littéral). Du coup, c'est devenu un poil plus subtil aussi: maintenant, quand on est puissant et qu'on commet un gros crime, on peut etre coupable, mais la punition sera juste moins sévere que celle réservée a un misérable qui commet un petit crime. Si on en a les moyens, et c'est somme toute logique, mieux vaut voler un boeuf qu'un oeuf. Ou avoir des hommes de main plutot que de tabasser soi-meme une petite vieille.  

Par exemple, au hasard:
Un prof, apparemment un peu fragile psychologiquement parlant et qui a reconnu les faits, risque 5 ans de taule pour avoir giflé un gamin de onze ans qui l'avait traité de connard. Le pere du miard, un policier, a porté plainte pour "violences sur mineur de moins de 15 ans".
Noël Forgeard risque pour son délit d'initié (2.5 millions d'euros dans la poche pendant que le blaireau de base voyait une semaine plus tard ses trois actions se casser la gueule et ses perspectives de vacances a la Baule s'envoler en fumée) 2 ans de prison. Pour avoir presque coulé la boite et pris 8 millions et quelques pour daigner se barrer, il n'a aucun compte a rendre.

Vous me direz que ça n'a pas grand chose a voir et vous aurez raison. Mais personnellement, en toute subjectivité et sans aucune notion de droit, puisqu'on en est a parler de tarte dans la gueule, il y en a un qui, a mon humble avis, en mériterait quelques unes de plus que l'autre (surtout quand, non content de prendre le pognon, il se permet en plus sans vergogne de la ramener en jouant la pucelle effarouchée). 
par mixlamalice publié dans : Réflexions indispensables
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Jeudi 26 juin 2008

Bon, je vous l'ai déja dit et pour les trois que ma vie intéresse, je vais vous le répéter: je pars en conf' ce dimanche, pour quatre jours a Rhode Island, lieu de villégiature des riches new yorkais au début du 20eme siecle, et donc fameux pour ses "résidences secondaires", manoirs immenses et maintenant pour la plupart désertés. Connaissant le bon gout des nouveaux riches en général et des nouveaux riches américains en particulier, j'imagine que le style, a mi-chemin entre les chateaux de la Loire et l'architecture de la renaissance italienne version Disneyland, doit valoir le coup d'oeil.

Bref, je présente un poster a cette conférence.
Pour ceux qui n'y connaissent rien, un poster, c'est une présentation de sa recherche sur une affiche d'un metre carré. Généralement on affiche tout ça dans une piece prévue a cet effet, et les gens viennent y jeter un oeil aux créneaux horaires consacrés: il est de bon ton pour l'auteur de se tenir a coté de son poster et d'appater le chaland "elle est belle ma recherche viendez msieurdames" (ou, plus prosaïquement en portant un décolleté avantageux si vous etes de sexe féminin).
Chez nous en France, avoir un poster, c'est un peu la honte (normalement si t'es bon, on te file une présentation orale). Du coup les gens ne font pas vraiment l'effort de faire semblant de s'intéresser (généralement ils ne viennnent meme pas dans la piece) et ça peut etre assez humiliant. Si vous etes deja allés au salon du vin ou au salon du livre, vous avez sans doute imaginé ce que ressentait le pauvre type dont le stand est déserté (surtout si ceux autour sont pleins). C'est un peu pareil.
Mais ici, c'est tout a fait respectable et respecté de "n'avoir qu'"un poster surtout si on est étudiant ou post-doc, et la plupart des profs sérieux passent beaucoup de temps a venir regarder et a discuter avec les propriétaires. Dans certaines conférences gigantesques, il y a meme un nombre non négligeable de personnes qui préferent avoir un poster avec une journée entiere pour l'exposer plutot qu'un speech de 10 minutes et 2 minutes de questions intercalé entre 213 autres speechs.
La conférence ou je vais est également d'un type particulier puisque seuls les conférenciers invités, généralement des seniors réputés, ont un oral. Tous les autres, thésards, post-docs ou meme jeunes professeurs (ou peu connus professeurs) se contentent du poster.

Le gros avantage de cette communication sous forme d'affiche, c'est que c'est moins stressant qu'un oral, parce que moins formel: pas vraiment besoin de préparer son speech, il faut savoir ce qu'on va raconter certes, mais l'échange se fait généralement sous forme de discussion. 
Du coup je me sentais plutot peinard en début de semaine.
Oui, mais j'avais oublié que le gros inconvénient, c'est que c'est surchiant a préparer. Oui, beaucoup plus qu'un oral.

Dans tous les cas, il faut se servir de Powerpoint, mais pour l'affiche, le format étant inhabituel (A0), on s'expose a toutes sortes de "bugs" liés aux changements de taille des graphes ou photos que vous souhaitez y incorporer. Et puis, il faut etre plus synthétique que pour un oral, et veiller au didactisme de l'organisation pour que le visiteur puisse comprendre le plus possible meme si vous n'etes pas la pour le guider.

Tout semblait pourtant ici fait pour me simplifier la vie: un "template" commun au département, permettant de préparer sa présentation comme pour un oral avant de la transférer dans le "template" censé tout mettre en place automatiquement.
Que nenni. J'ai failli de rage défoncer un ordi ou manger ma godasse plus d'une fois hier. Alors que ma présentation était prete, relue et corrigée, et que je pensais naïvement qu'il me faudrait une heure au plus pour obtenir mon affiche.

Hélas. La manuel d'utilisation du "template" donnerait une migraine a un informaticien bouddhiste.
Chaque slide de la présentation doit etre sauvegardé sous forme d'image pour etre transféré dans le "template" (premiere cause d'incompatibilité informatique, et de perte de résolution aussi).
Apres avoir passé deux heures a tout arranger, il faut ensuite changer le format de l'affiche en passant en pdf (deuxieme source d'incompatibilité informatique, et de perte de résolution aussi). Le convertisseur pdf était également installé sur un ordinateur n'ayant pas la meme version powerpoint que mon ordinateur (troisieme source d'incompatibilité, malgré la certification "mode compatible" de ma sauvegarde): j'ai fini par craquer et installer un convertisseur pdf gratuit sur mon ordinateur, sinon j'y serais encore.
Puis il faut aller imprimer le fichier pdf sur l'imprimante spéciale affiche, qui est pilotée par un Macintosh. Je n'aime pas trop les Macs mais la n'est pas la question: dans tous les labos que je connais, soit tout le labo est sous PC soit tout le labo est sous Mac, mais je n'avais jamais vu de mélange (vu tous les problemes d'incompatibilité justement). Bref, apres avoir tout fait sur PC, je me retrouve a essayer d'imprimer mon truc sur Mac, avec un logiciel impossible a comprendre (bénéficiant de l'aide d'un thésard nous avons passé plus d'une heure a réussir a imprimer au bon format, apres 12 tentatives ou nous avons obtenu une impression A4 sur une feuille A0...).
Quand finalement l'impression est sortie au bon format, je me suis rendu compte que mes images étaient de qualité minable: retour a la premiere étape.

Enfin bref, ça m'a pris toute la journée (a part deux heures ou j'ai mangé, fait une manipe et regardé la fin du match Turquie-Allemagne, ou plutot l'absence de retransmission pour cause de probleme technique, ce qui m'a permis comme vous vous en doutez de décompresser...). Ce matin enfin, 24 heures plus tard qu'escompté, je tiens mon poster en main. J'ai cru jusqu'au dernier moment que l'imprimante tomberait en panne d'encre, mais le Destin, qui avait du avoir son quota de rigolade pour la semaine, a daigné m'épargner ça.

Maintenant je peux me préparer mentalement a glandouiller sec la semaine prochaine.

Bon, je suis pas tres fier de moi sur cet article, j'ai toujours du mal a rendre de maniere efficace les petits tourments du quotidien. C'est la qu'un Stephen Mc Cauley est tres fort.
 

par mixlamalice publié dans : La recherche
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Mardi 24 juin 2008
Oui, ça a l'air con comme ça. Mais en fait...
Non, bon, je sais pas, ça a quand meme l'air con:

"Pouvoir d'achat : le gouvernement consacre 4,3 millions d'euros à expliquer sa politique" (titre dans le Monde d'hier)

"Les Français s'impatientent de sentir l'impact des réformes sur leur pouvoir d'achat? Le gouvernement aussi. Presque sous forme d'aveu, François Fillon a lancé, lundi 23 juin, une campagne de communication gouvernementale sur le thème : "Pouvoir d'achat : vous êtes impatients? Nous aussi!" Promoteur de cette campagne, le premier ministre n'en est pas le concepteur. Elle a été préparée par l'ancien publicitaire Thierry Saussez, choisi par Nicolas Sarkozy le 16 avril pour devenir le délégué interministériel à la communication et prendre la tête du service d'information du gouvernement (SIG).
M. Saussez n'a pas fait dans la demi-mesure : l'Etat va dépenser 4,3 millions d'euros pour diffuser 1630 fois les spots publicitaires sur l'ensemble des chaînes hertziennes et celles de la TNT.
La campagne télévisée, conçue par l'agence Young & Rubicam, donne le mode d'emploi de quelques mesures phares du gouvernement : la défiscalisation des heures supplémentaires, l'exonération d'impôt sur le revenu des emplois étudiants et la diminution du montant de la caution locative à un mois de loyer."

par mixlamalice publié dans : C'est bon de rire parfois
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Lundi 23 juin 2008
Avec ma douce, nous avons assisté a deux concerts ce week-end, chose que nous n'avions pas fait depuis longtemps, en solo ou en duo.
Iron Maiden le vendredi soir, Yael Naïm le samedi soir. On peut difficilement plus éclectique, et mon but ici n'est pas de comparer qualitativement les prestations de l'icone heavy metal des 80's avec la nouvelle perle franco-israëlienne de la world-folk (je n'ai pas lu Télérama donc je ne sais pas sous quelle catégorie elle a été placée), mais de vous livrer quelques impressions a posteriori.

Iron Maiden est probablement "mon groupe préféré", pour reprendre la terminologie des fans de moins de 16 ans.
J'en ai parlé assez peu ici, car c'est un groupe plus "consensuel" que Manowar. Qu'on aime ou pas leur musique, Maiden est un groupe sérieux, pas franchement ridicule (certes ils portaient du cuir ou des spandex dans les années 80, mais ils n'ont jamais sombré dans la peau de bete, le maquillage ou la permanente) qui personnifie le hard-rock heavy-metal sans trop de clichés, un peu comme AC/DC ou Metallica avant que ces derniers ne succombent a la teinture peroxydée, a la psychothérapie de groupe et au néo-metal.
Bref, il n'y a pas vraiment de quoi se marrer en parlant d'Iron Maiden (ils n'ont meme pas pour eux de se droguer ou de se taper Pamela Anderson), du coup, je reste concentré sur Manowar ou W.A.S.P. quand je souhaite communiquer au monde ma passion pour la musique douce.

Toutefois, c'est par ce groupe que je me suis vraiment intéressé a la musique, et que je suis ainsi devenu, moi aussi, un fan de moins de 16 ans tendance rebelle.
Auparavant, j'écoutais NRJ ou Foun Radio, quelques cds de mon frangin, un peu tout et n'importe quoi, mais en dilettante, sans que cela soit vraiment quelque chose d'important pour moi comme la lecture pouvait l'etre.
Et puis, un jour de 1996, je me suis retrouvé a la Fnac et ait été intrigué par la superbe (et de bon gout) pochette du X-Factor , le premier album de Maiden post-Dickinson (le chanteur emblématique, parti apres l'album Fear of the Dark, en 1992).


Je connaissais déja un peu Iron Maiden, par le biais de leurs lives de la tournée Fear of the Dark justement, dont j'avais enregistré sur cassette quelques titres apres avoir emprunté les cds a la médiatheque niçoise.
Cet album a été pour le moins décrié par la suite (pas que pour sa pochette, et un peu abusivement a mon gout), mais l'écoute de la premiere chanson (Sign of the Cross) et sa géniale montée en puissance introductive ont été la premiere claque musicale de ma vie, et ont signé mon entrée dans le fan club éternel de Maiden.
Meme si j'ai depuis largement élargi mon horizon musical, je leur reste sentimentalement tres attaché, et continue a aller les voir des que possible en concert (le groupe ayant été fondé fin des années 70, les musiciens ont maintenant la cinquantaine bien tassée, et sont donc plus proches de la retraite que du début de leur carriere: je me dis donc que chaque concert auquel j'assiste est potentiellement le dernier). 

Pour la petite histoire, Maiden s'est reformé en 2001 (i.e., ils ont fait revenir Bruce Dickinson - ainsi que le guitariste Adrian Smith- et ont viré Blaze Bayley qui l'avait remplacé sans démériter). Pour etre franc, je crois que la reformation a eu pour principale raison le pognon plutot qu'une quelconque vélleité artistique, mais toujours est-il que, le retour du rock au top de la mode aidant, Iron Maiden connait depuis une deuxieme carriere exceptionnelle, enchainant des albums de qualité respectable (contrairement a pas mal d'autres groupes eux aussi reformés pour des questions pécuniaires) et remplissant des salles de superficies inégalées depuis leur heure de gloire au milieu des années 80, et ce partout dans le monde.

Bref, revenons a notre concert. A Mansfield, MA, 30 minutes au sud-ouest de Boston, dans un amphithéatre en plein air, a moitié couvert, d'une capacité que je situerais entre le Zénith et Bercy (disons dans les 10000 places ou moins - apres vérification, il semble que ce soit plutot 15000, plus grand que ce qu'il m'avait semblé).
La tournée actuelle est censée etre focalisée sur les quatre albums qui ont amené Maiden a la gloire (Piece of Mind, 1983, Powerslave, 1985 et sa tournée pharaonique, c'est le cas de le dire, Somewhere in Time, 1986 et Seventh Son of a Seventh Son, 1988). Ils avaient déja suivi le meme principe avec leur trois premiers albums en 2005 pour une tournée intitulée Early Days.
J'ai été un peu déçu que, contrairement a cette fois la, ils n'aient pas joué le jeu a 100% et aient malgré tout interpreté 5 classiques n'ayant pas été composés dans cette période. Comme ils ne passent pas toujours par les USA (le heavy metal "classique" n'est pas en odeur de sainteté ici, du fait de groupes plus modernes comme Slikpnot, et Maiden est sans doute l'un des seuls représentants du genre a pouvoir se permettre d'y venir tout de meme sans se ruiner), je ne sais pas si la set-list est un spécial best-of pour la foule ricaine sevrée, ou si elle sera la meme en Europe. Dans ce cas la, ce serait dommage, car ces 5 classiques, je les ai entendus a chaque tournée de Maiden depuis 2001, c'est a dire au moins 5 fois, et je dois avouer que j'aurais préféré m'en passer cette fois-ci au profit de titres plus joués sur scene depuis 20 ans (cela dit, il y a eu tout de meme 5 ou 6 chansons "inédites" en live, tout au moins de mon temps).

Toutefois, a part ce petit reproche, et la pluie qui a donné a la performance un coté rock'n'roll pas forcément apprécié de ma douce un brin frigorifiée, l'ambiance festive et familiale typiquement américaine était plutot plus sympa que chez nous et le concert était globalement tres bon. Comme toujours avec Maiden. Les décors et la pyrotechnie étaient phénoménaux, et Iron Maiden, malgré les années qui passent, reste un grand groupe de scene, tres pro, tres carré.
Et c'est la que je voulais en venir. Tres pro, tres carré, et, me dis-je, limite trop. Attention, rien a voir avec par exemple Muse et son chanteur-guitariste talentueux mais aussi charismatique qu'un caramel mou, qui enchaine tous ses titres non-stop, sans un mot au public, et avec exactement la meme sonorité "parfaite" que sur album. Il y a incontestablement plus de vie chez Maiden, mais tout de meme, le show est calibré pile-poil, les speechs sont bien rodés, la set-list est la meme chaque soir, et ils ne feront jamais une chanson de plus pour récompenser un public particulierement chaleureux, par exemple. Bon, je ne leur en veux pas, et je comprends qu'apres 30 ans a faire ça, on perde un peu la spontanéité des débuts.
Mais la différence avec Yael Naïm le lendemain m'a sauté aux yeux. Yael Naïm, israëlienne vivant a Paris, est connue depuis peu pour sa jolie chanson New Soul qui a fait la pub ici pour le nouveau Mac. Son premier album est tres sympa, les chansons agréablement mélancoliques, avec des instrumentations intéressantes et un beau brin de voix.
Samedi soir, on les (elle et ses trois musiciens) sentait authentiquement heureux d'etre la, spontanés, complices, souriants, encore émerveillés par la présence du public et le remerciant a tour de bras, allongeant les chansons pour faire chanter la foule, improvisant allégrement etc. Vraiment un chouette concert dans une chouette salle (une sorte d'Olympia rutilante appartenant a la fac de musique de Boston), avec une premiere partie elle aussi tres agréable (Piers Faccini, un jeune anglais, croisement entre Bob Dylan et Ben Harper - pour lequel il a d'ailleurs ouvert- période Blind Boys of Alabama).

Quoi qu'il en soit, deux bons moments.
par mixlamalice publié dans : Musico-littéro-gastro, l'Art en somme
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