Avant d'en parler, je vais commencer par en faire une, de citation.
"Si, pour enjoliver votre argument, vous citez un sombre inconnu, ça ne sert à rien, autant vous abstenir." Mon prof de français de prépa.
Remarquez ici le paradoxe étourdissant et génial (je m'impressionne de temps à autre), puisque j'applique dès mon début d'argumentaire l'antithèse de la citation susmentionnée, mon prof de français n'ayant, je crois, pas accédé entre temps à la célébrité.
Il n'empêche, je pense qu'il a raison. Et le corollaire, citer quelqu'un de plus ou moins unanimement balèze, ça peut permettre de renforcer l'argument. Attention, ça ne doit pas le remplacer (défaut malheureusement trop souvent observé), sinon ça ne compte pas.
Autre concept: citer peut être un moyen de montrer qu'on a été touché par une phrase, qu'elle nous a fait réfléchir. Dans mes lectures, je suis plus souvent marqué par quelques passages brefs, des "citations" qui m'ont amené à débattre intérieurement (à me reconnaître, à approuver, à contredire, à réfléchir en somme), que par la généralité de l'ouvrage (même si le style est souvent le facteur prédominant qui me fait m'attarder ou non). Je préfère par exemple Bukowski et ses histoires au renouvellement nul mais avec ses petites phrases parfois géniales de cynisme à la platitude gentillette de romans pourtant mieux ficelés.
Pour conclure avec deux citations à propos des citations cet article sur les citations:
"Je me cite souvent, cela apporte du piment à ma conversation" de Georges Bernard Shaw
"Les citations sont les pilotis de l'écrivain fantôme: sans elles, il s'enfoncerait dans le néant", de Erik Orsenna.
Je vous laisse, amis lecteurs, le soin de les interpréter à votre guise.
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