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Mercredi 8 février 2006

Avant d'en parler, je vais commencer par en faire une, de citation.

"Si, pour enjoliver votre argument, vous citez un sombre inconnu, ça ne sert à rien, autant vous abstenir." Mon prof de français de prépa.

Remarquez ici le paradoxe étourdissant et génial (je m'impressionne de temps à autre), puisque j'applique dès mon début d'argumentaire l'antithèse de la citation susmentionnée, mon prof de français n'ayant, je crois, pas accédé entre temps à la célébrité.

Il n'empêche, je pense qu'il a raison. Et le corollaire, citer quelqu'un de plus ou moins unanimement balèze, ça peut permettre de renforcer l'argument. Attention, ça ne doit pas le remplacer (défaut malheureusement trop souvent observé), sinon ça ne compte pas.

Autre concept: citer peut être un moyen de montrer qu'on a été touché par une phrase, qu'elle nous a fait réfléchir. Dans mes lectures, je suis plus souvent marqué par quelques passages brefs, des "citations" qui m'ont amené à débattre intérieurement (à me reconnaître, à approuver, à contredire, à réfléchir en somme), que par la généralité de l'ouvrage (même si le style est souvent le facteur prédominant qui me fait m'attarder ou non). Je préfère par exemple Bukowski et ses histoires au renouvellement nul mais avec ses petites phrases parfois géniales de cynisme à la platitude gentillette de romans pourtant mieux ficelés.  

Pour conclure avec deux citations à propos des citations cet article sur les citations:

"Je me cite souvent, cela apporte du piment à ma conversation" de Georges Bernard Shaw

"Les citations sont les pilotis de l'écrivain fantôme: sans elles, il s'enfoncerait dans le néant", de Erik Orsenna.

Je vous laisse, amis lecteurs, le soin de les interpréter à votre guise.

par mixlamalice publié dans : Musico-littéro-gastro, l'Art en somme
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Jeudi 2 février 2006

Le style est sans doute l'un des fondements de la littérature. Pour devenir un bon écrivain, il faut "trouver son style".

J'essaie de trouver le mien ici.

Et, quand j'analyse rétrospectivement ce que j'écris, je me dis que, peut-être, j'ai un style. Tout au moins dans mes chroniques que je qualifierais de "légères". Un style forcément inspiré (serais-je le nouveau Desproges?) quoique pas toujours très inspiré (quel talent de jongleur des mots). Bref, c'est sans doute ce que j'écris de mieux.

Le bât blesse lorsque je m'attaque à des sujets plus "sérieux". Je suis plus hésitant, je le sens lorsque j'écris. Je me tâte, car le ton décalé qui me vient naturellement  n'est pas toujours adapté pour des thèmes qui me tiennent à coeur.

Alors je me tourne vers mon idole, vers ce cher Victor. Comme je l'ai expliqué ailleurs, Hugo est très fort pour exposer ses idées. Il procède par phrases courtes, à la limite du péremptoire, mais qui s'enchaînent à merveille pour produire une argumentation sans faille, même si le point de vue défendu semble a priori litigieux. A un point tel que c'en est agaçant.

Vous remarquerez que, dans mes chroniques "sérieuses", je recours, plus ou moins consciemment, à ce procédé de phrases courtes (que j'essaye de rendre cinglantes). Malheureusement, n'est pas Victor Hugo qui veut, et je crains que ce que je ponds ne ressemble plus à des articles politiques de Paris-Match.

Bof. Je suis aussi là pour progresser.

par mixlamalice publié dans : Musico-littéro-gastro, l'Art en somme
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Jeudi 2 février 2006

Malgré le titre trompeur, je ne compte pas parler ici de ma bite. Je ne souffre pas, tel Napoléon, de priapisme.

Je voulais plutôt souligner que la cadence blogienne n'est pas tous les jours facile à tenir.

Pour fidéliser la clientèle lectrice, il me faut écrire encore et encore. Trois jours sans chronique, et l'audience baisse dangereusement.

Or , mon travail, parfois, me passionne. Ne riez pas.

D'autres fois, l'inspiration n'est pas au rendez-vous. Quand je n'écris pas, hein. Quand j'écris, vous trouvez peut-être que je n'ai pas d'inspiration non plus, mais c'est une histoire d'échelle de valeurs. La par exemple, vous vous dites que je racle les fonds de tiroir. Ca ne vole pas bien haut tout ça. Originalité, néant.

Mais je suis seul. Avec mes petits doigts boudinés, et même avec la meilleure volonté, il m'est difficile d'écrire assez pour contenter l'appétit littéraire du badaud. D'écrire toujours à un niveau stratosphérique, comme dirait Georges Eddy. Et c'est pour ça que, rentré chez lui, il se jette sur le dernier Ana Gavalda dès qu'il a fini le nouveau Dan Brown.

Je porte une lourde responsabilité, parfois difficile à assumer.

par mixlamalice publié dans : La vie de Mix
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Samedi 28 janvier 2006
"Que c'est beau d'être un homme". C'est le slogan de la dernière pub Nennen. Ou Mivea, je ne sais plus.
Toujours est-il qu'en l'entendant, j'ai souri, en imaginant qu'une caméra me filmait au moment même où cette phrase était prononcée.
Samedi matin, je viens de me réveiller. Ma moitié est absente pour le week-end. Je suis vautré sur le canapé, torse nu, portant un calebard d'une propreté douteuse, pas rasé, l'oeil torve et me grattant nonchalamment le bas ventre à la  Al Bundy, devant l'EquipeTV. Sur la table les restes de repas de la veille s'amoncellent. Mes fringues sont éparpillées par terre.
Oui, c'est beau d'être un homme.
par mixlamalice publié dans : Réflexions indispensables
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Jeudi 26 janvier 2006

Deux prostitués de Tel-Aviv, attendant le client dans une ruelle sordide. Nuit noire.

Ils discutent. Désenchantés. "Même la merde a une meilleure vie que nous."

"Quand est-ce que notre vie va commencer?", dit l'un.

L'autre réfléchit quelques instants, puis dit: "Quand Dieu sera mort".

Image forte, dialogue poignant, phrase choc. Pourtant ce n'est pas un film, ce n'est pas pour de faux. C'est un documentaire, la réalité.

Et effectivement, on peut se demander si la mort de l'idée de Dieu dans le coeur des hommes ne serait pas la solution à bien des maux. Car la foi peut-être à la fois (hihi) un des plus beaux moteurs de vie, mais aussi l'un des plus terribles fléaux de l'existence. Que donnerait un monde sans Dieu? Un monde enfin libre, ou un monde morne et sans but? La réponse, personne ne la connaît, puisque Dieu a toujours été présent et ce n'est pas parti pour s'arrêter prochainement. L'idée de Dieu, éternelle, ne serait-elle pas la meilleure preuve de son existence? Quoiqu'il en soit, j'aimerais bien connaître la mort de Dieu.

Pour m'éloigner un peu de la théologie, encore que (si le sujet de ce qui va suivre était totalement disjoint de celui qui précède, je n'en parlerais pas dans la même chronique, hein, bon), je souhaiterais commenter une idée de Rushdie. Rushdie, condamné à mort pendant une dizaine d'années par une fatwa iranienne pour avoir écrit les Versets Sataniques, est profondément athée et fervent défenseur de la laïcité.

Pour lui, la laïcité, c'est aussi avoir le droit de critiquer les religions. Il s'oppose aux musulmans, juifs, chrétiens, qui voudraient que les atteintes verbales à leur religion soient interdites. Son idée est que cela revient à détruire la liberté de pensée (comme Florent Pagny) et que c'est là le premier pas vers la dictature.

J'ai l'honneur de ne pas être complètement d'accord. Ou plutôt, je le suis dans la théorie hypothétique où l'Homme serait bon et juste (idée qui a pris un coup dans l'aile depuis le communisme soviétique ou chinois, et le régime national socialiste -pour ne citer que les exemples les plus "banals"), mais je ne le suis plus dans la pratique. Car, en France, par exemple, ce même argument de liberté de pensée est utilisé par un gros con de droite qui déclare à l'Assemblée ou je ne sais où que les pédés sont inférieurs aux hétéros et qu'ils représentent une menace pour l'humanité. C'est cette même liberté de pensée qui sert d'arguments à tous ces gros cons de droite qui nous vendent de la peur depuis des années, parlant à tout va de racailles, de nettoyage de la France, de polygamie, d'islamisme intégriste (on en revient à la religion), j'en passe et des moins jolis. Je ne pense pas que ces messieurs aient les mêmes nobles idées que monsieur Rushdie sur la démocratie et la liberté. Et pourtant ils utilisent le même argument que lui. Cela m'empêche donc quelque peu d'y adhérer.

par mixlamalice publié dans : Réflexions indispensables
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