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Mardi 11 avril 2006

Le poête au front soucieux, penché sur son pupitre, cherche l'inspiration. L'image est datée, sans choix.

Non, c'est nul. Rature.

Ou plutôt, un monde moderne. L'écrivain, devant son ordinateur, se démène sur son traitement de texte, tapotant fiévreusement de ses deux index rougis par l'effort son clavier.

Non, c'est nul. Touche supprimer. Grave erreur, perte de mémoire instantanée, pas d'amélioration, pas de réécriture possible.

Un mot ajouté par ci par là, un adverbe en moins, un synonyme, revenir sans cesse sur une phrase, travail sur la forme, mais le fond y reste.

Le lectorat se lasse, l'impatience guette.

L'éthique personnelle en jeu: prêt à tout pour séduire? pour maintenir des liens?

Parler de football, de critique cinéma, de critique littéraire, de politique? Ne faire que critiquer, commenter, abandonner le créer. Trop facile.

Attendre, tout simplement, que ça vienne? Dur. Peur du vide, peur de l'abandon. Pression qui augmente. Réflexion qui s'embrume, obnubilée.

Penser à autre chose, écouter son i-pod, se ronger un ongle, fumer une cigarette, corriger ce qui précède, on n'avance plus.

Ecrire ce qui passe par la tête. Ok, on tente. Patrick Bruel et le World Poker Tour, tiens le nouveau première est sorti, pointues les griffes de Serval, les doigts s'emballent, rognure d'ongle coincé entre les dents, désagréable, chanson pourrie je zappe, fais beau mais pas chaud. Mallarmé applaudis-moi.

par mixlamalice publié dans : Musico-littéro-gastro, l'Art en somme
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Vendredi 31 mars 2006

Mais qui est vraiment ce petit trou de balle donneur de leçons, qui veut devenir fonctionnaire -chercheur au CNRS-, conchie la droite libérale, et qui pourtant prend position contre les jeunes rebelles anti-CPE, vous demandez-vous sans doute à la lecture de mes confuses chroniques.

Je vais tenter de répondre avec qui ça? Avec brio, bien sûr.

Tout d'abord, un homme, me semble-t-il, doit être fait de contradictions et de doutes pour mériter un tant soit peu d'intérêt. Rien de plus affligeant que les crétins bornés, sûrs d'eux et convaincus des vérités intangibles de leur conn(erie)aissance universelle et monobloc. La seule certitude que j'ai c'est d'être dans le doute (ça m'agace, j'ai l'impression que cet homme là a dit bien mieux que je ne le ferai jamais bon nombre de mes non-convictions profondes).

Bref, je suis fait de contradictions, ce qui explique la prétendue nébulosité de mes opinions éclairées. Si je me casse la voix aux concerts métalliques d'Iron Maiden, j'ondule mon corps de bonheur en écoutant Boney M. Si mon goujon frétille devant la beauté des poèmes de mon cher Victor, faire caca en lisant l'Equipe ou Entrevue me ravit également. Si j'apprécie la profondeur subtile de certains dialogues de Woody Allen, je m'esclaffe niaisement et grassement devant les farces stupides mais parfaitement assumées des frères Farelly.

Ceci mis au clair, j'en reviens au problème politique secouant notre beau pays actuellement, pour tenter d'expliquer au mieux mon point de vue (qui, j'en suis conscient, n'intéresse que moi, n'ayant pas la fibre prêcheuse).

Mon but dans les lignes qui vont suivre n'est pas de juger de la qualité de la réforme CPE. Je souhaiterais simplement souligner que le gouvernement ELU démocratiquement (pas par moi puisque je ne vote pas, c'est vous dire comme je suis impartial sur la question) est un gouvernement de droite. Qu'il pratique une politique de droite ne me semble donc absolument pas choquant. Que le gouvernement choisisse la voie de la réforme plutôt que la voie de l'immobilisme douillet suivi par tant de prédécesseurs (des deux partis, d'ailleurs) me semble, ce qui n'est déjà pas mal, relativement courageux. Car évidemment, quand on ne fait rien, le risque de se mettre les électeurs à dos est largement moins élevé.

Mais la crise actuelle est à mon sens révélatrice d'une mentalité française dont la portée dépasse largement le simple cadre du CPE. Les français sont allergiques aux réformes, qui sont, pourtant, semble-t-il, nécessaires, dans un pays plombé par sa dette, par le chômage de sa jeunesse, la fuite de ses entreprises et de ses cerveaux, j'en passe et des meilleures. Seraient-ils convaincus d'être encore au temps des 30 glorieuses, au temps du plein emploi à vie, au temps de la retraite et de la sécurité sociale? Ou, ce qui revient au même, que ce temps-là est encore possible? 

Il est affligeant de voir une jeunesse ,"intégrée" comme on dit,aussi conformiste, convaincue du bien-fondé de son immobilisme, contents de vivre dans le pays ayant l'un des plus forts taux de chômage chez les jeunes et ne voulant rien y changer, et confortée dans cette mollesse d'esprit par la génération précédente qui a laissé ses burnes et ses ambitions sous les pavés de la rue Saint-Jacques pour devenir fonctionnaire à la Poste.

Il est affligeant de voir la peur que le monde de l'entreprise inspire, ses "cadences infernales", sa "flexibilité", son "cynisme". De voir que les étudiants souhaitant professionaliser leurs diplômes sont considérés par la majorité de leurs pairs comme de vilains collabos. De voir que les étudiants d'école d'ingénieur sont considérés comme des privilégiés, des élites, des fils de riches qui ne s'impliquent pas par égoïsme puisqu'ils sont sûrs de devenir riches eux-mêmes. De voir que l'ambition de se dire que si l'on fait ses preuves, on finira par se faire une belle situation est annihilée par un manichéïsme (méchant patron contre gentil nouvrier) tel que même Zola dans les plus belles pages de Germinal n'avait osé l'exprimer.

Vous me direz que le petit con que je suis à bon dos de faire la morale puisqu'il cherche la sécurité de l'emploi dans le fonctionnariat. A vrai dire, je suis favorable à une évaluation des fonctionnaires, ainsi que cela se fait dans n'importe quelle entreprise et parfois même déjà, chez certains de nos voisins, dans l'administration. Sur ce point tout au moins, j'approuve le pacte pour la recherche, en son temps déjà si décrié par les fervents partisans de l'immobilisme et de la petite vie pépére (comme quoi, rien de nouveau sous notre soleil).

Il est affligeant de voir Bruno Julliard et ses énormes sourcils froncés, fier représentant de 40% des 8% d'étudiants syndiqués, étaler son sourire de petit con satisfait chaque soir sur tous les plateaux télés, demander le retrait du CPE comme un gosse refuserait de respirer tant qu'on ne lui achète pas sa cape de Zorro, mais surtout assurer son propre avenir au PS pour les 30 prochaines années. De voir plus généralement les syndicalistes se targuer encore et toujours de représenter le peuple, la France, alors qu'ils ne représentent plus qu'eux-mêmes depuis bien longtemps. De voir l'opposition hurler avec les loups pour essayer de faire oublier son manque d'envergure et ses querelles intestines de petits egos (ce qui leur permit, par exemple, d'ergoter misérablement pendant toute la crise des banlieues pour savoir si leur référendum interne avait été truqué ou non).

Il est affligeant de voir les arguments foireux de ces médiocres auto-proclamés révolutionnaires, leurs références incessantes aux sans-culottes (qui, eux, étaient vraiment pauvres et défavorisés, et qui, eux, se sont aussi vraiment fait niquer) et à Mai 68 comme justification de leurs violences qui ne font pourtant penser qu'à un enfant gâté cassant ses jouets. De les voir bloquer les routes, les universités, de les voir manifester accompagnés de leurs parents voire de leurs papis, sourire niais aux lèvres comme s'ils étaient à la fête foraine, comme s'ils faisaient leur promenade du dimanche (je soupçonne que ce sont les mêmes connards qui prennent le métro à 18h, partent au ski en février et à Nice au mois d'août, parce qu'ils doivent aimer le contact humain surtout s'il est à moins de 10 centimètres).

Il est affligeant de voir que les seules analyses intelligentes sur le sujet sont le fruit de journaux étrangers (je ne parle pas de Fox News qui conseille d'aller passer ses vacances en Irak car c'est moins dangereux que Paris).

Pour conclure, on aura bien compris que je suis affligé. Ceci dit, je comprends la jeunesse: moi aussi, je voudrais bien être payé 5000 euros par mois, avec un boulot sans pression mais ultra-intéressant, 10 semaines de congés payés, 35 heures et les RTT. Allez les jeunes, après la révolution du prolétariat, voici venu le temps de la révolution du fonctionnariat. Hasta la victoria siempre.

 

par mixlamalice publié dans : Réflexions indispensables
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Vendredi 31 mars 2006

9 jours sans écrire. Petit couplet habituel pour m'excuser auprès de mes 15 fans, et des trois autres.

Trop occupé à aller casser du CRS avec mes amis syndicalistes.

Enfin, malheureusement, ce n'est pas aussi rock'n'roll, je n'étais qu'occupé à rédiger la 48ème version de mon article arlésien, qui je l'espère, arrive enfin en phase terminale (sinon, c'est moi qui vais l'être bientôt). Mes chefs, après avoir géré leurs congrès, leurs demandes de financement, leurs nouveaux stagiaires, leurs vacances, ont décidé de prendre le problème à bras le corps, ce qui me laisse augurer d'une conclusion heureuse autant que prochaine.

En attendant, je reprends la plume et ça va chier dans le ventilo.

par mixlamalice publié dans : La vie de Mix
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Mercredi 22 mars 2006

Six derniers mois globalement assez intenses, du point de vue du travail:

Beaucoup de manipes, parfois le week-end, une publi à rédiger, un encadrement de projet, environ 80 heures d'enseignement par dessus, des abstracts à soumettre pour des conférences.

Le jeu en valait la chandelle, puisque la première partie de ma thèse est désormais achevée, ou presque, que la publi est en phase terminale (remarquez, ça fait deux mois que je le crois, et que, de manipes complémentaires en manipes complémentaires, elle atteint désormais les 11 pages), que la probabilité que j'aille à Rio cet été est désormais fort élevée.

La médaille a néanmoins un revers: le cerveau fonctionne au ralenti, et la perspective de commencer des manipes totalement nouvelles et sur un tout autre thème sans aucune garantie de résultats ne facilitent pas la motivation des quelques neurones qui me restent, d'autant que ses manipes nécessitent une mise en place pratique importante. L'article, toujours lui, commence à peser par les délais qui me sont imposés par mes boss (qui, eux aussi, ont des délais à respecter pour des demandes de financement ANR, et qui ne peuvent pas tout faire).

Bref, j'ai besoin de faire un break, car je n'ai pas la force de me bouger le fion en ce moment: résultat, je végète depuis dix jours devant mon ordi, de lequipe.fr en passant par lemonde.fr, le démineur et les mots fléchés du 20 minutes. Même les idées de chronique se font rares, alors qu'elles pourraient aider à meubler mon quotidien actuellement un peu morose. Cet état de légume apathique se renforçant chaque jour, j'attends désormais que le temps passe. Il ne serait pas cependant pas souhaitable que cela perdure jusqu'à mes vacances, puisqu'elles ne sont que dans trois semaines. En un mot comme en cent, je m'emmerde grave. Que faire pour ramener la patate?

par mixlamalice publié dans : La recherche
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Mardi 21 mars 2006

La société secrète judéo-maçonnique gouverne le monde, avec l'appui des extraterrestres de Roswell, au nez à la barbe des petites gens que nous sommes, depuis des siècles.

C'est cette société judéo-maçonnique qui a fomenté la révolution française pour faire chuter la royauté, et sous couvert de démocratie, a pu mettre en place une dictature bourgeoise qui s'est rapidement étendue à l'échelle européenne, ainsi qu'aux Etats-Unis.

Pour éviter la propagation de la révolution prolétaire soviétique (encore qu'un courant radical de théoriciens du complot affirme que la révolution soviétique est également d'origine judéo-maçonnique, menée par le sémite Trotsky), les judéo-maçonniques ont, par des provocations répétées, poussé à la guerre le gentil Adolf. La société bourgeoise, bien décidée à ne pas lâcher le pouvoir si chèrement acquis, a décidé de se défaire d'une de ses parties, comme on sacrifie parfois une branche d'un arbre pour qu'il puisse survivre: la bourgeoisie judéo-maçonnique dominante a subtilement provoqué le massacre de la petite bourgeoisie juive (l'Holocauste) pour détourner de la révolution les prolétaires. Cela, de plus, a permis au sionisme la création d'Israël, qui est devenu depuis  la place forte de la domination mondiale, plaque tournante de l'argent et du pétrôle.

A la fin de la guerre, et depuis l'effondrement du communisme, le complexe judéo-maçonnique a conquis la planète, et, relayé par des organismes secrets tels que la NSA, la CIA, le KGB, ou le CPE, il suit chacun de nos mouvements (notamment quand je vais aller faire caca d'ici quelques minutes) par satellites espions.

Le gouvernement mondial est à l'origine de toutes les guerres pour s'approprier les richesses des rares espaces de libertés qui ne sont pas encore sous sa coupe (Irak, Cuba, Iran).

Le gouvernement mondial judéo-maçonnique est à l'origine des résurgences religieuses actuelles, utilisées comme opium du peuple, et comme moyens de divisions (pendant que les fanatiques de tous bords s'assassinent au nom de Dieu, les judéo-maçonniques sont plus tranquilles pour mener le monde à leur guise, sans que nous ne nous rendions compte de rien).

 ....

Je pourrais continuer encore longtemps. Ne riez pas. Toutes ces "théories" ont été émises par des gens qui les prennent au sérieux (la "théorie" de l'Holocauste comme manipulation capitaliste est notamment le fruit de révisionnistes d'extrême gauche).

Ne sachant pas trop comment conclure, je vais donc aller faire caca, en espérant que les satellites ne zooment pas trop. Gardez l'oeil ouvert quand même, parce que la vérité est ailleurs, comme le disait Fox Mulder.

par mixlamalice publié dans : Réflexions indispensables
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