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Jeudi 3 avril 2008
Une fois n'est pas coutume, un petit bout de texte (vaguement resumé ou légerement modifié par endroits, mais il faudra vous en contenter) qui n'est pas de moi, mais que j'aurais aimé avoir écrit:

Il y a plusieurs modèles de bien-pensants.
Il y avait, grand classique, le bien-pensant catholique de droite de la 3ème république.
Il y a aujourd'hui le modèle X (la pensée unique européisto-libérale), le modèle Y (celui des anciens trotskystes pour qui la nation est toujours synonyme de nazisme, l'insécurité un fantasme, les flics toujours des ordures, les sans-papiers et les jeunes des cités toujours des victimes), le modèle Z (ceux qui défendent les palestiniens sont toujours antisémites, ceux qui attaquent Bush forcément antiaméricains), etc.
La nouveauté c'est que plusieurs modéles de bien-pensance contemporaine s'accomode éventuellement d'un ancrage au moins apparent à gauche.
Le bien-pensant se reconnaît d'abord à ce qu'il ne pense pas. Sur le plan du contenu, la bien-pensance est l'équivalent du cliché sur le plan de l'expression: une façon de dire qui a eu son originalité mais qui a été tellement reprise qu'elle a perdu tout son sens et est même devenue niaise à vomir.
Ensuite, le bien-pensant  est péremptoire, a des convictions bien tranchées et tout d'une pièce. Il accepte d'être dupe et de croire que les choses sont comme elles devraient être, oubliant que les choses ne sont jamais si simples et qu'il est le premier à faire entorse à ses principes.
Quand il était de droite, le bien-pensant ne devinait pas que ses normes morales servaient surtout à exclure de l'honorabilité tous ceux qu'il exploitait et marginalisait. Quand il est de gauche, il ne peut pas concevoir qu'un Juif, un Noir, un Arabe puisse lui même être raciste, ou qu'un ancien dominé puisse dominer à son tour.
Il vit dans un monde de héros ou de salauds à vie. L'idée n'est pas encore vivante que les hommes ne sont pas d'une pièce. Le bien-pensant méconnaît le mot "aussi".
Puis le bien-pensant est un prêcheur. Il ne garde pas ses convictions pour lui, il dit le bien, il le hurle. C'est une personne qui dit à une autre ce qu'il faut penser. Et qui lui reproche de ne pas le penser assez, de ne pas le mettre assez en pratique voire de ne pas proclamer suffisamment qu'il va le faire. Ainsi, se fantasmant en résistant par grâce divine retrospective, il va vouer aux gémonies quiconque se demandera en 2000 ce qu'il aurait réellement fait sous l'Occupation.
Enfin la bien-pensance refuse l'histoire et le simple fait de nommer les choses. Par exemple, au nom d'une louable lutte contre les discriminations, refuser totalement de tenir compte de l'histoire personnelle et des caractéristiques physiques des personnes. Avec l'article discrimination de code du travail, tellement retouché ces 20 dernières années, on pourrait gager qu'un alcoolique unijambiste obèse et manchot un peu procédurier pourrait obtenir sans mal de concourir pour un poste de pilote d'avion ou de mannequin.
De même, qu'il n'y ait plus de sourdingues, de nabots ou de pédés, soit. Mais plus non plus de sourds, nains ou homosexuels. A la rigueur, mal-entendants, personnes de petite taille ou gay. Mais ce serait encore trop dire, puisque dire c'est caractériser. Or, la caractérisation est toujours soupçonnée de cacher l'intolérance ou l'exclusion. Le bien-pensant croit qu'il va éradiquer la discrimination en supprimant son nom. Le paradoxe étant qu'à terme il se fait lui-même hypercaractérisant, dénonciateur, et source d'intolérances d'autant plus grande qu'il est assuré de se trouver du coté du bien.

Dominique Noguez, 20 choses qui vous rendent la vie infernale.

Ce petit texte illustre assez bien les derives a la mords-moi-le-zboub du politiquement correcto-tout le monde il est beau tout le monde il est gentil et meme si on est differents on est tous pareils (mais des fois que, soulignons bien qu'on est different).

Dernier exemple en date, ces employes noirs de chez Renault qui viennent de faire condamner la-dite compagnie pour discrimination raciale (
http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/04/02/renault-reconnu-coupable-de-discrimination-raciale_1030292_0.html). Motif: ils n'avaient pas ete promus contrairement a dix de leurs collegues malgre leurs bonnes evaluations. Je ne defends pas particulierement Renault qui semble une de ces entreprises sympas ou il fait bon travailler plus pour vivre moins, comme en atteste la vague de suicides chez leurs employes ou ex-employes. Mais dans le cas present, outre que faire des statistiques sur un echantillon de 12 personnes me semble un peu leger, ce qui m'a semble aberrant est que ce soit a la defense de prouver son innocence et pas a l'accusation de prouver la culpabilite de Renault. N'ayant pu demontrer qu'ils n'avaient rien fait de mal, ils ont ete declares coupables. C'est une conception de la justice assez interessante, quoique generalement un peu passee de mode dans les pays non totalitaires. 

A ce compte la, comme nous sommes tous ou presque membres d'une minorite (bigleux, gras du bide, poilus, chauves, petits, grands, a mauvaise haleine...) si j'echoue au CNRS je les attaque parce que j'ai les pieds plats (ou une pilosite deficiente, les raisons ne manquent pas) et ils seront bien dans la merde s'ils doivent prouver que ce n'est pas a cause de cette raison qu'ils ne m'ont pas pris.
par mixlamalice publié dans : Réflexions indispensables
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Lundi 24 mars 2008
Je ne comprends absolument rien a tout ce qui touche a l'economie.

Toutefois, je lis dans le Monde d'aujourd'hui, que, pour eviter que le "systeme bancaire ne s'ecroule", l'"Etat americain envisage d'intervenir et d'injecter environ 3000 milliards de dollars", ce qui couterait au moins "500 milliards au contribuable americain", selon un professeur d'economie de Harvard.

Bref, dans mon petit cerveau de beotien, voila comment je vois les choses. Quand le systeme est florissant, les speculateurs s'enrichissent a foison et maudissent cet Etat omnipresent et regulateur qui les empeche de se faire encore plus de pognon. Par contre quand le systeme s'effondre, c'est l'Etat, donc le contribuable, qui est appele illico a la rescousse et douille.
Bref bis, si les profits sont privatises, les pertes, elles, sont nationalisees. Pile je gagne, face tu perds. On joue?

Comme disait Coluche, "on dit que c'est la crise, les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres. Moi je vois pas tres bien en quoi c'est une crise".Ou comme disaient les dirigeants d'EADS apres avoir tous eu le flair genial de vendre leurs actions juste avant qu'elles ne s'ecroulent, "Gros porteurs, petits malins, petits porteurs, gros cons".
par mixlamalice publié dans : Réflexions indispensables
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Jeudi 20 mars 2008

Superbe titre. J'ai longuement hesite avec "l'Amerique ca fout la trique", mais je me suis dit qu'il fallait raison garder.

Quelques jours apres un cri d'amour vers mon beau pays, je veux ici, par concession au si repandu concensus mou, rendre hommage a ma contree d'adoption actuelle.

Alors, quoi y en a bien en Amerique et chez ses habitants?

-les gens sont plutot calmes et avenants, meme si tout ca reste tres superficiel. Par exemple, en tant qu'etranger paume, c'est agreable de se sentir aide sans que ca apparaisse comme une corvee. En tant que conducteur paume, c'est sympa de ne pas se faire klaxonner toutes les 12 secondes.

-la junk-food (autrement dit les burgers, les pizzas, les brownies et autres truc hautement satures en graisse et souvent en sucre) est addictive, moins chere et de bien meilleure "qualite" qu'en France: dans n'importe quel pub le plus paume, vous trouverez un bon burger avec un vrai gros steack hache et des frites maisons a une dizaine de dollars.

-Dans le meme registre, le resto de base pas cher (chinois, indien ou burger) a de fortes chances d'etre moins degueulasse que l'equivalent francais. Et au moins pas de risques de tomber malades (d'une parce que leur bouffe est de toute facon super aseptisee et desinfectee, deux parce que si en France ils risquent la fermeture et une amende, ici ils risquent un proces qui les ruinera pour 12 generations). En plus, quel que soit le prix payé, on peut pas leur enlever ca, il y a toujours largement de quoi bouffer.

-Les serveurs attentionnes (oui je me suis eleve contre ca dans Vive la France, mais reconnaissons que, parfois ca fait du bien). A voir si, dans les restos top classe, ils savent se faire oublier (qualite extremement rare meme en France). C'est sympa d'avoir son verre d'eau rempli avant meme d'avoir pensé a le demander.

-Les ricains sont "positifs". Tout est great, awesome et fantastic, surtout au boulot. C'est parfois un peu penible aussi (ca donne vite l'impression qu'ils se font leur pub en permanence), mais se faire complimenter frequemment c'est agreable et motivant aussi (meme si, comme je viens de le signaler, c'est avant tout de la comm', evitons donc d'etre completement dupe).

-Les ricains sont honnetes. En tant que Francais (donc un peu latin), j'en profite parfois, oh rien de bien grave rassurez-vous. Mais c'est sympa de laisser son sac dans la bagnole sans avoir une chance sur deux de se la faire crocheter, de ne pas fermer la porte de son bureau a double tour des qu'on va pisser, de retrouver ses affaires a leur place quand on les a oubliees quelque part plus de 10 minutes etc.

-Le cinema: ici, films "independants" et "blockbusters" se cotoient librement et sans cette petite gueguerre intellos versus prolos trop souvent de mise chez nous. Et en tout cas meme ici dans le fin fond du Massachussets, il y a beaucoup de salles "d'art et d'essais" diffusant vieux films, films internationaux "exotiques" etc (allez trouver ca au milieu de la Creuse, ou meme a Nice).

-Les series tele. Que ce soit dans le registre comique (two and a half men...), medical (House), policier, mixte, anime etc, c'est franchement autre chose que Loulou la brocante et Plus belle la vie.

-Les radios. Beaucoup plus rock qu'en France, que ce soit classic rock, pop rock ou meme metal. Oui, des radios metal, toute la journee (et pas 1h un jour par semaine de 23h a minuit sur une radio locale qu'on ne capte qu'entre Flumigny et Vison-sur-Soule) avec du Maiden, du Sabbath et tout et tout. Ici, pas de NRJ ou de Foune radio, pas de varietoche dansante a la David Guetta, Shym ou je ne sais qui.

-Les taxes en tout genre, sur les fringues, sur l'essence, sur les salaires etc... Eh oui, pas de protection sociale ici, mais en contrepartie, quand tu gagnes 3000 brut par mois tu touches 2500 net et tu n'as pas d'impots a la fin de l'annee (generalement l'Etat rembourse meme une fois par an les exces de prelevement). Les taxes sur les fringues les livres etc sont de 5% environ et pas de 18.6.

-Ici, les gens sont payes "a leur juste valeur", en tout cas en fonction de leur diplome. Il est difficile de comparer les salaires francais et americains tant le systeme est different (peu de taxes, mais prevoir une bonne partie du salaire pour la retraite, l'assurance maladie, l'education des gosses etc), mais ici un PhD peut assez facilement se faire embaucher a 100000 dollars annuels (compare a 45000 euros en France, grosso modo). Un prof assistant gagnera dans les 80000 (compare a 30000 en France). Je pense qu'il n'y a pas photo.
D'autre part, concernant les grosses boites francaises, on a parfois l'impression qu'elles veulent le beurre et l'argent du beurre: flexibilité (i.e. la possibilite de vous virer n'importe quand), mais sans les salaires tenant compte du risque a l'emploi qui vont avec: pour etre clair, aux US, on peut se faire virer a tout moment, mais au moins la paye tient compte de cet etat de fait. En France, en contrepartie des bas salaires, il semble important que l'on garde la sécurité de l'emploi, ou que les entreprises se décident a remplir un peu plus le portefeuille de leurs salaries et un tout petit peu moins celui de leurs actionnaires.
Enfin, mais peut-etre que je m'emballe, ce qui me semble important ici est principalement la competence, alors qu'on a parfois l'impression en France que le fait d'etre blanc, jaune, petit, femme, gros, ou le pote a Jean-Pierre jouent un role quasi-preponderant.

-De meme, il n'y pas chez eux la difference enorme entre le public et le prive, a competences egales, que nous avons (il est vrai aussi que le public fontionne quasiment comme le prive, au niveau des financements, des embauches et licenciements).

-Les ponts entre public et prive ne sont pas quasi inexistants comme chez nous (dans mon domaine en tout cas). D'une part les entreprises agissent en "entrepreneurs", c'est a dire prennent des risques, collaborent etroitement avec les chercheurs et financent aussi des projets "fondamentaux" (ie a long terme et pas surs d'aboutir a quelque chose), ce qui est encore trop rare en France (je citerais Saint-Gobain, Rhodia, plus sans doute Michelin et Thales).
D'autre part, ici un professeur decidant de se reconvertir dans le prive pour une raison x ou y n'eprouve aucune difficulte a le faire (l'inverse est vrai egalement), tandis qu'en France il vous faudra convaincre des DRH gomines que oui, vous etes motives, que non ce n'est pas parce que vous avez echoue dans l'un que vous allez dans l'autre...

par mixlamalice publié dans : Réflexions indispensables
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Lundi 17 mars 2008
On dirait presque un gag, mais non, c'est une depeche AFP copiee collee ici mot pour mot:

Le vice-président américain Dick Cheney, qui effectue à Bagdad une visite inopinée à quelques jours du cinquième anniversaire de l'invasion de l'Irak, a estimé que l'intervention américano-britannique de 2003 avait été "couronnée de succès".

Peu après, un attentat suicide commis par une femme a fait 40 morts et 71 blessés à Kerbala, ville sainte chiite au sud de la capitale. D'autres attentats ont fait quatre morts et 13 blessés à Bagdad. Dans un quartier nord de la capitale, un tir de mortier a tué six enfants ensevelis sous les décombres de leur maison, a annoncé l'état-major irakien.

Constatant d'"immenses changements" depuis sa précédente visite il y a dix mois, il a jugé "impressionnants" les progrès accomplis en matière de sécurité.

Selon l'armée américaine, les violences en Irak ont régressé de 60% depuis juin.

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-34736991@7-37,0.html

Dans le meme numero, un recit d'un ancien marine, qui, revenu au pays et toujours en service, est devenu accroc a l'ether et a, defonce, tue une personne dans un accident de la route (32 ans de prison). Non, ce n'est pasle film dans la vallee d'Elah, c'est la realite.

N'oublions pas qu'il y a quelques jours, le gouvernement americain a admis (sans beaucoup de publicites), que, finalement, il n'y avait aucun lien entre l'Irak et Al-Quaida.

Et bientot, avec John McCain, en avant l'Iran.
par mixlamalice publié dans : Réflexions indispensables
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Vendredi 14 mars 2008

C'est peut-etre le mal du pays qui parle au detriment de l'analyse froide, objective, et lucide. C'est peut-etre la propension francaise a se croire ce qu'il y a de mieux au monde. C'est peut-etre, oui peut-etre, comme disait Pascal Obispo.

Mais en tout cas, voila, en vrac, tous les petits riens futiles qui  me fait  regretter mon pays apres 6 semaines ici:

-Vive le vrai cafe. Vivent les petits bars et les comptoirs en zinc pour boire un savoureux expresso et pas les starbucks aseptises et tous pareils qu'on soit en Californie, a Boston, a Paris, ou, j'imagine, a Ouagadougou ou l'on deguste des produits chimiques au caramel, aux amandes ou a la chantilly qu'ils appellent cafe
-Vivent les prix taxes comprises
-Vive ce pays ou l'on peut faire caca peinard dans des chiottes personnelles et non en batterie avec les portes coupees en haut et en bas ne laissant quasi aucune intimite (que ce soit au niveau du bruit, de l'odeur etc). Ou on peut aussi pisser sans s'en foutre la moitie sur les jambes a cause des ricochets sur l'eau qui occupe deja les deux tiers de la cuvette
-Vive ce pays ou on peut se passer de voiture, vive un pays ou les trains sont efficaces et ou ne construit pas des aeroports pour faire 90 kms. Et ou on peut acheter une petite bagnole plus facilement qu'un enorme hummer ou SUV (qui, sachez-le, representent plus de 50% des ventes globales de voitures motorisees aux US)
-Vive un pays ou sur l'autoroute, la voie de gauche sert a doubler et la voie de droite a rouler lentement (et ou le portable est interdit quand on conduit)
-Dans le meme registre, vive un pays ou les gens marchent soit plus vite soit plus lentement que toi. Ici ils adorent marcher exactement a la meme vitesse que toi, et donc rester dans ton dos, a 2 metres, pendant 10 minutes. C'est insupportable.
-Vive le fromage coulant, fait avec du bon lait non pasteurise plein de bacteries
-Vive un pays ou on ne considere pas que recycler trois journaux et deux bouteilles de coca suffit a preserver la planete et fait oublier les 45 litres d'esssence utilisees pour faire 500 metres a bord de son hummer climatise, ainsi que les 12 kilos d'emballage quotidiens consommes (entre les cafes, les paquets de chips, les pop-corns au cine...)
-Vive la diversite dans le monde du vin
-Vivent les A.O.C.
-Vive un pays ou on peut picoler tranquillement sans devoir montrer sa carte d'identite a tout va lorsqu'on a entre 18 et 30 ans pour une pinte de binouze a 4 degres ou 10cls de pinard
-Vive la viande elevee sans hormones
-Vivent les films diffuses d'une traite et pas avec une coupure pub de 5 minutes toutes les 15 minutes
-Vive l'Equipe
-Vive le foot, le rugby, le handball
-Vivent les serveurs peu attentionnes (trop collant, ca saoule)
-Vivent les restaurants ou le plus important se passe dans l'assiette et pas dans le decor ou le service
-Vive un pays ou l'eau ne vous est pas toujours servie a 0 degré avec 2 kilos de glacons
-Vive un pays ou l'ironie et l'autoderision ne sont pas que des comportements surprenants voire incomprehensibles
-Vivent les zones pietonnes et les immeubles anciens
-Vivent les loyers qui permettent d'eviter de vivre en colocation a 50 ans passes (pour combien de temps encore?)
-Vivent les 35 heures qui permettent d'eviter que, pour parvenir a survivre, un mec soit eboueur le matin, remplisseur de sacs plastiques dans les supermarches l'apres-midi (pour eviter qu'un obese brule quelques calories en remplissant ses sacs lui-meme), et serveur le soir (pour combien de temps encore?, bis)
-Vivent les retraites pour eviter que Papy Mougeot, pour survivre, nettoie les tables a la cafete du campus a 75 balais bien tasses (ter)
-Vivent les centre-villes et les appartements en centre-ville
-Vivent les epiciers arabes
-Vive le dimanche chome
-Vivent les dejeuners d'affaires ou entre collegues
-Vive un pays ou des qu'il fait plus de 20 degres, on ne fout pas la clim a bloc
-Vive l'ecole publique quasi gratuite et les allocations etudes, vive l'ecole ou conduire des bus ou servir des donuts pour pouvoir payer ses etudes n'est pas (encore) considere comme normal
-Vivent les gens discrets (ie qui ne parlent pas a 200db dans les restaurants ou au cinema) et pas sympas, mais au moins pas faux-derches (je ne pense pas que les ricains soient consciemment faux derches mais on le ressent souvent un peu comme ca)                                     
-Vivent les salles de cinema ou on peut voir et ecouter un film sans avoir autour de soi 100% de mangeurs de pop corns, frites, hot dogs, barres chocolatees, chips, etc
-Vive les mini-forfaits pour les telephones portables (comment peut on se servir d'un forfait 1000 minutes par mois, soir et week-end et 5 numeros favoris gratuits?)
-Vive la securite sociale et vive un pays ou on ne diffuse pas a longueur de journee des pubs pour les medicaments (avec la liste complete des effets secondaires pour eviter les eventuels proces)
-Vive un pays ou on n'engage pas un avocat des que l'on s'est brule en buvant son cafe
-Vive un pays ou planter un drapeau national dans son jardin est plus ridicule qu'autre chose (ah quelle gourdasse, cette Madame Royal), et ou une chanson comme "Dieu benisse la France" ne serait pas un tube (contrairement a cet horrible "God Bless the USA" de Lee Greenwood: la frontiere entre patriotisme et nationalisme est parfois assez tenue)
-Vive un pays ou on ne considere pas que pour eviter les tueries, il faut s'armer encore plus. Vive un pays ou on ne recoit pas trois mails d'avertissement securite contre un eventuel massacre, en un mois, sur son lieu de travail (qui se trouve etre une universite). Surtout quand, le mois precedent (pour ne parler que du cas le plus recent), 7 personnes ont ete tuees par un maniaque dans une autre universite.
-Vive ce pays ou on peut fumer tranquille sans etre traite de malpoli au mieux, criminel au pire. Ah, non tiens, plus maintenant.
-Vive ce pays ou le President est un homme responsable, elegant et cultive a defaut d'autre chose. Ah, non tiens, plus maintenant.

par mixlamalice publié dans : Réflexions indispensables
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