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Lundi 9 juin 2008
Comme je l'ai mentionné subrepticement ici, je m'essaye pour la premiere fois a la lecture en anglais dans le texte. En effet, il se trouve que j'ai fini les 7-8 bouquins en français que j'avais ramenés, et que la seule librairie bostonienne vendant des livres dans la langue de Moliere ne propose que des auteurs francophones (vous me direz que c'est logique. Certes, mais, ça aussi je l'ai dit ailleurs, je n'aime pas trop les écrivains contemporains français, et je ne suis actuellement pas d'humeur a lire des classiques). Alors, tant qu'a faire, pourquoi ne pas?

A vrai dire, je n'étais pas sur d'en etre capable, et finalement ça s'est pas trop mal passé.

Toutefois, l'un dans l'autre, ça m'a conforté dans mon jugement a priori, que je vais vous exposer illico.
Cet avis, j'avais pu le murir au cours d'une discussion quelque peu enflammée avec l'une des personnes les plus stimulantes intellectuellement que j'ai pu rencontrer. Sans rentrer dans des détails intimes, nous nous sommes légitimement mais malheureusement un peu perdus de vue, et je dois avouer que parfois je le déplore. Bon, treve de guimauve, je ne pense pas qu'elle lise ces lignes, mais si c'est le cas, je pense qu'elle se reconnaitra et donc salut a toi. Ah, pour finir, comme j'avais (ai) plus tendance qu'elle a désirer avoir le dernier mot, j'avais (ai) tendance a devenir, au fur et a mesure de l'argumentation, de mauvaise foi (plutot consciemment, pour ma défense). Bref, je vais essayer d'etre plus pondéré (vu qu'ici je n'aurais pas a potentiellement avoir a admettre que quelqu'un d'autre puisse etre dans le vrai).

Je crois que nous parlions de Lolita de Nabokov.
Pour ceux qui l'ignorent, Nabokov, émigré russe, d'abord en France puis aux Etats-Unis, a, vers l'age de 40 ans alors qu'il était un écrivain en langue russe reconnu, choisi de composer la suite de son oeuvre littéraire en anglais. Lolita est son troisieme ou quatrieme roman dans cette langue, et, selon beaucoup, l'un de ses chef-d'oeuvre d'un point de vue stylistique (en plus du reste).

La personne en question avait lu l'opus dans la langue de Shakespeare (ou de Nabokov en l'occurence). Connaissant mes opinions sur le bouquin (que j'avais lu, en traduction, quelques années auparavant), elle a tenu a m'informer qu'il l'avait également profondément marquée, et, notamment, par sa forme (autant sinon plus que par son fond). Elle m'a ensuite tenu a peu pres ce langage: "pour moi ce livre est intraduisible". 

Je passerai outre la legere humiliation que j'ai ressentie (oui, elle savait que je l'avais lu en français. Oui, je pense que sa remarque était sincere et sans réelle volonté de me faire passer pour un noeud. N'empeche, ça peut expliquer une partie de la mauvaise foi qui a suivi). 

Ce n'est pas non plus le coté "intello" ("bobo", "parisien", "inrock", "snobinard", "teleramesque", choisissez votre insulte favorite d'aculturé qui s'assume) qui me rebute dans la tirade entre guillemets avec des pincettes, encore que: je me doute bien que dans le tas de crétins qui s'extasient devant l'art contemporain, le dogme et Lars Von Trier ou encore le rock lo-fi, il y en a des honnetes qui aiment vraiment ça. Apres tout, tous les gouts sont dans la nature, pour faire dans le plus abject des lieux communs. 
Mais, parfois j'ai beau essayer tres fort, ben j'y crois pas: quand je vois, par exemple, cette sombre merde qu'est "Rois et Reines", mal joué, nombriliste, totalement vain et sans intéret encensé, analysé, décortiqué par tous les critiques la bouche en cul de poule, je me doute. Je persiste a croire qu'il y en a un bon paquet qui se sont autant fait chier que moi, qui n'ont rien compris non plus parce qu'il n'y a rien a comprendre, mais qui creveraient plutot que d'admettre qu'ils auraient préféré aller voir Scary Movie 3 (c'est dire), plutot que d'admettre qu'ils se sentent obligés de dénigrer tout ce qui est "populaire" et d'encenser tout ce qui plait a moins de 6 blaireaux, simplement pour cette raison.
Ainsi, ce qui n'est probablement qu'une fiente (le peuple a mauvais gout, certes, et il peut se tromper, recertes, mais pas toujours) est élevé au rang de chef d'oeuvre conceptuel pour initiés du bulbe*.
Je prends ici l'exemple du cinéma, car par association d'idées, je me rappelle nos débats houleux également sur le principe voisin de la V.O.S.T. pour les films. La, pour le coup, je dois reconnaitre que j'abusais en défendant le point de vue opposé au sien -i.e. la V.O.S.T. c'est quand meme mieux-, car effectivement c'est quand meme mieux, a de rares exceptions pres (les animés par exemple, avouez qu'on s'en fout meme si le progres fait qu'ils en sont presque a restituer le mouvement des levres... autre exemple, certaines "voix" collent si bien au personnage et ont tellement marqué qu'elles sont presque mieux que la vraie, comme pour Bruce Willis ou Eddie Murphy).
J'admets meme que je me fourvoyais en prenant comme exemple les comédies: je disais que de toute façon les blagues intraduisibles on ne les comprenait pas en V.O., donc on ne perdait pas grand chose a voir la V.F.. Certes, pour ces films, généralement, le budget doublage doit etre de 23 euros et on se retrouve avec des voix nazes, mal calés et des dialogues traduits en version pas drole.

Mais je m'égare quelque peu, comme a l'accoutumée.

"Pour moi, ce livre est intraduisible". Tout simplement, je considere que cette affirmation péremptoire est globalement non fondée. 
En effet, a part quelques personnes totalement bilingues, meme les gens maitrisant bien la langue (i.e. ceux qui, comme moi, peuvent soutenir correctement une conversation quel que soit son sujet, comprendre dans sa globalité un film sans les sous-titres - on y revient- etc) sont, forcément, moins a l'aise que dans leur langue natale et ont donc des lacunes, de vocabulaire notamment. En gros, il y a souvent des subtilités qui leur échappent, que ce soit a l'ecrit ou a l'oral. 
En ce qui concerne l'écrit, il existe toujours la possibilité de lire avec un dictionnaire sous la main, mais a mon sens, s'il y a bien quelque chose qui annihile le processus d'implication dans l'oeuvre lue, c'est bien de passer deux minutes toutes les deux pages a chercher trois mots dans le dico: je le réserve aux cas de nécessité majeure, par exemple si c'est un passage clé du bouquin que je ne saisis pas. Si c'est moins important, je laisse pisser et tente de deviner le sens de ce qui m'a échappé.

Du coup, il y a deux sortes de bouquin. Ceux ou l'anglophone basique comprend 99% ou plus de ce qui est écrit. Pour ces livres la, on peut se dire que, probablement, un bon traducteur saurait rendre l'essence meme du livre (a part peut-etre trois jeux de mots, deux alitérations ou oxymores et une référence culturelle que de toute façon 99% des lecteurs ne remarquent pas meme dans la version originale). Donc, pour ces livres la, on ne perdra sans doute pas beaucoup a la traduction. Un exemple dans mes lectures récentes: Haroun and the sea of stories de Salman Rushdie (je suppute, car je ne me suis pas encore amusé a le relire en français pour vérifier). Comme c'est un conte pour enfants, la forme est assez simple. Il y a quelques seconds sens, j'en ai compris quelques uns et ai du en rater beaucoup d'autres, mais, l'un dans l'autre, j'ai tout saisi.  

Et puis il y a les bouquins plus complexes, ou l'anglophone lambda pige l'histoire dans sa globalité et la majeure partie de ce qui se passe, mais ou certains dialogues ou disgressions - pour le fond-, certaines constructions de phrases - pour la forme- lui échappent. Dans ces cas la, une traduction - bonne (j'insiste et j'y reviendrai) - meme, nécessairement, imparfaite, sera donc plutot bénéfique. Je termine en ce moment le dernier Martin Amis (The House of Meetings): aucune incompréhension majeure, mais certains apartés historiques (le livre traite des camps d'internement en URSS) ou métaphysiques ont pu m'échapper, ainsi que certains procédés stylistiques. Cela dit, je pense que l'originalité du style d'Amis vient plus de la construction de ses bouquins que de la langue qu'il emploie, qui n'a me semble-t-il, rien de spécialement intraduisible. Je suis heureux d'avoir tenté l'expérience et apres un démarrage délicat, je suis parvenu a rentrer dans l'histoire. Toutefois, je n'aurais pas été contre le lire en français pour mieux apprécier, et il me semble que j'ai atteint ma limite linguistique, ou pas loin.

Je ne parle pas de la troisieme sorte de bouquins, celle ou le langage, le style, la forme sont si soutenus que seul le pur bilingue bittera quoi que ce soit (je n'ai pas essayé mais Ulysse de Joyce doit etre un bon exemple). 
 
Ainsi, il me semble qu'il y a généralement plus a gagner qu'a perdre en lisant la version française. Et normalement, apres cette démonstration sans faille, vous devez adhérer, tout ébaudis, a mon point de vue.

Pour conclure, je reviens au concept de "bonne" traduction. Difficile de juger de la qualité d'une traduction sans avoir lu la version originale. Cependant, quelques indices qui me semblent prouver la bonne tenue d'une version francaise:
généralement, les auteurs reconnus ont un traducteur attitré. Cela permet une certaine symbiose entre un auteur et un traducteur, une connaissance de la personnalité de l'auteur et de son style littéraire. Dans les contemporains, je peux citer Lodge (qui évoque d'ailleurs le probleme dans l'un de ses ouvrages de théorie littéraire). Certains auteurs multilingues surpervisent meme leurs traductions (Nabokov, encore et toujours). Certains traducteurs sont aussi des écrivains marqués par une oeuvre au point qu'ils veulent ne laisser a personne d'autre le soin de la retranscrire (Chateaubriand a passé plusieurs années sur le Paradis Perdu de Milton, au point que la version française est sans doute un peu son oeuvre aussi, Baudelaire a traduit Edgar Allan Poe).
D'autre part, quand on lit une version française superbement écrite, on peut penser que le traducteur a bien fait son boulot et a su retranscrire une oeuvre de qualité (et s'il a vraiment fait de l'excellent boulot en transformant de la merde en bronze - attention jeu de mot intraduisible- eh bien, on ne va pas se plaindre). Je citerais par exemple les Enfants de Minuit du meme Salman Rushdie. Ce livre était étourdissant, non seulement par son histoire, mais également par son style. Sachant que Rushdie est réputé pour son talent d'écrivain, je dis chapeau au traducteur. Je ressens la meme chose lorsque je lis la plupart des textes de Haruki Murakami: le coté onirique ressort magnifiquement, je suis persuadé que le traducteur n'y est pas pour rien.
Attention, ce n'est pas réciproque: un livre traduit pourri est peut-etre bien en V.O.. Je pense a ce livre de Donald Westlake recommandé par cette - encore- meme personne: la traduction était visiblement minable - fautes d'orthographe, de syntaxe... comme je l'ai souvent remarqué pour les polars et la SF (l'équivalent des comédies au cinéma...). Puis-je vraiment conclure que Westlake est un écrivain merdique? Ce n'est vraisemblablement pas le cas).

Mais baste, treve de bavardages: l'important reste de lire, en anglais, en français ou meme en mandarin si ça vous botte. D'ailleurs, moi, j'y vais.

* Desproges analyse bien mieux que moi ce phénomene dans sa chronique de la Haine ordinaire intitulée la démocratie, extrait: "... les intellectuels démocrates les plus sincères n'ont souvent plus d'autre but, quand ils font partie de la majorité élue, que d'essayer d'appartenir à une minorité. Dans les milieux dits artistiques, où le souci que j'ai de refaire mes toitures me pousse encore trop souvent à sucer des joues dans des cocktails suintants de faux amour, on rencontre des brassées de démocrates militants qui préféreraient crever plutôt que d'être plus de douze à avoir compris le dernier Godard. Et qui méprisent suprêmement le troupeau de leurs électeurs qui se pressent aux belmonderies boulevardières."
Ah tiens, pour le "crever plutot que", c'est un hasard. Sisi, je vous assure.

** L'accouchement a été laborieux...
par mixlamalice publié dans : Musico-littéro-gastro, l'Art en somme
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Vendredi 6 juin 2008
Personne n'en a parlé, de cette économie judicieuse réalisée par le gouvernement en 2008:

Depuis quelques années avaient été lancées les "bourses initiatives post-doc", devant favoriser le retour au pays de jeunes post-doctorants, afin de limiter un peu la "fuite des cerveaux" tant décriée.
Ces bourses permettaient de financer a hauteur de quelques milliers d'euros des aller-retours ponctuels en France de jeunes chercheurs a l'étranger pour donner des séminaires, visiter des laboratoires, éventuellement permettre de commencer l'écriture d'un projet, bref de lier des contacts en vue des auditions aux concours CNRS et MdC.
Certes, les foireux tenants de l'égalitarisme a tout crin, prompts a pourfendre tous ceux qui ont l'indécence de se bouger le fion pour trouver un job et tout ce qui est fait pour le leur permettre (sous le prétexte fallacieux qu'on pourrait faire mieux), n'appréciaient pas. Ce sont les memes qui voudraient supprimer les classes prépas, les grandes écoles etc: a la place, soyons tous unis dans la médiocrité, ça sera mieux.

Enfin, voila, ça devait faire un budget de quelques centaines de milliers d'euros, tres probablement moins de 5 millions d'euros quoi qu'il en soit.
Eh ben paf, personne n'a été informé, mais dans le cul, quéquette, j'ai eu confirmation par l'ambassade que pour cette année, on pouvait se brosser.
Il n'y a pas de petites économies, comme disait mamie tromblon. Et puis, la "fuite des cerveaux", c'est pas ce qui inquiete le plus le gouvernement. Il faut dire que Johnny est sur le point de revenir, lui, donc tout va pour le mieux.

Et dans deux-trois ans, on nous ressortira des vieux dossiers ou on s'étonnera que la recherche française n'est pas assez compétitive et que les jeunes partent dans le privé ou a l'étranger.
par mixlamalice publié dans : Réflexions indispensables
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Mercredi 4 juin 2008

Franchement, les artistes engagés m'insupportent.
Ceux qui généreusement acceptent de chanter deux heures gratuitement (nourris, logés, blanchis au Crillon) pour une cause quelconque, avant de nous imposer leur émotion mouillée, quand ils ne font pas la morale aux méchants qui ne donnent pas.
Qui en profitent pour se faire un coup de pub, toute honte bue. Et qui, pour ne pas payer d'impots, habitent en Suisse.

Les jeunes idéalistes qui arpentent les rues pour faire perdre son temps en vendant du Médecin du Monde au mec important (surtout quand il va acheter ses slips) que je suis ne valent pas mieux.

Mais tout de meme, au moins, la cause qu'ils défendent est d'importance, que ce soit la misere, le Sida, les mongolos, les lépreux, la famine ou les atrophiés de la bite.

Pendant ce temps, d'autres montent au front sur d'autre sujets et me laissent sans voix.
Ainsi, dans le Monde de ce jour:
Plaques d'immatriculation : "Jamais sans mon département" ne désarme pas

Si je comprends bien, une association s'est créée pour protester contre la suppression du numéro de département sur les nouvelles plaques d'immatriculation. Je n'ai meme pas écouté l'interview du blaireau de service: franchement, qu'est-ce-qu'on en a a foutre? Et eux, est-ce qu'ils n'ont rien de mieux, a foutre aussi? Il n'y a rien de plus grave qui se passe, meme pas sur Terre, meme pas en Europe, meme pas en France, rien que dans ton quartier ou dans ta famille?

par mixlamalice publié dans : C'est bon de rire parfois
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Mardi 3 juin 2008
Je parlais dans un vieil article du retour du rock comme musique a la mode chez les djeun's, et conséquemment de sa récupération par des charognards aussi authentiques que les restos japonais de la rue Monsieur le Prince.

Le phénomene a perduré (Tokyo Hotel étant le dernier avatar du boys band version "groupe de rock" pour pucelles bubonneuses dont la rebellion adolescente n'impressionne meme pas leurs parents).

A l'époque, je ne savais pas afficher une vidéo. Donc voici l'erreur réparée, deux ans plus tard, afin d'illustrer au mieux mon propos.



Ou, comme je l'avais lu quelque part, "la chanteuse la moins rock'n'roll du monde reprenant le plus grand groupe de rock du monde".

 

P.S.: elle est quand meme drole, la Céline, et pas besoin d'un imitateur beauf pour ça. Son interview a propos de Katrina, ça envoie de la rillette, par exemple (restez au moins jusqu'au kayak).

par mixlamalice publié dans : Musico-littéro-gastro, l'Art en somme
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Lundi 2 juin 2008
Ou on ferait mieux de rester couché, ouais. Pour une fois qu'une expression populaire détient un fond de vérité.

Tout a commencé tot ce matin:
A sept heures, alors que je vais prendre le métro, premiere étape de mon long périple pour rentrer a Amherst apres un week-end bostonien, je m'arrete comme a l'accoutumée au Dunkin' Donuts (chaine dégueu de breakfast) sur mon chemin pour y prendre une cup de jus de chaussettes (black coffee) et un journal, histoire de garder les yeux ouverts pendant la demi-heure ronronnante de tchouk-tchouk a travers les bois de la banlieue bostonienne. Il y a toujours un peu de monde, mais la, paf, queue de dix personnes. Et une seule serveuse, contre deux habituellement. J'hesite a repartir illico, mais bon, j'ai vraiment besoin du choc psychologique du café (vu la couleur et l'arome de leur café "noir", le coup de fouet est plus psychosomatique qu'autre chose). Du coup, 15 minutes de perdues et un métro qui me passe sous le nez pile quand j'arrive a la station.
Jusque la rien de bien grave, le métro suivant arrive rapidement. En plus la ligne est réparée et je n'ai pas a me farcir de correspondance avec le bus (un accident la semaine derniere a fait un mort et quelques blessés et a causé la fermeture temporaire d'une partie de la ligne, partie comprenant la station ou je laisse ma bagnole. Le transit était effectué par des bus).
 
Je finis donc par retrouver ma berline surpuissante et ses 1.2 chevaux.
Deuxieme accroc: apres une grosse heure de route jusque la sans encombre, je me suis retrouvé bloqué a Belchertown, ville trépidante du Western Mass d'au moins 1000 habitants, pour cause de route principale en travaux (et aussi d'inefficacité totale des fonctionnaires de police chargés d'assurer la circulation). 
Bref, une bonne demi-heure pour passer ce "bouchon" de meme pas 1km, et une arrivée au labo sur les coups de 10h30.

Cela dit, je ne me doutais pas a ce moment la que je venais de vivre les prémices de ce qu'on appelle dans le milieu des losers une journée de merde. 

Typiquement, une journée de merde, c'est quand sur a peine plus de deux heures de manipe, vous foirez lamentablement 75% de vos essais (en faisant des erreurs expérimentales qu'en temps normal vous commettez une fois sur 100). C'est quand, enfin, les 25% d'essais que, par miracle, vous avez réussi a ne pas faire capoter contredisent les résultats de la semaine passée qui s'annonçaient prometteurs et qui finalement sont probablement des artefacts.
Une variante: quand vous faites de la chimie, la journée de merde c'est quand vous renversez par terre le produit que vous avez mis trois semaines a synthétiser et que vous pétez dans la foulée trois ustensiles de verrerie a 1000 euros piece en moins de deux heures de temps.

Généralement, quand ça se passe comme ça, au bout d'un moment je finis par me rappeler que parfois, il faut savoir perdre, et j'arrete tout simplement pour la journée.
Ce que j'ai fait aujourd'hui.

Tellement blasé que je ne me suis meme pas énervé quand l'ascenseur s'est refermé pile devant moi, alors que je retournais, vaincu, a mon bureau pour y glander en paix une heure avant de rentrer, histoire de resourcer un peu un moral en stéphane. 
Que va-t-il m'arriver ce soir?
La journée de merde est-elle elle meme annonciatrice d'une semaine de merde?

Quel suspens.
par mixlamalice publié dans : La recherche
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