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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 15:25

On a évoqué quelques bistrots, semi-gastros, cuisine du monde (Afrique et Asie).

 

Dans cet article fourre-tout car se basant sur des visites étalées sur 6 bons mois, je vais commencer par (re)parler de la rue Paul-Bert. 

 

Rue "mythique" des gastronomes parisiens, puisque sur 200m, on y trouve 6 ou 7 établissements, principalement dans le genre bistronomie, appréciés tant des bourgeois du Michelin que des bobos du Fooding. Pourquoi une telle concentration dans cette petite rue quelconque d'un quartier lui-même pas spécialement hyper tendance, simple hasard ou non, je ne sais pas...

 

Tout d'abord, on doit évoquer la galaxie Auboyneau: outre le Paul-Bert dont j'ai parlé dans mon premier article (premier lien ci-dessus), il est également propriétaire dans la rue de l'Ecailler du bistrot, reproduction quasi-identique et mitoyen du premier nommé mais centré sur les produits de la mer à des prix peu sages (homard frites à 55 boules si je ne me trompe pas). Je n'y suis pas (encore) allé mais n'ayant pas été fasciné par le Paul-Bert, je ne suis pas certain que cela arrive un jour.

Plus bas dans la rue vers le métro Faidherbe, on trouve enfin le 6 Paul Bert (6 rue Paul Bert, 75011). Histoire de couvrir toutes ses bases, après le bistrot "dans son jus", l'annexe maritime, on a ici la quintessence du "néobistrot" (circa 2008): produits de saison, cuisine épurée sur le produit effectuée dans une cuisine ouverte par deux jeunes barbus, service hipster, légumes racines, intitulés de carte en 3 ingrédients (veau/topinambour/herbes), vins nature, tables d'hôte en bois parce que même si on casque 60€ par tête (menu 4 plats imposé à 44€ le soir, avec en gros 3-4 choix par plat) on aime s'encanailler. On croirait que c'est fait avec une liste à cocher par un chargé marketing, bref, ça a autant de personnalité qu'un clone de Kristen Stewart. Après, c'est (très) bien fait, les serveurs sont commerçants et ne se prennent pas pour des stars, donc si vous n'êtes pas (encore) saturé de ce type d'adresse, de qualité mais qu'on retrouve hélas un peu trop partout de Paris à Copenhague en passant bientôt par Melun, ça vaut le coup. Si vous commencez à en avoir marre, par contre...

Un récit plus factuel de ce repas chez le doc (puisque nous l'avons partagé).

 

Ensuite, il y a Unico et El Galpon. Unico est l'un des restos argentins de barbaque "historique" de Paris, basé dans une ancienne boucherie dont la devanture a été conservée, ça a un petit côté poseur mais ça ne rend pas mal. Les prix sont assez musclés aussi (30€ le steack-frites en gros). El Galpon appartient au même proprio, et c'est une cave à vins épicerie fine, basée bien sûr sur les produits argentins. Dans les tuyaux mais pas encore testé.

 

Dans un registre, de nouveau, de "bistrot" classique, avec des prix plus doux que le Paul-Bert, j'ai bien aimé le Temps au temps (au 13 de la rue). Le menu est à 32€, c'est globalement du classique (saumon fumé, épaule d'agneau confite, mulet...) mais avec toujours une petite tentative de personnalisation des recettes. 1 fourchette Michelin. 20 couverts maximum, tout simple avec 1 personne en salle et 1 ou 2 en cuisine, mais moins demandé que les autres de la rue, donc possible en dernière minute sauf le week-end. Un bon resto de quartier. 

 

Au bout de la rue, on rentre dans la galaxie Lignac, avec la pâtisserie (24 rue Paul Bert). Ils font des viennoiseries, j'aime assez leur pain au chocolat et beaucoup leur pain aux raisin, la brioche pralinée est sympa aussi. Les croissants sont un peu plus écoeurants, et les pâtisseries sont quand même vraiment chères (5€ la mini tarte au citron). Toujours beaucoup de monde, avec un service accentuant cette impression, dont je me demande souvent s'il ne fait pas exprès d'être si lent et mal optimisé pour donner l'impression de gérer la pénurie. Probablement pour le côté "famous" mais aussi parce que les bonnes boulangeries ne sont hélas pas légion dans le quartier...

En face, tout au bout de la rue, le Chardenoux (en fait plus rue Paul-Bert mais au 1 rue Jules Vallès sur la place), est un troquet historique qui a fêté ses 100 ans récemment et a été repris par Lignac il y a quelques années. Ca joue à peu près dans la même cour que le Paul-Bert, globalement ça me semble un peu moins bien. Déco dans son jus, tables serrées, service en tenue brasserie mais qui se veut un peu collet monté. Cuisine très classique, franchement pas hyper ambitieuse même si bien faite. Burger très bon, escalope de veau à la crème avec pommes grenaille, ris de veau en fricassée etc. Pour ceux qui aiment le sucré, les desserts sont des bombes caloriques assez addictives. A 39€ le menu, je trouve qu'on paye quand même un peu trop la notoriété là aussi, et pour revenir à la comparaison, les assiettes me semblent globalement plus nobles au Paul-Bert, que je trouve déjà un peu surévalué. A 32 comme au Temps au temps ça serait bien...

 

Finalement, mon bistrot préféré dans le coin n'est pas dans la rue Paul-Bert mais à 2 pas, 7 rue du Dahoney, au Vieux Chêne. 33€ le menu, c'est un tarif, comme vous pouvez le constater, qui me plait pas mal (quand on se rapproche ou dépasse 40 boules vin non compris, même si on est à Paris, je commence à m'attendre à manger "des trucs que je sais pas faire moi-même" et plus de la "poitrine de cochon aux lentilles" ou une "côte de veau frites", même si elle vient de chez l'éleveur star, du maraîcher vedette, que le chef a des tatouages et qu'il a bossé au Danemark). La aussi c'est une cuisine de terroir, roborative, sur une carte resserrée, avec quelques touches sucrées salées et des produits frais. Rien d'inoubliable mais de bonne qualité. Ce qui fait grimper ce restaurant dans mon estime, c'est

1. La carte des vins. Il y a beaucoup de références (pas loin de 200), entre 15 et 200€. Les coefficients m'ont semblé très raisonnable pour Paris, et on y trouve des vraies belles références, notamment dans la Loire (domaine de Bellivière par exemple). Le patron est de bon conseil, sympa et passionné (il m'a noté sur une carte les références de mon verre d'apéro que j'avais aimé).

2. Globalement, le service est très bon, et chose assez rare dans le quartier, ça ne se la raconte pas du tout. Ils aiment leur boulot, assument leur statut de bon resto de quartier sans faire passer du tout l'impression qu'on a bien de la chance de bouffer chez eux. Ils aiment parler spontanément et pas pour le paraître. Le risque même, c'est si le resto est plein (en gros aux 2/3 rempli ce jour là), que le service soit un peu longuet parce qu'ils aiment tchatcher (sans être envahissants, mais si vous demandez quelque chose, les explications peuvent durer). 

 

 

Pour conclure et compléter mes articles précédents, 2 nouvelles recommandations de restaurant africain et chinois dans le coin:

- le Waly-Fay (6 rue Godefroy Cavaignac, 75011, site web, ouvert tous les jours, mais soir uniquement). Il y a plusieurs "red flags" dans ce restaurant, mais au final c'est vraiment pas mal. La cuisinière est sénégalaise, mais on trouve également des spécialités camerounaises, ivoiriennes, voire des antilles (apparemment, le patron en est originaire). On pourrait craindre le gloubi-boulga. La déco, un peu lounge tamisé, un peu squat murs à nu fils qui pendent, genre bar à cocktails tendance pseudo-destroy, m'inspirait aussi moyennement. Mais finalement, tout est bon, copieux, avec des saveurs inhabituelles et authentiques. Validé aussi par mes vieux qui ont passé 20 ans de leur vie en Afrique Noire. C'est pas très cher sachant que les plats (poulet yassa, tiep bou dien... 15-20€) sont hyper nourrissants. Si vous voulez tester des entrées, 1 pour 2 suffit donc amplement. Les desserts sont anecdotiques, courte carte des vins branchée nature, aux tarifs sans doute un peu costauds vis-à-vis du prix des plats. Le service est très sympa, pas forcément hyper organisé donc ça peut devenir long quand c'est plein.

- Nanchang (143 rue de Charonne, 75011, métro Charonne ou rue des Boulets, ici aussi tous les jours mais soir uniquement, à partir de 18h). Une cantine chinoise aux spécialités du Jiangxi (en gros à mi-chemin entre Pékin et Hong Kong). Pour le coup, cantine n'est pas un vain mot. Tables serrées, papier protecteur sur la table, les verres sont des tasses en plastoque et les serviettes un paquet de kleenex. La carte est une photocopie A4 sur laquelle on coche ce qu'on veut et combien on en veut. Il y a des trucs hardcore: bouillie de riz aux oeufs de 100 ans, des brochettes (de tendons, de pénis de boeuf...), et puis des plats chinois plus classiques (porc aux aubergines, racines de lotus en salade, etc). Demandez le moins pimenté possible si vous n'êtes pas fan (c'est déjà parfois assez fort) et n'hésitez pas à tenter, piocher au hasard, partager, recommander, ce n'est pas vraiment fait pour prendre chacun un plat... 

Globalement, c'est un peu gras et on en fout assez vite partout sur la table, mais c'est vraiment goûteux et ça fait hyper authentique (j'avoue, je ne suis jamais allé en Chine). C'est blindé, principalement de chinois, mais ça tourne assez vite, n'hésitez pas à attendre ou laisser votre numéro et aller boire une bière à proximité. Sinon, en arrivant avant 20h il n'y a pas de problèmes normalement.

Vous pouvez oublier les desserts, tout est frit ou presque et vu que le reste est quand même assez chargé en lipides...

Personnellement, la bite de boeuf j'ai trouvé ça sympa mais j'ai eu du mal à trouver un partenaire de testing. 

En se lâchant, on arrive péniblement à 50€ pour 4 boisson comprise, les tarifs par item varient entre 0.5 et 8€...

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Published by mixlamalice - dans Restos
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commentaires

docadn 05/10/2014 16:28

Salut Mix,
Merde, j'avais raté l'opus V de Faidherbe-Chaligny (on n'a qu'à dire Fai-Cha, il y a bien So-Pi), bon c'est pas trop tard !! Sans être non plus le Luka Magnotta des organes génitaux animaliers, ça m'intrigue assez le bite de boeuf (à qui il ne manque juste que les gonades en fait !!) !! Je note le Vieux Chêne à l'occas'... et nous sommes en octobre au fait (suite par MP) !!
Merci pour les liens !!
A+

mixlamalice 05/10/2014 18:32

Salut Doc,

Nanchang, de mon point de vue, est vraiment assez sympa (en plus du zgueg tu peux manger des tendons de boeuf aussi). Ce qui est plus "classique" est pas mal aussi, et c'est très bon marché.

Pour le Vieux Chêne, je pense que ça te plairait, c'est assez raccord avec ton article actuel sur les Diables au Thym: la cuisine est probablement un peu moins ambitieuse, mais aussi pas forcément dans le ton "mode" et bien faite. Il y a des pépites dans la carte des vins, même si je n'ai pas tout regardé, avec des coeffs m'a-t-il semblé raisonnables pour la région parisienne. Bref, faut pas forcément traverser Paname pour y manger, mais ça joue dans la même catégorie que chez Casimir...