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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 14:11

Il y a quelque chose qui conceptuellement me turlupine. Au sens où j'y pense beaucoup, et où je n'arrive pas à trouver d'explication rationnelle qui ne soit pas manichéenne.

Je ne parviens pas à expliquer les ressorts psychologiques qui soutiennent l'action d'anciens chercheurs passés dans les sphères politiques.

 

Je pense notamment à cet ancien leader d'une organisation de chercheurs en pointe des actions de sensibilisation de l'opinion publique aux difficultés de notre communauté depuis une dizaine d'années.

Cet ancien responsable, notamment lors des événements de 2009 (LRU etc), claironnait partout dans les médias que, grosso modo, le gouvernement sarkozyste était proche du fascisme, que la LRU était "extrêmement dangereuse", et que l'alternance au pouvoir était la seule voie de salut.

Aujourd'hui, devenu depuis responsable politique assez haut placé (la mobilisation de 2009 a au moins servi à quelque chose), il nous explique selon les occasions que, malgré les mouvements initiés par une autre organisation fraîchement créée:

- ça va beaucoup mieux que sous Sarkozy et Pécresse mais qu'on ne se rend pas compte.

- ça serait encore pire sous Sarkozy.

- on continue la politique d'avant mais parce que là, on a vraiment pas le choix et c'est pas de gaieté de cœur alors que eux c'était vraiment avec des intentions méchantes.

 

Encore mieux, on a pu le croiser en train de se montrer lors de la récente manifestation 'Sciences en Marche' à Paris contre la politique gouvernementale dans laquelle il est impliqué fortement.

 

Alors, voila, j'essaye de comprendre et je ne peux émettre que les hypothèses suivantes pour expliquer ces comportements:

- cynisme absolu

- naïveté confondante (pour rester poli)

- schizophrénie

Dans tous les cas, avouons que ce n'est pas très flatteur. S'il y a une explication qui l'est plus, je serai heureux de l'entendre, car dans le cas contraire c'est je trouve un peu déprimant.

 

 

Je pense aussi à V. Berger, dont le rapport lors des Assises de l'ESR en 2012, bien que globalement assez "techno", proposait quelques pistes un peu audacieuses notamment sur la partie recherche, concernant l'emploi des jeunes docteurs et l'utilisation du CIR. Pour récompense d'avoir mangé son chapeau sans rien dire (la version "parlementaire" du rapport de Le Déaut ayant soigneusement lissé les rares propositions potentiellement polémiques), il est devenu conseiller direct du président à l'ESR. 

Aujourd'hui, il reçoit une délégation de chercheurs, leur explique que les caisses sont vides et que donc il n'y aura rien de fait du côté de la création de postes académiques, que le CIR n'est pas une niche fiscale et qu'il est sanctuarisé. Lui aussi déclare que si ça n'a pas l'air très différent de sous Sarkozy c'est que ce n'est pas facile. Et que tout ne va pas si mal puisqu'on grimpe dans le classement de Shangaï et qu'on a des Prix Nobels. Bref, du Fioraso dans le texte. 

Alors quoi? Il s'agit quand même de quelqu'un qui a fait une belle carrière scientifique, a présidé l'une des plus grandes universités et semblait avoir quelques idées pour faire évoluer l'enseignement supérieur et la recherche. Comment en arrive-t-on à ce néant là?

 

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Published by mixlamalice
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commentaires

régis 19/11/2014 17:07

Retour aux fondamentaux: la Trahison des clercs, Julien Benda, Grasset, Paris 1927. Que tout le monde cite mais dont personne ne tient compte. Le mythe de l'intellectuel engagé et l'existentialisme nous font in jonction d'agir, sans référence à l'éthique, la réalisation de soi étant impérative.

DM 14/11/2014 21:59

Tu connais sans doute le cas de Peter Garrett, chanteur de Midnight Oil, très "engagé", qui ensuite est devenu politicien, élu, ministre.. où il soutenait il me semble des politiques qu'il avait attaquées quand il était plus jeune.

mixlamalaice 15/11/2014 12:16

Oui, encore une victime de la "real politik". Je ne me souviens plus s'il a fait ça longtemps par contre... j'imagine qu'on peut vite se demander ce qu'on fout la.

Sinon sur twitter on me parlait de M. Hirsch, comme "contre-exemple" de type qui a à peu près réussi à faire "a minima" ce pour quoi il était venu.

Doudou13314682 14/11/2014 16:30

l'hubris qui fait désirer le pouvoir qui rend fou,un classique depuis la guerre de Troie au moins
Le pouvoir qui connaît toutes les ficelles pour désarmer l'opposition