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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 16:37

J'enseigne quelques portions de modules à des étudiants de M1 et de M2 (Pro) dont la thématique principale est la science des matériaux, et qui sont de niveau assez moyen.

J'ai constaté des fortes lacunes

- mathématiques: l'incapacité, par exemple, à faire des opérations simples (addition, division, pourcentage...) s'ils n'ont pas de calculette ou à questionner le résultat donné par celle-ci dans le cas où il paraît complètement aberrant. Ne parlons pas de poser ou encore moins résoudre une équation, une partie non négligeable n'est pas capable d'écrire le théorème de Pythagore (je ne plaisante pas).

- physiques: cela revient à ce que je dis précédemment, mais très peu ont un quelconque recul sur la notion de grandeur physique. Récemment, un étudiant dans une copie d'examen a calculé que la taille caractéristique d'une chaîne de polymère était 10^27 angströms. C'est 1000 fois la distance Soleil-Pluton, ce qui paraît un peu grand pour une taille de molécule. Cet exemple est extrême, mais vraiment, la notion d'ordre de grandeur, ou d'homogénéité sont complètement absente de leurs réflexions.

 

Quand on a un bac + 5 science des matériaux, censé concurrencer un diplôme d'ingénieurs, je trouve ça problématique d'avoir un niveau de mathématiques et de physique de lycéen médiocre. Mais j'ai déjà parlé de ça. Depuis quelques années, je vois une autre lacune qui me semble encore plus problématique: en fait, on a l'impression que les étudiants (pourtant francophones dans leur majorité) ne comprennent plus le français. 

C'est une chose de ne pas savoir résoudre un problème de mathématiques ou de physique parce qu'on ne maîtrise pas l'outil ou qu'on ne parvient pas à faire la mise en équation ou sa résolution. C'en est une autre de ne pas comprendre la question posée.

 

Je vais donner un exemple récent. 

Dans un TD, je demandais si un mélange de composition donnée vérifiait la propriété lambda.

La résolution de la question consistait donc à écrire l'équation permettant de déterminer si la propriété lambda était vérifiée, et à rentrer dans l'équation la valeur de la composition du mélange. On obtenait comme réponse que ça ne marchait pas.

La deuxième question était donc: quelle est la composition limite pour que la propriété lambda soit vérifiée. Dans ce cas, il fallait donc écrire l'équation telle que la propriété soit vérifiée, et déterminer la composition.

Sauf que, tous mes étudiants (7 ou 8, de M2) ont repris pour valeur de composition celle de la première question. Bref, ils n'ont pas compris qu'ici, c'était l'inconnu. 

Je vous avoue que j'en suis resté comme deux ronds de flan et que j'ai eu peine à leur expliquer le problème de leur raisonnement.

 

Je suis encore assez jeune dans le métier, mais j'ai l'impression que cette mauvaise maîtrise du langage est assez récente, et se développe rapidement. Avez-vous constaté la même chose ou est-ce que je m'emballe?

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Published by mixlamalice - dans L'enseignement
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Andromède 02/07/2017 17:24

Bonjour,
Je me présente, j'ai 14 ans, je suis lycéene, j'étudie dans un établissement privé et je rentre en première scientifique. Ce qui me frappe réellement cette année, c'est la chute du niveau. En français, je connais trop peu de personnes de mon âge sachant pondre un texte de quelques lignes sans une faute d'orthographe. À l'oral, peu sont capables d'argumenter sérieusement et de produire un raisonnement correct. En mathématiques, de nombreuses personnes ne comprennent rien au programme, pourtant très, trop simple. En physique, le constat est le même. Et pourtant, la plupart passe en S. Et pourtant, la plupart veut accéder à des études supérieures sans en avoir le niveau. Je trouve cela absolument demoralisant. Le niveau entre un élève ayant 17 de moyenne et un ayant 8 n'a rien à voir, pourtant ces deux élèves auront leur bac et pourront prétendre aller à l'Université. Une refonte du système scolaire semble s'imposer, mais rien n'est fait.
Il serait temps d'envisager des solutions.

Ens 08/04/2017 10:00

Bonjour, je rebondis sur ce problème de niveau des étudiants à l'Université, qui à mon avis est aggravé par l'arrivée de certains étudiants étrangers en provenance de pays où la valeur des diplômes est difficile à évaluer. Récemment, j'ai accepté un étudiant en thèse ayant obtenu un M2 en France (avec des notes moyennes) et provenant initialement d'un pays de l'est (excellentes notes et recommandation et CV largement mensonger ... bien sûr avec le recul).
Bref, la thèse est catastrophique ...

TM 24/03/2017 20:01

On a constaté à l'université (en filière maths) une baisse de niveau très nette, et assez logique, depuis le changement de programme au lycée, où ils ne font quasiment plus rien de technique ou de basé sur une approche logique ou nécessitant une initiative. Tout ce qui était un peu "compliqué" a été passé à la trappe. Résultat : de plus en plus de bacheliers qui ont un niveau "réel" de troisième (et encore).

Au final, une grande partie d'étudiants qui arrivent en première année ont un niveau réel bien trop loin du niveau "normal" qui permet de suivre un cours de L1 (incapacité à raisonner, à calculer, à comprendre la logique des phrases en français). Même les meilleurs étudiants (à part peut-être les vraiment excellents) font des fautes élémentaires et ont beaucoup de mal à comprendre les fondamentaux (les définitions de la continuité, de la dérivabilité, etc.).

Concrètement, de mes étudiants en Maths L1, je dirais qu'au grand maximum 1/3 "devrait" logiquement passer au niveau supérieur, mais sans doute qu'avec compensation des notes, les 3/4 vont passer en L2. Le même problème se répercute d'année en année, et c'est pour ça qu'on trouve des M1/M2 qui font des fautes absolument aberrantes pour leur niveau supposé. Ce qui signifie en fait que la société devra choisir :
- Soit on revient à un niveau "normal" au collège/lycée
- Soit on fait une L1 en deux ans (ou plus généralement un parcours universitaire un an plus long)

Régis 02/03/2017 22:19

Ma petite nièce en seconde découvre qu'un litre d'eau pèse, dans les conditions normales, un kilogramme... Je ne m'étonne plus de rien.

JF 02/03/2017 08:54

Pour une petite anecdote un peu "tout se perd ma brave dame"... j'ai passé ces dernières vacances du temps avec mes petits cousins, qui à 3 et 4 ans en connaissent probablement plus sur les planètes du système solaire que mes étudiants de L3 (déjà, ils connaissent les noms, l'ordre, et ils savent les reconnaître sur les photos....). Bon, ils en connaissent aussi plus sur les dinosaures et les engins de pompiers, donc je reconnais que l'exemple est tiré par les cheveux :-)


Plus triste : une de mes meilleures sources d'inspiration pour des exos de TP de Licence (géologie, sur la tectonique des plaques, les séismes, etc.), ce sont les exos des bouquins de 4e. En gros, on trouve la même chose dans un (bon !) cours de 4e et un TP de L2.

Spirit of Bouasse 07/03/2017 23:03

Il faudrait mettre au CAPES de math des sujets de bac C des années 80, et noter avec le barème de bac de l'époque. Je serais bien curieux de voir le résultat...