Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 21:15
Parce que vous en avez marre de me lire pleurer sur mon sort tel un footballeur "réduit en esclavage par son club", et parce que ça fait longtemps que je n'ai pas alimenté ma catégorie artistique, je souhaiterais parler ici d'un livre que j'ai lu récemment, Les aventures d'un gourmand vagabond, par Jim Harrison.

Je dois avouer que le roman et le recueil de nouvelles que j'ai lus de lui (Un bon jour pour mourir et Légendes d'automne, respectivement), ne m'ont pas tourneboulé plus que ça. Le côté contemplatif et nature sauvage de l'Ouest américan qu'on peut retrouver chez McCarthy n'est juste pas spécialement ma tasse de thé.

Cela dit, j'ai eu l'occasion de lire ou de voir quelques interviews du Monsieur, et son côté intellectuel bon vivant qui se prend pas trop au sérieux m'avait plu. Et étant moi-même un amateur de bonne chère (non, "épicurien" ce n'est pas ça) je voulais donc lire ses écrits à ce propos.

L'ouvrage est en deux parties: l'une, un peu répétitive et qui finit donc par être lassante, est une compilation de chroniques publiées dans je ne sais quel journal. entre 1992 et 1993.
La seconde partie, plus exaltante, comprend plusieurs récits d'aventures gastronomiques à Paris, New-York et ailleurs, ainsi qu'une correspondance avec Gérard Oberlé, écrivain français et camarade de "débauche", et un petit article ayant pour sujet le pinard.

Jim Harrison, comme beaucoup d'américains lettrés, bons vivants et relativement fortunés a une vision très idéaliste, très romantique, de la France et un peu aussi des français. C'est agréable à lire, mais aussi assez amusant car pas toujours à l'abri du cliché. Mais à tout prendre, je préfère ces américains aux français qui idéalisent de la même façon l'Amérique (carriéristes aux dents qui rayent le parquet et obsédés par la réussite individuelle, surtout pécuniaire)*. 
Au-delà de ça, j'ai franchement apprécié de me balader avec le gros Jim à Paris et à New-York, de suivre ses libations chez Marc Meneau à Vezelay, à l'Ami Louis, Taillevent ou chez Lulu à Paris, la Maison de Bricourt de Roellinger à Cancale, au Babbo de Batali à New-York, avec Oberlé, Coppola ou DeVito, bref, dans tous ces restaurants qui sont toujours là 10-15 ans après et où j'aimerais aller un jour. J'ai reconnu, petit plaisir de l'amateur pas éclairé qui se dit que peut-être il n'est pas si nul qu'il ne le croit, quelques uns des vins qu'il sirote au fil des pages (Vieux-Télégraphe, Domaine Tempier...). Et j'ai salivé en pensant aux dîners qu'il se concocte avec ses potes dans sa maison du Michigan, à base de gibier fraîchement chassé et de vieilles bouteilles...
Je me suis marré aux évocations des joggers obsédés par leur ligne que Jim croise lors de ses marches matinales avant son petit déjeuner (bacon, patates, truite etc), j'ai opiné tristement en constatant que le "slow food", chose naturelle il y a 50 ans pour les pauvres était désormais un "concept" et un "plaisir de riches" etc. 

Bref, un livre où il y a à boire et à manger (ah ah), sur l'amitié, la bouffe, le plaisir, entre poésie et crudité (ah ah ah) pour le prix d'un menu best-of. Si j'ai la motivation ce soir, je copierai quelques aphorismes tirés de l'ouvrage, il y en a qui valent le coup.

J'ai envie maintenant de lire En Marge, les mémoires du vieux Jimi. 


Puisque j'en suis à parler littérature, je n'ai pas trop avancé dans ma fameuse liste, car je me suis surtout adonné à mon équivalent littéraire de ce qu'on appelle la comfort food: des écrivains que j'aime bien, principalement anglais (Lodge, Amis), quelques romans académiques (Straight man de Russo, actuellement Moo de Smiley), etc: le genre de livres dont je sais qu'ils ne vont pas me prendre la tête, n'étant pas particulièrement d'humeur à ça en ce moment.  
J'ai également terminé récemment la Défense Loujine de Nabokov, livre de sa "période russe". Après avoir lu quelques romans de cette période, je dois avouer que je préfère les romans de la "période américaine". Outre le fait qu'on ne peut qu'admirer qu'un écrivain reconnu choisisse de se réinventer en écrivant dans une nouvelle langue, apprise sur le tard, je trouve ces romans plus novateurs, sur le plan du style (métafiction dans Feu Pâle) ou du sujet ("roman académique" avec Pnin, Lolita...). Les romans russes sont plus "classiques" dans tous les sens du terme, hormis peut-être "Invitation au supplice", l'un de ses derniers romans avant l'exode américain, auquel je n'ai pas accroché.
Je dois avouer que je me demande - et visiblement je ne suis pas le seul- pourquoi Nabokov, qui a franchement contribué à modifier les conventions littéraires et influencé bon nombre d'écrivains contemporains, n'a jamais décroché le Nobel (donné favori en 1974, le prix est attribué à deux obscurs suédois, membres du jury...).

Pour conclure sur une petite touche plaintive quand même, j'ai appris avec tristesse que selon Philip Roth, je ne suis pas un "vrai lecteur", grosse blessure à mon ego. " (les) lecteurs, concentrés, attentifs, qui lisent un roman deux à trois heures par nuit, trois nuits par semaine au moins. Ce qui s’appelle lire. Car si ça traîne des semaines, la concentration s’évapore et c’est fichu. Un lecteur, c’est quelqu’un qui peut en parler autour de lui, qui est capable de tout mettre de côté pour rentrer chez lui afin de poursuivre sa lecture et qui ne ne fait rien d’autre pendant qu’il lit”. 
Il ajoute, avec un petit côté "c'était mieux avant", quelque chose du genre "les vrais lecteurs sont une espèce en voie de disparition".
Et bon, je vis dans le pêché Père Philip: je ne lis qu'environ une demi-heure par jour, et rarement plus d'une demi-heure d'affilée (mais tous les jours, par contre), du coup je mets quand même souvent deux semaines à finir un roman de 400 pages.
J'admets aussi humblement qu'ayant un boulot pour lequel je suis payé, je ne suis pas "capable de tout mettre de côté pour rentrer chez moi afin de poursuivre une lecture".
Parfois quand même je passe une demi-heure planqué aux chiottes, on fait ce qu'on peut. Et puis j'ai du mal à lire avec de la musique, cela suffit-il pour ma rédemption?

* Ce paragraphe n'est lui non plus pas à l'abri du cliché.
Par mixlamalice - Publié dans : Musico-littéro-gastro, l'Art en somme
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Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /2009 16:49
La semaine dernière a été plutôt bénéfique à mon ego malmené depuis quelques temps par une pré-"crise" du trentenaire (expatrié, vivant à 200 bornes de sa douce, pas de boulot stable, perspectives d'avenir pour le moins floues, compte en banque peu fourni, mais qu'est-ce que j'ai fait d'ces années, tout ça: quand je me mets à citer Patrick Bruel, l'heure est grave).

Ainsi, mon premier article de post-doc a été accepté sans coup férir, 2 jours après l'avoir renvoyé après révisions. 10 jours de boulot sur la lettre de réponse et quelques amendements dans le manuscrit ont permis de passer outre le "reconsider after revision" sans problèmes.
C'est un article un peu étrange, dont la génèse a été laborieuse, voire pénible. Je ne suis pas moi-même forcément convaincu par tout son contenu, même si les expériences sont plutôt astucieuses, les interprétations des résultats potentiellement importantes, et le papier dans son ensemble plus solide que ce que j'aurais pensé au départ, ce qui a été confirmé par les bons commentaires d'ensemble des referees (malgré le label "major revision", les conclusions étaient à chaque fois "le papier est bon et mérite d'être publié dans ce journal").
En fait, c'est plutôt le sujet et la communauté qui s'y intéresse qui me laissent songeurs. C'est un domaine assez bourgeonnant, à la frontière entre la biologie et la physique: il y a donc pas mal de papiers expérimentaux et théoriques qui sortent chaque mois, écrits par des physiciens qui dans l'ensemble pigent autant la bio que les biologistes la physique, dans des très bonnes revues, mais il n'y a pas encore vraiment d'unité dans les résultats, et ceux-ci semblent encore hachement dépendants de la méthode expérimentale employée. Pour ceux qui connaissent, ça rappelle un peu la thématique des "films ultra-minces" il y a 15 ans: on voit des choses, mais un peu tout et n'importe quoi - voire des résultats contradictoires- et on comprend pas grand chose. 
Du coup, ce n'est pas facile de distinguer le bullshit du top, et même des papiers énormément cités et sans doute globalement bons me semblent parfois, à certains égards, douteux. Je ne parle pas de résultats bidonnés, plutôt d'affirmations tranchées qui sont en fait plutôt des hypothèses, qui auraient gagné à être énoncées avec des pincettes: mais on ne publie pas dans Nature ou PNAS avec des "statements" trop tièdes...
Bref, après avoir passé 1 an et demi là dessus, je vais prendre du recul même s'il y a beaucoup de choses intéressantes à faire, quitte à y revenir dans quelques années une fois que les concepts fondateurs seront un peu plus dégrossis, ou à bosser avec des gens plus compétents que moi: publier pour publier, même si ce n'est pas très dur, ce n'est pas mon truc. Je conçois qu'à un moment donné, il faut faire circuler l'information, et que de toute façon c'est très difficile d'être sûr à 200% de tout ce qu'on raconte, mais il y a des limites. Et en ce qui me concerne, j'ai trop approché les miennes sur ce projet.

Cela dit, je maintiens un rythme de publication égal à 1/an depuis ma deuxième année de thèse, en premier auteur, dans des bonnes revues spécialisées de mon domaine (IF entre 3 et 5, à part pour un petit papier dans une revue mineure): en tant que physico-chimiste je pense que c'est honorable à défaut d'être impressionnant. 
Il me semble que, chez les expérimentateurs, les physiciens "purs" publient un peu plus vite (disons 2/an pour les bons), quant aux chimistes ou biologistes c'est plus par série (les choses mettent longtemps à se mettre en place, donc il faut optimiser une fois que ça marche).
On devrait soumettre un autre papier j'espère avant la fin de l'année. Le projet, dont je suis assez fier notamment parce qu'il n'en était pas un au départ (c'est mon idée - ou plutôt une observation initiale chanceuse- et mon instinct qui m'ont poussé, malgré quelques commentaires sceptiques initiaux d'autres membres du groupe, à continuer dans cette voie, avec il est vrai l'aide non négligeable d'un autre post-doc assez balèze), a je pense le potentiel pour faire de moi un autre "post-doc sexy". Ayant donné des résultats au-delà de mes espérances, il y a même espoir pour un ou deux autres articles pour lesquels je serai co-auteur. Même si j'ai appris à me méfier de ce genre d'espoirs: je n'ai pour l'instant jamais eu le plaisir d'être co-auteur, id est de faire 3 demi-journées de manipes et de voir mon nom sur un papier. Quand je n'ai pas mené moi-même un projet à terme, il a soit été abandonné, soit a dévié, soit mon nom a été plus ou moins légitimement oublié.

Autre bonne nouvelle: deux papiers récents citent chacun deux de mes précédents articles. 4 citations d'un coup, mon nombre de citations augmente de 20% (ne riez pas), et mon h-index est sur le point de s'envoler vers les sommets de la science (3). Le truc bien avec ces citations, c'est qu'elles sont dans la section discussion: en particulier l'un des papiers confirme l'un de nos résultats un peu nouveau, et même s'il va plus loin, reprend certaines idées que nous avions eues. C'est toujours plus flatteur, et à mon avis révélateur scientifiquement, même si ce n'est pris en compte dans aucun indice bibliographique de ma connaissance, que d'être cité dans l'introduction après une phrase du genre "a lot of work has been recently accomplished in this area (see for example references 1 to 27)" (où on est la référence 16).
Globalement, mes articles de thèse commencent à être honorablement cités (très modestement, ils font plutôt augmenter que baisser l'Impact Factor des revues en question), et pas que par mon ex-boss et ses potes, ça fait plutôt plaisir.

Parce qu'une semaine ne se passe tout de même jamais parfaitement bien, il semble que les 5 phrases que j'ai mentionnées au détour de mon dossier de candidature sur mon projet 2 soient suffisantes pour niquer le brevet que mon chef voulait essayer de déposer à ce propos... C'est un peu con, car j'avais rajouté au dernier moment ce passage avant qu'on discute de la possibilité de breveter, et c'était tellement anecdotique que cela m'était sorti de l'esprit jusqu'à ce que je ne jette un coup d'oeil à mon dossier la semaine dernière. C'est d'autant plus con que je suis persuadé qu'aucun des rapporteurs n'est allé aussi loin dans sa lecture (et s'est contenté de la notice récapitulative de 1 page...). 
Bof, de toute façon ça aurait mis 4 ans sans garantie de succès, et c'était plus pour la ligne dans le CV en vue d'une éventuelle reconversion que dans l'espoir de devenir millionnaire, mais bon... c'est con. J'espère, sans trop y croire - cf paragraphe précédent- que c'est un mal pour un bien et que ça me laissera plus de temps pour torcher quelques manipes et sortir un article.

A part ça, mon co-bureau coréen (grad student 2eme année) me casse un peu les couilles: ce n'est pas tant qu'il ait vraiment l'air de ne rien glander (entre siestes et actualisations fessebook, il me conforte dans mon idée qu'un expérimentateur qui passe 10h par jour dans son bureau n'expérimente pas des masses), c'est surtout que la coréenne qu'il tringle (grad student 1ère année) est toujours, c'est le cas de le dire, fourrée dans notre bureau, et qu'ils sont assez bruyants. Elle sent aussi un peu la sueur, ce qui n'arrange rien. 
Mon ancien co-bureau époque thèse était déjà assez pénible, dans un genre différent (le roi du téléphone et du "t'inquiètes je maîtrise").
Je regrette l'indien de l'an dernier, poli, sympa, serviable et avec qui j'allais souvent faire une "pause café" si rare en ce pays (et si nécessaire quand on a un bureau sans fenêtres).

Pour conclure, j'aurais bien aimé mettre ici quelques photos du concert de Kiss au Garden de Boston, parce que c'est un show qui vaut le coup d'oeil. Malheureusement, les appareils photos étaient interdits, et bien que j'en ai vu quelques-uns, je ne suis pas moi-même suffisamment fan du groupe pour prendre le risque de me faire refuser l'entrée, juste pour avoir des photos du show.
Bref, Kiss n'est pas un groupe philanthrope (et ils l'assument totalement), Kiss n'est pas un groupe qui va vous brouter le mou 20 minutes de concert pour vous parler de la faim dans le monde et de la politique extérieure américaine, Kiss n'est pas un groupe qui révolutionne la musique (on est dans le bon gros big rock avec des paroles de cul), mais Kiss est un groupe "culte" qui en concert vous en donne pour votre argent. Explosions, batterie qui vole, crachage de feu et de sang, envolée au-dessus de la scène et de la foule, chansons "taillées pour la scène" etc. Et Paul "Starchild" Stanley plafonne parfois un peu au chant, mais c'est un des meilleurs frontman que j'ai pu voir.


PS: Si vous avez un job à 4000 euros/mois (net) dans Paris (si possible rive gauche) en science des matériaux, spécialité polymères, débutant courant 2010 sous la main, n'hésitez pas à contacter Mixlamalice: mixlamalice@hotmail.com. Etudie toute proposition. S'il y a un appart' de fonction avec, c'est encore mieux.
Par mixlamalice - Publié dans : La vie de Mix
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Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /2009 18:13
- C'est fou comme NYC, la nuit en hiver, ça fait penser à Gotham City (vision Tim Burton, hein, pas Caca Nolan)



- Au chapitre des nuits new-yorkaises, passage au Webster Hall, censé être le night club le plus célèbre du monde. Je n'en avais jamais entendu parler, mais le moins que l'on puisse dire est que je ne suis pas très clubber. En tout cas, soulignons qu'accompagné de 4 jeunes femmes, un vilain en jean-tshirt-baskets dans mon genre peut rentrer dans la boîte la plus célèbre du monde. Visiblement ce genre de choses n'a pas trop changé depuis mon adolescence, même si à l'époque j'expérimentais plutôt le corollaire: à 4 mecs dont 2 arabes, même en chemise blanche et pantalon à pinces, c'est pas facile de rentrer.

Vous aurez deviné que pour une fois ce n'est pas Priscilla qui prend la photo. Cette doggy dance se passait sur la table près de laquelle je dansais, à environ 40cms de mon doux visage. A 23h30. Oui, ici, les soirées commencent plus tôt, donc les comportements que l'on voit en France à 4h du mat' (gros roulages de pelle, mimes de sodomies, doggy dances, vomis etc) sont monnaie courante avant minuit. Globalement, j'ai trouvé les ricains assez chauds bouillants en boîte (entre les miniskirts ras le pilou-pilou et les gros relouds à l'oeil suintant...).
Sinon, musique assez "commerciale" (en boîte pour moi, c'est un compliment) pour commencer avant de virer plus électro-underground (ce n'est pas un compliment). Il y avait un caveau rock mais les deux groupes live (un ersatz d'Evanescence et un groupe punk-fusion) étaient malheureusement bof.
Je dois dire qu'au bout de 2-3h, je m'emmerde en boîte, et visiblement ça ne s'améliore pas avec l'âge.


- Expérience plus spirituelle à Harlem avec une messe gospel. Je suis un mécréant, mais je trouve toujours la liturgie intimidante, dans un sens positif. Ici il y avait en plus un côté doux-amer très émouvant: joie de la musique, tristesse de certaines paroles, et même si Harlem n'est plus un quartier aussi défavorisé qu'il y a 20 ans, on sent bien que ça ne doit pas être la fête tous les jours: malgré tout, une foi immense et de beaux messages. 
Franchement à faire, avec deux choix possibles: soit la messe dans l'une des deux-trois églises "appeaux à touristes" où on vous regardera moins de travers si vous mitraillez avec votre Nikon, mais ça perd un peu en authenticité. Soit aller dans église au hasard, mais là les gens ne sont pas très contents si vous faites votre touriste bourrin de base, ce qui peut se comprendre. 

Priscilla n'a  pas pu résister et a "volé" quelques photos: maintenant, c'est elle qui a honte d'avoir perturbé la cérémonie et c'est moi qui montre les photos. 


- Retour à Washington: désolé, mais si le Capitole ne symbolise pas un nibard géant...


- Et puis, aujourd'hui 16 octobre, premières neiges dans le Massachusetts. Bientôt, ça ressemblera de nouveau à ça... J'ai hâte.


- Pour conclure, une photo qui n'a pas été prise au fond de l'Alabama, mais à Boston. Ok, quand y a du vent, on voit plus grand chose dans le rétro. Mais on n'a pas à se cacher d'être patriote, bordel.


Par mixlamalice - Publié dans : L'Amérique
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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /2009 16:55

Emploi du temps chargé, donc petit break photo, ça ne mange pas de pain.

- L'automne dans le New England, c'est beau. Dommage que ça ne dure que quelques semaines (cette année: 2).


- Fenway Park, un stade mythique. Le temple du base-ball, c'est un peu pour un français ce que le Stade Vélodrome est pour un américain (le Yankee Stadium à NYC serait le Parc des Princes): LE stade représentatif d'un sport dont on n'a rien à battre.
C'était le dernier match de la saison régulière, 3 matchs plus tard les Boston Red Sox étaient éliminés des play-offs...


David Big Papi Ortiz à la batte.

Le "closer" des Sox, Papelbon, s'échauffe... 3 matchs plus tard, il annihilait les derniers espoirs de son équipe...

- Washington, une ville musée assez étrange. Un peu comme si la moitié de Paris ressemblait au 7ème: des bâtiments historiques, politiques, des musées, des hôtels, peu de vie à part les touristes, le tout sur au moins 10km2... Pour voir des "vrais gens", il faut aller à Georgetown, par exemple.

Forrest n'était pas là cette fois


- Nouveau passage à NYC, avec l'attraction phare que nous n'avions pas fait avant. Vive la France.


Et puis le symbole de la ville, qui continue à me fasciner, le bien-nommé Interceptor (dont on se demande ce qu'il peut bien intercepter: à cause des embouteillages, un piéton ou un vélo a probablement un sacré avantage. En cas de circulation fluide, à moins que ça ne cache bien son jeu, je vois mal la chose courser une Mustang et ses 600 chevaux...)


C'est tout pour l'instant: dans une série à venir, le Webster Hall, une messe gospel, que sais-je encore?


La plupart des photos sont copyright Priscilla.
Par mixlamalice - Publié dans : L'Amérique
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 19:02
Tant que le sujet est encore "chaud", je publie ici, vaguement modifié, un petit texte que j'avais écrit en vue d'une éventuelle tribune collective, idée née chez Tom Roud (malheureusement, les deadlines et évènements privés étant ce qu'ils sont, le projet semble tombé à l'eau): c'est assez générique, mais je  l'espère pédagogique.

L’article de C. Rollot sur les « soutiers de l’Université » paru dans le Monde du 06 octobre 2010 ainsi que les appels à témoignages dans l’édition en ligne du même jour ont eu le mérite d’interpeller une fois de plus sur la situation des précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (Nd Mix: l'article en question est disponible en section abonnés, les témoignages peuvent être lus ici: http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/06/malaise-a-l-universite-au-pire-je-ne-suis-pas-paye_1249880_3224.html).

Toutefois, étant moi-même dans cette situation, il m’a semblé que ces articles principalement basés sur des « anecdotes » laissaient dans l’ombre quelques points difficiles à comprendre pour ceux n’évoluant pas dans ces sphères, comme le montrent par exemple les réactions des lecteurs du Monde. Chaque domaine de recherche ayant ses spécificités, mes remarques ne concerneront que les sciences dites « dures ». Dans certains cas, elles ne s’appliquent probablement pas au droit, aux lettres ou à la sociologie qui font l’objet d’un certain nombre des témoignages publiés.

S’il est comme le dit Mme Rollot, délicat d’estimer le nombre de précaires, il est toutefois possible de connaître le nombre de qualifiés (c’est-à-dire le nombre de candidats potentiels) par poste crée chaque année, comme l’a fait par exemple N. Holzchuch (voir ses articles de juin 2009). En physique-chimie, ce nombre est de l’ordre de 7. C’est une surestimation du nombre de candidats par poste, car parmi ces qualifiés, un certain nombre, notamment les doubles diplômés ingénieur-docteur ou agrégé-docteur partira travailler qui dans l’Industrie, qui dans l’Education Nationale. Toutefois, estimer qu’il y a 5 docteurs pour un poste semble raisonnable.

Ce sont ces docteurs, ainsi que leurs collègues qui pour diverses raisons n’ont pas passé la qualification, que l’on retrouve x années aux postes dits précaires, ATER ou post-doctorants principalement, jusqu’à ce qu’ils se reconvertissent dans l’industrie ou ailleurs, partent tenter leur chance à l’étranger, ou finissent par obtenir un poste. Pour cela, une moyenne de trois années de « précarité » est actuellement nécessaire, phénomène qui va probablement en empirant du fait des méthodes de recrutement académiques en France : des auditions courtes (30 minutes contre 1 ou 2 jours aux USA par exemple) donnent une importance accrue au « dossier » du candidat non ramené à son âge - il est facile de comprendre qu’à compétences égales, un candidat de 35 ans aura un meilleur CV scientifique qu’un candidat de 30 ans. Contrairement à l’idée reçue, les auditions sont souvent extrêmement compétitives, avec des candidats ayant effectué avec succès des post-doctorats dans les meilleures universités mondiales. Certains choisissent de rester à l’étranger, mais beaucoup d’entre nous aiment trop leur pays, les attaches qu’ils y ont et souhaitent y rentrer malgré ces conditions difficiles: constater qu’une proportion non négligeable de mes concitoyens n’y voit qu’un attrait pour le service public et ses « avantages », ou considèrent qu’une carrière ne devrait être dictée que par des motifs financiers, est quelque peu démoralisant et symptomatique. Une société qui n’a de meilleur conseil à donner à ses jeunes diplômés que de s’expatrier, et qui considère ceux qui restent ou veulent revenir comme la « lie » n’est sans doute pas au mieux…

Si je reviens à cette proportion de 5 candidats pour un poste, il convient de noter qu’elle n’est probablement pas si éloignée de ce que l’on trouve dans les autres pays. La différence majeure, fondamentale, est, selon moi, plutôt le manque de passerelle privé-public, bref, la difficulté pour le docteur (surtout non-ingénieur) d’intégrer le monde industriel. Ce manque de communication, cette, pourrait-on dire, méfiance réciproque entre les deux mondes me semble propre à la France et lié probablement, au moins en partie, à la dualité écoles d’ingénieurs-universités. Le monde de l’entreprise est traditionnellement peuplé, au niveau cadres, d’anciens élèves ingénieurs ou d’écoles de commerces. Les politiques de recrutement, axées plus sur le développement que sur la recherche, ne font que peu appel aux Docteurs: trop spécialisés, trop ancrés dans le fondamental au détriment de l’appliqué, pas adaptés au monde de l’entreprise, etc. Plus le docteur reste dans l’académique après l’obtention de son doctorat, plus il est ensuite considéré dubitativement par bon nombre de recruteurs. Certaines entreprises considèrent même plus ou moins ouvertement qu’un ingénieur préparant un doctorat dévalorise son diplôme, et préfèreront pour un poste R&D former ad hoc un ingénieur plutôt qu’embaucher un docteur.

Partout dans le monde, le titre de docteur est un sésame vers les postes à responsabilité dans les centres de R&D mais aussi ailleurs, le signe d’une grande adaptabilité, d’une capacité à raisonner de façon autonome et originale face à un problème nouveau. Les expériences de type post-doctorat sont valorisées. Aux Etats-Unis, nombre de Professeurs partent vers l’industrie en milieu de carrière ou inversement. Le diplôme n’est pas un passe-droit ni une garantie, mais il est respecté, les opportunités existent et sont nombreuses. Pas en France, où, comme l’a remarqué Tom Roud, le diplôme est vu comme sanctionnant des connaissances et non des compétences. La situation est semble-t-il en train d’évoluer grâce à quelques entreprises pionnières, Rhodia, Saint-Gobain etc, finançant des laboratoires mixtes en partenariat avec le CNRS et mettant en place des politiques de recrutement valorisant enfin le doctorat, mais ces cas restent encore trop rares. Difficile de déterminer les parts de responsabilité de chacun ou du système, mais il ne semble que cet état de fait contribue à expliquer pourquoi, d’après les rares études sur le sujet, le taux de chômage des docteurs français en sciences dures est équivalent ou supérieur à la moyenne nationale quand il est quatre à cinq fois inférieur à la moyenne nationale aux Etats-Unis.
Certes, un diplôme bac+8 ne donne pas accès à un statut privilégié garantissant un emploi bien payé, mais cela devrait cependant ouvrir des opportunités plutôt qu'en fermer...

Mix, octobre 2009

Par mixlamalice - Publié dans : La recherche
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