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Lundi 2 juin 2008

Le concept de l'homme pressé a été assez bien décrit par Super Trempe, euh pardon, Noir Désir.

Ici, ou on est moins enclin a l'ironie, on appelle ça tout bonnement des workaholic, terme qui finalement décrit assez bien le coté pathologique de ceux qui, meme lorsqu'ils font caca, ne se séparent pas de leur blackberry, de ceux qui, meme lorsqu'ils fourrent, songent a la productibilité et a la rentibilité de la chose (quantité de sperme émise, plaisir ressenti, temps passé aux préliminaires, calories brulées, une bonne branlette finalement c'est plus efficace).

Cela dit, on a tous un petit coté homme pressé, je pense.

Prenons un exemple au hasard: moi.

Certes, je n'ai pas de blackberry. Depuis quatre mois je n'ai meme plus de portable (objet certes utile mais qui ne m'a jamais absorbé plus d'une heure de mon temps par mois). Quand j'en possédais un, je ne m'en servais pas au restaurant, je ne m'en servais pas dans les transports en commun, et je n'envoyais pas de SMS quand j'assistais a une conférence (ou quand je parlais au Pape). 
Je n'ai pas non plus d'attaché-case, et je ne comprends rien a La Tribune.

Bref, je  suis assez éloigné du stéréotype habituel.

Pourtant, il y a des choses qui me donnent vraiment l'impression de perdre mon temps, qui me font consulter ma montre toutes les trois minutes tel un businessman sur le point de rater son avion pour Tokyo, alors meme que je n'ai strictement rien d'autre a faire apres:

- conduire. Aller d'un point A a un point B. Ca me broute. C'est long, pénible, inintéressant et l'exemple parfait de l'anti-stimulant intellectuel. Globalement, etre dans les transports ça me crispe des que ca dépasse 1 heure ou deux, mais a la limite je préfere le train ou l'avion (ou etre conduit), au moins je peux lire ou écouter de la musique (ou discuter avec celui qui tient le volant, s'il faut vraiment se montrer bien élevé).
- les réunions. La réunionnite aigüe a l'air d'etre une maladie universelle. Elle est sans doute apparue pour que l'homme puisse un peu oublier son inutilité flagrante et se laisse aller quelques heures a la vanité d'etre indispensable. Pour moi, cependant, c'est le symbole absolu du vide intersidéral, de la perte de temps dans sa quintessence. Non, j'exagere: souvent, il y a un quart d'heure de productif sur deux heures de réunion. Ce que je me demande, c'est si les autres ressentent aussi que les 1h45 restantes sont inefficaces au possible (entre ceux qui s'écoutent parler, ceux qui n'écoutent pas du tout et pensent a leur repas de la veille ou envoient des SMS et moi qui regarde tout ça d'un oeil a la fois désabusé et hargneux)?
- le shopping. Pas celui qui consiste a aller acheter des slips parce qu'on n'a plus de slips valides, mais celui qui consiste a passer une apres-midi aux Galeries Lafayette sans avoir rien de spécial a y faire. Ca m'insupporte, ce d'autant plus que le magasin est rempli. Deux exceptions: les magasins de disques et les librairies. Avec deux conditions (1 heure maximum, et autant que faire ce peut pas le week-end). J'ai heureusement la chance d'avoir pour compagne l'une des seules personnes de sexe féminin qui préférera 999 fois sur 1000 une apres-midi biere-foot a la télé a une apres-midi Pretty Woman. Et la fois qui reste, elle ne m'obligera meme pas a l'accompagner pour que je lui donne mes avis (sachant que, de toute façon, elle ne les écoutera pas).

Il y en a probablement d'autres, mais si déja je pouvais supprimer ces trois choses de ma vie, mon ulcere s'en porterait mieux.

par mixlamalice publié dans : Réflexions indispensables
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Vendredi 30 mai 2008
Cela ne vous a sans doute pas échappé, mais les étudiants d'Amherst sont donc en vacances depuis le 24 mai. Les cours reprennent le 8 septembre, ce qui fait, si je compte bien, 3 bons mois et demi de vacances.

En fait, les cours sont comme chez nous divisés en deux semestres, mais les semestres sont plus ramassés (entre 15 et 20 semaines de cours d'affilée) avec quatre semaines de break a Noël, et donc les big de chez big vacances d'été (ça leur permet de bosser pour payer une partie des 15000 dollars de frais d'inscription, c'est quand meme bien fait).

Chez les plus jeunes (pré-ados et ados), j'ai l'impression que c'est un poil plus tard mais bon, ca fait quand meme bien trois mois a glander.

Et la, l'illumination, le flash comme je dis depuis que je cause le franglais: je comprends pourquoi l'idéal américain, c'est d'avoir une grande baraque avec jardin dans une banlieue résidentielle paumée.
C'est l'evidence meme.
En effet, les parents, eux, n'ont pas de vacances (deux semaines de congés payés par an pour les jeunes cadres: avec l'age ca augmente, mais du coup quand les gamins sont jeunes, nakach bono, en tout cas jamais plus d'une semaine d'affilée pendant l'été. Ici le spirit c'est plutot les longs week-ends).
Il faut donc se taper des gamins désoeuvrés trois mois durant, a la maison toute la journée, alors que vous bossez. Imaginez une telle situation dans un trois pieces parisien: au bout de deux mois grand maximum, vous en jetez un par la fenetre pour calmer les autres. Ou alors, vous les envoyez en colonie ou autre camp d'internement pour jeunes histoire d'avoir la paix (c'est Patrick Timsit qui disait que les camps de vacances, c'est comme les maisons de retraite sauf que dans un cas il n'y a plus jamais de rentrée scolaire). Derniere option, vous finissez a Saint-Anne.
Avec la maison individuelle, vous les foutez dans le jardin avec les clébards (sans la laisse quand meme, ne soyez pas distraits), ou meme dans le salon devant les pubs non-stop (avec du pop-corn et du coca pour faciliter le transit au temps de cerveau disponible) pendant que vous fourrez dans la chambre au deuxieme étage, c'est plus supportable. 

Notre systeme est quand meme mieux fait: deux mois d'été seulement a supporter les gosses, dont presque un mois passé en vacances communes (c'est pénible aussi, mais on peut toujours se dire qu'apres tout c'est les vacances et donc la vie est belle), ça ne laisse plus qu'un mois a gérer a la maison.
par mixlamalice publié dans : La vie de Mix
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Jeudi 29 mai 2008
Depuis mon arrivée a Amherst, Massachusetts, n'ayant le plus souvent rien de mieux a foutre, je suis assidument a la télévision:
-American Idol (c'est comme la Nouvelle Star, mais en mieux).
- Hell's Kitchen (c'est Gordon Ramsay, 10 étoiles Michelin réparties sur 15 restaurants, le Alain Ducasse écossais, avec l'élégance remplacée par le franc-parler, qui trash talk divers apprentis cuisiniers eux aussi adeptes du langage cru afin de déterminer son prochain chef de cuisine dans son futur restaurant).
- The Big Bang Theory, une sitcom mettant en scene quatre geeks et une blonde a forte poitrine.
- Two and a half men, une sitcom avec Charlie Sheen dans le role (pas tres éloigné de la réalité apparemment) du serial niqueur se coltinant son frere coincé et son neveu abruti.
- How I met your mother, une sitcom qui ressemble pas du tout a Friends ou cinq trentenaires (trois hommes, deux femmes) passent leur temps au pub a disserter sur leurs histoires de fesses.
- La NBA.


Je regarde également a l'occasion:
- les Simpsons (mon show préféré mais qui passe a des heures peu pratiques)
- Are your smarter than a fifth grader, show qui a été repris avec une totale absence de succes en France (Roland Magdane officiant a la présentation): ou des candidats se ridiculisent en ne sachant pas répondre a des questions de géographie du progamme de CE2 (a ma grande honte, il y en pas mal sur lesquels je seche, typiquement les questions d'histoire américaine). Enfin, c'est vraiment les jours de grand désarroi mental car c'est franchement pourrave.
- Don't forget the lyrics, un karaoké géant ou le candidat doit connaitre les paroles de classiques de la chanson ricaine, du rock au r'n'b en passant par la country. La aussi c'est franchement pas tres bandant, sauf si c'est Brett Michaels, l'ex-chanteur de Poison qui s'y colle (back in the 80's attention aux explosions de foufoune, mais depuis le botox ne lui a pas trop réussi, et le style glamouze est un peu passé de mode aussi, faut avouer).



- Everybody loves Raymond, une série des années 90 qui a mal vieilli, sur un couple, la quarantaine, face a l'érosion du mariage et  a leurs trois gamins insupportables, le tout entouré par une famille psychotique (mere juive, pere imbuvable, et frere serial loser).
- Family Guy, un animé qui ne ressemble pas du tout aux Simpsons, avec le pere obese et crétin, la mere pleine de bon sens, le fils rebelle, la fille studieuse, et le bébé. Nouveauté: c'est plus vulgaire, le bébé est méchant, et il y a un chien qui parle.
- The Moment of truth, une émission ou le candidat doit répondre a des questions dérangeantes (avez-vous trompé votre femme, avez-vous bu en étant enceinte, aimez-vous quelqu'un d'autre...?) tout en étant relié a un détecteur de mensonges, le tout pour 500000 dollars. Une bien belle émission comme on aimerait en voir en France.
- Le foot américain.

Tout ça pour dire qu'il me faut probablement admettre que je suis en voie rapide de lobotomisation (est-ce que cette phrase a un sens ou est-ce que je commence a parler le JCVD*?).



Heureusement, je continue pour l'instant a aller voir des films indépendants (mais aussi, c'est vrai, Iron Man, Indiana Jones 4 et Sarah Marshall) et a lire des livres (sans images). Une dizaine ces quatres derniers mois, dont deux en english dans le texte. Tout espoir n'est peut-etre pas perdu.

De plus, la plupart de ces programmes disparaissent des grilles d'été et sont remplacés par des trucs, si si c'est possible, encore plus cons (et pas qu'un peu).
J'imagine que c'est a double tranchant: cela imposera soit le sursaut, soit la chute irrémédiable.


* En parlant de JCVD, son futur film JCVD intrigue. Quand il l'explique, ça va mieux.



Dire que je vais rater ça... Ce mec. quelque part (tres loin), est fascinant.
par mixlamalice publié dans : La vie de Mix
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Mardi 27 mai 2008

Un long week-end vient de s'achever.
Quelques petits commentaires sur ce qu'il s'est passé de plus captivant (attention, tout est histoire d'échelle de valeurs dans l'emploi de ce terme):

- Visite du parc des White Mountains dans le New Hampshire. Il faisait beau, c'est joli, c'est vert. Ca m'a fait penser a la vallée de l'Isere en beaucoup moins peuplé (mais d'apres ma douce, qui a vécu longtemps dans la région, ca n'a rien a voir, donc je vous laisse juges la prochaine fois que vous irez). Cela dit, a 6 heures de route aller-retour, plus les 2 heures de bagnole sur la route traversant les dites montagnes, je ne sais pas si je le referai: en effet, le Western Mass ou je vis depuis quatre mois est lui aussi joli, vert, et vallonné. Et il y fait beau en ce moment.
Sinon, l'expérience bed and breakfast était plutot sympa: plus familial qu'un hotel, mais avec une hotesse jeune, souriante et pas collante. On se sentait presque chez nous.
Je n'en dirais pas autant du resto ou nous sommes allés diner, espece de routier version US avec des plats franchement pas top servis sur de la toile cirée dans un cadre type chalet suisse a la Mickey. Enfin bon, on n'est pas morts de faim.
Autre petite déception: le village de Waterville Valley était recommandé par le Lonely Planet. Je m'attendais a un joli village de montagnes. N'y allez pas pour visiter. C'est une station de ski - village de vacances: bref, si on y passe une semaine a faire du ski ou de la randonnée ca doit etre génial, mais pour passer une demi-journée, ben, c'est pas trop ca. Sauf bien sur si vous aimez les barres d'immeuble faussement design "montagne", les centres resto-salle de sport- location de DVD - piscine, et les terrains de jeux.

- Vendredi, c'était le graduation day a Amherst. Vous savez, ce truc un peu kitsch qu'on voit dans les films, ou des étudiants en tunique noire recoivent leur diplome devant tout le monde avant de jeter leur chapeau en l'air dans un élan de sympathique niaiserie. Bon, ici, c'est tres premier degré donc on évite de faire son français boursouflé par son complexe de supériorité et on leur dit pas qu'heureusement, le ridicule ne tue pas.
Petites remarques: la toge noire, il faut l'acheter. Et apparemment ca coute 800 dollars. On pourrait penser qu'a 15000 dollars les frais de scolarité (je suis dans une fac "publique" donc pas chere), c'était fourni, mais non.
Le pot du département pour feter les diplomés a consisté en du coca, 20 pizzas et un cake immonde Big Y (le Carrefour local). Ils ont le sens de la fete et du juste prix...
Bref, le plus intéressant dans cette affaire, c'est encore la chanson de Chris Isaak.
A noter qu'a cette occasion, j'ai gouté la pizza aux pates (des tortellinis en garniture), eh ben, c'est fin, c'est tres fin, ca se mange sans faim, comme on pouvait s'en douter.

- Le PSG s'est un peu fait entuber en finale de la Coupe de France (un but refusé pour hors-jeu de Yepes qui ne participait pas a l'action, main énorme dans la surface non sifflée: certes elle semble non volontaire, mais de plus en plus de joueurs se baladent dans la surface de réparation les bras écartés comme s'ils voulaient vous faire un hug. Forcément, la probabilité que le ballon vienne taper le bras est plus importante que lorsque celui-ci est collé au corps...). Et puis, comme d'hab, Lyon a marqué dans les prolongations sur une grosse erreur défensive, puis a controlé sans trembler.

- Richard Gasquet a abandonné a Roland-Garros. Il semble vivre une crise de post-adolescence délicate. Pourquoi nos espoirs confirment-ils si difficilement? Pourquoi avons-nous toujours des champions philosophes qui "intellectualisent" trop leurs conditions de champions (je mets les guillemets parce que c'est pas du Hegel non plus). Entre Mauresmale, Gasquet et Manaudou, franchement...
Alors qu'un bon vieux Nadal, élevé au grain testostéroné, il se pose pas de questions existentielles. Il est la pour défoncer tout le monde et gagner. Merde, c'est ca qu'on attend d'un sportif, pas des réflexions pénibles sur le blues du sportifman. Ok, a 40 ans il sera en fauteuil roulant avec les genoux d'un mec de 90 ans, et a 50 ans il sera mort parkinsonien, mais nous, qu'est ce qu'on en a foutre?

- Nicolas Sarkozy a engage les dockers marseillais a se retrousser les manches: 4000 heures au boulot par an, soit 11 heures par jour 365 jours par an. Le pouvoir d'achat, c'est une question de volonte: travailler plus, c'était pas des paroles en l'air.

- Indiana Jones 4, c'est un peu con. Dommage car sinon, c'est plutot bien réalisé (Spielberg a recrée une ambiance films d'action eighties vraiment sympa), et il y a des scenes assez mémorables (la fourmiliere notamment). Mais bon, entre l'explosion nucléaire et Roswell, c'est quand meme un poil tout much. Enfin, ca se laisse voir.

- Si c'était férié lundi, c'était a cause du Memorial Day: un peu comme notre journée de souvenir aux morts, mais ici réservée aux morts au combat, depuis la guerre d'indépendance jusqu'a la guerre en Irak. On sent que faire la guerre, c'est un truc important ici.
Et puis ça permet de lire quelques perles. Ainsi, un jeune soldat avait annoncé, en s'engageant apres la mort de son frere en Irak, qu'il voulait s'engager pour "suivre ses traces". Il a tellement bien réussi qu'il est mort aussi.
Georges W. a également fait preuve d'un sens de l'observation remarquable en déclarant: "dans nos cimetieres, les tombes de nos soldats morts au combat sont chaque année plus nombreuses". Un vrai Sherlock Holmes.

- J'ai enfin reçu les commentaires des referees sur mon dernier article de these. Eh ben y a du boulot avant qu'il ne soit accepté et paraisse. D'ailleurs j'y retourne.

par mixlamalice publié dans : La vie de Mix
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Vendredi 23 mai 2008
Il y a quand meme des choses bizarres dans le monde de la recherche de ce coté de l'Atlantique:

-Je suis docteur, ingénieur diplomé d'une des meilleures écoles francaises dans le domaine de la recherche. Je ne me prends pas pour une star, mais j'aime bien qu'on ne me prenne pas pour une merde non plus. Or, mon boss vient me voir hier et me demande si je peux aller faire signer le projet qu'il est en train d'écrire (auquel je ne participe meme pas) par la professeur truc, du département machin dans un batiment a l'autre bout du campus.
Je n'ai rien dit, comme un flan, de toute facon ca m'a laissé sur le fion (je ne pense pas que j'aurais dit quelque chose si j'avais eu le temps de réagir), mais bon, me voila facteur.

-Je me retrouve également a faire des manipes préliminaires pour étoffer ce projet, manipes dont je n'ai strictement rien a foutre, sur un sujet que je trouve foireux et qui donc ne m'intéresse absolument pas. Ces manipes seront surement pour la gloire (ou pour le pognon que ca lui rapportera), mais ca m'etonnerait que j'en tire une publi. Bref, je suis un peu le bon bwana, ou le soutier (et encore, je ne rivalise pas avec l'autre post-doc qui lui vraiment se tape toutes les collaborations foireuses).

-Parlant de l'autre post-doc, il est en train de rédiger un papier, et ce qui me troue le fion, c'est qu'il n'a absolument aucune idée de ce qu'il va écrire dedans. Le boss non plus: en gros ils ont deux photos et un graphe qu'ils trouvent jolis, et ils construisent le papier en fonction des manipes, puis le modifient en fonction des résultats, puis décident d'autres manipes etc. Bref, le papier est écrit en parallele avec les expériences. Quand j'étais en France, a un moment quand j'avais beaucoup de résultats, mon boss me disait "ok coco, tes résultats montrent ca, on va faire un papier". Eventuellement j'avais deux ou trois manipes de confirmation a mener, mais bon, le processus était quand meme plus clair a mon gout. Vu de l'intérieur, j'ai du mal a imaginer que le papier puisse avoir de l'impact quand on ne sait pas a l'avance quel message on veut faire passer...

-Je ne suis pas allé dans trois mille congres, mais quand je voulais en faire un (ou deux) dans l'année et que mon boss francais estimait que ca valait le coup, il ne me faisait pas chier plus que ca et payait rubis sur ongle. Ici, je dois envoyer 300 mails a droite et a gauche pour trouver quelques % de financement, activités un peu oiseuses qui ne font pas franchement avancer la science. Idem, quand j'avais besoin d'un produit ou d'un appareillage quelconque et que ca semblait pertinent, pas d'autres questions et on torchait ca vite fait bien fait. Ici, ca tergiverse pour économiser 200 dollars alors qu'ils touchent des grants de 500000 dollars. Je dois avouer que ca me laisse perplexe (la portée de cette réflexion n'est apparemment pas générale puisque ma douce, passée de Pasteur a Harvard, ressent, elle, exactement l'inverse. Il faut dire que mon boss parisien avait un budget plutot élevé comparativement a la moyenne francaise).

-Il n'y a pas de techniciens ou ingenieurs dans les labos (a part pour certaines manipes tres precises et précieuses). Ces gens qui, en France, sont responsables des manipes, sont censés aider a les maintenir en bon état, a les optimiser, a former les nouveaux arrivants, voire a les aider a faire certains manipes. 
En gros, ces fonctions la sont remplies par les thésards (en plus de la recherche). Je vois bien que ca a des avantages (le thésard apprend a se démerder), mais bon, moi ce que j'aime c'est faire de la physique (ou de la chimie). Programmer un ordi pour qu'il pilote la manipe ou foutre les mains dans le cambouis, je comprends qu'il y en ait qui aiment, mais pour moi c'est un job different de celui de chercheur. Personnellement, ca me fait chier et ca me donne l'impression de perdre mon temps. J'aime faire des manipes, pas les construire (sinon je serais ingénieur...comment ca je suis ingénieur?). C'est aussi pour ca que certaines theses sont sans fin ici, j'imagine.

Bon voila. C'est presque le week-end alors je n'ai pas envie de relire. En plus, c'est un long one, car lundi est férié. Donc désolé pour la pauvreté du style encore plus marquée qu'a l'accoutumée et a mardi.
par mixlamalice publié dans : La recherche
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