Mardi 22 septembre 2009 2 22 09 2009 18:48
Lu quelque part (sur le site de la Chanson du Dimanche pour être exact):

"Baruch Spinoza dit que ce qui ne nous tue pas nous rends plus fort…" (sic)
Signé: un commentateur philosophicomique.

L'objet de son ire (là, je paraphrase): la télévision qui corrompt les artistes engagés et abrutit les masses.
Je dirais qu'elle n'est probablement pas la seule...

J'apprécie toujours particulièrement les tentatives d'érudition qui échouent lamentablement: et je me contiens de répondre "votre incultance dépasse l'entendure".

Je vais peut-être retourner aux commentaires du Monde, finalement.
Ou aller bosser, tiens: car, pendant ce temps-là, comme le dit Marcel Descartes, "et pourtant elle tourne".
Par mixlamalice - Publié dans : C'est bon de rire parfois
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Samedi 19 septembre 2009 6 19 09 2009 00:18
Un article récent m'a fait hausser les sourcils, signe chez moi d'un étonnement de premier ordre:
http://www.boston.com/bostonglobe/ideas/articles/2009/09/13/why_capitalism_fails/?p1=Well_MostPop_Emailed1


Pour ceux qui n'iraient pas lire l'article, ça s'appelle "Why capitalism fails" (en VF, "pourquoi le capitalisme s'effondre"), et c'est un article du Boston Globe de dimanche dernier, basé sur les travaux d'un obscur économiste des années 80, Minsky.
Le Boston Globe n'est pas la référence qu'est le New-York Times, mais appartient au même groupe, est le premier quotidien de la Nouvelle-Angleterre avec un tirage d'environ 500000 exemplaires, et a reçu 18 Pulitzer depuis son lancement en 1872: bref, c'est un journal sérieux, très ancré démocrate (mais un démocrate, ça croit à l'économie de marché et à la libre entreprise), comme à peu près toute la Nouvelle-Angleterre. J'en donne quelques extraits plus bas.

Si même les américains commencent à se poser ce genre de questions (ou pire encore, à admettre ce postulat comme un état de fait et à en chercher les raisons), ça veut soit dire:
- que c'est vraiment la fin.
- que "ça" va changer bientôt...

Je pencherais pour la première solution, mais je garde un peu d'espoir pour la seconde. En attendant, je vais peut-être essayer de trouver le bouquin de Minsky.


Extraits de l'article:
"

Hyman Minsky is a hitherto obscure macroeconomist who died over a decade ago. Many economists had never heard of him when the crisis struck, and he remains a shadowy figure in the profession. But lately he has begun emerging as perhaps the most prescient big-picture thinker about what, exactly, we are going through. A contrarian amid the conformity of postwar America, an expert in the then-unfashionable subfields of finance and crisis, Minsky was one economist who saw what was coming. He predicted, decades ago, almost exactly the kind of meltdown that recently hammered the global economy.

In recent months Minsky’s star has only risen. Nobel Prize-winning economists talk about incorporating his insights, and copies of his books are back in print and selling well. He’s gone from being a nearly forgotten figure to a key player in the debate over how to fix the financial system.

But if Minsky was as right as he seems to have been, the news is not exactly encouraging. He believed in capitalism, but also believed it had almost a genetic weakness. Modern finance, he argued, was far from the stabilizing force that mainstream economics portrayed: rather, it was a system that created the illusion of stability while simultaneously creating the conditions for an inevitable and dramatic collapse.

Minsky called his idea the “Financial Instability Hypothesis.” In the wake of a depression, he noted, financial institutions are extraordinarily conservative, as are businesses. With the borrowers and the lenders who fuel the economy all steering clear of high-risk deals, things go smoothly: loans are almost always paid on time, businesses generally succeed, and everyone does well. That success, however, inevitably encourages borrowers and lenders to take on more risk in the reasonable hope of making more money. As Minsky observed, “Success breeds a disregard of the possibility of failure.”

As people forget that failure is a possibility, a “euphoric economy” eventually develops, fueled by the rise of far riskier borrowers - what he called speculative borrowers, those whose income would cover interest payments but not the principal; and those he called “Ponzi borrowers,” those whose income could cover neither, and could only pay their bills by borrowing still further. As these latter categories grew, the overall economy would shift from a conservative but profitable environment to a much more freewheeling system dominated by players whose survival depended not on sound business plans, but on borrowed money and freely available credit.

Once that kind of economy had developed, any panic could wreck the market. The failure of a single firm, for example, or the revelation of a staggering fraud could trigger fear and a sudden, economy-wide attempt to shed debt. This watershed moment - what was later dubbed the “Minsky moment” - would create an environment deeply inhospitable to all borrowers. The speculators and Ponzi borrowers would collapse first, as they lost access to the credit they needed to survive. Even the more stable players might find themselves unable to pay their debt without selling off assets; their forced sales would send asset prices spiraling downward, and inevitably, the entire rickety financial edifice would start to collapse. Businesses would falter, and the crisis would spill over to the “real” economy that depended on the now-collapsing financial system.

Minsky’s solution was radical and less palatable politically. Minsky argued for a “bubble-up” approach, sending money to the poor and unskilled first. The government should become the “employer of last resort,” he said, offering a job to anyone who wanted one at a set minimum wage. It would be paid to workers who would supply child care, clean streets, and provide services that would give taxpayers a visible return on their dollars. Such a program would not only help the poor and unskilled, he believed, but would put a floor beneath everyone else’s wages too, preventing salaries of more skilled workers from falling too precipitously, and sending benefits up the socioeconomic ladder.

While economists may be acknowledging some of Minsky’s points on financial instability, it’s safe to say that even liberal policymakers are still a long way from thinking about such an expanded role for the American government. If nothing else, an expensive full-employment program would veer far too close to socialism for the comfort of politicians.
"

En bref, il semble que du gros bon sens et un peu d'anthropomorphise appliqué au système capitaliste (confiance et arrogance sont des sentiments proches l'un de l'autre, et plus on a avec raison confiance en soi parce que tout réussit, plus on est susceptible de devenir arrogant et de finir par échouer) ait suffi à Minsky pour "deviner" très précisément ce qui allait se passer.
L'économie en tant que science ressemblant à mon goût tout de même un peu à la technique dite du doigt mouillé, il se peut qu'il ait simplement été chanceux, ou le seul mec un peu pessimiste au milieu de gars qui ne sentaient plus pisser après 30 ans à se gaver. 
Mais il se peut aussi bêtement qu'il ait vraiment tout compris, et que donc sa solution marche aussi. Malheureusement, c'est une solution "socialiste" donc autant dire que c'est pas demain qu'elle sera mise en oeuvre.

Par mixlamalice - Publié dans : L'Amérique
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 09 2009 16:03
Ce blog a été crée le 13 décembre 2005. Il a donc, à 3 mois près, 4 ans.
Si on ôte deux périodes d'inactivité, l'une de grosso modo sept mois (de fin mai 2006 à fin janvier 2007) et l'une d'environ deux-trois mois (mai-août 2007), le blog fête en ce moment ses 3 ans d'écriture.

Au départ, l'idée que j'avais pour ce blog (expliquée vaguement dans mon premier article) ressemblait un peu à ça. En français, en plus drôle - ou moins sérieux-, moins féministe et plus proche de la paillasse. Globalement, je voulais parler du petit monde scientifique, de son quotidien un peu à part, sans vraiment parler de science. En BD et en plus talentueux que je ne le suis, ça donne ça

Finalement, mon fâcheux manque de concentration, allié à mon côté vélleitaire et mes nombreux centres d'intérêt ont transformé ce blog en l'espèce de gloubiboulga que vous avez sous les yeux, dont j'ai détaillé les "objectifs", si l'on peut dire, ici et . Cet éclectisme est ce qui permet à ce blog d'être "linké" à la fois par des blogs culinaires, littéraires ou scientifiques: j'apprécie beaucoup d'avoir des lecteurs ayant des intérêts et des horizons très différents. En contrepartie, ce blog n'a pas de "niche" et n'a donc pas de potentiel de croissance énorme (voir les chiffres plus bas).

Mon blog comporte 6 catégories: Musico-littéro-gastro, l'Art en somme , La vie de Mix , Réflexions indispensables , C'est bon de rire parfois , La recherche et L'Amérique.

J'ai à ce jour, sans compter celui-là, écrit 333 articles (la moitié de 666), répartis dans ces 6 catégories relativement uniformément (respectivement 61 articles, 88, 69, 34, 46, et 35). Il y a quelques articles dont le classement m'a causé des soucis car ils sont un peu à cheval entre deux catégories: ainsi L'Amérique me fait souvent rire parfois...

Sur ces 333 articles, il y en a probablement environ 20% que je continue à trouver "bons" longtemps après les avoir écrits. Ils sont pour la majorité dans les catégories l'Art en somme et Réflexions indispensables. Je qualifierais la même proportion d'articles "inutiles", principalement dans la catégorie La vie de Mix: articles dont les thèmes sont du genre "je suis fatigué", "je n'ai pas le temps ou l'envie de bloguer" etc. En puriste, je souhaitais au départ éviter de me compromettre dans ce genre d'articles, mais je ne suis qu'un homme et la pression lectorale a été trop forte...
Le reste se situe dans une tranche intermédiaire d'articles plutôt rigolos ou intéressants, mais trop légers ou trop ancrés dans le présent dans lequel ils ont été écrits (C'est bon de rire parfois, et un certain nombre d'articles dans La recherche ou l'Amérique, par exemple).

333 articles en 3 ans d'écriture, soit un peu plus de 1000 jours, cela représente un peu moins d'un article tous les trois jours, ou deux articles par semaine de moyenne. C'est une moyenne selon moi correcte et j'essaie de m'y tenir depuis que je suis aux USA (20 mois), même si en ce moment par exemple, j'ai plusieurs idées d'articles dans mes cartons. Un certain nombre d'articles "intéressants" (à mon goût tout au moins) n'ont jamais vu le jour pour cause de flemmardise, d'oubli, ou d'emploi du temps trop chargé.

Depuis que le blog existe, le compteur over-blog comptabilise un peu plus de 15000 lecteurs (15277) et un peu moins de 40000 pages vues (39006). Pour bien des blogs, 5000 lecteurs ce n'est pas une statistique annuelle, c'est une statistique mensuelle, voire hebdomadaire ou journalière. Over-blog ne comptabilise que le nombre de "visites uniques", donc si vous vous connectez 10 fois par jour sur mon blog avec un seul ordinateur, cela ne compte que pour une visite.
En septembre 2008, j'ai enregistré mon mois record avec 3551 pages vues, et ma journée record (le 29) avec 663 pages vues.
La moyenne de pages vues est depuis environ un an de l'ordre de 1200 à 1500 par mois, ou 40 à 50 par jour.
La moyenne de lecteurs est depuis la même  époque de l'ordre de 600-750 par mois, soit 20-25 par jour.
Environ 50% de mes lecteurs sont des lecteurs réguliers, 50% viennent de recherches google (aussi diverses et variées que "gastronomie québecoise", "tatouage au sein", "pipe entre adolescents" et "liste d'écrivains du 19ème siècle" pour ne prendre que des exemples parmi les plus récents) ou de liens disséminés ici et là.
Les lecteurs ont laissé 363 commentaires, soit environ 1,1 par article. Si l'on enlève mes commentaires (addenda ou corrections), on doit être aux alentours de 0,8 commentaire par article. Je crois avoir répondu à tous, à une ou deux exceptions près. Le record de commentaires pour un article est de 11 (deux ex-aequo assez récents).

Le blog rank de ce blog, un moyen obscur de déterminer l'activité d'un blog sur la plateforme over-blog entre 1 et 100, oscille depuis 18 mois entre 40 et 60. Comme over-blog me le répète chaque jour, mon blog n'est PAS dans le top blog. A une époque, ils donnaient un "classement", et ce blog oscillait entre la 5000 et la 10000ème place, sur plus d'1 million de blogs (dont probablement uniquement 10% d'actifs, cependant).

Je n'ai pas souscrit au "partenariat droit d'auteurs" d'over-blog qui consisterait à me payer en échange de pubs sur mon blog, en fonction de l'activité de celui-ci. J'ai calculé que je renonçais à environ 4 euros/mois, si je me souviens bien.

Le blog appartient à deux communautés, Science et Expatrié(e)s

J'ai reçu une offre pour devenir collaborateur dans un blog collectif, que j'ai refusée (mon côté Florent Pagny). 

Je pense encore être là pour le passage des 20000 lecteurs et 50000 pages, d'ici six mois à un an.
Au-delà, notamment pour l'écriture du 666ème article, who knows? Car dans trois ans, je serai peut-être à fabriquer des pizzas dans un camion sur la Côte d'Azur (une idée de mon frangin qui réunit actuellement des capitaux en pratiquant le notariat).

Je rajouterai sans doute quelques chiffres lorsqu'ils me reviendront en mémoire. Et je range cet article dans la septième catégorie créee pour l'occasion et intitulée "Blog on blog".
Par mixlamalice - Publié dans : Blog on blog
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Samedi 12 septembre 2009 6 12 09 2009 18:26
Quelques réflexions suite aux tristes évènements survenus la semaine passée chez France Télécom: une salariée qui se défenestre sur son lieu de travail, un autre qui se poignarde pendant une réunion.

Depuis février 2008, 22 suicides ont été recensés chez France Télecom. Soit un peu plus d'un par mois.

Tout d'abord, notons que statistiquement, ce chiffre n'est pas si élevé que ça: la France est un des pays "développés" présentant un fort taux de suicide, environ 17 par an pour 100000 habitants. Si l'on ramène ce taux à la population "active" (i.e. entre 20 et 65 ans), on est autour de 25. Difficile ensuite d'avoir des chiffres plus précis (taux de suicide chez les chômeurs, les divorcés etc), mais l'ordre de grandeur est là. 

France Télécom emploie environ 100000 personnes en France, donc qu'il y ait une quinzaine de leurs salariés qui se suicide par an n'a rien d'"extraordinaire" (je parle en terme de chiffres, pas en terme de tragédies individuelles). 

Plus que le chiffre brut, le fait qu'ils se suicident sur leur lieu de travail est certainement indicatif de conditions de vie déplorables et que le suicide est lié directement à cet état de fait (cf ces commentaires). Comme chez Renault il y a quelques temps, c'est là qu'est la "nouveauté" du phénomène: le suicide du au travail et à ses conditions, et non à son absence (chômage, problème d'insertion dans la société) ou à des évènements plus personnels (rupture, divorce, décès d'un proche, etc).

Mais ce qui me défrise le plus, ce sont certains commentaires des lecteurs de Monde, qui me donnent vraiment une image déplorable de l'humanité en général, et de notre société en particulier (Hasta Siempre).
Un petit florilège pas vraiment ragoûtant:

- C'est sûr la culture du résultat dans un monde ou régnait la culture de la glande, du bien-être des syndicats tout puissants et du "je fais ce que je veux je suis fonctionnaire a vie" et des CE plus riches que bon nombre de sociétés, effectivement, ca crée un choc! Y a donc de la casse, rien d'étonnant à cela! A partir du moment ou un milieu se durcit, les plus faibles cèdent rapidement! L'administration était avant un refuge, nécessaire !

- Quand on pense que ce sont tous des anciens fonctionnaires des PPT. On imagine le massacre lorsqu'on va demander à la Poste et à la SNCF de devenir enfin efficace ! Pas facile de se mettre à bosser à 50 ans, n'est ce pas ...

- Les corporations fonctionnaires et assimilées qui nous ont gratifiés du taux de grève si excessif qu'il nous a valu la caricature mondiale commencent par morceaux à goûter à ce que 80% des français vivaient et vivent au boulot (et qui en sus se coltinaient les grèves des 20% d'autres aveugles n'ayant eu aucune pitié pour eux, se regardant le nombril). Dur de vivre comme l'immense majorité des français ? Oui. Et encore pas de grève en ce moment.

- Attribuer un suicide aux conditions de travail chez France Télécom ? C'est limite indécent. Des centaines de milliers de chômeurs rêveraient d'avoir ces conditions de travail.

Cela va un peu au-delà de la diatribe anti-fonctionnaires classique, je n'avais jamais lu une telle ''haine'' dans des commentaires pourtant généralement gratinés, pondus par des gens un minimum éduqués et pas par le pochtron de PMU qui lit plutôt Paris-Turf: on peut presque sentir un certain réjouissement face à la mort d'un parasite qui avait enfin été remis dans le droit chemin de la productivité et n'a pas su le supporter, une espèce de darwinisme social radical ("plutôt crever que de devoir bosser au boulot", j'imagine que c'est exactement ce que la jeune femme s'est dit avant de sauter).
Et puis, j'aime beaucoup la justification des conditions de travail: sous prétexte que des chômeurs seraient bien contents d'avoir le boulot, on n'a pas vraiment le droit de se plaindre. Ce qu'il y a de bien avec cet argument, plus répandu qu'il n'y paraît, c'est qu'on le pousser assez loin: les chômeurs devraient la fermer parce qu'il y a des sans-abris qui sont plus malheureux, les RMIstes français feraient mieux de ne pas l'ouvrir parce que être pauvre en France c'est quand même être un privilégié social comparé aux pauvres du Tiers-Monde, et coetera et coetera.
Avec cet argument, on peut, une fois qu'il est bien ancré dans la population, justifier une espèce de retour au 19ème siècle, parce que si tu veux pas bosser le dimanche, les jours fériés et même la nuit, si t'es pas content d'être payé à peine de quoi survivre et de te faire traiter comme une sous-merde par des petits chefs bien lobotomisés "corporate", on trouvera toujours quelqu'un prêt à (voire content de) jouer le jeu.

Un peu gerbant, tout ça.
Par mixlamalice - Publié dans : Réflexions indispensables
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Mardi 8 septembre 2009 2 08 09 2009 16:23
Il y a eu en France il y a quelques temps beaucoup de bruit autour de la burqa. Je n'ai suivi que de loin, mais je me faisais à peu près la même réflexion que M. Bartolone: "par rapport au nombre, moins de 400 cas sur 60 millions de français, une loi, un débat parlementaire serait comme sortir un gros pilon pour écraser une mouche".

Au-delà de ça, j'ai trouvé une réflexion intéressante dans un article du Courrier International sur ce sujet (par Ms. Sophie Morris, The Independent):
"Le système des valeurs françaises est très différent du nôtre (NdMix: anglais). Dans sa lutte pour l’égalité, la France, au lieu d’encourager le multiculturalisme comme nous le faisons au Royaume-Uni (NdMix: c'est également la méthode américaine), s’efforce d’aplanir les différences et préconise l’intégration."

Il est au premier abord aisé, comme la suite de l'article le montrait, de voir les problèmes liés au système français et les solutions que le système anglais ou américain apportent: lorsque l'Etat prône l'Egalité mais qu'en pratique, la société a peu évolué et reste faite dans une très large mesure par les "blancs de souche" pour les "blancs de souche", l'intégration est en échec. Et le communautarisme qu'on avait tenté de gommer ressurgit d'autant plus fort.
Je trouve qu'aux US, tout au moins dans les milieux "favorisés" (tout n'est pas rose non plus, leurs "ghettos" sont probablement pires que les notres), le multiculturalisme a dans une large mesure réussi. Dans les classes dirigeantes, dans les classes moyennes, aux postes à responsabilité ou dans les sphères universitaires dans lesquelles j'évolue, on a beaucoup plus le reflet d'une société multiethnique qu'en France. Je n'ai pas l'impression qu'obtenir ici un emploi correspondant à ses qualités et rémunéré au juste prix pour un membre d'une "minorité visible" (j'entends tout ce qui n'est pas blanc et mâle) soit le parcours du combattant que doivent souvent affronter en France les femmes, les noirs ou les arabes.

Cela dit, cette volonté à tout crin d'accepter, voire de valoriser les différences, plutôt que de les mettre au second plan derrière quelques principes unificateurs, a aussi ses faiblesses.
La principale est de rendre chaque "communauté" (ou "minorité", mais la "minorité" féminine n'en est pas vraiment une, par exemple) hyper-sensible, avec une tendance à interpréter chaque évènement un tant soit peu désagréable, aussi futile soit-il, sous l'angle vaguement paranoïaque d'une probable discrimination consciente ou inconsciente (l'argument de l'inconscient est imparable pour fermer la porte à toute réponse argumentée, je vous le conseille). Bref, à devenir comme ceux dont ils pourfendent l'attitude, voire pire.
Un exemple: ce blog, pourtant souvent intéressant, devient je trouve franchement "too much" lorsque l'auteur(e) s'attaque à ce genre de sujets, et je ne parle pas des commentatrices -eurs- et leurs explications et justifications socio-culturelles ou psychologiques à deux sous et à n'en plus finir*.
On peut également citer l'affaire Gates, qui d'un fait divers assez anodin du à deux personnes probablement un peu trop susceptibles, arrogantes et convaincues de leur bon droit, est devenue pendant un temps, véritablement, une affaire d'Etat.
Ou, plus près de chez moi, cette thésarde de première année qui a quitté le groupe pour aller suivre le progamme "women studies" de la fac (voir plus bas), après avoir qualifié mon boss de sexiste: intrigué par des résultats contre-intuitifs, il avait eu l'impudence de lui demander si elle était sûre de son protocole expérimental.
Certaines comédies moins débiles qu'il n'y paraît se sont d'ailleurs délectées de ce phénomène, avec les fameux "What do you mean "you people"?" (Tropic Thunder, Me myself and Irene, Bad Santa etc) - "you people" pouvant à la fois désigner innocemment n'importe quel groupe de deux personnes ou plus auquel on s'adresse mais aussi être une injonction méprisante à l'égard d'une "minorité", noirs, nains... ou les deux-.

L'autre conséquence, c'est la multiplication de micro-communautés**, la tendance à se considérer comme membre de sa communauté plutôt que d'une nation ou d'un peuple: par exemple, on peut suivre à l'université des programmes intitulés "women - ou afro-american- ou native american- gay/lesbian- ...-  studies". S'en suivent un abus de précautions oratoires (le "politiquement correct") aussi ridicules qu'abrutissantes, de quotas farfelus à propos de tout et surtout n'importe quoi, et de procès tout aussi farfelus. 

Tout cela conduit, à mon sens, à des situations paradoxales et potentiellement dangereuses: la communauté homosexuelle se bat pour l'évolution des valeurs et l'acceptation de l'homosexualité dans la société, mais réaffirme dans le même temps, par exemple par la gay pride, son statut de communauté, et donc sa différence.
Ou ces féministes qui défendent la burqa au nom du droit des femmes à porter les vêtements de leur choix sans être jugées...
Il n'y a plus de règles, que des exceptions: et l'idée de légiférer pour des questions touchant 0,001% de la population ne devient, malheureusement, plus si absurde. Après tout, c'est dans la droite lignée de la politque du fait divers... 




* pour ceux qui souhaiteraient mieux connaître le fond de ma pensée, j'ai laissé quelques commentaires en mauvais anglais sur les articles mis en lien.
** suite à diverses situations désagréables qui ont porté atteinte à ma virilité, après quelques difficultés pour trouver chaussure à mon pied (étant mâle, blanc, blond pas chauve, de taille moyenne, de corpulence moyenne et hétérosexuel) j'ai rejoint la communauté des "déficients pileux".
Par mixlamalice - Publié dans : Réflexions indispensables
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