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Mardi 6 mai 2008
Ca fait un an jour pour jour qu'on est ensemble. J'ai pas grand chose a te dire, mais comme tout le monde cause de cet anniversaire, voila ces quelques mots:

Qu'on soit ensemble, moi je voulais pas vraiment, mais une forte majorité de ma famille l'avait décidé. et bon gré mal gré j'ai du m'y plier. Faut dire que le choix n'était pas facile, et il fallait bien quelqu'un pour remplacer le Vieux.
 
Des le début, je te sentais pas trop, je te trouvais grande gueule, trop ambitieux. C'est bien l'ambition, hein. Mais quand c'est le seul moteur chez quelqu'un, je trouve que ca rend con.
Parfois meme tu me faisais un peu peur avec tes airs bravache et tes discours foireux qui prechaient peut-etre pas la haine, mais au moins la méfiance et la dissension sociale. Et puis, tous les jours on voyait ta gueule partout, on se farcissait tes opinions navrantes d'inculture et tes fautes de francais, j'étais deja saoulé de toi avant meme que ca ne commence vraiment entre nous.

On aurait pu croire que tu allais changer, tu nous l'avais tellement répété. Quand tu nous as dit que tu partais méditer pour etre a la hauteur de ta tache, j'y ai cru, deux minutes. Et quand je t'ai vu avec tes grosses lunettes de soleil, ton poitrail au vent sur un yacht au soleil, j'ai compris que effectivement, tu avais changé: ou plutot, tu allais enfin te montrer sous ton vrai jour. Avant tu te retenais un peu, mais enfin tout en haut, tu allais te lacher. Et effectivement, je te trouvais grande gueule, je t'ai découvert nouveau riche vulgaire. Tu m'auras tout fait: les grosses montres, les chemises ouvertes, les restos pourris mais chers et people, les jets privés, le divorce, la mannequin, les échanges musclés en public, les unes de Voici.

Le pire c'est que je ne m'intéresse qu'a ca. Pourtant je vois bien que ce que tu fais dans mon dos avec le mec a la meche, que je ne comprends pas parce que je suis bete, ca a l'air pire. Je vois bien que tu ne peux pas lutter contre tes penchants, que ce que tu aimes, c'est le pognon, et que tous les moyens pauvres comme moi (ne parlons pas des beaucoup beaucoup beaucoup plus pauvres), tu t'en fous completement. Mais voila, tout ca c'est trop dur a suivre alors on ne nous en parle pas, on ne nous l'explique pas. On préfere quand tu pars en vacances, la ma famille et moi, on peut heure par heure savoir ce que tu fais.

Et j'en ai eu assez.

Alors je suis parti. Je dois avouer que tu ne me manques pas trop. Je te suis encore, de loin, parce que tu restes important pour moi, mais décidément je ne t'aime pas.
Oh, sans doute, un an c'est trop tot pour te juger, il t'en reste quatre. Mais tout de meme, c'etait pas super super ces un an.
A moins que tu ne changes vraiment beaucoup (et je ne te crois plus quand tu me dis que tu as encore changé, que tu es plus calme, plus posé), j'espere que ma famille ne te laissera pas une seconde chance.

Parce que, avec ou sans toi, j'ai quand meme envie de rentrer, eux, ils me manquent.

BIen a toi,
Mix

PS: je sais que tu ne m'en voudras pas pour le tutoiement, tu n'es pas de ces has been qui apprécient la classe feutrée inhérente au vouvoiement.
par mixlamalice publié dans : Réflexions indispensables
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Lundi 5 mai 2008
Il ne s'agit pas ici de rendre hommage a une tres belle catégorie cinématographique. Michel Galabru, vieux de la vieille s'il en est, l'a déja fait joliment et récemment lors de la cérémonie des Moliere, manifestation ou la génération présente est plutot habituellement portée sur un tripotage mutuel des egos assez exhibitionniste: "Je voudrais remercier les mauvais textes qui m'ont permis, souvent, de vivre. [Quand les huissiers frappaient a ma porte, quand il fallait nourrir mes enfants] Ah, qu'un bon navet me faisait plaisir...".
Et encore, il n'évoque pas le plaisir presque malsain que le spectateur peut éprouver au visionnage d'un bon vieux nanard (Kickboxer, c'est pas du lourd? Ou Piege en haute mer?).

Je voulais donc plutot ici adresser un hommage vibrant a Bernard Mendy, le "footballeur" du PSG (notez les guillemets, des fois qu'on me fasse une remarque sur la validité des termes employés).

Bernard Mendy, dit Nanard par moi-meme, est un ancien "espoir" (bis) du foot francais, quand il évoluait a Caen. Signé au PSG a 20 ans, il a connu deux années difficiles, comme beaucoup d'autres bons joueurs signés par ce club et devenus instantanément nuls a chier (notez qu'on retrouve aussi ce phénomene a Marseille). Contrairement a la plupart, il a réussi a ressortir du trou et a "exploser" (ter) en 2004: élu meilleur latéral de L1 (ca vaut ce que ca vaut, mais c'est mieux que rien), il est appelé en équipe de France et devient célebre pour son grand pont sur Roberto Carlos. 

Et la, c'est le drame. 
Il joue blessé, devient mauvais, perd sa place au profit de joueurs franchement pas tres incisifs (le dernier en date étant Ceara, qui a tout de meme coute 3 buts a son club lors de ses 5 premiers matchs), finit par etre pris en grippe par le Parc, etc. 
Point culminant de cette deuxieme carriere: le ballon de plomb 2006 lui est decerné. Ce trophée, dont le nom pour ceux qui ne connaissent rien au foot est un hommage a la récompense individuelle supreme de ce sport, i.e. le ballon d'or, a éte crée en 2003 par les Cahiers du football et récompense le "plus mauvais" joueur de L1.

Voici les commentaires plutot rigolos, avouons-le, justifiant sa nomination:
«Unique nominé à avoir été sélectionné à trois reprises en quatre ans d'existence du trophée, Mendy incarne depuis un bon bout de temps, à tort ou à raison, cette plaie des temps modernes : le sprinteur fou, techniquement sous-développé.
Comment définir Bernard Mendy? Disons qu'il serait un cauchemar pour un concepteur de baby-foot tant il évolue longitudinalement et jamais latéralement incarnant jusqu'à la caricature l'horrible concept de «l'homme de couloir», lequel couloir se résume pour lui à une bande de gazon d'un mètre de large pour 90 de long aux extrémités de laquelle il alterne les centres dans les tribunes et les tacles condamnés par la Sécurité sociale.
«Il est indéniable que, des trois critères clés retenus pour le Ballon de Plomb - nullité intrinsèque, choix de carrière ridicule et attitude personnelle déplorable - il en est au moins un que Mendy ne remplit pas : celui du comportement détestable. En cela, il se distingue de ses trois prédécesseurs. Pedretti avait dû une bonne partie de sa victoire à une confiance en soi que de nombreux votants avaient assimilée à une arrogance grotesque. Fiorèse, avant lui, personnifiait au mieux la figure haïe du footeux simulateur et hypocrite. Quant à Llacer, il revendiquait avec fierté son rôle de sécateur. Rien de tel chez le bon Bernard qui, dans le tumulte nauséeux propre au PSG, tache généralement de garder profil bas».

L'article souligne a raison le bon comportement de Bernard Mendy. Et c'est cette "force mentale" qui m'impressionne chez lui. Sifflé par ses propres supporteurs, ce qui est doit etre tout de meme difficile a vivre surtout quand on n'est pas un mercenaire (Nanard est au PSG depuis 7 ans), il n'a craqué qu'une seule fois, faisant un bras d'honneur a la foule lors d'un remplacement en 2006.
C'est aussi un joueur que le PSG semble un peu mépriser, cherchant a le vendre toutes les saisons, puis lui foutant dans les pattes un "concurrent" bénéficiant lui de la confiance du coach. Chaque fois Nanard a fermé sa gueule et a fini par reprendre sa place, s'avérant finalement moins naze que celui qui lui avait pris la place.
Il a également eu les burnes de (bien) tirer le penalty qui a offert au PSG la Coupe de la Ligue cette annee. S'il l'avait raté, il aurait probablement du émigrer au Qatar. Il a aussi marqué un but ultra important contre Toulouse ce samedi, et a délivré une passe décisive lors du dernier match. Nanard est l'un des rares du PSG (avec un autre joueur mal-aimé, Rohten) a flotter un poil au-dessus de l'océan de médiocrité dans lequel cette équipe se noie depuis six mois.

Bref, je trouve que Nanard, par certains cotes ressemble a Christophe Dugarry: un joueur qui a eu le malheur d'etre surcote a un moment de sa carriere, finissant, effet boule de neige, par etre pris en grippe par tous les spectateurs de tous les terrains de France. Un joueur pourtant pas aussi nul que ca, et en tout cas doté d'une grande force de caractere. 
Go Nanard. 
par mixlamalice publié dans : La vie de Mix
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Vendredi 2 mai 2008
Non, je ne fais pas le pont.
Ces nazes, ils connaissent meme pas le premier mai (il existe un équivalent appelé Labor day mais j'ignore quand c'est).

Toutefois mon absence depuis deux jours (et a priori encore pendant les deux prochains) ici s'explique par l'excessivement long dernier article publié, qui m'a brisé physiquement et moralement (et qui vous les a brisées par la meme occasion).

Bref, un week-end de villégiature a Boston ne sera pas de trop pour me remettre.

A lundi.

PS: ça a quand meme du bon, les accords internationaux. Grace a eux, enfin, je ne paye plus les taxes américaines. I.e., 3000 dollars brut = 3000 dollars net.
Bref, vu que ma vie sociale est quasi inexistante, ça fait pas mal de pépettes de cote. Si le dollar se décide a remonter avant mon retour, ça va etre du ballon: du pognon d'avance a claquer pour quand j'aurai a nouveau une vie sociale (mais un salaire de merde), dans un an et demi. On ne peut pas tout avoir a la fois.
par mixlamalice publié dans : La vie de Mix
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Jeudi 1 mai 2008
Oui, ça faisait longtemps que je vous avais pas bourré le mou avec un petit article sur la recherche bien chiant, mais apres tout c'est mon boulot, et un article du Monde d'aujourd'hui ainsi que nombre de réactions de lecteurs m'ont donné envie de pousser un cri.
Ah, ouh.
Voila, ça va mieux.
Maintenant que la passion est retombée, quelques mots.

Je mettrai l'article en commentaire, mais grosso modo, il fait état d'une étude menée par deux sociologues concluant que "toutes universités et disciplines confondues, les candidats locaux ont dix-huit fois plus de chances que les candidats extérieurs d'obtenir un poste."

Pour ceux qui n'ont aucune idée du mode de recrutements des maîtres de conférences (ou enseignants-chercheurs), le voici expliqué brievement: lorsqu'un laboratoire a besoin d'un poste et que celui-ci est publié, avec profil correspondant, au Journal Officiel, chaque candidat doit envoyer un dossier résumant ses activités de recherche (these, post-doctorat eventuel, publications, congres...) et d'enseignement (TDs, TPs, kholles, cours magistraux...). Les candidats sont ensuite généralement auditionnés par le laboratoire qui établit ensuite un classement, d'ordre disons consultatif. En effet, la véritable audition se fait devant ce qu'on appelle une commission de spécialistes, censée etre indépendante du laboratoire, et c'est elle qui en dernier lieu établit le classement final (qui peut donc etre, en théorie, différent de celui du laboratoire). Apres c'est comme dans tout concours: si le candidat classé premier accepte le poste, tant mieux. S'il préfere aller ailleurs (en supposant qu'il ait éte également classé premier dans un autre laboratoire ou il s'est présenté), le laboratoire prendra le candidat numéro deux, sauf si etc.
On appelle candidat local un candidat qui a fait sa these ou son post-doctorat (ou les deux meme si c'est généralement interdit) dans le laboratoire offrant un poste. Et candidat extérieur, ben quelqu'un d'extérieur, suivez-donc un peu, les deux qui ont lu jusque la.

Bref, l'article conclue que les candidats locaux sont favorisés dans le recrutement, semblant prouver que ce vieux cliché dont on nous rabat les oreilles depuis trente ans est bel et bien une réalité. Soulignons toutefois quelques points litigieux de l'étude menée (tout au moins telle qu'elle est présentée dans l'article, j'avoue ne pas avoir lu les 20 pages*): tout d'abord, les auteurs de l'étude comparent le ratio (locaux postulant/locaux acceptés) avec le ratio (exterieurs postulant/exterieurs acceptés). Mais les locaux n'ayant pas leur chance le savent -soit parce que ce n'est pas la politique du laboratoire (certains refusent de prendre des candidats locaux), soit parce qu'ils sont mauvais - car les directeurs de laboratoires les préviennent généralement avant. Beaucoup se gardent donc de postuler, faisant ainsi baisser le premier ratio par rapport a sa valeur, disons, théorique. D'autre part, l'étude n'est menée que sur des pourvois de postes datant d'il y a au minimum une quinzaine d'années, et semblent postuler que leurs conclusions sont toujours valables actuellement (alors que l'étude montre une tendance a la baisse de cette pratique entre les années 70 et les années 90).
Mais baste, ne contestons pas l'existence de ce phénomene: si vous vous rappelez les modalités de recrutement exposées plus haut, il est aisé de comprendre pourquoi et comment. D'une, les "spécialistes" français dans un domaine donné (les thématiques de recherche d'un laboratoire sont généralement assez ciblées) n'étant pas des milliers, il est relativement fréquent que le directeur de laboratoire connaisse bien a peu pres tous les membres de la commission. Il est également fort probable qu'il ait rendu service aux uns et aux autres quand il était lui-meme membre de la commission machin. Parfois meme, le directeur du laboratoire fait partie de la commission de spécialistes chargé de nommer son candidat... Autre variante: le profil "recherché" par le laboratoire est tellement précis et calqué sur celui du candidat local (il ne manque généralement que la taille et la couleur des cheveux), que, forcément, ce meme candidat local se retrouve classé premier par la commission de spécialistes.
Ainsi, il est courant que le classement de la commission ne contredise pas celui non-officiel émis par le laboratoire.  Et, il est vrai, pour de nombreuses raisons qui ne sont pas toutes mauvaises (je vais y revenir), bon nombre de labos préferent faire confiance a leur candidat local.

Outre la méthodologie contestable évoquée précedemment, il y a quelque chose que semble sous-entendre (au moins par omission) cette étude et qui revient chez de nombreux commentaires de lecteurs, qui m'agace assez fortement. A savoir que le candidat local est forcément un nullos pistonné. C'est le plus souvent absolument faux (tout au moins en sciences dures: je ne connais pas les particularismes de toutes les disciplines).
Le seul cas, a ma connaissance, ou cela se produit: lorsqu'un directeur de labo, plutot reconnu, content de lui et ne souhaitant pas trop se remettre en question, cherche un nouveau larbin qui ne lui fera pas d'ombre, ne cherchera pas trop a innover et connait deja les thematiques et les expériences menées au laboratoire, donc sera sans doute capable de faire quelques trucs meme sans génie (le maitre de conference: des mains pour le directeur de laboratoire: le cerveau). Cela dit, avec la "mondialisation" scientifique, la concurrence dans tous les domaines, les pays émergents etc, cette conception franco-française de la recherche (je suis dans mon coin, je fais mon truc et je me fous de ce qui se passe ailleurs) a tendance a disparaitre, d'autant plus que pour faire de la science de haut niveau, il faut du pognon, donc bien souvent des contrats industriels (si vous croyez que le budget alloué par l'etat suffit pour ce qu'un labo soit compétitif, eh bien non), donc etre innovant (surtout en France ou, les entreprises etant ce qu'elles sont, c'est a dire tres frileuses, il faut savoir etre convaincant).
Donc, la plupart du temps, le candidat local est quelqu'un de compétent. Les candidats extérieurs le sont certes aussi. Mais quand vous avez 25 candidats pour un poste, quand apres toutes les considérations possibles (nombre de publications, post-doctorat(s) a l'étranger, enseignements, lettres de recommandations de tout le ghotta et tutti quanti), il vous en reste 5 a départager avec des dossiers quasi-equivalents, eh bien, il semble humain (sinon légitime) de se tourner vers le candidat local, parce qu'on le connait, parce qu'on sait qu'on s'entend bien avec lui, et qu'il sera efficace rapidement. Ainsi, la commission n'ayant pas de raisons valables de ne pas suivre le classement du laboratoire, le candidat local obtient son poste. Que cela soit ensuite potentiellement un frein a la créativité du nouvel arrivant qui peut rester ainsi cantonné a poursuivre son sujet de these indéfiniment, c'est fort possible, mais c'est un autre débat.

L'autre point qui revient souvent et me sort par les trous de nez, lié au précédent, est ce qu'on appelle "la fuite des cerveaux": de nombreux docteurs s'expatrient, c'est un fait. Cela ne signifie pourtant pas que ceux qui restent en France et sont candidats au recrutement sont les tâcherons, les mauvais restes (les fainéants, oui parce que apres tout, ce sont des aspirants fonctionnaires), les cadors étant partis gagner du pognon ailleurs. Certes, les carrieres d'enseignant-chercheurs sont peu attractives et les postes peu nombreux en France comparativement aux USA, a l'Allemagne ou au Japon. Mais il existe encore des gens (si, si, je vous jure), pour qui le pognon n'est pas la préoccupation majeure. Des gens qui aiment leur boulot, qui sont compétents, mais pour qui l'art de vivre, la famille, le temps libre aussi passent avant le blé. Un exemple: moi (pour la compétence, je m'avance sans doute un peu mais je pense etre a ma place dans un labo, ca semblait aussi etre l'avis de mes directeurs de these et de mon jury). Je pense que le pourcentage de chances pour que je reste aux Etats-Unis apres mon post-doc est a peu pres de 0%. Vous me direz qu'on ne m'a rien proposé non plus, mais je ne postulerai meme pas, bien que le salaire soit probablement le double du salaire français. Mais bon, désolé, les mecs qui font trois boulots et bossent jusqu'a 80 balais pour survivre, les mecs obligés de vendre leur bagnole pour se faire poser des couronnes, ca me botte pas meme si probablement ca ne me concernerait pas vraiment. J'aime bien l'idée de vivre dans un pays ou le social a un peu d'importance, ou ne considere pas encore tout a fait les indigents comme des ratés qui n'ont que ce qu'ils méritent (pour combien de temps?). Et je ne parle pas de choses plus terre a terre comme le foot, le pinard, les bons restos, les centre-villes et les vrais potes (je trouve décidément les relations amicales un peu bizarre ici) etc.  

Derniere chose: je ne suis pas sur de comment ca se passe ailleurs, mais aux US, apres une these et un post-doc, donc vers 30 ans, on peut accéder a un poste de professeur assistant. En gros, deux principales différences avec le poste de maître de conférences français (en dehors du salaire): ce poste est un CDD de 5 ans environ. Pendant 5 ans vous devez monter votre groupe, lever des fonds, publier, innover, et faire mieux que les deux ou trois professeurs assistants qui ont été nommés en meme temps que vous (comme Highlander il n'en restera qu'un)... Grosso modo, vous faites le boulot d'un professeur en France, c'est a dire quelque chose de plus proche du manager que du chercheur. Ainsi, apres environ 7 années de recherche, vous abandonnez la paillasse pour la paperasse. Ca reste de la recherche, puisque vous etes celui qui doit avoir des idées intéressantes a proposer a vos étudiants, mais ce n'est plus vous qui faites les expériences. Et puis, environ 5 ans plus tard, les professeurs du département déterminent si vous obtenez votre poste permanent ou si vous allez voir ailleurs s'ils y sont. En France, outre que le poste est permanent, la transition chercheur-manager se fait plus progressivement (généralement l'enseignant-chercheur est encore chercheur actif jusqu'a son habilitation a diriger des recherches ou sa nomination au poste de professeur, environ dix ans plus tard -moins s'il est tres bon ou s'il préfere ce coté "dirigeant", moment a partir duquel il est censé vraiment commencer a monter des projets et encadrer des étudiants).   
Je dois avouer qu'a 28 ans, j'en ai un peu marre de la compétition: au primaire on m'a dit qu'il fallait etre bon pour aller au bon college. Au college on m'a dit qu'il fallait etre bon pour aller au bon lycée. En seconde, on m'a dit qu'il fallait etre bon pour aller en S. En S, on m'a dit qu'il fallait etre bon pour aller dans une bonne prépa. En prépa on m'a dit qu'il fallait etre dans les meilleurs pour aller dans une bonne école. En école on m'a plus rien dit (c'était cool), mais en DEA on m'a dit qu'il fallait etre dans les premiers pour avoir une bourse de these. En these on m'a dit qu'il fallait publier et faire du bon boulot pour avoir une chance d'avoir un poste dans le public plus tard. En post-doc, pareil. Pour avoir un boulot, il faudra que je sois dans les meilleurs. Je dois avouer qu'apres 25 ans de compétition, j'en ai plein le fion. Ca ne veut pas dire que désormais je refuse toute évaluation. Quand je l'aurai ce poste, si je l'ai, évaluez-moi autant que vous voulez, virez-moi si je suis naze, mais plus de compétition pendant quelques années por favor: je ne crois pas que j'apprécierai de me dire pendant cinq ans que le mec juste a cote, ca sera lui ou moi. Cinq ans de période d'essai, a 30 berges, je kiffe pas. J'ai envie d'un boulot fixe, de me poser (ou de bouger mais si je le décide et pas si on me trimbale aux quatre coins du monde sans me demander mon avis), peut-etre d'avoir un gamin, et qu'on me foute un peu la paix (ce qui ne veut pas dire que je ne bosserai pas consciencieusement, car je ferai ce qui me plait). Oh, you may say I'm a dreamer, a l'heure de la mondialisation, du MEDEF, de la Chine, du réchauffement climatique et de Cindy Sander, d'oser prétendre a un CDI payé 2000 euros net a bac plus 10, mais I am not the only one**.

Pour conclure, effectivement le systeme francais a ses faiblesses*** et il y a sans doute moyen de faire mieux. Je ne suis pas sur que la politique actuelle déja en vigueur pour l'éducation nationale (ca ne marche pas bien, donc supprimons des postes et baissons le budget) donnera de tres bons résultats si elle est appliquée a la recherche (je ne suis pourtant pas fan non plus de l'argument phare de SLR: donnez-nous plus de pognon et tout ira mieux, du moins quand il est exprimé comme ça). Bref, comme disait Hervé Mariton, député UMP, sur un autre sujet mais ça s'applique a beaucoup d'autres et en particulier a celui-la: "ce n'est pas parce qu'il faut faire quelque chose qu'il faut faire n'importe quoi".

*Voir le lien donné dans le commentaire pour les motivés (j'y jetterai un oeil aussi).

**Ou si décidément on ne peut pas faire autrement que les américains (ils sont forts ces américains), il faudra adapter les salaires (parce que la flexibilité, ça a sans doute du bon, mais il faut que les salaires aillent avec... si c'est pour etre flexible mais payé comme du temps ou c'etait sécurisé, je ne vois pas bien l'intéret a part nous la mettre encore plus profond).

***Pour ceux qui pensent que la recherche scientifique française est pourrite: nous sommes 6eme en nombre de publications annuelles (derriere, j'imagine, les USA, le Japon, l'Allemagne, l'UK et la Chine), et nous dépensons en moyenne deux a trois fois moins d'argent que les USA ou le Japon par publication. Désolé je ne sais plus quelles sont mes sources (ce n'est pas tres scientifique, certes, mais je pense qu'elles sont fiables, comme dirait Jean-Pierre Elkabbach).
Nous sommes a la rue en terme de brevets, mais comme je l'ai déja souligné, je pense que ca vient avant tout de la frilosité des entreprises.

par mixlamalice publié dans : La recherche
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Mardi 29 avril 2008

La lecture des breves de l'AP (Associated Press, l'équivalent en langue anglaise de notre AFP a nous) permet elle aussi d'égayer un début de journée un peu morose. Par exemple, celle-ci: 

ABBOTSFORD, British Columbia -- At least 39 people were injured, three of them seriously, when the floor of a local church filled with teens collapsed during a concert. Police said about 1,000 youths were at the Central Heights Church in Abbotsford, British Columbia, to hear the Christian rock band Starfield when a large area in front of the stage gave way Friday night, sending people in the crowd falling several feet (meters) into the basement below.

J'aime quand Dieu se fait cynique et pratique l'humour noir.
Le pasteur qui organisa la soirée ne manque pas de second degré non plus:

"It really is a miracle that more people weren't seriously injured or that there weren't any fatalities," high school pastor Colin Ashton said.

Petite anecdote: le rock chrétien revient en force tout au moins dans les milieux chrétiens (c'est déja un début). Les tetes pensantes ont du comprendre que c'etait sans doute un moyen plus moderne et sexy que les rallyes pour garder -a défaut de faire venir- les jeunes dans le sein de l'Eglise.
Rappelons cependant que le premier groupe de heavy-métal chrétien s'appelait Stryper, back in the 80's, qu'ils portaient des spandex moule-burnes rayés jaune et noir, et qu'ils lancaient des bibles au public pendant leurs concerts. Bibles qui s'arrachent aujourd'hui a plus de 1000 dollars sur eBay.
Si ca envoie pas de la rillette:

par mixlamalice publié dans : C'est bon de rire parfois
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