Vendredi 24 juillet 2009
Aux US encore plus qu'en France me semble-t-il, le symbole de la réussite, l'idéal du vulgum pecus, c'est d'être propriétaire.
Et, si possible, là aussi de façon plus marquée qu'en France, d'être propriétaire d'un maison individuelle, avec un jardin.
Bref, de vivre à la campagne, ou dans les zones pavillonnaires de banlieue. De toute façon, hormis de très rares exceptions (New-York, Boston, San Francisco, un peu Chicago peut-être), les centre-villes sont des centres d'affaires et personne n'y vit (à part les hobos).

Cette introduction faite, j'en viens à ma remarque du jour, qui ne révolutionnera probablement pas la blogosphère, mais qui me semble suffisamment pertinente pour un vendredi de juillet:
Donc, tout américain qui a un tant soit peu réussi aura sa petite maison à lui, surtout dans la Pioneer Valley où on n'est pas trop confronté à des problèmes de surpopulation.
Ce qui m'interpelle, c'est que, malgré tout l'espace disponible, quasiment toutes ces maisons sont alignées le long des routes qui traversent la région. Quand je dis "alignées le long des routes", ce n'est pas une figure de style: les maisons sont vraiment construites à 5 mètres de la route.
Dans cet ordre: route, maison, jardin.
Connement, de mon point de vue de néophyte - je suis un pur citadin - j'aurais pensé que le bon sens était: route, jardin, maison. Voire, route, chemin, jardin, maison.
Surtout que la route de campagne ricaine, c'est plus proche de la nationale que du chemin vicinal.

Alors, y-a-t-il des règles d'urbanisme très strictes? Je ne suis pas sûr, on entrevoit parfois des habitations un peu "isolées".
Ou est-ce simplement parce qu'en Amérique, il ne faut jamais s'éloigner trop des bagnoles et du bitume, symboles de la civilisation américaine? Et pouvoir être bercé jour et nuit, même au fond de la cambrouse par le bruit mélodieux des pick-ups. Et pouvoir soi-même prendre la route à tout moment, sans perdre un instant. 

Par mixlamalice - Publié dans : L'Amérique
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Mercredi 22 juillet 2009
Retour sur notre petit séjour à Montréal, d'un point de vue culinaire cette fois.

Il semble qu'il n'y ait pas vraiment de "gastronomie québecoise" au sens propre du terme, mais un grand nombre de restaurants paraissent pratiquer le slow food, ou son équivalent nord-américain ("be a local hero, buy locally grown food").
La cuisine proposée est assez globalement française, avec des adaptations notamment en ce qui concerne l'usage des produits locaux (caribou, bison, érable etc). L'avantage, c'est qu'un "bistrot français" à Montréal n'est pas nécessairement un endroit chébran qui vous fera payer 30$ le steack-frites (hors taxes).

Nous voulions le vendredi soir tester Le Pied de Cochon, qui n'a visiblement aucun lien avec la brasserie parisienne du même nom  (hormis les spécialités de cochon, évidemment). Je n'avais pas réservé, mais je pensais que l'endroit était spacieux, et qu'en y allant à 21h, nous trouverions de la place sans problèmes. Deux graves erreurs de jugement: le resto n'est pas bien grand - effectivement, rien à voir avec l'immense salle de la brasserie de Châtelet-, et les québecois comme je l'ai déjà dit, ont un mode de vie plus européen qu'américain, De plus le quartier de la rue Saint-Denis le week-end, c'est apparemment un peu l'équivalent de Bastille...
Bref, nous nous sommes fait bouler également de mon plan B, ainsi que des deux-trois autres restos qui nous semblaient attirants: il y avait bien des restos vides, mais dans un quartier où 80% des restos sont complets jusqu'à minuit, on n'a pas forcément envie de tester ceux qui sont déserts à 21h.
Nous sommes donc retournés dans le downtown, près de notre hôtel, et avons atterri au Paris, "recommandé" par le Lonely Planet comme étant un bon petit bistrot pas prétentieux. Le resto était moitié plein mais cela semblait normal dans le quartier, lui plutôt animé de jour que de nuit. Les propriétaires ont changé récemment mais apparemment le "concept" (ou son absence) n'a pas trop évolué, et la note du guide correspondait bien à ce que nous avons mangé: salade de chèvre chaud, poule au pot, daube, poire belle-hélène, tarte tatin... Le tout fort bien executé, au point que nous éprouvâmes un brin de nostalgie, pour un prix je dirais un peu plus élevé que ce que l'on peut trouver en France, mais clairement moins que ce que nous aurions payé aux US: 60$ canadiens par tête, 15% de taxes et 15% de pourboire compris pour entrée-plat-dessert-un verre de vin (soit 40 euros, ou 50-55$ US- dans un bon troquet parisien, je pense qu'on aurait pu s'en tirer pour 30-35 euros, dans un resto US nous en aurions eu pour environ 70$, après il faut aussi comparer en terme de pouvoir d'achat et je ne suis pas sûr de savoir ni d'avoir envie).  

Le samedi soir, nous sommes allés dîner au restaurant Toqué!, pour lequel je m'étais décidé après plusieurs heures de recherches assidues sur la toile afin de dénicher la perle de Montréal. Cette fois-ci, j'avais réservé, par le biais du système (bien pratique) Opentable, pour 21h30: tard, mais il semble que le week-end, ils n'aient que 2 services, l'un à 18h-18h30, l'autre à 21h-21h30, et dîner à l'heure de l'eventuel goûter ou apéro, je ne peux toujours pas.
Le chef, Normand Laprise, est un Grand Chef Relais et Châteaux, et a reçu récemment l'insigne de chevalier de l'ordre national du Québec, l'équivalent de notre Légion d'Honneur.
Poussés par la faim, nous sommes arrivés un poil en avance et avons tout de suite été installés. Le restaurant est séparé en deux salles majoritairement constituées de tables de 4 ou plus, reliées par un large couloir où sont placées la plupart des tables pour deux. Je n'ai pas été très fan de cette disposition, car on se sent un peu dans le passage, mais comme on va le voir, c'est bien l'une des seules choses sur laquelle j'ai trouvé à redire...
Nous consultons la carte rapidement histoire de saliver devant l'intitulé des plats, mais nous optons immédiatement pour le menu dégustation "surprise" en 7 services, accompagnés de 5 verres de vin. C'est, si j'ai bien compris, le choix d'une immense majorité de la clientèle du week-end, d'où les deux services uniquement (car la durée du repas est alors de minimum 2h30).

Peu après arrive l'amuse-bouche, une crême d'asperges à siroter si ma mémoire est bonne: j'aime beaucoup ces petits encas, mais je dois avouer, sans faire mon blasé, que je n'ai plus l'émerveillement des débuts, dans la mesure où tous les grands restaurants que j'ai visités servent en amuse-bouche ce genre de mousses, capuccinos ou autres crêmes.

Les choses sérieuses commencent après:
Pétoncle mariné, mousse wasabi, radis et fraises.
Nahe 2007, Riesling, Dönnhoff
Pour moi le meilleur plat de la soirée. Vous me direz, dommage que ce soit le premier, mais d'une part le reste fut globalement de très haut niveau, et d'autre part je suis toujours, dans les restaurants "gastronomiques", plus enthousiasmé par les entrées que par les plats de résistance, je trouve que c'est là que la créativité des chefs s'exprime le mieux.
Ce plat est à mon sens la définition d'un grand plat: trois-quatre ingrédients, qui se complètent, par complémentarité ou opposition des saveurs ou des textures. Je me perds un peu quand, comme récemment chez Gilt, il y a trop de choses dans la même assiette, des mousses, des billes, des sauces, du liquide, du solide, du gel...: je ne sais plus comment aborder le plat.
Ici, au contraire, tout est dans la "simplicité". C'est délicieux (bien que pas facile à manger), et c'est beau (moi qui suis généralement assez insensible aux présentations, j'ai été épaté).


Espadon en tempura, chou-fleur, pois verts, crême sûre, pâtisson et chili liquide.
Saumur 2005, Les Fontenelles, Château Tour Grise
Superbe espadon, mi-cuit. Le voyant arriver, je craignais la "pâte à beignets" autour, que les américains foutent partout (même sur du lapin) et qui en plus d'être souvent écoeurant, a tendance à donner le même goût à tout ce qu'elle recouvre, mais ici elle était légère, croustillante, et son goût fin accompagnait le poisson sans l'écraser.

Homard, sabayon homard, quinoa, épinards, girolles et échalotte griselle.
Bourgogne Hautes-Côtes de Nuits, 2005, Jayer-Gilles
La encore un très beau plat, le homard (quasiment un-demi) est le meilleur que nous avons goûté jusque là, ferme et si goûteux (nous nous sommes réjouis de ne pas avoir pris le plat de foie gras en supplément, qui aurait été servi à la place de celui-là). Petit bémol, pour reprendre mon avis sur les "grands plats", ici c'est un peu "chargé", et le sabayon (la crême orange sur la photo) est par exemple anecdotique.Toutefois le vin est également formidable, surtout pour nous qui ne sommes pas habitués à boire de bons bourgognes.


Caille, cuisse laquée, courgettes, gourganes, purée d'ail noir et persil de mer.
Mâcon Cruzille 2007, Clos des Vignes du Maynes, Domaine Guillot

Magret de canard, purée de brocoli, laitue romaine, carottes confites et rabioles.
Brunello di Montalcino 1999, Col d'Orcia

Le rythme retombe un peu sur ces deux plats. Les produits sont toujours de très haut niveau, mais l'inventivité est moins présente. Le tout se mange malgré tout avec grand plaisir, et les vins sont tous deux superbes.

Fromage Ciel de Charlevoix, pain croustillant et huile d'oignon vert, vinaigrette au miel, betteraves Chioggia, giroles.
Fidèle au côté local de sa cuisine, le chef a choisi ce soir un fromage canadien, un bleu moëlleux et assez doux. Habituellement, les restaurants de cette catégorie présentent un chariot de fromages affinés, ou éventuellement une assiette déjà préparée. Ici, le chef a concocté ce qui est vraiment un sixième plat, dont le niveau, selon moi, remonte d'un cran par rapport aux deux volailles. De la pure gourmandise (sauf pour Priscilla qui commence à caler) qui joue sur les oppositions sucrée-salée, crêmeux-croquant. Malheureusement, nous en avons fini avec le vin...

Fraises, croquant aux amandes, crème à l'érable, sorbet à la fraise, sorbet au basilic.
Pour ne pas mourir de soif, j'appelle le sommelier, pédagogue et sympathique de bout en bout, pour lui demander conseil: il nous sert un vin grec mousseux fait à partir de cépage muscat, qui présente l'arôme caractéristique tout en étant relativement sec et qui se mariera effectivement très bien avec notre dessert.
Un dessert assez particulier surtout dû à l'utilisation du basilic, qui donne une belle quoiqu'incongrue (pour le profane que je suis) association avec les fraises.


Nous terminerons par un expresso.
Je demande un imprimé du menu, la co-propriétaire (me semble-t-il, car elle avait proposé à un autre couple à la fin du premier service de visiter les cuisines s'ils le souhaitaient) vient me l'apporter en mains propres et discuter gentiment avec nous, nous demander nos impressions etc. Je regrette un peu qu'elle ne nous propose pas la visite mais il est désormais presqu'une heure du matin, il ne reste plus que deux-trois tables occupées dans tout le restaurant et j'imagine qu'ils sont en train de fermer et/ou de nettoyer la cuisine.
Nous nous en allons donc repus, après environ 3h30 à table qui sont passées toutes seules sans temps morts ou presque (un peu d'attente au début, histoire de chipoter).

Bilan des courses: le menu est à 95$ canadiens, le "wine pairing" à 65 (il existe une option vins plus luxueux pour environ 110). Une fois rajoutés le verre de vin en sus, les taxes et le pourboire, nous payons 220$ canadiens chacun, soit 195$ US après que ma banque a pris sa petite commission au passage. Pour un tel repas, c'est "donné":
Je place cette expérience au deuxième rang de mes expériences culinaires, juste un poil derrière le Bernardin (ou nous avions payé 290$ chacun, tout de même, pour un menu équivalent): la cuisine est à mon sens d'un niveau similaire, avec peut-être une régularité plus grande au Bernardin. Le "wine pairing" est par contre de loin le meilleur que j'ai pu goûter et j'en garde un souvenir ému, même si pour chipoter il pourrait y avoir un ou deux verres de plus pour finir le repas (quitte à rajouter 20 dollars dans le prix du menu).
Le service est excellent, un peu moins collet monté que dans un double ou triple étoilé mais ce n'est pas désagréable. La déco et l'agencement du restaurant sont "le point faible". Je peux vivre avec, et je ne manquerai pas d'y retourner si je repasse à Montreal.

Et dire que moins de 24h plus tard, sur le chemin du retour, nous mangions un sandwich immonde préparé à la minute directement au micro-ondes, dans une station service perdue au fin fond du Vermont... grandeur et décadence.

Pour conclure, je remarque que les restaurants de Boston les plus huppés nous ont tous coûté dans les 220-250$. Pourtant, que l'on compare soit avec Toqué!, soit avec Le Bernardin, il n'y a pas photo en termes de prestations, de qualité de cuisine. Les prix eux, sont malheureusement similaires. 
En ce qui concerne l'art de la table, Boston me fait penser à un vieil aristocrate ruiné qui prétend toujours vivre du temps de sa splendeur, ou encore à une ville de province qui se la joue capitale*, n'impressionnant que les bobos gogos... dont je fais donc partie (Priscilla et moi n'allons quand même pas passer nos samedis au pub), mais un peu contre mon gré. 

* Il y a une certaine rivalité historique entre Boston et New-York qui remonte aux pères fondateurs. New-York a il y a une centaine d'années définitivement pris le dessus (à moins que peut-être Wall Street ne s'effondre pour de bon): Boston reste une ville majeure car c'est "arguably" le meilleur centre universitaire du monde, et grâce à sa tradition sportive, mais pour le reste, soyons franc même si j'apprécie beaucoup cette ville, ce n'est pas comparable.
Par mixlamalice - Publié dans : Musico-littéro-gastro, l'Art en somme
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Mercredi 15 juillet 2009
Rapido, parce que je dois quand même travailler un minimum la semaine si je veux pouvoir m'astiquer le poireau le dimanche (et le samedi aussi).

Aujourd'hui, "les députés ont adopté la proposition de loi qui prévoit la possibilité d'ouvrir les commerces le dimanche dans les communes dites "d'intérêt touristique" ou thermales ainsi que dans les grandes zones commerciales des agglomérations de Paris, Lille et Marseille" (source, Le Monde).

Je ne souhaite pas m'étendre sur l'intérêt économique de la chose, n'étant pas apte à juger, même si a priori j'aurais tendance à penser que l'argent qu'une bonne partie des consommateurs ne dépense pas (parce qu'elle ne l'a pas) pendant la semaine n'apparaîtra pas subitement le dimanche.

D'un point de vue social, le progrès a bon dos: comme d'habitude, l'UMP nous vend sa soupe, et nous explique que tout cela se fera sur la base du volontariat* **. Soit, mais qui est volontaire? En gros, des étudiants, et des personnes comme ce lecteur du Monde: "J'espère que cela va passer, je fais €1300 brut avec 3 enfants à charge, je ne peux pas leur payer même des "petites" vacances... pour moi €50 de plus c'est la possibilité de leur offrir un petit quelque chose qu'ils n'ont pas en ce moment mais je comprends que les "nantis" trouvent ça infernal de travailler un jour ou mon employeur me payera 2.5 fois plus par heure..."
A savoir les toutes petites classes moyennes, à qui on ne donne pas les moyens de joindre les deux bouts en travaillant toute la semaine, à qui on vend donc le travail le dimanche comme un progrès indéniable, et qui jouent le jeu parce qu'elles n'ont pas vraiment le choix.
Travailler plus pour gagner assez, en somme.

D'autre part, parmi les gens favorables à la mesure, on trouve, hormis les travailleurs pauvres, surtout des personnes qui elles, ne travailleront pas le dimanche. Qui seront de l'autre côté de la barrière, et veulent la "liberté" d'aller claquer du fric quand bon leur chante, comme cette lectrice: "Enfin! Expatriée à l'étranger,c'est une des choses les moins pratiques quand je rentre en France,de me rendre compte que tout est fermé le dimanche... ca rend quand même bien service!".
Tout est dit: je suis moi-même à l'étranger (aux US, parce qu'en Allemagne ou en Hollande, ça ne se passe pas comme ça) depuis 18 mois, et, c'est vrai, je profite des librairies ouvertes le dimanche, des disquaires ouverts jusqu'à 22h, et des marchands de vin ouverts jusqu'à minuit. Oui, c'est pratique de pouvoir aller acheter le best-of de Mickaël Jackson n'importe quand. Non, ce n'est pas nécessaire. Je vivais très bien à Paris où je trouvais toujours autre chose à  faire que d'aller à la Fnac le dimanche.
Sans doute mon côté gauchiste, mais je suis prêt à céder un peu de ce confort, de ce côté "pratique", aller au Parc Montsouris plutôt qu'à Conforama ou aux Galeries Lafayette perdre mon dimanche. Et si le salaire minimum d'un employé à temps plein lui permettait de vivre correctement, je ne pense pas qu'on trouverait beaucoup de "volontaires" pour aller faire la caisse au Carrouf' le dimanche.


* Il se peut que je raconte une connerie, en termes de législation, mais il me semble que cette histoire de volontariat soit assez facile à contourner lors des entretiens d'embauche. "Au fait, envisageriez-vous d'être volontaire pour travailler le dimanche?". "Non, jamais? d'accord, on vous rappellera". Avec un peu plus de subtilité, il sera difficile de montrer (si tant est que cela soit discriminatoire ou illégal) que c'est à cause de ça qu'on n'a pas été embauché et que c'est Jean-Pierre qui a eu le poste parce qu'il est prêt à bosser les jours fériés et même de nuit.
J'imagine que le futur salarié peut toujours pipoter ("mais oui bien sûr, bosser le dimanche, j'en rêve"), mais j'imagine aussi que ça peut ensuite créer quelques tensions avec l'employeur ("oui à l'entretien je vous ai enfumé mais là vous pouvez toujours vous brosser, le dimanche je vais à la plage avec Martine").

** L'autre argument de vente, c'est que le dispositif est réservé aux seules zones d'"intérêt touristique", concept vague et fumeux qui englobe déjà 500 communes et touche la moitié des départements français. On n'est pas franchement dans la démarche d'exception...
Par mixlamalice - Publié dans : Réflexions indispensables
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Mercredi 15 juillet 2009
Je dois bien être le seul, mais je n'ai rien ou presque contre Windows Vista.

Apparemment c'est un bouffeur de mémoire vive, mais mon ordinateur est suffisamment puissant, donc de ce côté là tout va bien. Ayant passé 7 ans avec le même ordi, qui sur la fin, ramait dur dès que deux applications tournaient en même temps, je suis il est vrai pas très difficile.

Quoi qu'il en soit, je trouve Vista plutôt efficace, globalement user-friendly et esthétiquement sympa. Il y a deux choses qui m'irritent néanmoins:
- le côté infantilisant, piqué à MacOs, qui vous demande à chaque fois que vous voulez faire quelque chose (par exemple, éteindre l'ordinateur) si vous êtes vraiment bien sûr de vouloir faire ce quelque chose. Le pire, c'est quand Windows vous signale que vous devez télécharger des updates pour Vista, puis vous demande si vous faites bien confiance au fournisseur Microsoft avant d'accepter de les télécharger. La réponse est non, mais ce n'est même pas comme si vous aviez vraiment le choix, ce qui m'amène à mon second point.
- dans les précédentes versions de Windows, on pouvait choisir de ne jamais télécharger les mises à jour, ce qui était pratique quand on avait une version crackée, surtout à l'époque où Windows lançait ses programmes "genuine" qui décelaient l'invalidité de votre version et vous harcelaient ensuite à chaque allumage d'ordi. Sur Vista, ce n'est plus possible: enfin, si, mais alors une petite croix rouge s'installe de façon permanente sur votre barre des tâches et vous signale chaque jour que votre ordinateur est en danger de mort. Il y a également la fausse possibilité qui consiste à choisir soi-même quelles mises à jour on veut télécharger, mais celles qui ont été classifiées "importantes" ou "recommandées" par Microsoft, i.e. 90% d'entre elles, continueront à vous être notifiées jusqu'à ce que, de guerre lasse, vous finissiez par accepter pour qu'on vous foute la paix.
Comme j'ai cette fois une version authentifiée, ça ne me dérange a priori pas de télécharger les mises à jour. Cela dit, il y en a quasiment tous les jours, ce qui est un peu pénible. Surtout quand, voir point précédent, à chaque fois on m'informe que je dois les télécharger, avant de me demander si je suis bien sûr de vouloir les télécharger. L'autre point casse-burnes, c'est que certaines updates demandent un redémarrage et trois plombes pour s'installer: je ne vous raconte pas quand l'une de ces mises à jour n'arrivait pas à se mettre en place, que ça prenait 15 minutes pour tenter de se configurer, puis 15 minutes pour se désinstaller (ne touchez pas à votre ordinateur), avant de m'informer deux minutes après que certaines mises à jour essentielles n'avaient pas été installées et que je devais le faire illico (retour au point 1).
On pourrait se dire qu'il faut souffrir pour avoir un système tendant vers la perfection, mais je n'ai jamais vu une amélioration évidente ou même perceptible de quoi que ce soit, qui serait due à ces updates. Des fois, ça rend l'ordi plus lent, ce qui je suppose, n'est jamais vraiment une fin en soi. 
Je finis par me demander s'ils ne font pas ça pour donner l'impression aux consommateurs à qui on a dit que Vista était tout pourri -alors qu'il marche globalement bien si vous avez un ordinateur suffisamment récent- qu'ils essayent de régler les problèmes de Vista en leur faisant télécharger du vide toutes les deux heures. Le seul problème majeur, d'avoir un système trop lourd pour un ordi pas assez puissant, ne risque pas de se régler à coup de mises à jour, mais je suppose que Microsoft ne peut pas envoyer une mise à jour qui dirait "achète un ordi avec 3GB de ram et après tu nous emmerderas plus avec Vista, connard".
Par mixlamalice - Publié dans : Réflexions indispensables
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Lundi 13 juillet 2009
J'en ai probablement déjà parlé mais j'ai tendance à ressasser quand quelque chose m'irrite: choper un ulcère, ça a quand même plus de panache que simplement passer outre et vivre heureux.

Donc, je m'insurge contre ceux qui répondent aux mails par des messages monolignes incompréhensibles, sans dire bonjour, ni merde, ni même signer. Notamment, j'ai des envies de meurtre quand les responsables de ce genre de mails sont des personnes dont le métier est justement principalement de répondre aux emails (i.e., les secrétaires, certains responsables administratifs etc)*.

Exemple récent:
J'envoie ce mail au sujet de mon DS-2019 à la responsable visa de la fac:
"Hi,
My visa is valid till January 2010 but my travel authorization in my DS-2019 is only valid till November 2009. I might have to go outside the US between November and the end of my visa.
Is it possible to have a new DS-2019 with a travel authorization valid till January 2010?
Thanks for your help,
Mixlamalice".
On pourrait trouver que je suis un peu familier, mais je l'ai vu une bonne douzaine de fois en dix-huit mois pour régler d'autres problèmes, dont elle était d'ailleurs partiellement responsable.

Quatre jours après (j'exagère, je sais, c'était le week-end, mais un peu de mauvaise foi aide à faire passer la pillule), je reçois la réponse suivante, que je livre intégralement, typos incluses, car elles contribuent à la confusion sémantique du dit message:
"Yes, I can just sign one year a t a time"

Plusieurs heures après, je ne suis pas sûr d'avoir compris, car le "yes" semble contredit par le reste de la phrase. Je reste donc dans l'expectative, et pour rire (jaune), j'ai renvoyé ce message, la aussi donné en version intégrale:
"I don't understand what that means."
Malheureusement, on ne peut que perdre à ce jeu là puisqu'elle ne me répondra pas, et ne saisira probablement même pas le côté ironique, si tant est qu'elle lise ma missive...
Bref, me voila condamné à renvoyer un mail pour demander des explications complémentaires: le plus simple serait d'ailleurs de renvoyer le message à l'identique mais là encore je pense que ça ne passerait pas.

Dans le même genre, il y a aussi ceux qui ne répondent qu'à une partie du message. Par exemple, si vous posez trois questions, ils ne répondront qu'à la première. Attitude assez répandue, je ne sais pas si elle indique qu'une majorité de mes congénères est réellement incapable de lire un message de plus de quatre lignes ou s'il y a une raison moins inquiétante. Quoi qu'il en soit, que faire, une fois de plus? Renvoyer un mail avec les deux questions restantes au risque de passer pour un reloud, se mettre ses interrogations derrière l'oreille, en dépit de leur importance éventuelle, pour ne pas déranger, ou dès le départ envoyer trois mails séparés avec une question dans chaque pour ne pas brûler les neurones du destinataire?

Par contraste, je voudrais souligner que la secrétaire d'un labo avec lequel je suis en contact tout ce qu'il y a de plus informel, répond à mes mails, me contacte d'elle-même lorsque nécessaire, commence par Bonjour ou Cher Monsieur, termine par une formule de politesse et sa signature, fait des phrases construites, intelligibles, sans fautes d'orthographe, formant un tout complet ne nécessitant pas de s'y reprendre à trois fois. Bref, il y a encore des employés "old school" qui font consciencieusement leur boulot. C'est à la fois rassurant, et inquiétant (quand on en vient à s'ébaubir de ce qui devrait être naturel, on est sans doute pas loin de toucher le fond).

* Quand un Professeur agit ainsi, je m'énerve également mais finit par me dire qu'il a autre chose à foutre: encore que, dans ces cas-là, finalement, autant ne pas répondre plutôt que d'envoyer un message tellement sibyllin que le destinaraire n'aura d'autre choix que de renvoyer un mail pour avoir une explication de texte sur le premier, ou d'abandonner.
Par mixlamalice - Publié dans : Réflexions indispensables
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