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Mardi 24 juin 2008
Oui, ça a l'air con comme ça. Mais en fait...
Non, bon, je sais pas, ça a quand meme l'air con:

"Pouvoir d'achat : le gouvernement consacre 4,3 millions d'euros à expliquer sa politique" (titre dans le Monde d'hier)

"Les Français s'impatientent de sentir l'impact des réformes sur leur pouvoir d'achat? Le gouvernement aussi. Presque sous forme d'aveu, François Fillon a lancé, lundi 23 juin, une campagne de communication gouvernementale sur le thème : "Pouvoir d'achat : vous êtes impatients? Nous aussi!" Promoteur de cette campagne, le premier ministre n'en est pas le concepteur. Elle a été préparée par l'ancien publicitaire Thierry Saussez, choisi par Nicolas Sarkozy le 16 avril pour devenir le délégué interministériel à la communication et prendre la tête du service d'information du gouvernement (SIG).
M. Saussez n'a pas fait dans la demi-mesure : l'Etat va dépenser 4,3 millions d'euros pour diffuser 1630 fois les spots publicitaires sur l'ensemble des chaînes hertziennes et celles de la TNT.
La campagne télévisée, conçue par l'agence Young & Rubicam, donne le mode d'emploi de quelques mesures phares du gouvernement : la défiscalisation des heures supplémentaires, l'exonération d'impôt sur le revenu des emplois étudiants et la diminution du montant de la caution locative à un mois de loyer."

par mixlamalice publié dans : C'est bon de rire parfois
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Lundi 23 juin 2008
Avec ma douce, nous avons assisté a deux concerts ce week-end, chose que nous n'avions pas fait depuis longtemps, en solo ou en duo.
Iron Maiden le vendredi soir, Yael Naïm le samedi soir. On peut difficilement plus éclectique, et mon but ici n'est pas de comparer qualitativement les prestations de l'icone heavy metal des 80's avec la nouvelle perle franco-israëlienne de la world-folk (je n'ai pas lu Télérama donc je ne sais pas sous quelle catégorie elle a été placée), mais de vous livrer quelques impressions a posteriori.

Iron Maiden est probablement "mon groupe préféré", pour reprendre la terminologie des fans de moins de 16 ans.
J'en ai parlé assez peu ici, car c'est un groupe plus "consensuel" que Manowar. Qu'on aime ou pas leur musique, Maiden est un groupe sérieux, pas franchement ridicule (certes ils portaient du cuir ou des spandex dans les années 80, mais ils n'ont jamais sombré dans la peau de bete, le maquillage ou la permanente) qui personnifie le hard-rock heavy-metal sans trop de clichés, un peu comme AC/DC ou Metallica avant que ces derniers ne succombent a la teinture peroxydée, a la psychothérapie de groupe et au néo-metal.
Bref, il n'y a pas vraiment de quoi se marrer en parlant d'Iron Maiden (ils n'ont meme pas pour eux de se droguer ou de se taper Pamela Anderson), du coup, je reste concentré sur Manowar ou W.A.S.P. quand je souhaite communiquer au monde ma passion pour la musique douce.

Toutefois, c'est par ce groupe que je me suis vraiment intéressé a la musique, et que je suis ainsi devenu, moi aussi, un fan de moins de 16 ans tendance rebelle.
Auparavant, j'écoutais NRJ ou Foun Radio, quelques cds de mon frangin, un peu tout et n'importe quoi, mais en dilettante, sans que cela soit vraiment quelque chose d'important pour moi comme la lecture pouvait l'etre.
Et puis, un jour de 1996, je me suis retrouvé a la Fnac et ait été intrigué par la superbe (et de bon gout) pochette du X-Factor , le premier album de Maiden post-Dickinson (le chanteur emblématique, parti apres l'album Fear of the Dark, en 1992).


Je connaissais déja un peu Iron Maiden, par le biais de leurs lives de la tournée Fear of the Dark justement, dont j'avais enregistré sur cassette quelques titres apres avoir emprunté les cds a la médiatheque niçoise.
Cet album a été pour le moins décrié par la suite (pas que pour sa pochette, et un peu abusivement a mon gout), mais l'écoute de la premiere chanson (Sign of the Cross) et sa géniale montée en puissance introductive ont été la premiere claque musicale de ma vie, et ont signé mon entrée dans le fan club éternel de Maiden.
Meme si j'ai depuis largement élargi mon horizon musical, je leur reste sentimentalement tres attaché, et continue a aller les voir des que possible en concert (le groupe ayant été fondé fin des années 70, les musiciens ont maintenant la cinquantaine bien tassée, et sont donc plus proches de la retraite que du début de leur carriere: je me dis donc que chaque concert auquel j'assiste est potentiellement le dernier). 

Pour la petite histoire, Maiden s'est reformé en 2001 (i.e., ils ont fait revenir Bruce Dickinson - ainsi que le guitariste Adrian Smith- et ont viré Blaze Bayley qui l'avait remplacé sans démériter). Pour etre franc, je crois que la reformation a eu pour principale raison le pognon plutot qu'une quelconque vélleité artistique, mais toujours est-il que, le retour du rock au top de la mode aidant, Iron Maiden connait depuis une deuxieme carriere exceptionnelle, enchainant des albums de qualité respectable (contrairement a pas mal d'autres groupes eux aussi reformés pour des questions pécuniaires) et remplissant des salles de superficies inégalées depuis leur heure de gloire au milieu des années 80, et ce partout dans le monde.

Bref, revenons a notre concert. A Mansfield, MA, 30 minutes au sud-ouest de Boston, dans un amphithéatre en plein air, a moitié couvert, d'une capacité que je situerais entre le Zénith et Bercy (disons dans les 10000 places ou moins - apres vérification, il semble que ce soit plutot 15000, plus grand que ce qu'il m'avait semblé).
La tournée actuelle est censée etre focalisée sur les quatre albums qui ont amené Maiden a la gloire (Piece of Mind, 1983, Powerslave, 1985 et sa tournée pharaonique, c'est le cas de le dire, Somewhere in Time, 1986 et Seventh Son of a Seventh Son, 1988). Ils avaient déja suivi le meme principe avec leur trois premiers albums en 2005 pour une tournée intitulée Early Days.
J'ai été un peu déçu que, contrairement a cette fois la, ils n'aient pas joué le jeu a 100% et aient malgré tout interpreté 5 classiques n'ayant pas été composés dans cette période. Comme ils ne passent pas toujours par les USA (le heavy metal "classique" n'est pas en odeur de sainteté ici, du fait de groupes plus modernes comme Slikpnot, et Maiden est sans doute l'un des seuls représentants du genre a pouvoir se permettre d'y venir tout de meme sans se ruiner), je ne sais pas si la set-list est un spécial best-of pour la foule ricaine sevrée, ou si elle sera la meme en Europe. Dans ce cas la, ce serait dommage, car ces 5 classiques, je les ai entendus a chaque tournée de Maiden depuis 2001, c'est a dire au moins 5 fois, et je dois avouer que j'aurais préféré m'en passer cette fois-ci au profit de titres plus joués sur scene depuis 20 ans (cela dit, il y a eu tout de meme 5 ou 6 chansons "inédites" en live, tout au moins de mon temps).

Toutefois, a part ce petit reproche, et la pluie qui a donné a la performance un coté rock'n'roll pas forcément apprécié de ma douce un brin frigorifiée, l'ambiance festive et familiale typiquement américaine était plutot plus sympa que chez nous et le concert était globalement tres bon. Comme toujours avec Maiden. Les décors et la pyrotechnie étaient phénoménaux, et Iron Maiden, malgré les années qui passent, reste un grand groupe de scene, tres pro, tres carré.
Et c'est la que je voulais en venir. Tres pro, tres carré, et, me dis-je, limite trop. Attention, rien a voir avec par exemple Muse et son chanteur-guitariste talentueux mais aussi charismatique qu'un caramel mou, qui enchaine tous ses titres non-stop, sans un mot au public, et avec exactement la meme sonorité "parfaite" que sur album. Il y a incontestablement plus de vie chez Maiden, mais tout de meme, le show est calibré pile-poil, les speechs sont bien rodés, la set-list est la meme chaque soir, et ils ne feront jamais une chanson de plus pour récompenser un public particulierement chaleureux, par exemple. Bon, je ne leur en veux pas, et je comprends qu'apres 30 ans a faire ça, on perde un peu la spontanéité des débuts.
Mais la différence avec Yael Naïm le lendemain m'a sauté aux yeux. Yael Naïm, israëlienne vivant a Paris, est connue depuis peu pour sa jolie chanson New Soul qui a fait la pub ici pour le nouveau Mac. Son premier album est tres sympa, les chansons agréablement mélancoliques, avec des instrumentations intéressantes et un beau brin de voix.
Samedi soir, on les (elle et ses trois musiciens) sentait authentiquement heureux d'etre la, spontanés, complices, souriants, encore émerveillés par la présence du public et le remerciant a tour de bras, allongeant les chansons pour faire chanter la foule, improvisant allégrement etc. Vraiment un chouette concert dans une chouette salle (une sorte d'Olympia rutilante appartenant a la fac de musique de Boston), avec une premiere partie elle aussi tres agréable (Piers Faccini, un jeune anglais, croisement entre Bob Dylan et Ben Harper - pour lequel il a d'ailleurs ouvert- période Blind Boys of Alabama).

Quoi qu'il en soit, deux bons moments.
par mixlamalice publié dans : Musico-littéro-gastro, l'Art en somme
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Vendredi 20 juin 2008
Certains, comme un moustachu qui aime bien passer a la télévision, arrachent des plans de maïs transgénique ta mere ou défoncent un Mc Do avant d'aller se faire défoncer autre chose en passant par la case prison.
Soit, mais la lutte alter-mondialiste, ce n'est pas seulement ça.
Moi qui vous parle par exemple, je suis a la pointe de la résistance depuis maintenant plus de 10 ans.
Parmi mes actes majeurs, entre autres:
- je ne suis jamais allé voir Titanic au cinéma (et je ne l'ai ni regardé a la télévision depuis, ni acheté en DVD)
- je n'ai jamais regardé X-files ou Urgences
- je n'ai jamais lu Harry Potter
- je n'ai pas acheté de Blackberry
- je ne suis jamais allé dans un Starbucks Coffee a Paris (aux US, il y a moins le choix, et puis c'est ça ou Dunkin' Donuts pour avoir un café le matin)

Rien que ça, déja, ça vous classe un homme parmi les plus rebelles de son temps.

Pourtant, oui, pourtant, tel un homme d'église qui sent parfois sa foi défaillir, j'ai moi aussi cédé aux sirenes réconfortantes du mouton de panurgisme:
- je me suis fait offrir un jean Diesel (une merde qui en plus de couter 150 euros, m'a duré 4 fois moins de temps qu'un bon vieux 501 moche - le trou a l'entrejambe, meme si ça flatte l'ego viril, ça le fait pas trop pour se ballader)
- j'ai vu deux films Harry Potter au cinéma
- j'ai suivi 3 ou 4 saisons de Friends
- apres 5 ans de résistance, en période de grande détresse psychologique, j'ai vu et aimé le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain
- j'ai lu (parfois avec plaisir) du Amélie Nothomb
- j'ai, de temps a autre apres les lendemains de cuite, une envie irrépressible de gros burger immonde du McDo avec des potatoes.

Camarade, avec ou sans moustache, ne te méprise pas car toi aussi tu as a tout prix voulu t'acheter des pumas et un T-shirt Van Dutch. Meme les meilleurs ont leurs instants de faiblesse: peut-etre le Che, s'il était vivant, se paierait un T-shirt rebelle avec sa gueule dessus.
Ce n'est qu'un combat, continuons le début. Hasta siempre.
par mixlamalice publié dans : Réflexions indispensables
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Mercredi 18 juin 2008
Quelques petites anecdotes inintéressantes type ma vie, mon oeuvre, la recherche avance:

- Un stagiaire est arrivé lundi, un gringalet a l'air plutot gentil et travailleur. Je suis toujours étonné ici par les prises d'initiative personnelles des étudiants, comparativement a chez nous. Nous (la thésarde avec qui je le co-encadre) avons du passer deux heures par jour avec lui, et le reste de la journée il bosse tout seul, pas trop mal, apparemment. Il n'est venu que deux fois me poser des questions. Bref, l'encadrement est du coup plutot plus facile que chez nous. Apres, est-ce que cela veut dire que les étudiants sont meilleurs, je ne sais pas: disons qu'en France, un bon étudiant cherchera a etre sur d'avoir tout compris avant de se mettre a maniper, et ce n'est pas la philosophie ici (mon étudiant ne s'est semble-t-il pas posé deux heures histoire de lire les 4-5 publis qu'on lui a données a lire).

- Bonne engueulade avec la thésarde sus-mentionnée. 
Nous travaillons sur des systemes assez voisins. J'obtiens, de façon systématique, des résultats opposés aux siens. Comme nos systemes sont proches mais pas identiques, je me dis qu'il y a peut-etre la quelque chose a creuser et lui demande, avant-hier en passant, si elle a déja observé sur ses systemes de façon épisodique, mes résultats.
Elle a du le vivre comme une remise en cause de son travail car elle a cherché a me convaincre pendant une demi-heure que j'interprétais mal mes données et que de fait, nous observions les memes phénomenes. Je suis sur le point d'etre convaincu de mon erreur et rentre chez moi.
Le doute persistant, je me replonge le soir venu dans mes données et finit par etre quasi-certain de ne pas avoir commis d'erreur. Je vais vérifier le lendemain le protocole expérimental, qui, sans doute possible, confirme ma vision des choses, et je finis par me demander si elle n'a pas pipoté (intentionnellement ou pas) ses résultats: en effet, ce qu'elle prétend observer est ce qu'on attend a priori (toutefois, si la science expérimentale vérifiait tout le temps les impressions a priori, ça se saurait).
Bref, je passe une heure a exposer mon point de vue par le biais de petits dessins et me décide a aller les lui montrer. Au départ, je tiens bien a préciser que je ne parle que des mes expériences et pas des siennes, mais elle a continué a mal le prendre, j'ai commencé a m'énerver (quand je ne sais pas, je ne sais pas, quand je ne comprends pas, je ne comprends pas, mais quand je suis sur a 100%, je suis sur a 100% - en voila une phrase intéressante) et je suis allé plus ou moins jusqu'a l'accuser d'avoir pipoté avant de claquer la porte.
Bon, nous nous sommes expliqués le soir venu par mail, j'ai fait amende honorable et de son coté je crois qu'elle a admis la pertinence de mes arguments puisqu'elle va procéder a une manipe complémentaire pour valider (ou invalider) son interprétation.
Le plus probable étant que nous ayions tous les deux raison, chacun pour nos systemes, et que la différence d'observation soit justement le point scientifique intéressant a explorer.
Cela dit, de maniere plus générale, le systeme américain étant tellement focalisé sur la publication, j'ai tout de meme l'impression que certains thésards et certains superviseurs écrivent des articles en, au mieux, négligeant certaines manipes complémentaires pour valider ou invalider leurs résultats, au pire, en pipotant plus ou moins grossierement (résultats non reproductibles...). Il me semble que le phénomene avait d'ailleurs été démontré par un sondage anonyme parmi les chercheurs américains, dont un certain nombre (pour ne pas dire un nombre certain) avait admis des pratiques un peu louches pour la publication d'articles. J'y reviendrai a l'occasion.

- Conférence a Rhode Island dans dix jours, avec l'opportunité de revoir une maitre de conf sympa de mon labo de these, mais aussi une Prof. avec qui j'avais bossé en DEA, et qui potentiellement pourrait vouloir de moi comme candidat pour un poste de maitre de conférences dans son labo a Orsay. Je me tate un peu, mais c'est toujours mieux d'avoir une proposition plutot que zéro. Je prépare mon poster (seuls les conférenciers invités ont un speech). Le rythme de ces confs est assez décontracté (speechs le matin, gros break l'apres-midi pour discuter de maniere informelle, faire du sport, aller se ballader etc, nouvelle session le soir avant le diner), et nous enchainons avec ma douce par une visite de Provincetown (Cape Cod) pour le week-end du 4 juillet, donc ça promet d'etre un bon échauffement avant le retour en France début aout.

par mixlamalice publié dans : La vie de Mix
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Lundi 16 juin 2008

Pour ceux qui vraiment débarqueraient de Mars, les smileys, ce sont ces petits dessins stylisés qui, pour les plus simples, représentent une figure souriante :-) ou clignant des yeux ;-) ou pas contente :-(.

La plupart du temps, ils sont employés pour ponctuer une boutade, ou pour bien signifier "attention je déconne la, c'est du second degré".
Il y en a de plus complexes, sur MSN notamment, mais le principe est le meme (encore que le mouton d'hotmail je n'ai jamais compris a quoi il servait...)

Ils foisonnent sur les blogs.

A mon sens, c'est un peu l'équivalent du roulement de tambour que les mauvais comiques de music-hall utilisent pour bien montrer a leur public desespéré que oui, la, faut rire. Ou au moins sourire.
L'autre utilisation potentielle n'est pas meilleure: se sentir obligé de montrer qu'on fait du second degré, c'est soit mépriser son lecteur en le considérant incapable de bitter toute tentative d'humour, soit prouver qu'on est soit-meme usuellement tellement premier degré qu'on vient de s'impressionner au point de devoir le souligner.

Les smileys sont surabondamment utilisés par ces blogueurs qui tiennent a préciser sur leurs profils qu'ils n'aiment ni la guerre, ni la méchanceté ni l'hypocrisie.

Bref, ça et les lol (ou autres xplsdr, ptdr), sans parler de l'écriture SMS, sont les fossoyeurs de l'immense majorité de la littérature bloguesque. En attendant peut-etre l'extension a toute la littérature. Remarque, ça sera peut-etre pas pire que du Christine Angot. ;-)

par mixlamalice publié dans : Musico-littéro-gastro, l'Art en somme
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