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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 16:30

L'an dernier à peu près à la même époque je vous racontais les déboires multiples du libanais que je cherchais à embaucher en tant que post-doctorant (et les miens par la même occasion).

 

Cette année, nous embauchons un nouveau post-doctorant, français lui, mais qui a fait toute sa carrière "professionnelle" (eg 1 année en tant qu'ingénieur dans une grosse boîte, puis une thèse, soit, comme souvent aux USA, un "combo" MSc-PhD de 5-6 ans) en Amérique du Nord (on aime la difficulté).

 

Les choses se sont globalement beaucoup mieux passées cette année (je soupçonne que le fait d'être français n'y est pas pour rien), même si tout n'a pas été rose (notamment lorsque nous avons appris en juillet que la RH avait "égaré" le dossier complet soumis en juin soit comme stipulé "3 mois avant la date d'embauche sinon on n'a pas le temps de préparer le contrat").

 

Il y a eu cependant un petit moment #WTF (what the fuck ou qu'est ce que c'est que ce bin's, pour ceux qui ne maîtrisent pas bien les codes des réseaux sociaux) à la fois rigolo et représentatif du fonctionnement des RH, tout au moins si j'arrive à bien le raconter.

 

N'ayant pas de nouvelles de l'administration depuis que l'établissement a repris un fonctionnement, fût-il ronronnant, le 19 août, et sachant que dans notre monde "pas de nouvelles" ne signifie que rarement "bonnes nouvelles" (ou même prosaïquement, que les choses avancent normalement), mon collègue se décide à aller aux renseignements.

Il appelle donc notre gestionnaire de département, qui (je ne sais si ce fut d'emblée ou après s'être lui-même renseigné) lui dit que le contrat est prêt et que le futur post-doctorant peut venir le signer dans la semaine, au bureau des RH.

Mon collègue, heureux, fait donc suivre l'information au post-doc.

Quelques dizaines de minutes plus tard, il est toutefois pris d'un affreux doute: n'aurait-il pas dû vérifier l'information auprès du bureau des RH eux-mêmes?

Il saisit donc son téléphone, et miraculeusement -il est déjà près de 16h- on lui répond.

 

"Bonjour, je vous appelle au sujet du contrat de M. X."

"Attendez, ah je me rappelle, le canadien?"

"Non, il est français mais a vécu longtemps au Canada."

"Oui, oui, c'est bien ça, je vois. Eh bien?"

"Eh bien il est censé commencer le 2 septembre, je voulais donc savoir si son contrat est bien prêt, comme notre gestionnaire me l'a annoncé, pour qu'il vienne le signer."

"Oh non, il n'est pas prêt du tout; j'ai bien eu l'accord de l'administration générale mi-juillet, donc c'est bon il peut être embauché, mais je n'ai pas encore fait le contrat."

"Ah, mais c'est à dire que s'il commence lundi prochain cela devient un peu pressé, non?"

"Tout à fait, d'ailleurs maintenant que vous le dites il faut qu'il signe avant demain soir car nous clôturons les comptes pour septembre; donc si ce n'est pas signé, il ne sera payé qu'en octobre."

"Attendez; vous me dites qu'aujourd'hui ce n'est pas prêt, et qu'après-demain c'est trop tard, si je comprends bien. Donc il faut absolument qu'il passe demain?"

"Exactement, entre 14 et 17h qui sont nos heures de réception."

"Très bien. J'espère qu'il est sur Paris et bien connecté à ses mails...*"

 

 

Cette petite histoire, finalement pas dramatique (au pire il aurait pu bénéficier d'une avance de 80% en lieu et place du premier salaire) révèle tout de même le désormais classique retournement des priorités dans le monde de la recherche française: sur un dossier donné, l'administration a 3 mois pour faire son job, le chercheur 24h pour (ré)agir**.

 

Notons aussi, et c'est là encore très symptomatique, que si mon collègue n'avait pas décroché le téléphone, il est quasi certain que personne ne l'aurait prévenu que nous arrivions à une deadline importante...

 

Et puis, il est toujours bon de s'occuper de ce genre de choses pour sa rentrée, on se sent directement dans le vif du sujet.

 

 

 

* revenu d'Amérique du Nord pendant l'été, nous n'avons pas de numéro de portable où le joindre.

 

** on retrouve de tels types de rapports temporels pour les AAP (3 semaines pour écrire, 10 mois pour recevoir la réponse), pour les demandes de bourses ou primes, etc.

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commentaires

A. 28/08/2013 09:29


C'est marrant, je viens de preparer un post avec quasiment le même titre... Mais je n'ai pas encore d'expérience de recrutement à déplorer. Je me prepare car ca ne saurait tarder.


Concernant le temps consacre aux appels a projets, je te rejoins completement: il y a une telle disproportion entre la somme de boulot a faire pour une soumission et le temps imparti pour le
faire - le temps de relecture, et ce qu'on obtient finalement (quand on obtient quelque chose), c'en est hallucinant.

mixlamalice 28/08/2013 10:04



Je manque un peu d'inspiration en général et encore plus en ce moment, sur les titres... (il est possible que j'ai déjà utilisé celui-là d'ailleurs).


 


Le pire, concernant les délais de recrutement, est que le gros du "travail" est préparer un parapheur et le faire signer par les respos de service successifs jusqu'à "tout en haut"; bref, la
grande partie du truc qui prend deux mois, c'est d'obtenir la signature de gens qui, j'en suis sûr à 99.99%, ne lisent même pas ce qu'ils signent (dans la mesure où il s'agit d'un truc très
standard). 


Comme constaté, une grosse partie du purement "technique" (préparer le contrat), prend 24h...


 


Je soupçonne que c'est pareil pour les AAP: je ne pense pas que ce qui prend le plus de temps, c'est la "review des experts" proprement dit (je n'ai pas d'expérience sur ANR et autres, mais pour
des articles, je suis content quand on me laisse 3 semaines, c'est plus souvent 2). 


Je ne dis pas que collecte, répartition, relance, recollecte après review, synthèse, classement, etc, ne prend pas de temps, mais je suis persuadé qu'il y a pas mal de moments où le "status", si
on pouvait le visualiser, serait "sitting on the desk of xxx"