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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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16 décembre 2005 5 16 /12 /décembre /2005 09:50

"L'amour, ce n'est pas seulement un homme fuck une amie, ce n'est pas. L'amour, c'est quelque chose de plus en bas, dans le coeur, dans le corps, dans toute la forme". Bruce Dickinson.

Excusez-le, il est anglais.

Enfin, à peu près tout le monde (non?) aujourd'hui serait d'accord pour distinguer l'amour du sexe (l'un semble impliquer l'autre, l'autre pouvant être totalement décorrelé de l'un. Pardonnez au scientifique qui sommeille en moi, mais je me comprends).

 

Cette définition semble toutefois insuffisante. Et se pose la question: c'est quoi-t'est ce, l'amour? 2000 années de philosophie et de réflexions sur le sujet n'ayant pas résolu le problème, je ne viens pas tel Zorro tout régler pif paf, mais juste argumenter un peu pour le plaisir.

 

Quel est le plus facile : aimer quelqu’un qui ne vous aime pas ? Ou être aimé de quelqu’un que vous n’aimez pas ?

L’amour se construit-il ou est-il irraisonné et passionnel ?

Un amour passionnel est-il viable à long terme, ne cause-t-il pas nécessairement trop de souffrances à celui qui le vit comme à celui qui en est l’objet ?

Trop de questions sans réponses fermes, tranchées, définitives. Trop de questions sur lesquelles bute le cartésianisme le plus sûr de lui.

Qui viennent sans doute d'une question mère: qu’appelle-t-on aimer ?

Et c'est bien là le problème: chacun a une définition bien à lui de ce que signifie "aimer". Problème sémantique donc, rendu par l'Académie elle-même dans le dictionnaire, puisque sous "amour", on trouve des significations allant du panpankiki à la passion destructrice et suicidaire du jeune Werther.

Plus important encore, chacun a sa façon bien à lui de vivre son amour.

Je distinguerais toutefois très schématiquement trois types de couples (par couple, j'entends ici deux êtres qui vivent ensemble une histoire de longue durée. Je ne m'intéresserais pas ici aux couples type amitié longue mais juste pour une nuit).

  • Les couples passionnels, éternels amoureux, Roméo et Juliette, Cosette et Marius, les couples romantiques tels qu’on n’en voit que dans la littérature ou presque. Les couples dont l’amour est si fort qu’il est auto-suffisant, que les besoins terrestres n’existent plus, que le regard de l’autre suffit seul au bonheur total. Les couples à l'abri de l'érosion du quotidien qui finit par détruire tant de liens. Un tel couple existe-t-il dans la réalité ? Je ne sais. Je ne crois pas en connaître. J’aimerais croire qu’il en existe. J’aime à le croire. J'ai toujours été très influencé par la scène littéraire romantique française. Je suis un doux rêveur: je sais que ce ne sont que des mots. Je sais que, par exemple, Hugo, qui peignait si bien la Passion, la beauté des sentiments amoureux, ne se gênait pas pour défoncer sans états d'âme la bonne ou une quelconque actrice.
  • Les couples "raisonnables", si j’ose dire. Une attirance physique réciproque, quelques sujets de conversation communs ou une relative indifférence positive mutuelle, une occasion fortuite ont rapproché deux êtres. Le courant est passé, l’histoire a continué. L’attachement s’est crée, le couple est confiant dans son bonheur pépère et sans risque, cet attachement grandit. Pour devenir de l'amour, si tant est que, comme je me le demandais plus haut, l'amour puisse se construire. De tels couples, il me semble en voir chaque instant autour de moi. C’est sans doute la voie la plus saine de la relation conjugale, même si ce n'est pas celle qui me fait le plus rêver.
  • Les couples "hybrides", où l'un des protagonistes, amoureux, a réussi, plus ou moins rapidement, à s'attacher l'autre partie, pourtant "indifférente" au départ. Si l'amour peut se construire, peut-être alors ces couples peut-être peuvent se rapprocher de l'idéal du couple passionnel (après tout, ils n'ont que la moitié de chemin à faire). Mais ces couples sont aussi dangereux. Le couple fonctionnant toujours, plus ou moins subtilement et pour des raisons variées, sur un mode dominant-dominé, on peut trouver dans ce cas un fort déséquilibre. Trop fort pour la viabilité du couple. Et, supposons que l'amour ne se construit pas, la mauvaise balance des sentiments peut elle aussi avoir raison du couple: L'"indifférent" peut être tenté d'aller chercher ailleurs ce qu'il ne trouve pas ici, l'"amoureux" peut finir par perdre patience devant l'absence de sentiments de sa moitié.

 

 

Pour conclure par une citation bien choisie (pourquoi "bien choisie"?: simplement parce qu'elle est drôle et tient compte de ma problématique aussi bien sémantique que thématique. Et tac.) comme toute rédaction de lycée qui se respecte:

Le verbe aimer est un des plus difficile à conjuguer : son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif et son futur est toujours conditionnel. 

Cocteau

 

 

 

Post-Scriptum: Je vous l'accorde, pour un sujet aussi noble et éthéré que l'amour, mon exposé peut sembler enfermé dans un cadre un peu trop rigide. Mais, une fois encore, c'est le scientifique en moi qui cartésianise un maximum.

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commentaires

ciol 16/12/2005 13:26

Bien ! L'amour, vaste sujet de questionnement ! Et, je ne peux que t'encourager à en discuter.J'ai souvent l'impression, comme ce que tu as classifié comme amour hybride, qu'il y a assez souvent une inégalité dans un rapport amoureux : un aimant et un aimé.
A noter deux excellentes citations pour égayer le tout : celle de Bruce Dickinson, on ne l'attribue pas parfois à tort à Jean-Claude Van Damme, non ? Et, celle De Cocteau, c'est vraiment des bons mots.