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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 19:34
Reprenons ou nous avions stoppé (j'aime bien parler de moi a la premiere personne du pluriel).
9. Lolita, Vladimir Nabokov
10. Les liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos
11. Et si c'est un homme, Primo Levi
12. La Vie mode d'emploi, Georges Perec
13. Les enfants de minuit, Salman Rushdie
14. Differentes saisons, Stephen King
15. Rafael derniers jours, Gregory McDonald
16. Chroniques de la Haine Ordinaire, Pierre Desproges

Lolita est un roman epoustouflant, tant par son sujet que par son style. Malsain, quand on se rend compte qu'on commence a eprouver de l'empathie pour Humbert Humbert, quand on oublie que cette passion a pour objet une fillette. Superbe quand on se concentre sur l'ecriture (et dire que ce n'etait pas sa langue natale). On retrouve des premices a ce chef d'oeuvre tant dans la Meprise (au niveau du personnage principal et du systeme narratif) que dans l'Enchanteur (au niveau de l'histoire), mais loin d'atteindre ce degre de perfection. Et puis, quand le nom d'un personnage passe dans le langage courant, c'est rarement mauvais signe.

Les liaisons dangereuses, livre "miracle", inspiration géniale de Choderlos de Laclos qui était avant tout un homme de guerre (et conseiller de Philippe Egalité pendant la Révolution). Laclos n'a quasiment rien écrit d'autre. C'est un roman épistolaire, genre usé jusqu'a la corde a l'époque mais qui est ici on ne peut plus pertinent. Ce livre est infiniment plus licencieux que bien des romans actuels qui se veulent choquants. On y trouve dépeint tous les sentiments les plus vils, des sous-entendus graveleux etc. Un monument. Valmont, Merteuil, Volanges... Des personnages presque aussi célebres que les Trois Mousquetaires ou Jean Valjean.

Ecce Homo est l'un des livres les plus poignants sur l'Holocauste avec La Nuit d'Elie Wiesel. On peut aussi citer le Pianiste de Wladislaw Szpilmann (a vos souhaits) et le superbe film eponyme de Polanski sur le ghetto de Varsovie. Que dire de plus, c'est autobiographie, c'est terrible et cela celebre la naissance d'un grand ecrivain, Primo Levi.

Dans l'article "Fat plus coquin", j'avais essaye d'exprimer ce que je ressentais vis a vis de l'Oulipo en pastichant un poil "La disparition" de Perec. Pour resumer, je dois avouer que cette branlette intellectuelle consistant a imposer des contraintes mathematiques a la Litterature comme outil de creation a tendance a m'exasperer et a me faire penser que cela sert simplement a occulter le manque total de talent creatif de la majorite de ses adeptes. Toutefois, comme il ne faut pas etre borne, reconnaissons que la Vie mode d'emploi est tout bonnement hallucinant, et parvient a captiver en racontant de facon exhaustive, appartement par appartement, habitant par habitant, la vie d'un immeuble parisien pendant une courte periode de temps (ce qui n'est pas sans rappeler Sterne). Quand la forme reste un moyen au service du fond et non une fin en soi, de tels morceaux de bravoure peuvent accoucher. Il a ete publie quelque part toutes les regles de construction que Perec s'etait imposees, j'aimerais bien pouvoir consulter cet ouvrage (par exemple, deplacement dans les appartements a la facon d'un cavalier aux echecs, utilisation obligatoire de telle liste de mots elaboree par les membres de l'Oulipo au cours de tel chapitre, etc).

Les Enfants de Minuit est une fresque epique mettant en parallele le Destin de deux enfants nes a la meme heure, qui se trouve etre egalement l'heure exacte de l'independance de l'Inde. Leur vie semble ainsi liee inexorablement a tous les evenements majeurs de ce jeune Etat. Ce roman fait partie du courant du realisme magique (courant personnalise entre autres par Garcia Marquez et Cent ans de solitude), mais ici plus realiste que magique, ce qui m'a permis d'accrocher (Cent ans de solitude m'a au contraire fait un peu chier, si je puis me permettre). Ce roman se merite, il est long et pas facile a lire, tout en etant tres prenant.  

Stephen King a longtemps (j'ai un peu lache depuis quelques annees, ayant ete tres decu par les derniers romans que j'ai lus de lui, notamment le bien nomme Sac d'os) represente pour moi la quintessence de l'ecrivain scenariste. Ses livres sont des films. Pas un mot de trop, des bonnes histoires, du suspense, a la Dumas (si j'ose cette comparaison pour le moins inattendue). C'est sans doute pour cela que ses livres ont conduit a tant de bons films (Misery, Shining, Carrie...). J'ai choisi un livre un peu different de son repertoire habituel (Ca, le Fleau) et ai longtemps hesite avec la Ligne Verte (ecrit d'ailleurs comme un feuilleton, a la maniere des ecrivains du 19eme) qui m'avait vraiment marque (le film aussi). J'ai finalement choisi ce recueil de nouvelles tantot personnelles (celle qui donna le joli film Stand By Me), historico-polar-old-school (la redemption de Rita Hayworth, adaptee au cinema egalement avec Morgan Freeman et Tim Robbins), thriller psychologique (Un eleve doue)... J'ai oublie quelle etait la quatrieme histoire (oui, dans Differentes Saisons, il y en a 4 en fait), mais ces trois la valent vraiment le coup. Il a egalement ecrit des romans interessants sous le nom de Richard Bachman (Running Man, Marche ou creve...).

Rafael derniers jours est un livre assez tragique sur les oublies de l'Amerique, sur le cynisme, l'inculture, et la fatalite. Difficile d'en dire plus sans deflorer l'histoire. Neanmoins, je peux vous assurer que ca prend aux tripes et qu'on n'oublie pas sa lecture de sitot. Johnny Depp en a fait un film.

Chroniques de la Haine Ordinaire: si vous lisez frequemment ce blog, vous devez savoir tout le bien que je pense de Monsieur Desproges. Pas la peine d'en rajouter. Si ce n'est que ca fait 20 ans qu'il est mort presque exactement (18 avril 1988) et que, d'unecertaine facon, ou d'une facon certaine, il me manque.

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Published by mixlamalice - dans Littérature
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