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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 21:08
Une fois n'est pas coutume, un petit bout de texte (vaguement resumé ou légerement modifié par endroits, mais il faudra vous en contenter) qui n'est pas de moi, mais que j'aurais aimé avoir écrit:

Il y a plusieurs modèles de bien-pensants.
Il y avait, grand classique, le bien-pensant catholique de droite de la 3ème république.
Il y a aujourd'hui le modèle X (la pensée unique européisto-libérale), le modèle Y (celui des anciens trotskystes pour qui la nation est toujours synonyme de nazisme, l'insécurité un fantasme, les flics toujours des ordures, les sans-papiers et les jeunes des cités toujours des victimes), le modèle Z (ceux qui défendent les palestiniens sont toujours antisémites, ceux qui attaquent Bush forcément antiaméricains), etc.
La nouveauté c'est que plusieurs modéles de bien-pensance contemporaine s'accomode éventuellement d'un ancrage au moins apparent à gauche.
Le bien-pensant se reconnaît d'abord à ce qu'il ne pense pas. Sur le plan du contenu, la bien-pensance est l'équivalent du cliché sur le plan de l'expression: une façon de dire qui a eu son originalité mais qui a été tellement reprise qu'elle a perdu tout son sens et est même devenue niaise à vomir.
Ensuite, le bien-pensant  est péremptoire, a des convictions bien tranchées et tout d'une pièce. Il accepte d'être dupe et de croire que les choses sont comme elles devraient être, oubliant que les choses ne sont jamais si simples et qu'il est le premier à faire entorse à ses principes.
Quand il était de droite, le bien-pensant ne devinait pas que ses normes morales servaient surtout à exclure de l'honorabilité tous ceux qu'il exploitait et marginalisait. Quand il est de gauche, il ne peut pas concevoir qu'un Juif, un Noir, un Arabe puisse lui même être raciste, ou qu'un ancien dominé puisse dominer à son tour.
Il vit dans un monde de héros ou de salauds à vie. L'idée n'est pas encore vivante que les hommes ne sont pas d'une pièce. Le bien-pensant méconnaît le mot "aussi".
Puis le bien-pensant est un prêcheur. Il ne garde pas ses convictions pour lui, il dit le bien, il le hurle. C'est une personne qui dit à une autre ce qu'il faut penser. Et qui lui reproche de ne pas le penser assez, de ne pas le mettre assez en pratique voire de ne pas proclamer suffisamment qu'il va le faire. Ainsi, se fantasmant en résistant par grâce divine retrospective, il va vouer aux gémonies quiconque se demandera en 2000 ce qu'il aurait réellement fait sous l'Occupation.
Enfin la bien-pensance refuse l'histoire et le simple fait de nommer les choses. Par exemple, au nom d'une louable lutte contre les discriminations, refuser totalement de tenir compte de l'histoire personnelle et des caractéristiques physiques des personnes. Avec l'article discrimination de code du travail, tellement retouché ces 20 dernières années, on pourrait gager qu'un alcoolique unijambiste obèse et manchot un peu procédurier pourrait obtenir sans mal de concourir pour un poste de pilote d'avion ou de mannequin.
De même, qu'il n'y ait plus de sourdingues, de nabots ou de pédés, soit. Mais plus non plus de sourds, nains ou homosexuels. A la rigueur, mal-entendants, personnes de petite taille ou gay. Mais ce serait encore trop dire, puisque dire c'est caractériser. Or, la caractérisation est toujours soupçonnée de cacher l'intolérance ou l'exclusion. Le bien-pensant croit qu'il va éradiquer la discrimination en supprimant son nom. Le paradoxe étant qu'à terme il se fait lui-même hypercaractérisant, dénonciateur, et source d'intolérances d'autant plus grande qu'il est assuré de se trouver du coté du bien.

Dominique Noguez, 20 choses qui vous rendent la vie infernale.

Ce petit texte illustre assez bien les derives a la mords-moi-le-zboub du politiquement correcto-tout le monde il est beau tout le monde il est gentil et meme si on est differents on est tous pareils (mais des fois que, soulignons bien qu'on est different).

Dernier exemple en date, ces employes noirs de chez Renault qui viennent de faire condamner la-dite compagnie pour discrimination raciale (
http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/04/02/renault-reconnu-coupable-de-discrimination-raciale_1030292_0.html). Motif: ils n'avaient pas ete promus contrairement a dix de leurs collegues malgre leurs bonnes evaluations. Je ne defends pas particulierement Renault qui semble une de ces entreprises sympas ou il fait bon travailler plus pour vivre moins, comme en atteste la vague de suicides chez leurs employes ou ex-employes. Mais dans le cas present, outre que faire des statistiques sur un echantillon de 12 personnes me semble un peu leger, ce qui m'a semble aberrant est que ce soit a la defense de prouver son innocence et pas a l'accusation de prouver la culpabilite de Renault. N'ayant pu demontrer qu'ils n'avaient rien fait de mal, ils ont ete declares coupables. C'est une conception de la justice assez interessante, quoique generalement un peu passee de mode dans les pays non totalitaires. 

A ce compte la, comme nous sommes tous ou presque membres d'une minorite (bigleux, gras du bide, poilus, chauves, petits, grands, a mauvaise haleine...) si j'echoue au CNRS je les attaque parce que j'ai les pieds plats (ou une pilosite deficiente, les raisons ne manquent pas) et ils seront bien dans la merde s'ils doivent prouver que ce n'est pas a cause de cette raison qu'ils ne m'ont pas pris.

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