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  • : La vie au labo
  • La vie au labo
  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 21:54
Ceux qui ont lu mon article Révolufion  (j'apprends a me servir de mon blog en ce moment: en direct, premier lien) se souviennent peut-etre d'un certain, disons, mepris de ma part a l'egard d'une certaine frange de notre jeunesse.
Je n'ai pas tout a fait changé d'avis.
D'ailleurs, puisque j'ai le temps, je vais inserer ici un extrait de ce qui est sans doute ma Chronique de la Haine Ordinaire préférée:


"- Pardon, monsieur, vous n'avez rien contre les jeunes ?
- Si, j'ai. Et ce n'est pas nouveau. Je n'ai jamais aimé les jeunes.
Quand j'étais petit, à la maternelle, les jeunes, c'étaient des vieux poilus, avec des voix graves et de grandes main sales sans courage pour nous casser la gueule en douce à la récré.
Aujourd'hui, à l'âge mûr, les jeunes me sont encore plus odieux.
Leurs bubons d'acné me dégoûtent comme jamais.
Leurs chambres puent le pied confiné et l'incontinence pollueuse de leurs petites détresses orgasmiques.
Et quand ils baisent bruyamment, c'est à côté des trous.
Leur servilité sans faille aux consternantes musiques mort-nées que leur imposent les marchands de vinyle n'a d'égale que leur soumission béate au port des plus grotesques uniformes auquel les soumettent les maquignons de la fripe.
Il faut remonter à l'Allemagne des années 30, pour trouver chez les boutonneux un tel engouement collectif pour la veste à brandebourgs et le rythme des grosses caisses.
Et comment ne pas claquer ces têtes à claques devant l'irréelle sérénité de la nullité intello-culturelle qui les nimbe ?
Et s'ils n'étaient que nuls, incultes et creux, par la grâce d'un quart de siècle de crétinisme marxiste scolaire, renforcé par autant de diarrhétique démission parentale, passe encore.
Mais le pire est qu'ils sont fiers de leur obscurantisme, ces minables.
Ils sont fiers d'être cons.
"Jean Jaurès ? C'est une rue, quoi", me disait récemment l'étron bachelier d'une voisine, laquelle et son mari, par parenthèse, acceptent de coucher par terre chez eux les soirs où leur crétin souhaite trombiner sa copine de caleçon dans le lit conjugal.
Ceci expliquant cela : il n'y a qu'un "ah" de résignation entre défection et défécation.
J'entends déjà les commentaires de l'adolescentophilie de bonne mise : "Tu dis ça parce que t'es en colère.
En réalité, ta propre jeunesse est morte, et tu jalouses la leur, qui vit, qui vibre et qui a les abdominaux plats, "la peau lisse et même élastique", selon Alain Schifres, jeunologue surdoué au Nouvel Observateur.
Je m'insurge. J'affirme que je haïssais plus encore la jeunesse quand j'étais jeune moi-même.
J'ai plus vomi la période yéyé analphabète de mes vingt ans que je ne conchie vos années lamentables de rock abâtardi.
La jeunesse, toutes les jeunesses, sont le temps kafkaïen où la larve humiliée, couchée sur le dos, n'a pas plus de raison de ramener sa fraise que de chances de se remettre toute seule sur ses pattes.
L'humanité est un cafard.
La jeunesse est son ver blanc.
Autant que la vôtre, je renie la mienne, depuis que je l'ai vue s'échouer dans la bouffonerie soixante-huitarde où de crapoteux universitaires grisonnants, au péril de leur prostate, grimpaient sur des estrades à théâtreux pour singer les pitreries maoïstes de leurs élèves, dont les plus impétueux sont maintenant chefs de choucroute à Carrefour.
Mais vous, jeunes frais du jour, qui ne rêvez plus que de fric, de carrière et de retraîte anticipée, reconnaissez au moins à ces pisseux d'hier le mérite d'avoir eu la générosité de croire à des lendemains cheguevaresques sur d'irrésistibles chevaux sauvages."


Donc, les manifestations lycéennes actuelles auraient toutes les raisons de m'agacer, comme a l'accoutumee: géneralement, ca se passe au printemps, ces choses la: il commence a faire beau, glandouiller dehors c'est agréable entre les vacances de fevrier et celles de Paques et puis ca permet d'avoir son bac plus facilement.
Et pourtant. 
Est-ce parce que je ne peux suivre cela que de loin? J'ai toutefois l'impression que cette fois-ci, c'est un peu plus spontané et moins instrumentalisé que d'habitude (meme si je suis toujours effaré par leur globale pauvreté d'esprit quand je les entends essayer de s'exprimer: je reste persuadé que, a 16 ans, un etre humain n'est bien souvent pas dans la période de sa vie la plus intéressante spirituellement parlant, entre hormones, complexes et pseudo-sexualité).
Je trouve sympathique ces petits jeunes qui défendent les fonctionnaires. On me rétorquera que c'est sans doute parce que la réside désormais leur seule ambition (dans un sondage IPSOS en 2004, 35% des 15-25 ans declaraient que c'etait pour eux le boulot idéal). Peut-etre, mais baste, quelle que soit la cause, le résultat est la. Ce n'est pas que je sois un fan de la fonction publique, et comme a peu pres tout le monde j'ai ete confronte au cours de pérégrinations diverses a des parasites clairement payes pour en foutre le moins possible (j'ai un petit faible pour ceux de la fac de Jussieu, et plus particulierement la scolarité du doctorat). Toutefois, comme je l'ai deja un peu explicite
ici (on ne m'arrete plus avec les liens), la mode actuelle consistant a sans cesse remettre en cause le travail d'autrui et a designer des boucs emissaires a tout bout de champ pour tous les maux réels ou supposés me semble une dérive populiste dangereuse et hélas par trop répandue: je suis loin d'etre persuade que la proportion de glandus dans le public est plus grande que dans le prive, mais un observateur lambda est clairement plus souvent confronté a l'une qu'a l'autre. Mais avouons que depuis probablement Courteline, le fonctionnaire est parfait dans le role de tete de turc de la société francaise.
De plus, je ne suis pas persuadé que la suppression de postes dans l'Education ou la Recherche soit un signe franchement tres encourageant (meme si on me dira sans doute a raison que je preche pour ma paroisse) pour la France de demain.

Et puis, une part de moi, celle qui s'inquiete un peu de la direction que semble prendre le monde, se prend a imaginer, sans trop y croire, qu'une jeunesse moins desabusee que moi contribue a faire vraiment bouger les choses et n'accepte pas la nouvelle espece de servilité (travailler toujours plus pour gagner pareil), que beaucoup - généralement parmi ceux qui ne travaillent pas enormement pour gagner vraiment plus- essaient de nous vendre comme le seul modele viable. Qu'ils refusent cette société un peu gerbante ou la valeur premiere est devenue le fric. Bref, "que les pisseux d'aujourd'hui aient la générosité de croire a des lendemains cheguevaresques sur d'irrésistibles chevaux sauvages" et foutent dehors les vieux du jour, jeunes frais d'alors avec leurs valeurs pas franchement bandantes. 
Je ne sais pas si c'est le printemps, une poussée d'hormones, un démon de midi précoce et socialement au lieu de sexuellement orienté ou autre chose, mais si j'étais en France et si je n'avais que ca a foutre, je serais bien partant pour participer a une deuxieme manifestation dans ma vie. Allez, quoi, un petit Mai 2008 ?

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commentaires

mixlamalice 21/04/2008 18:13

Il semblerait que je me sois trompé en voyant dans l'agitation lycénne un vent de révolte frais et généreux:
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/04/21/le-mouvement-lyceen-s-organise-pour-tenter-de-passer-le-cap-des-vacances_1036479_3224.html#ens_id=1013456C'est plutot l'ame du fonctionnaire qui les habite. Quant a moi, c'est le doute.