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  • : La vie au labo
  • La vie au labo
  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 15:21
Petit bilan de "fin du début" de cette nouvelle expérience.
Pour l'instant, je ne suis pas fan.

Je ne parle pas ici de considérations géographiques déja évoquées précedemment, bien qu'il se confirme qu'apres 28 ans passées entre Nice et Paris, j'ai un peu de mal avec la vie a la "cambrousse" (passés les sept premiers jours ou le citadin de base se dit que ah c'est si beau la nature et on respire quand meme mieux et autres lieux communs niaiseux). Ca n'a d'ailleurs pas grand chose a voir avec les Etats-Unis, je pense que j'aurais le meme probleme si je me retrouvais a Cergy-Pontoise (tous les inconvenients d'une grande ville sans les avantages) ou l'Université du Poitou (si elle existe).

Non, c'est plutot d'un point de vue scientifique et humain que je trouve pour l'instant l'expérience un brin difficile. Ayant souhaité m'ouvrir l'esprit et donc évoluer vers une thématique différente de celle qui m'intéressait en these, je dois tout reprendre a zero. C'est un risque sans doute nécessaire pour devenir un "bon" chercheur: savoir changer d'orientation et rebondir une fois que l'on a amené une contribution non négligeable dans un domaine (attention, le "non négligeable" est ici fondamental: si on change parce qu'on était nul, ca ne compte pas). Mais je ne trouve pas ca facile. 
Je n'etais pas un cador, mais dans mon petit bout de sujet a moi, apres trois ans, je savais ce que je faisais, je comprenais ce que je devais faire et j'etais indépendant (j'aime beaucoup qu'on me foute la paix quand je suis au labo). Et voila, une soutenance de these avec lechage de boules en regle plus tard (c'est assez agreable, je l'avoue, d'etre complimenté par des gars balezes, meme si ca fait partie du jeu), je me retrouve sur un nouveau sujet, auquel je ne connais rien et ne comprends pas grand chose, a devoir implorer l'aide de tous les membres du groupe des que je veux faire une manipe. Comme toujours quand on commence, les manipes foirent minutieusement les unes apres les autres. 
Tout cela ne serait ma foi pas si pire si le nouveau boss, me voyant comme auréolé de mon titre de Docteur fraichement acquis, ne considérait pas comme une évidence que je vais révolutionner la science en moins de temps qu'il n'en faut pour l'ecrire. Comme si, maintenant que je suis Docteur Mix, les manipes allaient me regarder d'un autre oeil et me conduire a la publi dans Nature illico. Malheureusement, j'aimerais bien mais ca n'a pas l'air de marcher comme ca.  
De plus, le post-doctorat ne dure qu'un an et des brouettes, quand la these laisse deux an et demi pour arriver quelque part.
Bref, non seulement on redevient un candide un peu bas du front, mais en plus on a la pression.

Il y a une derniere chose que je n'apprécie guere, réminiscente de la fin de these. Alors que, justement, tu as pas mal de pression pour parvenir a quelque chose "au présent", tu dois passer un temps fou a essayer de te trouver un "avenir". Pendant la rédaction de these, il fallait chercher un post-doc, visites de labos, envois de CVs etc. Pendant le post-doc, il faut essayer de se trouver un poste, donc essayer de se faire connaitre, ou tout au mois ne pas se faire oublier des quatre qui te connaissent et t'apprecient, prendre contact avec des labos (et ne pas recevoir de réponses), puis réfléchir a des nouveaux (encore) themes de recherche, batir un dossier solide, trouver un plan B etc.

En conclusion, pour l'instant je ne trouve pas ca so much fun, mais peut etre que, comme la these, ca deviendra vraiment bien apres 6 mois (quand les choses commencent a marcher, et quand l'avenir, avec un peu de chance, s'est un poil eclairci).

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Published by mixlamalice - dans La recherche
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commentaires

lolonto 20/04/2008 06:11

Ouhouh ! Ben dis donc, je ne sais pas où tu as été pêché certaines de tes données mais le post doc mon petit gars ça doit durer au bas mot 2 ans si tu as de la chance que tout marche sinon c pas rentable. Je fais comme toi et depuis 1 an (dans qq semaines), je fais de la merde je n'ai rien du tout parce que j'ai changé de sujet, de vie, de culture, blabla .... Il ne faut pas se cacher derière le petit doigt, la recherche c'est dur, sinon tout le monde en ferait ça se saurait. Bref tout ça pour dire ne désespère ça pourrait être pire, prends du temps pour toi et profites de ton expérience .... surtout ne fais pas l'erreur que tous les gens en post doc font ... bosser à fond comme un con tous les WE, passer ta vie au labo, faire 12 à 14h / jour ça ne sert à rien puisque avec le père Sarko la recherche en France, c mort de chez mort. Plus aucun espoir !!  Non je noircis le tableau mais trop de gens y croient dur comme fer et qd tu échoues au concours d'entrée INSERM, INRA, IFREMER, CNRS, blabla hé bin tu regrettes de ne pas en avoir profité et tu fais "oh merde, le Massachussetts mais avec ces conneries je n'ai même pas visité" ;-). Keep working and take easy. Good cheers, man.

mixlamalice 20/04/2008 18:10


Dans mon domaine (polymeres), deux ans c'est un peu le maximum. C'est vrai qu'en bio par exemple (ou evolue ma douce), c'est plutot un minimum. Mais je parlais de temps "effectif": en these, les
six derniers mois environ sont réservés a la rédaction du manuscrit, en post-doc j'imagine que au bout du compte, pas mal de temps est en fait consacré aux auditions ou entretiens d'embauche, et a
la redaction eventuelle d'articles (sans paler du fait que si, par chance, je trouve du boulot en France au bout d'un an, je ne dirai sans doute pas non). Du coup, ca ne laisse grosso merdo qu'un
an et quelques de recherche réelle (surtout quand, changeant completement de sujet, tu passes en plus les deux premiers mois a comprendre ce qu'on attend de toi).
A part ca, je parlais plutot des impressions que j'ai pour l'instant, en ce qui me concerne je savais bien que la probabilite pour que tout marche du premier coup etait a peu pres nulle et ca ne
m'inquiete pas plus que ca, mais c'est plutot mon boss qui me semble-t-il voit les choses comme ca. Il me demande ou j'en suis tous les trois jours et je le sens tout désappointé quand je lui dis
"au meme point que  la derniere fois que tu m'as vu coco".
Sinon, ma douce etant a Boston, nous ne vivons plus ensemble donc les weekends sont exclusivement consacrés aux retrouvailles: no fucking way le labo le samedi-dimanche en tout cas tant que ce
n'est pas absolument nécessaire (pour l'instant ca ne l'a jamais ete).
Good luck.