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  • : La vie au labo
  • La vie au labo
  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 20:53
Je ne sais pas si cette vieille suceuse de La Fontaine a pompé cette fable sur Esope comme une grande partie des autres:

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une mourante vie ;
Nul mets n'excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d'amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d'honneur.
Et quant au Berger l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'Ane vint à son tour et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de Moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

En tout cas, la morale n'a jamais vraiment été démentie depuis. A tel point que ça a fini par devenir légitime (au sens littéral). Du coup, c'est devenu un poil plus subtil aussi: maintenant, quand on est puissant et qu'on commet un gros crime, on peut etre coupable, mais la punition sera juste moins sévere que celle réservée a un misérable qui commet un petit crime. Si on en a les moyens, et c'est somme toute logique, mieux vaut voler un boeuf qu'un oeuf. Ou avoir des hommes de main plutot que de tabasser soi-meme une petite vieille.  

Par exemple, au hasard:
Un prof, apparemment un peu fragile psychologiquement parlant et qui a reconnu les faits, risque 5 ans de taule pour avoir giflé un gamin de onze ans qui l'avait traité de connard. Le pere du miard, un policier, a porté plainte pour "violences sur mineur de moins de 15 ans".
Noël Forgeard risque pour son délit d'initié (2.5 millions d'euros dans la poche pendant que le blaireau de base voyait une semaine plus tard ses trois actions se casser la gueule et ses perspectives de vacances a la Baule s'envoler en fumée) 2 ans de prison. Pour avoir presque coulé la boite et pris 8 millions et quelques pour daigner se barrer, il n'a aucun compte a rendre.

Vous me direz que ça n'a pas grand chose a voir et vous aurez raison. Mais personnellement, en toute subjectivité et sans aucune notion de droit, puisqu'on en est a parler de tarte dans la gueule, il y en a un qui, a mon humble avis, en mériterait quelques unes de plus que l'autre (surtout quand, non content de prendre le pognon, il se permet en plus sans vergogne de la ramener en jouant la pucelle effarouchée). 

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