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  • : La vie au labo
  • La vie au labo
  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 00:04

Nous vivons au siècle de l'éphémère.

J'ai l'impression que tout ce qui a été fait pour augmenter "le temps de cerveau disponible" du citoyen moyen pour favoriser son épanouissement consumériste a marché au-delà de toutes les espérances: au fur et à mesure que les informations défilent toujours plus nombreuses, toujours plus vite, plus personne ne semble capable de prendre le temps de la réflexion. Nous nous trouvons toujours dans l'action et/ou l'émotion.

Même nos "penseurs" pondent un livre, ou pire, un point de vue de trois pages dans n'importe quel journal acceptant de s'en faire l'écho, dès que surgit ou ressurgit un problème social, économique ou politique. Ainsi, l'immense majorité de ces écrits sans aucun recul ne sont qu'un vague enchaînement tout juste grammaticalement correct de poncifs au choix estampillés gauche caviar (nouvellement appelée bobo), droite néocon ou droite beauf.

Du coup c'est l'escalade, ou plutôt la descente aux enfers: lorsque ceux qui sont censés hausser le niveau du débat, hommes politiques ou "intellectuels" s'adonnent sans discontinuer aux propos de comptoir, sur le fond comme sur la forme, que se passe-t-il?
L'espèce de "barrière morale" qui faisait que le pékin moyen écoutait l'opinion de gens mieux informés et s'étant donné le temps de la réflexion avant de se forger la sienne propre, tombe. Si ceux qui sont censés nous éclairer sombrent dans la médiocrité et le lieu commun, confondent "faire peuple" et "être proche du peuple", à quoi bon continuer à les écouter?
Pourquoi nous aussi ne donnerions-nous pas notre avis, puisqu'apparemment c'est le même? En quoi suis-je moins pertinent, puisque je pense la même chose, même si ce n'est qu'un tissu de banals préjugés plus ou moins idéologiques, construit à la lumière de ma méconnaissance du sujet?

Ainsi, la cacophonie ambiante augmente, on parle mais on n'écoute plus, on écrive et on ne lit plus. A quoi bon, de toute façon le sujet de conversation changera d'ici deux jours. Et reviendra dans deux mois, mais tout, et particulièrement l'infime proportion de propos intelligents, aura déjà été largement oublié.
 
Internet est l'incarnation parfaite de cette nouvelle ère: prolifération des blogs, espaces d'expressions "personnelles" où en fait tout le monde raconte la même chose, réagit sur les mêmes sujets en même temps... explosion des fora où des millions de personnes tiennent à communiquer leurs opinions essentielles quel que soit le sujet, sans prêter aucune attention aux autres messages. Le culte du moi à son paroxysme (une autre incarnation parfaite de cet état de fait se trouve actuellement à l'Elysée, mais là n'est pas mon propos).

Voila donc pourquoi j'ai changé le titre de ce blog, histoire de mettre les nouveaux venus au courant: ici, je parle de ma vie, qui en soi n'est ni très passionnante ni très originale, mais qui est encore celle que je connais le mieux. Je parle aussi des choses qui me plaisent, qui me font rire, ou m'intéressent suffisamment pour que j'en parle, et qui ne sont elles non plus pas très originales et pas toujours très passionnantes, à part pour moi bien sûr.
Enfin, lorsqu'un sujet d'actualité m'interpelle, il peut m'arriver de m'exprimer dessus, et là encore ce n'est sûrement pas très original, même si j'aimerais croire le contraire.  
Et comme l'abus d'Internet et de Fox TV ont rendu mon cerveau largement aussi poreux que celui de la majorité de mes contemporains, je réécris en boucle les mêmes articles, facilitant ainsi la vie de mes lecteurs: les réguliers peuvent tranquillement parcourir mon blog, l'encéphalogramme plat, avec un sentiment de déjà vu rassurant. Quant à ceux qui ne viennent que de temps en temps, ils n'ont pas l'impression de rater grand chose.

Bref, il me semble que mon blog cadre parfaitement avec ce qui est l'essence même de la blogosphère, un espace de "réflexions" à la fois peu profondes et profondément éphémères. Seule petite originalité, la "persistance" puisque ce blog a maintenant plus de trois ans...

Qu'attend donc la foule pour s'y ruer?

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