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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 00:15
Tout a commencé lundi ou mardi dernier.
Notre boss était en vacances: j'ai reçu un mail d'une thésarde m'annonçant que le group meeting serait donc avancé à jeudi, au lieu du vendredi habituel, afin d'accomoder "ceux qui avaient quelque chose de prévu pour le week-end du 4 juillet". Le lendemain, j'ai appris que la fac était officiellement fermée le vendredi 3 juillet, veille de la fête nationale (nouvelle preuve du pragmatisme américain vis-à-vis des jours fériés). Bien sûr, les thésards et post-docs sont toujours les bienvenus s'ils veulent venir bosser, mais le combo boss absent-fac fermée m'a amené à intuiter qu'il n'y aurait pas grand monde de mon groupe au labo ce jour là. Comme de son côté, Priscilla avait également la journée off, nous avons décidé de nous bouger le fion et de faire un peu de tourisme.
Après quelques hésitations, réflexions au niveau du temps de transport et du coût du week-end, nous nous décidons pour Montréal où je réserve un hôtel et un resto huppé pour le samedi soir (Toqué!, expérience bouleversifiante à laquelle je consacrerai un autre article), le tout sans trop de difficultés malgré la "short notice".  
Nous partons le vendredi matin avec ma poubelle (je parle de ma voiture, pas de Priscilla, voyons) et arrivons sans souci majeur, à part une traversée du Vermont quelque peu lénifiante et une attente de quasiment une heure à la frontière, en milieu d'après-midi à Montréal.

D'un point de vue purement architectural, je dois avouer que je n'ai pas été ébloui. Montréal ressemble à une grosse ville nord-américaine quelconque, sans la grandeur majestueuse de New-York City ou Chicago, et sans le côté un peu "'rétro" de Boston. Il y a bien le quartier du Vieux-Montréal pour la touche old school, mais je l'ai trouvé un rien kitsch, type Bercy-Village, cette impression étant rehaussée par la surabondance d'échoppes à souvenirs type porte-clefs et autres bonnets de trappeurs d'une part, et de restos trop visiblement pour gogos d'autre part. Il faut dire aussi que le beau temps n'était pas vraiment au rendez-vous et n'a pas vraiment contribué à parer la ville de ses plus beaux atours.

Ceci dit, le charme de la ville vient en partie de la différence entre cette urbanisation totalement américaine et le mode de vie, la culture de ses habitants, qui ne le sont pas:
- c'est la seule ville de type nord-américaine (bigs buildings, grandes artères bourrées de 4*4) où la langue généralement parlée est le français. Même si on entend aussi dans la rue beaucoup d'anglais, et, d'ailleurs, d'autres langues. Cela a d'ailleurs un côté schizophrénique un peu déroutant: par exemple, les rues, les menus au resto, le cinéma, tout cela est en français. Mais dans les librairies, on ne trouve quasiment que des livres anglais.

- c'est également la seule ville de type nord-américaine où la "way of life" est indéniablement "européenne": je n'avais encore jamais vu des trottoirs de downtown aussi bondés de piétons depuis que j'ai quitté la France, à part peut-être sur Broadway (sauf qu'à Montréal ce sont majoritairement des locaux et pas des touristes japonais). Un bon nombre de montréalais se ballade également à vélo, chose que je n'ai pas tenté, car malgré les pistes cyclables, je n'ai pas trop confiance face à la largeur des rues, le nombre de hummers, et la conduite elle aussi assez européenne, i.e. pour le moins "musclée", des habitants. On note aussi la forte presence de boulangeries, charcuteries et autres epiceries, qui me rendent immediatement nostalgique.
En ce qui concerne la "nightlife", on est même carrément sur un rythme latin: nous nous sommes fait jeter de plusieurs restos de la rue Saint-Denis - rue aussi animée que la version française, mais ici plus pour ses bars et restos branchouilles que pour ses putes - à 21h passés un vendredi soir, avec pas d'espoir avant 22h30-23h. Le samedi à Toqué!, nous avons fini de manger à 1h du mat'. Il paraît que, en Amérique du Nord, Montréal a une réputation de "city that never sleeps" au même titre que La Nouvelle-Orléans.
Deux autres choses un peu étonnantes, en tout cas pas franchement typiquement américaines: sur la rue Sainte-Catherine, l'artère commerçante de la ville, on trouve alternativement des centres commerciaux et des magasins de mode d'une part, et des strips clubs ou des sex-shops d'autre part (Priscilla n'a pas voulu rentrer, on ne peut pas dire qu'elle soit très aventurière dans l'âme). L'autre chose que j'ai remarquée, c'est qu'il y a beaucoup de clodos ou pochtrons, comme dans la plupart des villes d'Europe, comparativement à Boston ou même New-York. Dans le même genre, j'ai redécouvert à Montréal "la bande de jeunes", vous savez, ces gamins, généralement pas méchants, qui passent leurs journées à zoner en groupe aux alentours des artères de métro où des centres commerciaux. Je n'en ai encore jamais vu aux US, et je n'y avais d'ailleurs pas prêté attention jusqu'à ce que j'en croise à tous les coins de rue à Montréal.  

En bref, ce fut un week-end enrichissant, et la ville, même si pas très jolie a mes yeux, propose plusieurs quartiers très animés, très cosmopolites, où il fait bon déambuler: la rue Saint-Denis, le Village - le quartier gay, qui m'a rappelé Ptown: je trouve les quartiers gays américains, quand ils existent, toujours sympa: on y voit des looks et boutiques improbables, et surtout tout le monde a l'air content de vivre et d'être là, ça met la pêche même si ça ne me donne pas la banane - le Vieux-Montréal malgré tout, et même le downtown. La ville souterraine, une espèce de centre commercial géant qui communique entre les principaux quartiers du downtown et les stations de métro, créee pour pallier les grands froids, vaut aussi le coup d'oeil (pas longtemps si vous êtes un peu claustro, plus si vous êtes shopaholic).
Ce qui ne gâche rien, nous sommes tombés pendant le festival du jazz.
Et puis, si l'occasion se présente, rien que pour pouvoir dîner de nouveau à Toqué!, je reviendrai sans hésiter.

Section "guide du routard bourgeois":
De façon pratique, les hôtels sont assez peu chers même dans le downtown: nous nous en sommes tirés à 125 dollars US par nuit pour une grande chambre pour deux dans un hôtel bien situé, en utilisant les sites comparatifs comme cheaptickets ou orbitz. Les parkings pour ceux qui viennent en voiture sont nombreux et eux aussi plutôt bon marché, environ 10 dollars la journée, un peu moins le week-end (attention, comme partout en Amérique du Nord, c'est assez facile de se paumer tant les panneaux de signalisation sont mal foutus).
La bouffe est par contre pas donnée même en fréquentant les bistrots: d'ailleurs, comparativement, les restos haut de gamme sont plutôt pas chers, ce sont les restos plus "casuals" qui reviennent cher, un peu comme aux US, comparativement à la France. Le bon plan, je dirais, est de se baffrer avec un petit-déj "brunch", qu'on peut trouver un peu partout pour une quinzaine de dollars canadien (1 dollar canadien ~ 0,9 dollar US) pour tenir la journée, et de se faire plaisir le soir, en partageant éventuellement un sandwich dans l'après-midi. Je dirais que le week-end, la réservation est obligatoire dans les restos côtés, au moins pour les horaires habituels, de 19h à 22h.
 Bilan du week-end, de vendredi après-midi à dimanche après-midi, tout compris: 500 dollars US par personne, sachant que Toqué nous est revenu à presque 200 dollars US chacun. 

Pour finir, deux photos "panoramiques", prises du Mont-Royal (le Central Park montréalais, en plus pentu) et du Vieux-Port.




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