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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 16:15
Après avoir soumis (enfin) mon premier article de post-doc vendredi soir dernier suite à un ultime rush, j'ai eu une grosse crise de flemmite aigüe et je n'ai à peu près rien branlé de la semaine.

De façon exhaustive, je me suis occupé de mes cellules, j'ai eu 15 minutes de discussion avec mon chef et 30 avec le post-doc avec qui je collabore sur un autre projet, j'ai préparé une dizaine de slides pour le group meeting de cet aprèm (presqu'uniquement du copié-collé), fait un demi-calcul, lu en diagonale une publi, et ai assisté à une soutenance de thèse. Bref, sans trop forcer, j'aurais pu faire tout ça en une journée, ça m'en a pris 4.

Pourtant, glander sur Internet finit par être lassant, surtout au mois d'août où on n'est pas assailli par la nouveauté que ce soit dans les blogs ou l'actualité. Aller au stand de café "prendre une pause" et feuilleter le journal, c'est difficilement extensible au-delà du raisonnable: bref, je me suis fait chier et le temps serait passé largement plus vite dans la salle de manipes, mais je ne sais pas pourquoi, la gravité était vraiment trop forte cette semaine pour décoller mon cul de la chaise.

Quand on est thésard ou post-doc, c'est le genre de choses qui arrive plus ou moins fréquemment, mais sur une durée d'une semaine complète c'est assez rare, en tout cas en ce qui me concerne.

Je ne me souviens pas que ce phènomène se soit  produit pour mes autres publis: j'en ai écrit deux en parallèle avec mon manuscrit donc je ne pouvais pas vraiment me permettre.
Il y a peut-être eu quelque chose de ce genre après mon premier article, mais à l'époque c'était aussi parce que, en gros, la publi marquait la fin d'un projet et le commencement d'un autre, qui comme d'habitude a mis un peu de temps à décoller. Une semaine de glandouille quand rien ne marche, c'est humain et ça peut même être utile pour s'enlever un poil la tête du guidon.
Mais là, j'ai plusieurs choses sur le feu, notamment rédiger un deuxième papier et torcher les quelques manipes qui restent pour rendre les graphes jolis, pour ne parler que de ça. Et mon temps ici commence à être compté.

Mes cinq lecteurs scientifiques ont-ils éprouvé des situations de ce genre, que ce soit suite à une rédaction pénible ou autre chose, où le "putain j'ai vraiment pas envie" dépasse le pourtant très fort "mais qu'est-ce que je m'emmerde"?

J'espère quand même que la semaine prochaine, je vais réussir à faire repartir la machine.

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Published by mixlamalice - dans La recherche
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commentaires

Postdoc 18/09/2009 16:58

En même temps ce genre de mésaventure c'est assez formateur. Quand elle se sera faite mordre plusieurs fois peut-être qu'elle étalera un peu plus le travail dans le temps.Sinon chez nous chaque semaine chacun dit ce qu'il a fait. Du coup ça va du « j'ai bossé sur un papier qui n'a rien à voir avec le postdoc » (discussion close) à « j'ai obtenu les résultats suivants, voici un brouillon de papier » en passant par « j'ai tenté ça et ça foire lamentablement, je ne comprends pas pourquoi ». Chacun a une petite pression pour avoir quelque chose de neuf. Si on n'a rien de neuf ce n'est pas grave mais bon, il ne faut pas que ce soit toujours le cas.

mixlamalice 18/09/2009 17:22


Je ne suis pas sûr, elle est quand même en début de 3ème année de thèse, maintenant (donc 1 an et demi à temps plein)... Il y a d'autres thésards du groupe, plus vieux, qui continuent à fonctionner
comme ça (truth be told, ils sont pas vraiment en avance dans leur thèse...).

Dans mon groupe français on fonctionnait aussi en updates hebdomadaires pour tout le groupe. Je dois avouer que je préfère qu'une seule personne ne parle.
Quand on a un groupe assez vaste et avec des thématiques de recherche assez larges aussi (ce qui est le cas dans les deux groupes auxquels j'ai appartenu), je trouve que l'update hebdomadaire de
tout le groupe 1.prend 3 plombes (y a toujours un gars dans le groupe qui aime bien tenir le crachoir) 2. est surtout utile pour le PI, mais pas trop pour les étudiants: le PI peut se rafraichir la
mémoire de façon condensée, mais quand je ne sais pas vraiment sur quoi bosse un autre thésard - et que je ne pige pas vraiment- avoir un update de 5 minutes sur la dernière semaine de manipes n'a
à peu près aucun intérêt.
Avec une seule présentation/semaine de 20-30 minutes, le mec peut rentrer un peu plus dans les détails, essayer d'expliquer "the big picture", ça force à prendre du recul, je trouve ça
plus formateur pour l'étudiant (ça entraîne un peu aux séminaires-confs, même si ça reste informel) et enrichissant pour les auditeurs.

Après, j'imagine que quand le groupe est petit (et que donc tout le monde sait à peu près sur quoi bosse les autres) ou quand la thématique de recherche est très centrée, l'update hebdomadaire peut
avoir ses avantages.


mixlamalice 18/09/2009 15:45

Tiens, pour revenir sur le côté un peu "scolaire" des thésards ici, une anecdote. Nous sommes dans mon groupe une douzaine. Chaque vendredi, l'un d'entre nous présente ses résultats au reste du groupe et au boss. Donc, on présente une fois toutes les 12 semaines environ. C'est pas mal, ça laisse généralement le temps d'avancer (ou pas, d'ailleurs, mais présenter les trucs qui chient n'est pas mal considéré).Généralement la semaine avant de présenter (et celle ou il présente), le thésard dont c'est le tour, va bosser comme un damné parce que "c'est bientôt à moi de présenter, faut que j'ai des trucs à montrer". Hier, une thésarde dont c'est bientôt le tour a presque fait une crise de nerfs parce que quelqu'un a squatté le microscope qu'elle voulait utiliser pendant l'après-midi.Alors, je me dis, merde, t'as eu trois mois pour faire des trucs, c'est pas les trois derniers jours qui vont tout changer ou alors c'est qu'il y a un problème... Enfin, voila, personnellement quand vient mon tour, je n'ai pas l'impression de passer de 3h/semaine dans le labo à 50h/semaine les dix jours précédant ma présentation. 

Tom Roud 20/08/2009 16:46

Je crois que ce genre de choses arrive à tout le monde, je connais même des jeunes profs qui ont des moments comme ça. Mais comme tu dis, c'est parce que la recherche est hautement non linéaire, de même que ton intérêt. Il m'arrive parfois de bosser très lentement en semaine, et tout d'un coup, le week-end, quelque chose m'intéresse vraiment et je passe mon dimanche à faire des simuls.Avec le temps (4 ans de post-doc maintenant), j'ai l'impression que j'arrive mieux à gérer ce genre de périodes toutefois, lorsque je perds mon intérêt pour quelque chose, j'arrive à me refocaliser sur autre chose (c'est aussi parce que j'ai pas mal de boulot à faire, entre projets à écrire, 3 projets scientifiques en parallèle, des papiers à reviewer ou à lire, etc...).Sinon, pour s'occuper durant ces moments, rien ne vaut un blog ;)

mixlamalice 20/08/2009 20:56



En analysant un peu plus la situation, j'ai quelques hypothèses sur le pourquoi du comment:
- finalement, je crois que le mois d'août joue un peu, c'est soit génétique (si on est de mouvance sarkozyste) soit sociologique (si on est plutôt adepte de Onfray). Plus sérieusement, le fait
d'avoir la famille et les potes qui viennent aux US, de passer le week-end avec eux et de retourner bosser le lundi est pas très bon pour ma motivation.
- d'autre part, comme je l'ai dit, je viens de finir un papier et je suis censé commencer la rédaction d'un autre: le problème c'est que ce sont deux papiers sur des projets vraiment différents,
et j'ai du mal à passer mentalement de l'un à l'autre: autant quand je faisais des expériences, c'était chouette de pouvoir passer d'un truc à un autre totalement différent surtout
quand ça marchait pas, autant maintenant qu'il faut mettre les résultats au clair je trouve ça ardu, mon esprit est encore plus ou moins focalisé sur le premier papier.
- l'autre truc en tant qu'expérimentateur, c'est que quand tu rédiges tu laisses plus ou moins tomber les manipes pendant un moment, à part les trucs presse-bouton ou les préparations répétitives
d'échantillons... et en fait, relancer la machine, repasser par une semaine de manipes préliminaires casse-couilles pour tout refaire démarrer, c'est démotivant.

Pour le blog, le problème quand je suis dans la spirale de la lose, c'est que même écrire un truc nécessitant un peu de réflexion me paraît du domaine de l'insurmontable... l'article "littéraire"
de vingt lignes que j'ai pondu hier m'a pris presque toute la journée ;)



Postdoc 17/08/2009 19:06

J'ai bien tenté le harcèlement mais à un moment je sens que ma cheffe s'agace et je suis obligé d'être un peu moins pressant. Le problème est qu'elle est très (très très) forte et dynamique, du coup tout le monde veut travailler avec elle et elle se trouve débordée avec des deadlines en permanence. Pour ne rien arranger, elle prend pas mal de thésards qui commencent à publier donc là quand elle va revenir elle va se retrouver avec quelque chose comme 5 articles à lire. Par contre quand elle se met à bosser sur un article elle ne fait pas semblant et là ça va vite.

Postdoc 17/08/2009 17:48

C'est marrant je vois la même chose avec les thésards ici. Ma cheffe est partie en « vacances » (comprendre en visite dans un labo européen pour l'été), au début les thésards venaient un jour sur deux style 11h00-15h00 puis plus du tout. Un m'a fait une remarque du genre « ouah ! Tu bosses dur même quand la cheffe n'est pas là ». Le côté super scolaire et « je bosse pour faire plaisir à ma cheffe » m'a bien fait sourire. J'ai dû lui expliquer que si je foutais rien le premier puni ce sera moi au final. Enfin, ils sont encore jeunes et naïfs, ils comprendront plus tard. :)Sinon ce qui est encore plus frustrant est lorsqu'on veut soumettre un article presque fini qu'on a bien bossé avec un co-auteur et que la cheffe promet depuis 3 mois de lire l'article dans la semaine. Et on voit les semaines qui défilent. Ça fait bizarre surtout quand on a eu un directeur de thèse qui lisait les papiers dans la journée.

mixlamalice 17/08/2009 18:04


Mon chef français avait un large groupe donc il était aussi parfois un peu lent sur les papiers, mais là c'est vrai que j'ai eu quelques semaines pénibles (ça ne s'est quand même pas compté en
mois) où mon chef ne lisait pas mon draft, parce qu'il était soit en vacances, soit en conf, soit sur un autre papier, soit en train de relire le manuscrit d'une thésarde à deux semaines de sa
soutenance.
Mais je suis pas mauvais niveau harcèlement (il fallait bien ça pendant ma rédaction quand j'avais trois chapitres d'avance sur mes chefs et trois semaines avant la remise du manuscrit à
l'administration) donc il a fini par craquer et on a pu soumettre.