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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 19:36
Au moment où j'écris ces lignes, je ne sais pas si je mettrai cet article dans la catégorie "L'Amérique" ou dans celle intitulée "C'est bon de rire parfois".

Bon, je suis un peu fainéant, donc ce sera avant tout du copié-collé d'articles lus ici et la.

Pour résumer, les lois visant à la protection de l'enfance sont aux USA extrêmement préventives et puissantes. Principalement, il existe des fichiers listant tous les criminels sexuels, consultables publiquement, qui permettent à une famille inquiète de vérifier que le monsieur qui bave dès qu'il voie fifille et qui habite en face n'a pas déjà été condamné pour touche-pipi.
Comme ça, ça a l'air bien.
Malheureusement, comme souvent, le système a ses effets pernicieux. Ainsi, certains Etats un poil rétrogrades ou politiques un rien démagogues en font des caisses et jouent avec les peurs primitives des parents, de telle sorte qu'aujourd'hui, plus de 650000 personnes se retrouvent sur les dits registres. Or, sur ces 650000 personnes, il n'y a pas que des Marc Dutroux, loin de là (voir exemples ci-dessous).
Le problème est alors double: la vie de ces gens est, pour faire simple, à peu près foutue. Ostracisés par la loi, condamnés à vie à la vindicte populaire, ils courent un risque assez grand de se faire tabasser, de perdre leur boulot, ou même de se faire lyncher. Et la vie des policiers devient dans le même temps très compliquée, puisqu'ils doivent passer un temps fou à essayer de faire un distinguo entre une personne condamnée à 17 ans pour avoir sucé son petit copain de 16 ans dans un Etat où les relations sexuelles consenties entre mineurs étaient interdites jusqu'en 2006, et un bon vieux violeur-tueur: sur les 17000 délinquants du registre Géorgien, seul un millier sont considérés très dangeureux, et environ 10000 ont été condamnées pour des faits aussi crétins que ceux présentés ci-dessous...

Quelques exemples rigolos (si on veut) donc:
- En 1996, Wendy W., joli brin de fille de 150 kilos pour 1m50, avait 17 ans. Un jour, en classe, le professeur éteint la lumière pour y diffuser une vidéo, et son voisin lui propose de profiter du noir pour lui faire une fellation. Le garçon allait avoir 16 ans - probablement l'âge de la "majorité sexuelle" dans l'Etat- trois semaines plus tard…

Wendy Whitaker fut donc accusée de “sodomy” (en Géorgie, état qui rigole pas trop avec la braguette, et dans le cadre de la loi, c'est le terme générique pour désigner les comportements sexuels déviants, i.e. en gros tout ce qui n'est pas la position du missionnaire lumières éteintes le samedi soir). Wendy a rencontré son avocat 5 minutes avant l’audience. Il l’a incitée à plaider coupable. Elle ne comprenait pas trop ce qui lui arrivait.

Wendy a été condamnée à 5 ans de prison avec sursis, et a été incarcérée un an. Elle est inscrite au registre des délinquants sexuels, de Georgie, consultable sur l’internet, où n’importe qui peut trouver son nom, sa photographie et son adresse, ainsi que le motif de sa condamnation: il y est inscrit “sodomy“, sans autre explication.

Du fait de son inscription dans le registre, Wendy n’a pas le droit d’habiter ni de travailler à moins de 300 mètres de tout endroit susceptible d’accueillir des enfants (écoles, parcs, bibliothèques, piscines…).

140 villes ont porté cette distance à 750 mètres. A Miami, une centaine de délinquants sexuels ont ainsi été contraints de se réfugier sous un pont, parce qu’ils ne peuvent pas vivre ailleurs.

Jusqu’à récemment, il était également interdit aux personnes figurant dans le registre d’habiter près d’un arrêt de bus, ce qui ne revenait à interdire aux personnes fichées d’habiter dans quelque agglomération que ce soit.

Cette interdiction a finalement sauté, mais, et après avoir acheté une maison avec son mari, un juge a découvert que l’église de son quartier accueillait occasionnellement une garderie, et elle a été contraint à déménager. Son mari a perdu son emploi dans la foulée.

Pourtant, ce qu’a fait Wendy n’est plus considéré comme un crime en Georgie : en 1998, une cour de justice a finalement autorisé les fellations (qui étaient interdites, même entre époux), et depuis 2006, les relations sexuelles entre adolescents consentants ne sont plus traitées comme des crimes. Mais la loi n’est pas rétroactive.

- Dans cinq états, le simple fait d’aller voir une prostituée suffit à y être fiché, tout comme le fait d’uriner en public, dans 13 d’entre-eux, et 29 y inscrivent également les adolescents ayant eu une relation sexuelle consentie avec un autre adolescent.

On y trouve même des personnes qui, depuis, se sont mariées avec celle ou celui avec qui ils avaient eu des relations sexuelles consenties, mais qui, prohibées par la loi, leur avaient valu d’être condamnées.

Mais aussi des adolescents qui, parce qu’ils ont reçu, ou envoyé, des “sextos” d’eux nus à leur petit(e) ami(e), y ont été condamné pour “pédo-pornographie“.

On y trouve également des parents accusés de complicité pour avoir autorisé leur adolescent, mineur, à faire l’amour: Janet Allison was found guilty of being “party to the crime of child molestation” because she let her 15-year-old daughter have sex with a boyfriend. The young couple later married. But Ms Allison will spend the rest of her life publicly branded as a sex offender.

Bon, c'est pas tout ça, je ne sais toujours pas où ranger mon article... "L'Amérique" quand même, parce qu'il y a des fois où vraiment je me dis que c'est un beau pays dont on a raison d'essayer de nous imposer le modèle.

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commentaires

mixlamalice 24/09/2009 15:41


Encore une bien belle histoire, dans le même genre (et tirée du même site web):
http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/09/24/vos-photos-sont-elles-pedo-pornos/

Ou va le monde, Dieu me tripote (pas en public, hein)?


mixlamalice 14/09/2009 15:47

Quelques nouvelles de Wendy ici: http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/09/14/incarceree-pour-une-fellation-librement-consentie/Ca ne s'arrange pas.

Postdoc 27/08/2009 01:45


Dans le genre plaisanterie douteuse de la justice américaine, ce truc là n'est pas mal non plus : http://en.wikipedia.org/wiki/Wilson_v._State_of_Georgia . Les américains restent terriblement puritains dt aiment bien fourrer leur nez dans le lit des gens.

mixlamalice 27/08/2009 01:56


Oui, c'est similaire à l'histoire de Wendy, à l'envers. Ca se passe aussi en Géorgie, un Etat où il a décidément l'air de faire bon vivre. Le Deep South, c'est pas franchement plus
progressiste que le Midwest, m'ont confirmé les thésards du labo... 

Je comprends mieux pourquoi les seuls Géorgiens que j'ai rencontrés (voisins de table à Ze Kitchen Galerie, il y a environ deux ans et demi) m'avaient semblé plutôt "extrêmes":
encore pro-Bush et pro-guerre en Irak, croyant aux armes de destruction massive (en 2007, ça commençait à devenir rare), avec des arguments comme "oui mais s'il y en avait, hein?".
Le mec avait même boycotté un voyage en France quelques années avant où il était censé fêter ses 50 ans à cause du discours de Villepin... En dehors de ça, de plutôt
sympathiques voisins de tablée, mais on aurait eu du mal à aller plus avant dans notre relation.