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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 16:23
Il y a eu en France il y a quelques temps beaucoup de bruit autour de la burqa. Je n'ai suivi que de loin, mais je me faisais à peu près la même réflexion que M. Bartolone: "par rapport au nombre, moins de 400 cas sur 60 millions de français, une loi, un débat parlementaire serait comme sortir un gros pilon pour écraser une mouche".

Au-delà de ça, j'ai trouvé une réflexion intéressante dans un article du Courrier International sur ce sujet (par Ms. Sophie Morris, The Independent):
"Le système des valeurs françaises est très différent du nôtre (NdMix: anglais). Dans sa lutte pour l’égalité, la France, au lieu d’encourager le multiculturalisme comme nous le faisons au Royaume-Uni (NdMix: c'est également la méthode américaine), s’efforce d’aplanir les différences et préconise l’intégration."

Il est au premier abord aisé, comme la suite de l'article le montrait, de voir les problèmes liés au système français et les solutions que le système anglais ou américain apportent: lorsque l'Etat prône l'Egalité mais qu'en pratique, la société a peu évolué et reste faite dans une très large mesure par les "blancs de souche" pour les "blancs de souche", l'intégration est en échec. Et le communautarisme qu'on avait tenté de gommer ressurgit d'autant plus fort.
Je trouve qu'aux US, tout au moins dans les milieux "favorisés" (tout n'est pas rose non plus, leurs "ghettos" sont probablement pires que les notres), le multiculturalisme a dans une large mesure réussi. Dans les classes dirigeantes, dans les classes moyennes, aux postes à responsabilité ou dans les sphères universitaires dans lesquelles j'évolue, on a beaucoup plus le reflet d'une société multiethnique qu'en France. Je n'ai pas l'impression qu'obtenir ici un emploi correspondant à ses qualités et rémunéré au juste prix pour un membre d'une "minorité visible" (j'entends tout ce qui n'est pas blanc et mâle) soit le parcours du combattant que doivent souvent affronter en France les femmes, les noirs ou les arabes.

Cela dit, cette volonté à tout crin d'accepter, voire de valoriser les différences, plutôt que de les mettre au second plan derrière quelques principes unificateurs, a aussi ses faiblesses.
La principale est de rendre chaque "communauté" (ou "minorité", mais la "minorité" féminine n'en est pas vraiment une, par exemple) hyper-sensible, avec une tendance à interpréter chaque évènement un tant soit peu désagréable, aussi futile soit-il, sous l'angle vaguement paranoïaque d'une probable discrimination consciente ou inconsciente (l'argument de l'inconscient est imparable pour fermer la porte à toute réponse argumentée, je vous le conseille). Bref, à devenir comme ceux dont ils pourfendent l'attitude, voire pire.
Un exemple: ce blog, pourtant souvent intéressant, devient je trouve franchement "too much" lorsque l'auteur(e) s'attaque à ce genre de sujets, et je ne parle pas des commentatrices -eurs- et leurs explications et justifications socio-culturelles ou psychologiques à deux sous et à n'en plus finir*.
On peut également citer l'affaire Gates, qui d'un fait divers assez anodin du à deux personnes probablement un peu trop susceptibles, arrogantes et convaincues de leur bon droit, est devenue pendant un temps, véritablement, une affaire d'Etat.
Ou, plus près de chez moi, cette thésarde de première année qui a quitté le groupe pour aller suivre le progamme "women studies" de la fac (voir plus bas), après avoir qualifié mon boss de sexiste: intrigué par des résultats contre-intuitifs, il avait eu l'impudence de lui demander si elle était sûre de son protocole expérimental.
Certaines comédies moins débiles qu'il n'y paraît se sont d'ailleurs délectées de ce phénomène, avec les fameux "What do you mean "you people"?" (Tropic Thunder, Me myself and Irene, Bad Santa etc) - "you people" pouvant à la fois désigner innocemment n'importe quel groupe de deux personnes ou plus auquel on s'adresse mais aussi être une injonction méprisante à l'égard d'une "minorité", noirs, nains... ou les deux-.

L'autre conséquence, c'est la multiplication de micro-communautés**, la tendance à se considérer comme membre de sa communauté plutôt que d'une nation ou d'un peuple: par exemple, on peut suivre à l'université des programmes intitulés "women - ou afro-american- ou native american- gay/lesbian- ...-  studies". S'en suivent un abus de précautions oratoires (le "politiquement correct") aussi ridicules qu'abrutissantes, de quotas farfelus à propos de tout et surtout n'importe quoi, et de procès tout aussi farfelus. 

Tout cela conduit, à mon sens, à des situations paradoxales et potentiellement dangereuses: la communauté homosexuelle se bat pour l'évolution des valeurs et l'acceptation de l'homosexualité dans la société, mais réaffirme dans le même temps, par exemple par la gay pride, son statut de communauté, et donc sa différence.
Ou ces féministes qui défendent la burqa au nom du droit des femmes à porter les vêtements de leur choix sans être jugées...
Il n'y a plus de règles, que des exceptions: et l'idée de légiférer pour des questions touchant 0,001% de la population ne devient, malheureusement, plus si absurde. Après tout, c'est dans la droite lignée de la politque du fait divers... 




* pour ceux qui souhaiteraient mieux connaître le fond de ma pensée, j'ai laissé quelques commentaires en mauvais anglais sur les articles mis en lien.
** suite à diverses situations désagréables qui ont porté atteinte à ma virilité, après quelques difficultés pour trouver chaussure à mon pied (étant mâle, blanc, blond pas chauve, de taille moyenne, de corpulence moyenne et hétérosexuel) j'ai rejoint la communauté des "déficients pileux".

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commentaires

mixlamalice 26/11/2009 04:33


Quand je disais que ça avait pas que des bons cotés: qu'est-ce-qu'il faut pas lire comme conneries...

http://youngfemalescientist.blogspot.com/2009/11/why-its-sexist-that-top-tier-papers-are.html


mixlamalice 30/10/2009 04:16


Franchement, je ne sais quoi penser: http://science-professor.blogspot.com/2009/10/bias-bingo.html

Ci-dessus, c'est l'exemple féministe mais on peut trouver des équivalents "raciaux":
- si on est sympa, on est condescendant.
- si on est pas sympa, on est sexiste (même si on est sympa avec personne, ou juste pas sympa avec 1 femme).
- si on a l'air comme il faut, on a quand même probablement un problème inconscient ou subconscient avec les femmes.
- si une femme n'obtient pas un boulot au profit d'un homme, elle a forcément été victime de discrimination.
- si un mec émet l'hypothèse que la femme qui lui a pris le job n'a pas été choisie que sur des critères professionnels, c'est forcément un machiste.

Bref, au bout d'un moment j'ai envie de dire, "eh zob, coupez-moi les burnes, je m'en sers pas beaucoup, et bouffez-les, au moins si vous êtes bien élevées vous fermerez votre gueule pendant ce
temps là. Et après on pourra peut-être passer à autre chose, eg les vrais problèmes - ceux qu'on peut quantifier un peu mieux que mon putain de subconscient".