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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 10:54

 

Tout d’abord voici la réponse à un article du Monde (que vous pouvez lire à cette adresse : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-855431@51-855435,0.html) par le collectif Sauvons la Recherche (http://recherche-en-danger.apinc.org/).

 

 

 

 

Le Monde (16/01/07) vient de publier un article intitulé "En France, la recherche manque de performances, pas d’argent". Cet article introduit les éléments confidentiels d’un rapport (Henri Guillaume et Jean-Richard Cytermann) sur la valorisation de la recherche que la journaliste semble être la seule à posséder. L’utilisation de ce rapport pour affirmer que le problème de la recherche est structurel et non pas budgétaire est consternante. Des membres de SLR répondront sur le fond aux propositions de ce rapport. Mais d’ores et déjà, on peut remarquer que lors du dernier rapport Guillaume, des "fuites" avaient été organisées par l’Express : c’est le journaliste économique qui avait servi de porte-plume aux révélations, sans même que le journaliste scientifique n’ait été au courant. Aujourd’hui, dans Le Monde, c’est une journaliste n’ayant pas suivi les problèmes de recherche qui sort le rapport.

Dès à présent et à titre d’exemple, nous souhaitons commenter la phrase de l’auteur de l’article, indiquant que "la France est l’un des pays développés où la dépense publique de recherche est la plus élevée ramenée au PIB" d’après une étude "publiée vendredi par Eurostat". En fait, ce dernier vendredi, Eurostat a simplement rendu public le chiffre moyen européen d’effort de recherche après l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie, ce qui fait baisser la moyenne européenne. Les autres chiffres étaient connus depuis longtemps. Il n’y a strictement rien de nouveau ; mais surtout, l’affirmation est totalement mensongère et relève de l’opération politicienne.

La part de la recherche dans le PIB : l’Europe aggrave son retard sur les Etats-Unis et le Japon
Les tableaux publiés par Eurostat (voir leur site) indiquent d’abord un fantastique retard de l’Europe (1,85 % du PIB pour "les 25", 1,91 pour "les 15") sur les Etats-Unis (2,68 %) et le Japon (3,18 %), avec la Chine, l’Inde ou le Brésil qui avancent très vite. En dynamique, depuis 10 ans, l’Europe a stagné, les Etats-Unis (+ 7 %) et le Japon (+ 9,5 %) ont progressé.

La part de la recherche dans le PIB : la France occupe une place très médiocre en Europe
Avec 2,13 % de son PIB consacrés à la recherche civile et militaire, la France se situe un peu au-dessus de la moyenne européenne. Mais elle est très largement devancée par la Suède (3,86), la Finlande (3,48), la Suisse (2,93), l’Allemagne (2,51), le Danemark (2,44) et même l’Autriche (2,36).

Hors recherche militaire, ces écarts s’accroissent et la France se retrouve, de plus, derrière la Belgique, voire les Pays-Bas, mais devance encore le Luxembourg et la Grande-Bretagne.

En termes de dynamique, depuis 1995 et d’après Eurostat, trois pays seulement régressent quant au volume de recherche (inflation prise en compte) : la Grande-Bretagne (- 11,4 %), les Pays-Bas (-9,5) et la France (-6,9). Les pays bien placés progressent : l’Allemagne (+ 15 %), le Danemark (34 %), la Suède (16 %) et la Finlande (+ 70 %). Les pays à faible taux de recherche ont progressé eux aussi et commencent à rattraper leur retard : Italie (+ 12 %), Espagne (+ 40 %), Portugal (+ 37 %). Avec une croissance de 58 %, l’Autriche a doublé la France. A qui le tour ?

Le financement de la recherche académique est mauvais en France
D’après Eurostat, dans cet effort global, la part de financement public en France ( 37,6 %) est un peu au dessus de la moyenne européenne (34,7 %). Qu’on envisage le financement total ou bien le seul financement public, cela ne change donc rien dans l’ordre des pays.

Mais comme l’article du Monde semble viser d’abord le CNRS et les universités, il est bon de préciser que dans ces 37,6 % de financement public, la France inclut le financement de la recherche militaire (22,3% des crédits budgétaires publics de R&D), une partie de la recherche liée aux grands programmes industriels, contrairement à tous les autres pays, sauf la Grande-Bretagne. Si bien qu’en termes de recherche "académique", le taux de financement public français est mauvais, dans une part de recherche dans le PIB qui est elle-même médiocre, et très, très loin des pays les plus avancés.

Nous maintenons donc que c’est de l’ordre de 50 % qu’il faut accroître l’effort français (passer de 2,1 à 3 % du PIB), l’effort pour la recherche publique et l’effort pour la recherche industrielle. Quant au rapport Guillaume-Cytermann, nous répondrons très prochainement. La démocratie exige qu’il soit réellement rendu public.

 

 

 

 

Je souhaiterais joindre à cet article quelques précisions et réflexions plus personnelles, plus terre à terre aussi.  

Le système français est (comme souvent) complexe, sûrement trop.

Il y a, grosso modo, deux « types » de chercheurs (je laisse de côté volontairement, par souci simplificateur, certains organismes semi-privés comme le CEA, l’Institut Pasteur etc).

Ceux employés par le CNRS (chargés de recherche ou CR), et ceux employés par une université (les enseignants chercheurs ou maîtres de conférences). La principale différence entre eux vient du fait que les maîtres de conférences doivent assurer une charge d’enseignement de 192h/annuelle au sein de leur université de tutelle (ces 192h étant les heures effectives, ne comprenant donc pas les préparations de cours, TDs, les corrections d’exemens. Ces 192h sont également comprises dans le salaire reçu). Les CR ont quant à eux le choix d’enseigner ou non (et donc d’avoir une rémunération supplémentaire ou non).

 

Pour « devenir » chercheur, que faut-il ?

Le concours d’entrée au CNRS est un concours à l’échelon national. Techniquement, il suffit "simplement" pour se présenter être titulaire d’un doctorat (bac+7 ou 8). Seulement, le nombre de postes est si faible (dans ma partie, qui se trouve pourtant être une discipline d'"avenir", sur le plan scientifique, 6 cette année, dont 4 réservés à des profils très particuliers, ce qui laisse deux postes « généralistes » pour une quarantaine de candidats) qu’il est quasiment obligatoire, pour avoir une chance de se voir reçu, d’être passé par une école prestigieuse (ENS, ESPCI, X principalement) plutôt que par la fac, d’avoir fait après son doctorat au moins une mais plutôt 2 voire 3 années de post-doctorat (on arrive donc autour de bac+10), si possible à l’étranger et dans des universités de renom (Harvard, MIT, Berkeley, Oxford, Cambridge…). Ce qui nous laisse, pour reprendre l’exemple précédent, une vingtaine de très bons candidats pour 2 postes. Contrairement aux idées reçues, les meilleurs candidats ne partent pas (encore, mais pour combien de temps ?) tous dans le privé ou à l’étranger…

Le concours de maître de conférences est réputé plus aisé, en grande partie parce qu’il se fait à l’échelon local. C’est le laboratoire d’accueil qui fait sa sélection et non une commission nationale. Souvent, le laboratoire d’accueil privilégiera ce qu’on appelle un candidat « local » c'est-à-dire un candidat avec qui ils ont déjà travaillé pendant sa thèse ou son post-doc. Les meilleurs candidats optent d’autre part souvent pour le CNRS (quand ils en ont l’opportunité), « mieux vu ».

Ensuite, une fois ces maigres obstacles surmontés, un statut de « fonctionnaire ». Ah, beurk. Pour beaucoup (cf les commentaires de lecteurs sur l’article du Monde), les fonctionnaires sont une race honnie de privilégiés branleurs qui pompent l’argent des honnêtes travailleurs du privé. Qui certes ne sont pas très bien payés mais qui le sont largement trop vu le peu qu’ils font et tous leurs avantages. Pour ce qui est de mal payé, je cautionne (voir sur le site internet du CNRS : salaire d’embauche : 1550 euros net, salaire en fin de carrière 3000 euros net. Salaires équivalents pour les maîtres de conférences. Avantages : 6 semaines de congés payés. Frais payés lors d’une conférence. C’est maigre, finalement). Pour ce qui est de la branlette, je m’insurge. Le concours d’entrée est comme je l’ai dit tellement compétitif, tellement risqué (si tu n’y arrives pas, 35 ans sans expérience pro, quelle boîte veut de toi ?), demande tellement d’investissements, que, à mon avis, les gens qui se battent pour y rentrer le font avant tout par passion. Après tout, des postes pas trop exigeants en entreprise, largement mieux (2 ou 3 fois) payés, où le risque d’être débauché est minime, il en existe aussi (je n’ai pas une énorme expérience, mais les ingénieurs chez Essilor –où j’ai travaillé 6 mois- ne m’avaient pas l’air soumis à des rythmes dingues), et on les obtient à bac+5 et non bac+10 ou plus.

Je sais qu’il y a, comme dans chaque troupeau des « brebis galeuses », mais je ne crois pas qu’il y en ait beaucoup plus parmi les chercheurs CNRS que dans beaucoup d’entreprises. Pour prendre un exemple que je connais, mon labo n’est jamais fermé (ni en août, ni le week-end, ni ni), chaque fois que je passe travailler le week-end (une fois par mois en gros) je ne suis jamais seul, souvent le soir, il y a du monde après 20h…Je pourrais multiplier les exemples.

 

Le problème est un peu plus complexe pour les postes maître de conférences, cela vient de l’absurdité du système, je le répète. Un maître de conférences doit, comme je l’ai dit, assurer chaque année 192 heures d’enseignement, sachant qu’il ne sera noté, pour être promu, que sur ses qualités de chercheurs (ses publications dans les revues scientifiques, ses découvertes…) et en aucun cas sur ses qualités d’enseignant. Les premières années, un maître de conférences assure des cours dans lesquels il n’a aucune compétence (en général, les jeunes débutants récupèrent les cours que personne ne veut assurer), et ne fait presque pas de recherche, s’il n’a pas la chance de se retrouver dans une équipe structurée où il n’est pas laissé à l’abandon. Du coup, après quelques années sans publications, le jeune maître de conférences s’aperçoit qu’il ne sera jamais promu. Je peux comprendre que certains, minés par le découragement, décident de ne plus rien faire d'autres que leurs 192h obligatoires d’enseignement, un peu d’administratif par ci par là et basta, laissant totalement tomber le côté recherche de leur fonction. Il faut, me semble-t-il, absolument réduire le nombre d’heures (qui était 100 il n’y a pas si longtemps), au moins pour les jeunes maîtres de conférences qui doivent commencer par faire leurs preuves en recherche. Ou alors changer le système d’évaluation pour la promotion, en tenant compte de la qualité d’enseignant, qui après tout fait partie de la fonction également. Autre solution : puisqu’on forme trop d’agrégés qui se retrouvent en collège, pourquoi ne pas les affilier dans les Universités ? Tout le monde serait gagnant, car actuellement le système défavorise aussi les étudiants (quand votre prof est organicien dans son labo et qu’il vous fait un cours de thermochimie, il n’est pas nécessairement très doué et/ou impliqué).

Je reviens un tout petit peu sur le salaire. J’ai eu droit à, selon l’empathie de la personne avec qui je dialoguais, en variant le ton. Réaliste : « vous êtes vraiment idiots de vous battre pour entrer dans ce truc où on vous paye avec un lance-pierre ». Méfiant : « Si c’est pas la preuve qu’il y a plein d’avantages à être fonctionnaire, sinon vous ne feriez pas tant d’efforts pour ça … ». Curieux : « Pourquoi n’allez vous pas tous dans le privé, ou à l’étranger? ». La encore, j’utiliserais des mots qui sont peut-être un peu désuets aujourd’hui : passion, patriotisme… Je préfère faire un boulot que j’aime, pour lequel je sais que je me lèverais avec plaisir tous les matins (ou presque) pendant les 40 prochaines années de ma vie, plutôt que de m’emmerder profondément mais 3 fois mieux payé. Je crois que beaucoup d'entre nous partagent encore ce raisonnement (fut-il considéré comme étonnant à une époque ou le plus important semble être de faire et d'avoir du blé, de l'oseille, du pognon quoi). D’autre part, j’aime la France, j’ai envie d’y vivre (même si quand on prend le métro le matin, on n’aime pas toujours les français) et j’aimerais bien que cela soit possible. Il me semble que j’ai fait ce qu’il fallait pour « mériter » la France, et il me semble inconcevable qu’il n’y ait pas de place pour nous ici, qu'on me dise le plus sérieusement du monde bien qu'avec beaucoup d'étonnement "mais qu'est-ce que tu fais encore ici?" comme si j'étais un illuminé ou un benêt.

Je voulais également éclaircir un dernier point. On entend souvent des choses comme « de toute façon dans un labo ce sont les thésards qui font tout le boulot » ou « les chercheurs ont une idée dans leur vie et après, ils ne font plus rien… ». Ce genre de propos est souvent tenu par des gens qui n'y connaissent rien mais qui ont des "amis chercheurs" (comme on peut avoir des "amis arabes") dont ils ont transformé les remarques certes parfois désabusées mais surtout contextuelles en généralisations pour le moins hasardeuses (pour le plus, erronnées). Le concept de « recherche » est assez différent du concept de « création » dans la pub ou je ne sais quoi. La recherche, ce n’est pas une idée géniale qui arrive par miracle un jour d’illumination subite (ou grâce à une petite ligne de coco, puisque je traite du chapitre clichés). C’était peut-être le cas à l’époque de Newton (les illuminations, pas la coco), mais ça ne marche plus comme ça. La recherche, c’est avant tout de la sueur et des larmes, des heures, des mois, des années, d’expériences pointues et délicates, des contre-expériences, des protocoles complexes pour valider des concepts, etc. Des échecs, beaucoup, pour peu de succès. Effectivement, ce labeur en blouse, ce sont les thésards qui s'en chargent le plus souvent. C’est encore en forgeant qu’on devient le mieux forgeron. Cela ne veut pas dire que les « chefs » pendant ce temps, se roulent les pouces. Mais, comme dans n’importe quelle entreprise, ils acquièrent un rôle qui tient plus du « manager ». Au menu, trouver des fonds (et Dieu sait qu’en France ce n’est pas aisé), et surtout trouver des idées, des voies à explorer, encadrer des apprentis chercheurs, les recadrer parfois. Mon directeur de thèse a coutume de dire : « un bon sujet, c’est un sujet intéressant scientifiquement et réalisable techniquement ». C’est exact, et ce n’est pas si facile que ça à trouver.

 

Quelques idées pour finir sur l’avenir de la recherche (et non plus des chercheurs)

Je pense que l’un des principaux problèmes du CNRS vient de ce que le nombre d’employés purement « administratif » est plus important que le nombre de chercheurs. Je crois effectivement qu’il y a une « réforme du mammouth » à faire de ce côté là, pour que la recherche soit la seule priorité de cette organisme.

L’idée d’évaluer les chercheurs au cours de leur carrière est sans doute à étudier, car peut-être le statut de « poste à vie » peut en amener certains à se la couler douce (même si, comme je l’ai dit tout à l’heure, je comprends mal l’intérêt de se faire extrêmement suer 10 ans pour ensuite végéter 35 ans en attendant la retraite. Je suis conscient que ça doit exister, mais j’ai de la peine à croire que ça soit le reflet comportemental de plus d’une infime minorité). Toutefois, il faut être vigilant. Car autant on peut juger, à mon sens sans trop de difficultés, sur résultats la recherche appliquée (pas de brevets ni de publications ni rien de visible au bout de x années = coupe des crédits, ou licenciement) autant le problème semble plus complexe en ce qui concerne la recherche fondamentale. Quel critère de temps (comprendre un phénomène nouveau, cela peut prendre un temps fou, et convaincre les autres qu’on a compris, encore plus. Exemple : Prix Nobel de médecine 2005. Deux petits chercheurs qui ont montré que la plupart des ulcères étaient d’origine bactérienne et non comme on le croyait depuis des lustres un espèce de phénomène nébulo-psychosomatique, qui se sont fait railler pendant 10 ans par leur communauté scientifique qui ne les croyaient pas, puis ensuite malmener encore 10 ans par les boîtes pharmaceutiques qui voyaient la poule aux œufs d’or s’envoler à cause de deux blaireaux)? Et quel critère de réussite également (par exemple les supraconducteurs... 20 ans, des équipes entières se sont acharnés sur ces matériaux « révolutionnaires » pour finalement montrer qu'on n'en tirerait probablement jamais rien d'applicable industriellement parlant... doit-on les considérer comme des rebuts de la science ou des glandus? Je pense, personnellement, que montrer qu'une impasse en est une, c'est un résultat…)? Je signalerais enfin qu’aux USA, les professeurs ont aussi des postes à vie (payés au bas mot 100000$ l’année), et je ne crois pas que le MIT ou Harvard s’en soient jamais plaints…

Je crois d’autre part fermement que l'avenir de la recherche en France passe par plus d'interactions entre public et privé. Que les chercheurs arrêtent de concevoir les industriels comme des capitalistes débiles et bornés, et que les industriels arrêtent de concevoir les chercheurs comme des professeurs Tournesol déconnectés de la réalité ou des jean-foutre.
Certaines entreprises (Michelin pour ne citer qu'elle - je précise que je ne suis pas actionnaire ni salairé chez eux) l'ont bien assimilé, en essayant de comprendre en amont les procédés techniques qu'ils utilisent depuis des lustres. Ils ont également compris que pour cela, les chercheurs étaient beaucoup plus capables qu’eux. Ils financent des recherches fondamentales, sur des systèmes modèles, n'empêchent pas les publications... Malheureusement encore trop de boîtes fonctionnent beaucoup plus sur une approche développement (ça marche, pourquoi se poser des questions, on va plutôt essayer de faire marcher mieux. Alors que peut-être, comprendre pourquoi ça marche permettrait de faire marcher mieux très rapidement plutôt que par tâtonnements longs, coûteux...).
Il y a à ce propos des choses que je reproche à Sauvons la Recherche, notamment le fait de prôner un certain immobilisme et de contester chaque tentative de réforme (par exemple vis-à-vis de l’ANR – agence nationale pour la recherche, qui finance de plus en plus de projets- qui me semble potentiellement une création intéressante, reste à voir comment ça va tourner…). Je pense que c’est en partie dû à la façon dont la politique se gère en France actuellement, à savoir que pour obtenir le doigt, il faut demander le bras.
L'ANR peut être une bonne chose, car elle est censée créer ces ponts privé-public qui manquent. Elle est aussi potentiellement une bonne chose pour un second point: les projets, avant d'obtenir un financement, sont écrits par les chercheurs puis examinés par d'autres, censés être « indépendants », qui rendent une expertise sur le sujet. Cela devrait (si le système est bien fait) permettre de limiter les financements pour les sujets en bois, ou trop complètement aléatoiro-exploratoires.

Pourtant, le CNRS ne doit pas devenir une sous-traitance des industriels à moindre coût, et c'est je crois ce que Sauvons la Recherche craint avec l'ANR. Je ne sais pas, je suis jeune et j'ai peu d'expérience. Je demande à voir.
Le CNRS doit garder un pôle important Recherche Fondamentale, car après tout c'est grâce à la recherche fondamentale que les grandes avancées se font (pour reprendre un exemple d'un lecteur du Monde, le breveteur de l'ampoule à Néon aurait-il existé s'il n'y avait pas eu un con pour s’acharner à comprendre le phénomène électricité?).

Un bon système serait peut-être, comme aux US (eh oui, sur certains plans nous avons beaucoup à apprendre d’eux, notamment sur la valorisation des compétences), que les industries financent les labos, que ces labos utilisent l'argent pour amener des résultats aux industriels, mais aussi pour financer des sujets plus "ésotériques" et que les industriels ne demandent pas de comptes budgétaires du moment que les résultats leurs conviennent et leur semblent valoir le prix qu'ils payent (cela se passe parfois comme ça en France, mais reste du coup par coup, et du personne par personne).

 

 

Voila, j’espère avoir clarifié certains points obscurs pour les non-initiés et j’espère également que l’avenir de la recherche en France sera un point important (ou au moins, un point abordé) de la campagne électorale à venir…

 

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Published by mixlamalice - dans La recherche
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commentaires

T.D. 12/04/2007 16:40

perdu...

mixlamalice 12/04/2007 17:15

Exact.En même temps, ma conclusion était plus rhétorique que symbole d'un réel espoir. Je ne suis donc pas trop déçu. Juste désappointé.