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  • : La vie au labo
  • La vie au labo
  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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9 mai 2007 3 09 /05 /mai /2007 05:56
Je ne souhaite pas parler ici d'un roman de Martin Amis (écrivain que j'ai découvert récemment et que je trouve génial, et je pèse mon mot, même si son roman "L'information" est plutôt pas le meilleur que j'ai lu).

Non.

Je souhaiterais aborder le thème de la surinformation actuelle.
Je m'explique.
Aujourd'hui, en trois clics sur le net, en quatre zappings judicieux parmi les 518 chaîne disponibles avec le moindre abonnement, ou encore en feuilletant négligemment l'un des trois quotidiens gratuits distribués à tous les coins de rue, il est possible d'obtenir des informations sur tout et n'omporte quoi, de la vie privée de nos politiques aux conséquences du réchauffement climatique chez les ours polaires en passant par la marque de chaussures préférée de la dernière pop-star.

Avantages: incommensurablement vaste, aisé et souvent suffisamment pointu.

Inconvénient: morcelé. Il est très difficile d'obtenir un point de vue global, une analyse en profondeur, une mise en commun pointue. Nous sommes saoûlés de chiffres, de comparatifs, de bribes éparses et plus ou moins inutiles, mais nous n'avons plus aucun recul sur tout ce que nous ingurgitons. Concurrencés par la toile, les media classiques (télévision, radio, quotidiens) sombrent eux aussi dans le trop plein d'informations, dans l'avalanche de faits-divers, dans l'énoncé laconique de brêves dépêches et accentuent le phénomène plutôt que d'essayer de s'en démarquer.
Cela, à mon sens, a deux néfastes conséquences: l'information étant à la portée de tous et l'analyse en voie de disparition, la majorité desprogiennes (cf La Démocratie, Pierre Desproges, Chroniques de la Haine Ordinaire - Fréderic Dard traduirait par Les Cons, je pense) sent de son devoir d'avoir un avis sur tout (cf H.G. Frankfurt, précédemment cité aussi), ce qui, après tout n'est pas bien grave, mais surtout, et ça l'est plus, que son avis est aussi pertinent que celui dont c'est le métier (selon le sujet dont il est question, sociologue, médecin, chercheur, politique etc). Or, j'affirme haut et fort que non, Kant n'est pas l'égal de Steevy, Mozart ne vaut pas Grégory Lemarchal, Victor Hugo n'écrit pas au même titre que Faïza Guène (cette pseudo-thèse afirmant que tout se vaut est apparue en partie grâce à la magie de la nouvelle éducation et son fameux précepte "l'élève est au centre de tout": l'élève n'a pas à ête intéressé par des programmes rébarbatifs abordant la richesse de la culture et de l'histoire française. Non. C'est le professeur qui doit parvenir à intéresser l'élève en abordant avec lui les sujets qui lui sont proches. Ainsi, l'étude des textes de Flaubert sera avantageusement remplacée par l'étude du dernier album de NTM. On aura également soin de placer les deux sur le même plan pour que l'élève ne risque pas, pauvre petite âme si fragile, d'être humilié. Merci la gauche). De même, les conseils médicaux de ma concierge ne valent pas ceux de mon médecin, les explications scientifiques de ma grand-mère ne valent pas celles de De Gennes et les analyses politiques de mon boucher ne sont pas aussi pertinentes que celles de Duhamel (là, ça devient plus subjectif).
Deuxième problème: le vulgum pecus, gavé de données informatives comme il peut l'être de McDo, est incapable de focaliser son attention sur un point de vue dépassant les treize lignes et demi, le lit donc en diagonale, l'ingurgite entre deux  sondages et trois comparatifs et n'en assimmile qu'une idée au mieux parcellaire, au pire aussi éloignée de la réalité de la pensée de son auteur que Bachelet peut l'être de Brel. D'où une simplification à outrance des réflexions d'autrui (surtout lorsqu'elles sont soupçonnables d'intelligence, j'entends par la construites, argumentées et tentant d'être objectives par delà les convictions profondes de l'auteur quelles qu'elles soient), causant cette fausse identité entre Kant et Steevy.

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