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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 14:45
Apparemment, l'opinion serait majoritairement contre la grêve des cheminots. Pour avoir entendu quelques uns de leurs arguments, celui qui revient assez souvent ressemble à ça "pourquoi qu'ils auraient des privilèges que nous on n'en a même pas?", ces privilèges étant bien sûr la cause première du déclin de la France.

Et là, une réflexion me vient, sans connotation politique (me semble-t-il).

Tout n'irait-il pas mieux si chacun s'occupait un peu plus de ses fesses au lieu d'aller fourrer son nez dans celles des autres? Je veux dire, plutôt que de s'aggraver nos ulcères en allant vérifier chaque jour que l'herbe est plus verte chez le voisin, ne ferions-nous pas mieux d'essayer d'apprécier la nôtre (d'herbe), en l'acceptant telle qu'elle est? Voire même éventuellement, en essayant de faire en sorte qu'elle soit plus belle?

Bon, ça me vaudra peut-être le prix Ana Gavalda du meilleur bon sentiment. Encore que. Parce que, finalement, je ne l'ai pas rencontrée souvent cette interprétation des maux de notre société, qu'on pourrait résumer audacieusement par "l'Enfer, c'est se mêler de la Vie des Autres".

PS: Notez la double référence dans l'aphorisme ci-dessus.
PPS: attention, l'herbe est ici utilisée comme métaphore, ce n'est pas un article sur le jardinage.

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commentaires

mixlamalice 18/11/2007 15:19

Un bon article du monde sur le "sujet", par Le Boucher:La route va-t-elle se dégager ? Les grèves des cheminots et des étudiants, une fois terminées, auront-elles été un baroud d'honneur sans autre conséquence que de devoir accorder quelques centaines de millions d'euros supplémentaires aux agents des services publics ou, au contraire, compliquent-elles les autres réformes du projet Sarkozy ?
A priori, la première réponse est la bonne : baroud d'honneur. Le secteur public est celui où les syndicats sont encore forts, mais c'est le seul. Avant que la loi sur le service minimum n'entre en vigueur, le 1er janvier 2008, ils peuvent bloquer les transports publics. Avec le souvenir de 1995, ces professions se donnent un caractère symbolique de lieux de résistance. Mais, une fois le retour à la paix sociale payé, la montagne sera passée, et la route sarkozienne devrait être logiquement plane.
Pas si sûr. Car si la logique de résistance perd la bataille cette fois-ci, alors qu'elle avait gagné en 1995, elle demeure dans les esprits des Français. On le lit dans les arguments des cheminots : "Mon métier est difficile, je veux bien faire un effort, mais j'ai le droit à des compensations." On le lit dans l'état de l'opinion : "Les grévistes ont tort sur le fond, il n'y a aucune raison qu'ils ne cotisent que trente-sept ans et demi alors que tout le monde est passé à quarante ans. L'alignement demandé par le gouvernement est légitime. Mais les cheminots ont le droit de se défendre, chaque profession a le droit de défendre son statut. Ils peuvent faire grève, à la condition de ne pas exagérer."
Quand l'allongement de l'espérance de vie impose l'impératif démographique (les régimes spéciaux comptent 478 000 cotisants pour 1,13 million de bénéficiaires), il faut bien que ces professions s'alignent. Mais elles le font comme les autres l'ont fait, chacune à son tour en résistant, statut par statut, corporatisme par corporatisme, sans aucun souci de l'intérêt général. Nous restons dans "la société de défiance" que déplorent Yann Algan et Pierre Cahuc (La Société de défiance, comment le modèle social français s'autodétruit, éditions Rue d'Ulm).
Pour les auteurs, le retard français dans les réformes s'explique justement par ce corporatisme. Les droits sociaux sont accordés en fonction des statuts. La France est le pays de l'OCDE qui a le plus grand nombre de régimes spécifiques : cheminots, électriciens, mineurs, fonctionnaires, artisans, cadres, députés... Cette segmentation alimente la suspicion sur le thème : et lui ? et tel et tel, qu'ont-ils cédé ? et les riches qui sont plus riches ? Chacun se défie des autres, et cette "posture soupçonneuse" fait que la France est le pays où l'on a le moins confiance dans les autres, dans les pouvoirs publics, mais aussi dans les syndicats ou la justice.
"Le corporatisme sape les mécanismes de la solidarité." Le modèle social français entretient "un véritable cercle vicieux" : la faiblesse des syndicats et la surenchère entre eux donnent un rôle premier à l'Etat, qui accorde des faveurs aux uns et attise, ce faisant, les revendications des autres.
Comment sortir du cercle vicieux ? Rompre avec la logique corporatiste de rente et s'orienter vers une logique plus universaliste donnant les mêmes droits et avantages à tous, disent Algan et Cahuc. En ce sens, l'harmonisation des régimes de retraite va dans le bon sens.
Mais ajoutons : l'enjeu est bien plus vaste. Car, en parallèle d'un universalisme retrouvé, il faudrait répondre à la demande sociale croissante de diversification des choix de vie. Les individus et non plus les statuts. Nos sociétés connaissent des changements en profondeur, dont l'allongement de l'espérance de vie n'est qu'un des aspects, le divorce un autre, les changements de métiers au cours d'une vie un troisième. L'ensemble impose une complète remise à plat des mécanismes de l'Etat-providence bâtis pour l'après-guerre. Une vraie réforme des retraites, comme elle devrait s'engager dès 2008, devrait commencer par un débat sans défiance sur le social au XXIe siècle avec les syndicats et la société civile. Le corporatisme des grévistes montre que la France est loin de pouvoir en prendre le chemin.
Au corporatisme des uns fait écho l'irréalisme des autres. L'angoisse des étudiants est pleinement justifiée : le taux de chômage des 15-24 ans est de 22 %. Mais c'est précisément le maintien du modèle social français de résistance décrit ci-dessus qui a pour effet d'exclure les jeunes. La réforme de Valérie Pécresse n'est qu'un tout début. L'université doit, elle aussi, faire l'objet d'une réforme de fond en comble. Elle est encore bâtie, elle, sur le modèle ancestral de formation des professeurs ! Alors qu'une compétition mondiale fait rage pour former les cerveaux (y participent les pays du Sud), les étudiants grévistes rêvent des conflits politiques des années 1970.
La diversité, la compétition, l'excellence, le financement mixte : l'université doit s'y lancer au XXIe siècle, sans défiance, là aussi, si l'on veut que la France existe encore dans l'économie de la connaissance.

chegueva mix 17/11/2007 11:31

Oui, mais en tant que pseudo-gauchiste nanti, j'habite à 10 minutes à pied de mon lieu de travail donc je n'ai pas ce genre de problèmes de pauvres.

sarkobob 16/11/2007 17:51

Ouais, enfin en même temps le meilleur moyen que les gens se mêlent pas de tes affaires, c'est de pas les emmerder, non? stvcqjvd
non, pasque le vélo à -10°C ça va un moment, vois-tu?