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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 16:09

Petite réflexion rapide de fin de journée:

 

Il y a une tribune publiée dans Libération d'hier, avec laquelle on peut ne pas être d'accord, mais qui énonce néanmoins, me semble-t-il, une vérité intéressante: les vingtenaires et trentenaires d'aujourd'hui n'ont, en général, pas le même rapport à l'entreprise et de façon plus globale au travail que nos parents.

 

On peut trouver plein de raisons à cela, mais l'une d'elles est probablement qu'il est désormais clair pour tout le monde que la "carrière à la papa", 40 ans dans la même crèmerie en arrivant relativement en haut de l'échelle quel que soit le degré d'études initial, ça n'existe plus. Même s'il y a beaucoup de monde que ça n'intéressait pas de toute façon, cela avait un côté rassurant, un peu flatteur aussi, donnant l'impression d'être "quelqu'un", comme avoir la possibilité de devenir propriétaire.

Désormais même les plus qualifiés peuvent être soumis à des périodes de chômedu, délocalisations intempestives et plus généralement accidents de carrière en tout genre.

Les entreprises en jouent souvent et font pression sur leurs salariés (mutations à intervalles réguliers qu'on ne peut pas vraiment refuser, par exemple) et ne semblent plus faire beaucoup d'efforts pour les fidéliser. La mode est plutôt au "si t'es pas content, on a 150 connards prêts à tuer pour prendre ta place ici, et dix fois plus en Roumanie" (même si ce n'est probablement pas dans le milieu des cadres sups, que je connais le mieux, que c'est le plus marqué).

Malgré tout, il semble que dans les cabinets de direction (et donc principalement parmi des gens appartenant à la génération de nos parents), on ait du mal à concevoir que cette évolution du cadre de l'entreprise s'accompagne nécessairement d'un certain "désintéressement": non, les jeunes ne considèrent plus leur gros employeur mondialisé ou leur petite start-up ultra préssurisée comme un substitut familial, et oui, ils ne s'impliquent pas autant qu'eux à leur époque dans les réunions à 19h, les déplacements le week-end, et autres contraintes, qu'on peut être heureux de faire si l'on se sent respecté et utile mais moins si l'on n'a l'impression de n'être qu'un numéro facilement interchangeable.

 

 

On retrouve un phénomène similaire dans la fonction publique. Pour ne parler que de l'Université: quand on instaure la précarité avec plus de 40% de CDDs payés au lance-pierre, que sous couvert d'économies on flique le petit personnel en faisant vérifier par 5 instances différentes chaque mission effectuée ou chaque achat de crayon papier, qu'on dégrade les conditions de travail, du chauffage à l'entretien des amphis, les hautes instances ne devraient pas s'étonner si le "sacerdoce" de la mission de fonction publique n'est plus qu'un vain mot, et que les jeunes enseignants et personnels techniques refusent désormais de résoudre des problèmes (surtout s'il s'agit de se confronter au mécontentement des "usagers") "pour la bonne cause" lorsque cela ne fait pas partie explicitement de leur service ou de leurs attributions.

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