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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 15:51
Je lisais hier un article du Boston Globe où l'auteur, à l'occasion du match de foot américain joué à Londres ce week-end, s'étonnait quelque peu de l'anonymat de Tom Brady en Europe.

Pour ceux qui l'ignorent, Tom Brady est le quaterback des New England Patriots, peut-être la meilleure franchise de NFL de ces 10 dernières années (en concurrence avec les Pittsburgh Steelers).
Aux US, c'est une icône nationale, même pour les non-fans de cette équipe: une espèce de croisement entre David Beckham, pour le côté beau gosse métro sexuel qui sort avec une bonnasse (Gisèle Bundchen), et Zinedine Zidane pour le côté gendre idéal un peu timide voire lisse (sans les épisodes coup de boule et essuyage de crampons).
Dans un sport où la plupart des stars sont plutôt connues pour se flinguer dessus, organiser des combats de chien ou prendre comme nom son numéro de maillot, c'est plutôt rafraîchissant.

Oui mais voilà, le foot américain, comme le base-ball, le rodéo ou encore le NASCAR, en Europe, tout le monde s'en branle. Et donc, ces sportifs sont peut-être aux US des multimillionnaires adulés, mais sont des inconnus dans le Vieux-Monde.

Ce qui me fait réagir, c'est plutôt le fait qu'un journaliste s'en étonne au point de pondre un article sur le sujet: que plusieurs journaux anglais ne parlent pas du tout du match, que d'autres ne le mentionnent que sur 10 lignes contre 10 pages pour le "soccer", et que certains journalistes osent même se moquer du sourire ultra-brite de Brady a vraiment semblé défriser notre pauvre homme.
Pourtant, quel éditorialiste en France publierait une tribune sur le fait que Johnny a du mal à remplir une salle de 1000 personnes à Las Vegas alors qu'il fait le Stade de France les fingers dans le nose (à part pour s'en gausser)?
Pourtant, que par exemple Lionel Messi soit adulé par 4 milliards de personnes alors que l'américain moyen pensera qu'on lui parle du cousin de Jésus n'a donné lieu à aucun edito de ma connaissance.

Tout est affaire de perception, et je peux me tromper, mais j'y vois une certaine arrogance typiquement américaine - par typiquement j'entends qui va au-delà des clivages socio-politico-culturels, id est qui ne s'applique pas qu'aux bouseux du Midwest, mais aussi aux progressistes bobos de New-York ou de la Californie.

Un peu de clichés pas exempts de vérité:
Les français sont souvent arrogants sans doute parce qu'ils souffrent d'un léger syndrome "roi déchu": conscients que le rayonnement de la France n'est plus qu'un lointain souvenir, mais y croyant toujours un peu quand même. On a tous un peu de gascon en nous.
Beaucoup de ricains sont arrogants parce qu'eux sont au fond un peu persuadés qu'en dehors de leurs frontières et de leur culture, il n'y a finalement pas grand chose. Du sang de cow-boys coule en eux.
Et donc ils ne peuvent s'empêcher d'être étonnés quand ils se rendent compte que les films de Miley Cyrus, les disques des Jonas Brothers, les livres de David Sedaris, les exploits d'Alex Rodriguez ou Burger King ne reçoivent qu'un intérêt limité, pour ne pas dire inexistant, hors de leurs frontières*.


* Je me rappelle une discussion récente avec ma propriétaire au sujet du film sur la vie de Julia Child, la cuisinière américaine qui a contribué à la popularisation de la cuisine française aux US, avec des émissions un peu dans la veine de la cuisine de Maïté. Elle avait du mal à comprendre que Julia Child était à peu près inconnue chez nous, tout simplement parce que ses émissions n'étaient pas diffusées: qu'une américaine vienne nous expliquer notre cuisine ne l'aurait pas étonnée plus que ça, en fait.

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commentaires

Postdoc 26/10/2009 19:00


Je ne pense pas que ce comportement précis soit de l'arrogance (pour bien d'autres, oui), mais simplement une forme d'ethnocentrisme que l'on retrouve un peu partout. On (moi inclus,
malheureusement) s'étonne facilement que quelque chose que l'on considère pour acquis tout simplement parce qu'on baigne dedans depuis toujours et que ça ne vient pas forcément à l'esprit que ça
puisse en être autrement. Bon, sinon le foot américain, le base-ball, le rodéo et le NASCAR, je m'en fous comme de l'an 40. :)


mixlamalice 26/10/2009 19:07


Hmm, je sais pas quand même.
"On (moi inclus, malheureusement) s'étonne facilement que quelque chose que l'on considère pour acquis tout simplement parce qu'on baigne dedans depuis toujours et que ça ne vient pas forcément à
l'esprit que ça puisse en être autrement."
Il y a sans doute un peu de ça, mais je pense que ça va plus loin: par défaut, je ne crois pas qu'un français est persuadé que Jean Dujardin ou Bernard Werber sont des stars mondiales...
Il me semble quand même que les ricains sont tellement habitués à ce que leur culture soit dominante qu'ils ont un peu plus de mal que les autres à concevoir que tout ce qu'ils produisent n'est pas
nécessairement "mondialisé".