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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 09:48

Alors que je pensais avoir une semaine un peu peinard pour, pourquoi pas, améliorer les cours pas tops de l'an dernier, apprendre à me servir d'un ou deux appareils et continuer mon projet, c'était, hélas, sans compter sur la correction des deux rapports de M2 ayant passé le semestre au labo.

 

Les soutenances de pas mal de stages semblent désormais se faire en septembre (de mon vieux temps, à l'époque où ça s'appelait encore DEA, tout était torché fin juin et c'était finalement pas plus mal).

Car désormais, les stagiaires quittent le labo fin juillet, après avoir discuté du plan de leur rapport avec leurs encadrants pendant 10 minutes. Tout ce petit monde part en vacances, les étudiants s'astiquent (et ils ont raison, car de toute façon les enseignants-chercheurs en vacances dans des contrées exotiques ne sont pas tous enclins à corriger des rapports pendant ce temps-là). Et arrive fin août et tout le monde est à l'arrache.

 

Je manque d'expérience, mais il semble logique qu'un rapport de M2 soit toujours un peu "douloureux": pour beaucoup d'étudiants c'est la première réelle expérience en terme de rédaction scientifique, et c'est donc souvent laborieux tant sur la forme (la partie bibliographie notamment) que sur le fond (manque de recul, propension à présenter les résultats sous forme chronologique, à mettre sur le même plan ce qui a un peu marché et ce qui a complètement échoué, etc).

 

Dans le cas présent, les rapports sont à rendre mardi prochain.

L'ingénieur de recherches qui les a supervisés n'est toujours pas rentré de vacances, et c'est donc mon collègue et moi qui y passons nos journées, sachant que nous n'avons suivi le travail expérimental que d'assez loin.

Les deux stagiaires sont assez différents: l'un est motivé mais n'est pas sur place car il a des rattrapages. Tout se fait par mail, ce qui renforce la difficulté, ce d'autant plus qu'il n'est pas français: son français écrit est meilleur que mon vietnamien parlé, mais ça reste délicat à saisir, parfois. Et il m'est difficile de voir ce qui pêche dans le fond d'un paragraphe quand je passe déjà 20 minutes à en comprendre la forme, a fortiori quand ce n'est pas un sujet que je maîtrise bien.

L'autre a, je pense, une compréhension assez bonne des choses, mais aussi un petit poil dans la main*. Beaucoup de choses, tant sur le plan expérimental qu'au niveau de l'analyse des résultats ou de la rédaction du rapport, sont "difficiles", "vont prendre trop de temps", "posent problème", etc. Après un premier jet aussi incomplet que médiocre, nous n'avons toujours pas eu de version 2: "j'ai travaillé jusqu'à 2h du matin mais là je fais une petite pause".

 

Les heures qui viennent s'annoncent pénibles.

 

clip_image002.jpg 

 

* à moins que ça soit la peur de mal faire ou des problèmes de concentration. Un exemple: on lui propose dans l'urgence une analyse simple d'une partie de ses résultats, au premier ordre, en lui faisant bien comprendre qu'on peut faire mieux mais qu'on n'a plus vraiment le temps, que ça suffira peut-être à donner des informations intéressantes et pertinentes, que c'est toujours mieux que de présenter les résultats sans aucune analyse, et qu'éventuellement on pourra s'y remettre plus tard, pour nous, quitte à ce que ce ne soit pas dans le rapport. Ok.

Mais 24h plus tard, rien de nouveau.

- J'ai réfléchi et je pense que ça marche pas, cette analyse au premier ordre.

- Mais tu as vérifié?

- Non. Mais y a un problème avec le logiciel, ça marche pas bien, c'est compliqué.

Je reprends le logiciel dont je ne me suis pas servi depuis 1 an et demi. 10 minutes plus tard, je lui montre comment on fait. Je ne le sens pas convaincu, je pense qu'il va encore se défiler avec une très bonne raison.

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Published by mixlamalice - dans La recherche
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commentaires

mixlamalice 08/09/2011 14:50



Bon, 14 et 16 pour nos stagiaires en note globale: tout n'a finalement pas été vain.



Francieii 01/09/2011 21:02



"Quand les deux étudiants ne comprennent pas un commentaire en marge, ne savent pas y répondre, ou, peut-être, le trouvent inutile, ils ne viennent pas en discuter.


Ils n'en tiennent simplement pas compte et l'effacent."


 


Déjà c'est pas mal de travailler en 'modification' sous word. J'ai peut être une solution pour que le branlos réponde, lui dire tacitement que pour chaque commentaire :


- soit il modifie sont texte,


- soit il justifie par un autre commentaire en marge pourquoi il ne prends pas en compte la remarque.


 


C'est juste une astuce à la con (mais que tu as peut être déjà donné). C'était ma pierre pour l'édifice.



mixlamalice 02/09/2011 09:20



Oui, comme le fond d'écran l'indique, nous travaillons en modif sous word: du coup, il y a deux options, soit on réécrit la phrase ou le paragraphe, soit on insère un commentaire. Ce sont de ces
commentaires que je parlais, pas de comms oraux (les paroles s'envolent, les écrits restent).


Donc, typiquement le commentaire "que veux-tu dire? ou "l'analyse est-elle aussi claire que tu le prétends?" ou encore "il faudrait rajouter des références et une comparaison avec les résultats
de la littérature" disparait sans que rien ne soit changé dans le texte et qu'aucune question ne me soit posée.


Et effectivement, il a fallu que mon collègue et moi finissions par dire entre quatre yeux à l'un des stagiaires qu'il fallait vraiment qu'il prenne en compte nos remarques...
parce que 40 pages que tu peux lire en 1h, ça montre que ça sonne creux.



postdoc 30/08/2011 16:15



Ce que je fais c'est de reprendre mes commentaires et de vérifier s'il y a bien eu une réponse. Je préfère largement un « nous n'avons pas changé tel point parce que [insérer justification ici] »
qu'un point passé sous silence. Enfin je fais ça pour mes rapports sur des articles, pas encore d'étudiant. Enfin en général ceux qui écrivent des articles sont assez sérieux pour justifier ce
qu'ils font (ou pas). J'avais d'ailleurs lu un article d'un éditeur en chef disant en substance qu'un rapporteur est là pour proposer des améliorations mais il faut qu'il garde à l'esprit que ce
n'est pas son article et qu'au final la responsabilité de celui est sur les épaules des auteurs. Cependant je ne suis pas sûr que tous les étudiants se sentent suffisamment impliqués dans ce
qu'ils écrivent …



mixlamalice 30/08/2011 16:23



Ah, les revues pour lesquels je réfère ne renvoient malheureusement pas les réponses des auteurs si l'éditeur accepte le manuscrit. Du coup, je ne sais jamais ce que les auteurs ont répondu, ce
qui est un peu frustrant (surtout quand tel point qu'il me semblait important de modifier/clarifier est resté tel quel).


Pour les articles que j'écris, jusqu'à présent j'étais premier auteur, donc j'étais plutôt en position de répondre aux commentaires qu'à en faire... Mais il me semble que mon attitude vis-à-vis
des commentaires a plutôt été d'aller voir chefs ou co-auteurs quand je ne comprenais pas/n'était pas d'accord que de faire comme si ça n'existait pas. Enfin, je m'idéalise peut-être.



mixlamalice 30/08/2011 13:14



La encore je manque d'expérience de ce côté là de la barrière, et peut-être que les souvenirs me concernant sont altérés mais je suis assez surpris:


quand les deux étudiants ne comprennent pas un commentaire en marge, ne savent pas y répondre, ou, peut-être, le trouvent inutile, ils ne viennent pas en discuter. Ils n'en tiennent simplement
pas compte et l'effacent. C'est assez vite irritant, surtout si c'est un point un peu important (cad que ça refera tilt au même endroit lors de la relecture suivante et qu'on se souviendra
l'avoir déjà mentionné).


Est-ce classique?



postdoc 26/08/2011 20:57



Attention, je vais être odieux. Ta description et ta capture d'écran me font furieusement penser à ça : http://www.phdcomics.com/comics/archive.php?comicid=690 . :)



mixlamalice 27/08/2011 09:44



Ah voila, a la base c'était l'illustration que je cherchais... ne la trouvant pas dans les archives de phdcomics, je me suis dit que j'allais jouer la carte réaliste.


Merci.