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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 18:44

... la recherche, en France.

L'excellence scientifique: on ne prête qu'aux riches. Et les riches qui ne le méritent pas vraiment... ben on leur prête quand même, après intervention réflexion.

http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2011/03/31/laboratoires-dexcellence-le-president-du-jury-sexplique-sur-ses-choix/

 

Extraits pour les flemmards:

 

" La procédure de désignation des cent laboratoires d’excellence (labex, doté de 1 milliard d’euros de capital) a été particulièrement longue et chaotique.

... Le président du jury labex explique qu’il a remis une liste de 83 projets (sur 241 projets déposés), classés A+ ou A, au comité de pilotage du grand emprunt. 

La liste des autres projets, classés B et C, n’est pas transmise... Les candidatures B n’ont pas été retenues “en raison des défauts sérieux de fond et/ou de forme."

La sélection proposée n’a pas été acceptée comme telle par le gouvernement... Donc, le comité de pilotage - où se retrouve des représentants du gouvernement - a demandé au jury de choisir dans les projets classés B, dix-sept projets supplémentaires. [La commission a obéi et proposé des projets] comme ceux portés par l’économiste Alain Trannoy (Aix-Marseille School of economics), Jean Tirole (institut d’études avancées de Toulouse), Marc Mézard et Alain Aspect (Physique : atomes, lumière, matière; Institut d’Optique à Saclay), Vincent Courtillot (Terre, planètes, univers) ou encore Mathias Fink (ondes et images, du fondamental à l’innovation)…

...“en Allemagne, lors de l’initiative d’excellence en 2006, le jury international a menacé de démissioner si son choix n’était pas suivi par les autorités politiques.”

"

 

 

 

P.S: vous pouvez également consulter la lettre du président de la commission dont le lien est donné en commentaire par JF.

http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/Investissements_d_avenir/03/9/lettre-president-jury-labex_172039.pdf

 

On retiendra notamment ce passage: "Le comité de pilotage a demandé de lui indiquer parmi les candidatures classées B celles contenant des scientifiques de très grande qualité. En réponse, le Président a mentionné a titre personnel plusieurs candidatures, en regrettant que ces projets n'aient pas été retenus car ne répondant pas correctement à l'appel d'offres en ne présentant pas de programme de recherche suffisamment formalisé".

 

Effectivement, en termes galants ces choses là sont mises, mais ça balance pas mal.

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Published by mixlamalice - dans La recherche
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commentaires

JF 01/04/2011 21:12



 


"J'espère franchement que tu es dans le vrai..."

Moi aussi j'espère :-/

"Mais effectivement, tu as peut-être raison, JF: on progresse."

J'espère aussi....



mixlamalice 01/04/2011 14:41



Ah tiens, quand on parle du loup: http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/


Peltzer démissionne. A peine trois mois plus tard. Et seulement à la fin de l'année scolaire. Et sans reconnaître quoi que ce soit à part un "lynchage médiatique" (terme à la mode). Mais
effectivement, tu as peut-être raison, JF: on progresse.



JF 01/04/2011 11:33



 


Mouais. I see your point...


Mais encore une fois, je crois que ce genre de choses se décident à un niveau qui n'est pas celui des politiques (mais l'étage en-dessous). J'ai du mal à croire que les 13 labex de rang B (1)
soient tous des copains politiques du ministre (le votre UMP est asez rare dans la recherche Française...) (2) n'aient été soutenus par le ministère que depuis 2007, et pas avant.  Pour
celui que je connais, c'est une histoire qui date des années 80 au moins, et qui a perduré sous tout les gouvernements de toutes les couleurs et toutes les nuances.


Je crois aussi que si ces choses sortent maintenant, c'est parce que les perceptions du public changent, et qu'on ne tolère plus des choses qui étaient normales il y a 20 ans (pense par exemple
au financement des partis politiques : dans les années 80 c'était presque normal de se servir (Urba, Mairie de Paris, MNEF, et j'en passe) et ça n'a empéché personne de faire carrière. C'est à
partir des années 90 et surtout 2000 que ce genre de choses est passé de "mode de fonctionnement normal" à "afffaires", et maintenant on en arrive à "affaires choquantes". On est encore loin de
"démission", mais tout doucement ça évolue). A mon avis la phase "déballage public de linge sale" est le préalable nécessaire à la grande lessive, même si transitoirement les odeurs qui s'en
dégagent ne sont guère ragoûtantes. Je pense, au contraire de toi, que c'est quand il n'est plus permis d'ignorer un problème qu'il a des chances de se régler, pas quand on fait semblant de ne
pas le voir.



mixlamalice 01/04/2011 11:52



"Je pense, au contraire de toi, que c'est quand il n'est plus permis d'ignorer un problème qu'il a des chances de se régler, pas quand on fait semblant de ne pas le voir. "


J'espère franchement que tu es dans le vrai...


 


 


Juste une remarque: "soient tous des copains politiques du ministre (le votre UMP est asez rare dans la recherche Française...)"


Vrai dans les labos universitaires, un peu moins dans les labos de grandes écoles... L'ESPCI où se situe le labo de Fink n'est pas franchement un bastion gauchiste "leader des mouvements de
contestation". Idem, je pense, pour l'X ou les Mines.


Mais tu as raison, le ministère n'a pas choisi que des copains, il a comme dans la lettre, choisi des grands noms (dont Villani, le médaille Fields, par exemple)... dont certains se trouvent
aussi être des copains, mais c'est juste un plus. Parce qu'ils pensaient que c'est bon pour la communication, j'imagine.



JF 01/04/2011 10:00



Il y a quand même pas mal de pays qui sont plus petits que la France, en termes de recherche, et qui marchent sur un modèle basé sur une évaluation rigoureuse des projets, "à l'Américaine" si tu
veux (en fait, on devrait dire "à la n'importe quoi sauf Europe du Sud") : Angleterre, Danemark, Allemagne, Canada, Australie, Afrique du Sud pour ne citer que des exemples que je connais, et où
les communautés sont plus petites qu'en France. Pourtant il s'en sortent. Alors ?


 


Dans tout ces cas, pour autant que je sache, ça marche par une combinaison de déontologie rigoureuse (on ne soumet pas de projet une année ou on est expert; on indique tout les conflits d'intérêt
possibles quand on soumet un dossier, en lisant par exemple tout les gens avec qui on a collaboré depuis 5 ans, et ils sont automatiquement disqualifiés comme reviewers; on est dans les comités
pour un an non renouvellable); d'appel à un large vivier d'évaluateurs internationaux; et je pense, d'une culture où ce genre d'arrangements et de magouilles ne sont pas considérés comme
naturels, normaux ou acceptables. Un responsable d'un comité Canadien, Allemand, Australien qui jouerait à repêcher des dossiers mal classés parce que c'est ses copains, ça ferait une telle
bronca qu'il n'aurait pas d'autre choix que de démissioner (comme le ministre Allemand et sa thèse par exemple....).


 


Et une fois de plus, ce fonctionnement en France n'est pas une nouveauté liée aux bidulex et à l'ANR. En fait c'est même plutôt l'inverse, on a dans ces trucs là un embryon de processus
d'évaluation indépendant et "evidence-based". Je ne veux pas faire le vieux con, mais  le fonctionnement de la fin des années 90 était plutôt pire et encore plus opaque : coup de fil de
Allègre à un labo pour leur dire "je vous donne un poste de MC, et vous aller recruter X dessus"; projets émanant de tel ou tel labo acceptés par le CNRS sans même être lus, parce que ça vient de
Untel; l'affaire d'EPSL il y a quelques années (http://tomroud.owni.fr/2009/01/02/des-editeurs-et-de-leur-influence/); etc, etc.


 


Non, believe it or not, avec l'ANR et les machinex, les choses sont plutôt moins pires. Il y a un jury international, avec des critères clairs, un classement publié. Le ministère s'assied dessus,
certes -- mais d'un autre coté il existe, et ce genre de maneuvres sont maintenant connues et exposées au grand jour, alors qu'avant on les apprenait par radio-chiottes.



mixlamalice 01/04/2011 11:10



"déontologie rigoureuse": hélas, ce n'est pas gagné. Quand tu vois le ministre allemand dont tu parles qui au bout d'une semaine admet les faits, renonce à son titre de docteur, et la semaine
d'après démissionne et voit son avenir politique détruit alors qu'il était présenté comme le nouveau golden boy de la politique allemande, alors que dans le même temps MAM s'est accrochée comme
une moule à son rocher pendant 2 bons mois, Woerth plus longtemps encore, et que Peltzer est toujours en poste (présidente d'Université) plusieurs mois après qu'il ait été à peu près établi
qu'elle avait pompé sur Eco (http://www.liberation.fr/societe/01012318551-le-plagiat-sans-vague-de-louise-peltzer)... on n'est pas
près d'approcher le sens moral des allemands, ou même des ricains.


 


L'affaire d'EPSL montre néanmoins que la communauté scientifique internationale est un panier de crabes et que ce n'est pas propre à la France (ce n'est pas que une affaire franco-française,
hélas).


 


"ce genre de maneuvres sont maintenant connues et exposées au grand jour": oui, c'est ça. En fait, c'est là que je ne suis pas sûr d'être d'accord: sur le côté, "c'est mieux". C'est je crois la
différence principale entre ce mandat et les précédents: rien n'a changé, mais tout se fait le front haut et le sourire aux lèvres, au lieu de se faire en rasant les murs un minimum: au moins,
les ragots, on pouvait faire le choix de pas y croire, alors que là on est bien obligé de constater que c'est pourri.


Sans doute mon côté petit bourgeois, mais quitte à me faire b..., je préfère que ça se fasse avec un peu de discrétion qu'avec beaucoup de fierté. Le côté au vu et au su de tout le monde implique
que ça va peut-être provoquer des changements, mais je crains que ça soit plus à long terme que pour demain...



JF 01/04/2011 09:29



Tiusha: Disons que pendant un moment, on a pu croire que l'ANR (que je crois pleine de bonne volonté) avait réussi à faire évoluer les pratiques Françaises vers un fonctionnement plus transparent
et une évaluation qui dépende plus de la qualité du projet que des copains du proposant. Bon. Manifestement, c'est raté.



mixlamalice 01/04/2011 09:36



Je crois que le problème principal réside dans le pool d'experts disponibles pour un type de sujets donnés... on est un petit pays: dans mon domaine, la communauté scientifique c'est probablement
autour de 500 personnes, avec une centaine qui "compte" un peu. Même en rajoutant quelques experts internationaux par-ci par-là, assez vite, machin évalue truc avec qui il a collaboré pendant 10
ans, ou avec qui il s'est beurré la semaine d'avant au congrès à tahiti...


Pour caricaturer, c'est toujours le problème de translater un modèle qui marche à peu près (le modèle us) avec un ordre de grandeur de moins (en terme de pognon, de bras, et de cerveaux) et
de croire que ça va marcher pareil. C'est possible, mais c'est pas dit.