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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 16:40

J'ai déjà parlé de ce classique de la littérature américaine de la deuxième moitié du 20ème siècle.

 

Je m'interrogeais notamment sur le succès de ce roman un peu rébarbatif car tournant très vite en rond, succès obtenu malgré ou peut-être grâce à sa vision "décalée" (en tout cas par rapport à la culture américaine de l'époque) de la guerre...

 

Je voulais revenir ici sur le titre du livre, devenu depuis une expression du langage courant aux US (comme on peut par exemple parler chez nous d'une "madeleine de Proust" pour désigner un objet "banal" nous évoquant des souvenirs forts). Je vais me citer, non par égocentrisme mais par pur fainéantise (de toute façon, j'avais déjà du plagier l'article wikipédia correspondant à l'époque): "Catch-22 désigne un règlement de l'armée qui dit grosso modo que tous ceux qui acceptent sans rechigner d'aller au combat sont probablement fous et devraient être révoqués. Mais on ne peut révoquer que ceux qui en font expressément la demande; or tous ceux qui font cette demande ne sont pas fous, puisqu'ils ne veulent pas aller au combat, et ne peuvent donc pas être révoqués. Si, si, relisez, ça devrait finir par être clair, et c'est assez proche du style du roman lui-même. Par extension, ce terme est entré dans le langage populaire comme désignant une situation paradoxale dont l'issue est de toute façon perdant-perdant."

 

Dans mon institut, il y a pas mal de "Catch 22":

 

- l'accès au wifi, par exemple: pour installer le wifi sur un ordinateur, il faut installer un logiciel, qui se trouve téléchargeable sur le site web intra de l'institut. Bef, pour avoir un accès internet, il faut un accès internet...*

 

- les demandes de financement, ANR, projets européens, etc: toutes les demndes doivent être évaluées avant dépôt par le service comptabilité ou assimilé. Il estime d'une part qu'un contrat n'est valable que s'il amène 40% de bénéfice, ce qui est, si je comprends bien, parfaitement incompatible avec la façon dont est construite une ANR, qui est une enveloppe budgétaire bien définie "à dépenser" pour des tâches elles aussi bien définies sur x années. D'autre part, nos salaires sont comptées dans les cases débit des fiches de rentabilité: e.g. si on ne fait rien et qu'on touche notre salaire, cela ne pose pas de problèmes. Mais si on mène un projet de recherches, il est considéré qu'on coûte de l'argent à l'institut, ce qui est intolérable. Grâce à ces mesures frappées au coin du bon sens, aucun projet n'est validé, ou alors dans le meilleur des cas ils nous prélèvent, au cas où la demande est ensuite acceptée, 25% (voire plus) dessus.  

Ainsi, dans l'ANR que j'ai déposée, je viens de me rendre compte qu'entre le budget demandé à l'ANR et celui validé par mon institut, environ 25000 euros d'investissement matériel avaient disparu. Je préfère ne pas m'exciter maintenant, alors qu'il y a 80% de chances qu'elle ne passe pas, mais dans le cas où cela se produirait, il y aura du coup d'autres beaux combats administrativo-perdus d'avance en perspective.  

 

 

* Comme les ordinateurs non-inscrits au service informatique ne peuvent pas non plus être connectés par câbles réseau, que pour inscrire un ordinateur il faut contacter le service informatique qui répond aléatoirement au téléphone et même à l'interphone (les rascals ont tout prévu et se sont barricadés) autant dire que quand on a un invité, on s'amuse...

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Published by mixlamalice - dans La recherche
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postdoc 25/03/2011 16:20



J'ai peut-être parlé trop tôt. La secrétaire en charge des ANR m'écrit ce matin pour me dire qu'elle veut m'appeler vers 14 heures heure française. Évidemment je reçois ce courriel vers 14
heures, heure française. Je lui donne mon numéro de portable car je suis en déplacement. Et elle ne m'appelle pas. De tout façon je ne peux rien changer. La date limite était il y a une semaine
et j'ai déjà chargé le document à signer, dont la date limite est lundi prochain à 13 heures et je serai de toute façon injoignable lundi. Je sens que s'ils me disent qu'il y a un problème et que
ma demande est annulée je vais piquer une crise de colère d'une ampleur épique. D'autant qu'elle n'a pas arrêté de me donner des fausses informations depuis le début, apparemment elle n'avait pas
l'air trop au courant qu'il n'y a pas que des ANR blancs.



mixlamalice 28/03/2011 13:02



Ne jamais crier victoire trop vite... ils sont très forts.



postdoc 25/03/2011 00:49



« Comme les ordinateurs non-inscrits au service informatique ne peuvent pas non plus être connectés par câbles réseau, que pour inscrire un ordinateur il faut contacter le service informatique
qui répond aléatoirement au téléphone et même à l'interphone (les rascals ont tout prévu et se sont barricadés) autant dire que quand on a un invité, on s'amuse... »


 


Concernant l'informatique il y a vraiment deux côtés à considérer. Je pense que certains administrateurs ne se rendent pas compte qu'ils sont payés pour rendre la vie des gens plus simple et que
l'ordinateur, l'accès réseau et tout ne sont que des outils et non pas des fins. Du coup j'ai du mal à supporter certaines décisions totalement connes de la part de certains admins. D'un autre
côté certains utilisateurs sont des boulets de première catégorie et ne veulent pas faire le moindre effort. Dans mon labo il y a eu dernièrement une grosse engueulade qui a fait vibrer les murs
entre l'admin et un chercheur. L'admin a mis en place un système pour se connecter directement à son ordinateur depuis l'extérieur et pour éviter que les gens se servent de la passerelle comme
d'un dépôt sauvage il a mis un quota minuscule, ce qui est une bonne décision à mon sens. Bref, pour accéder à son ordinateur il suffit de copier/coller une ligne dans un fichier de
configuration. Le chercheur trouvait ça trop compliqué. Là je suis totalement du côté de l'admin. Aussi j'aime être mon propre administrateur sur mon linux. Dans mon labo on a fait un deal, je
fais tout ce que je veux avec ma machine et en échange je ne lui demande rien si j'ai un problème. Ça marche au poil depuis des années. Dans mon prochain labo l'admin semble ouvert à un deal
similaire, donc c'est le bonheur.


 


Concernant la demande ANR on en a déjà parlé un peu mais il y a vraiment quelque chose que je ne comprends pas avec ton établissement. D'une part j'imagine que l'argent non dépensé est retournée
à l'ANR non ? Ensuite sur mon ANR mon labo ponctionnera une part d'un peu plus de 80% du budget demandé. C'est à dire que je demande 180 pour recevoir 100 et le labo recevra 80. Enfin,
c'est-à-dire si jamais ça passait par miracle. Soit mon labo est super gentil soit il est totalement incompétent. Ou alors ce sont les administratifs à ton labo qui n'ont strictement rien
compris. En tout cas je n'avais jamais entendu parler de tels problèmes au contraire, donc mon futur labo on m'a fait comprendre qu'ils sont super contents de valider les demandes ANR parce que
dans m'importe quel cas ça leur rapporte des sous.



mixlamalice 25/03/2011 11:46



Oui, oui, je conçois bien à quel point l'utilisateur lambda peut être une "pain in the ass": je fais partie de ceux qui considèrent l'info comme un outil, qui doit être simple et efficace... je
peux donc sembler pénible et débile aux informaticiens. Cela dit, la ce ne sont pas des admins (nous n'avons pas d'informaticien dédié et sommes "admins" de nos ordis), mais un service technique
pour tout l'institut. Qui, comme beaucoup d'autres services, ne brille pas forcément par une efficacité débordante (durée moyenne d'intervention: 3 mois).


 


"il y a vraiment quelque chose que je ne comprends pas avec ton établissement": moi non plus. Au début je croyais que c'était juste moi, mais depuis les exemples se multiplient. Quand la
directrice du département a voulu elle aussi déposer une demande ANR et qu'elle a passé deux semaines dans tous les services, elle aussi a compris que ce n'était pas que moi qui était demeuré...


Je crois que la logique du service compta, c'est que l'ANR rapporte de l'argent au labo, mais pour faire des manipes qui "ne rapportent rien", mais qu'elle en coûte à l'institut (salaires,
locaux). Une vision de comptables, en somme. Qui fait qu'aucun projet n'est viable de ce point de vue strictement économique. Je crois aussi qu'ils commencent à se rendre compte que ce n'est pas
comme ça que ça se passe dans un établissement d'enseignement supérieur (l'institut a été profondément restructuré il y a peu, et je pense que pas mal de nouveaux arrivants n'ont aucune idée des
spécificités du milieu...)