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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 16:29

Je vois que les auditions approchent aux recherches google qui mènent à mon blog: en ce moment "audition" "projet de recherche" "CR2" "maître de conférences" etc se taillent la part du lion.

 

Maintenant que je suis de l'autre côté de la barrière, je peux essayer de synthétiser les clefs du succès, souvent déjà mentionnées ici et là sur le blog, pour obtenir un poste de chercheur ou d'enseignant-chercheur dans la fonction publique.

Attention, ça vaut ce que ça vaut, puisqu'après tout, je n'ai jamais été classé premier à une audition (3 fois 2ème, 1 fois 3ème, sur 6 tentatives).

Ceci s'adresse aux candidats non estampillés "candidats locaux" (si vous ne savez pas ce qu'est un candidat local, ne vous inquiétez pas, ça veut dire que vous n'en êtes pas un), et à ceux qui ne sont pas des génies purs que tout le monde s'arrache.

 

La plupart de ces "conseils" sont suffisamment généraux pour s'appliquer au concours de CR comme aux concours de MdC. Pour certains, cela paraîtra avant tout du bon sens: mais quand je vois les lieux communs que les so-called "coachs" en tout genre se font payer extrêmement cher, et après avoir croisé ces dernières années certains candidats totalement paumés, je me dis que ça peut toujours servir. 

 

 

- Sachez ce que vous voulez faire: obtenir un poste de chercheur ou enseignant-chercheur est un travail de longue haleine, qui demandera en gros trois ans d'efforts post-thèse. Post-doc et ATER ne sont pas toujours des activités très gratifiantes (professionnellement et pécuniairement). Si post-doc n'est pour vous qu'un moyen de gagner du temps en gagnant un peu d'argent (et dans ce cas-là, autant en profiter pour voyager un peu), et la recherche publique qu'une option comme une autre, je déconseille. Faites fructifier votre doctorat et/ou votre diplôme d'ingé le plus tôt possible, dans les boîtes qui le valorisent (Saint-Gobain, Loréal, Michelin, Rhodia, Phillips, etc).

 

- N'attendez pas d'avoir fini votre thèse, et encore moins votre deuxième post-doc, pour commencer à vous renseigner sur les modalités des concours... les subtilités sont nombreuses: pour les connaître, il faut discuter, avec des collègues passés par là récemment ou des gens qui maîtrisent bien le système tels des membres de commission, et discuter franchement. Attention à la langue de bois en vigueur.

 

- Comme je l'ai déjà dit ailleurs, je pense qu'il est, dans une pure optique d'obtention de poste, préférable de ne pas faire de post-doc à l'étranger, contrairement à l'idée reçue. Loin des yeux, loin du coeur: le système français fonctionne encore suffisamment en vase clos pour qu'on vous oublie très vite. Un changement thématique est par contre assez nécessaire (on vous reprochera le manque de prise de risque, la sur-spécialisation), mais il est suffisant.

Le mieux étant bien entendu de choisir un labo dont le potentiel de recrutement est fort (et qui n'a pas déjà de candidats sous le coude, bien sûr).

 

- Faites votre propre pub, régulièrement: consultez les pages web des labos, contactez-les, demandez des noms à vos boss, allez faire des séminaires et des congrès. Faites du relationnel: conservez de bonnes relations avec vos chefs et anciens chefs, rencontrez les gens suceptibles de recruter, les membres de commission. Essayez par eux d'obtenir en "off" des infos sur des postes susceptibles d'être ouverts, avant leur parution officielle: cela permet d'avoir un temps d'avance sur la concurrence. Pensez aussi à devenir membres des sociétés savantes liées à votre domaine (sfv, sfc, sfp, gfp, que sais-je encore).

 

- Apprenez à maîtriser le calendrier, à ne pas attendre la publication au Journal Officiel pour agir. Apprenez à connaître les labos qui ont déjà recruté il y a peu et ne recruteront pas de sitôt, ceux qui n'ont pas recruté depuis longtemps et auront sûrement un poste ouvert sous peu, ceux qui sont dans les petits papiers du ministère et ont donc un poste par an... et commencez les prises de contact dès l'automne précédant.

 

- Car de façon générale, rappelons encore que ce qui fait obtenir un poste n'est pas indiqué sur le site du ministère. Respecter la règle du jeu "officielle", c'est l'assurance de ne pas avoir de poste, et de n'être auditionné que pour faire le nombre (voir plus bas). Tâchez de connaître les spécificités de votre discipline, et plus encore celles du ou des labos où vous candidatez...

 

- Apprenez à reconnaître les postes moisis. Les labos où on ne recrute que local, ceux où le poste est promis à machin parce qu'il y a un service à rendre à truc ou parce que ça fait trois fois qu'ils essaient de le recruter. Ceux où le management est mandarinal et où une seule personne décide de tout. N'y participez pas: ça coûte cher, c'est mauvais pour l'ego (on a vite l'impression qu'on est le bon con de service, qui a payé de sa poche son rôle de figurant permettant de rendre l'audition légale), et ça aigrit très vite.

 

- Je déconseille les candidatures "spontanées", que ce soit au CNRS ou pour un poste de MdC: une candidature dans un labo ou personne ne vous connaît, non soutenue en interne, au moins par une équipe à défaut de par tout le labo, est souvent vouée à l'échec, notamment au CNRS.

Bon, vu que c'est par une candidature de ce type que j'ai obtenu mon poste, quelques précisions: si vous tentez le coup, soyez, comme pour le reste, pro-actif. Contactez les gens dès parution du poste, allez les voir, présentez-leur vos travaux, posez des questions, tâchez de savoir si les choses sont ouvertes... faites en sorte, pendant les deux mois entre la parution du poste et le choix des candidats, de vous imposer comme une possibilité crédible.

 

- Chiadez votre projet de recherches. Obligatoire au CNRS, il est souvent demandé officieusement aussi pour les postes MdC. Le plus simple est de le rédiger avec l'aide de votre future et potentielle équipe d'accueil si elle l'autorise (si non, vous pouvez tenter de jouer la carte du flou artistique qui ne fâchera personne, mais cela ne suffira probablement pas dans le cadre d'une audition CR).

Attention à ce que votre apport personnel y apparaisse visiblement (typiquement, il ne faut pas que ça ressemble à une ANR refusée refourguée, ou "n'importe quel post-doc" pourrait faire le job: il faut que le projet vous corresponde). A l'opposé, il ne faut pas que le projet donne trop l'impression que vous ferez ce que vous avez envie de faire sans vous préoccuper des thématiques de l'équipe d'accueil: le projet doit montrer une adéquation labo-candidat (et profil recherché, dans le cas des postes MdC).

 

- En conséquence, je pense qu'il vaut mieux cibler quelques candidatures (disons 1 pour le CNRS, en mars, et 3-4 maximum en MdC au mois de mai, sur les postes dont les profils vous semblent a priori intéressants) que se disperser et candidater partout au petit bonheur avec un projet bateau qui ne convaincra nulle part.

Il me semble assez nécessaire de "choisir", dans une certaine mesure, son poste, surtout pour un MdC qui sera amené à y rester au moins 3 ans et où les mutations sont assez complexes: se retrouver dans un environnement, avec des collègues qu'on ne supporte pas, ou devoir bosser sur des sujets dont on se contrefout éperdument, ça fait vite retomber la joie d'avoir enfin un poste.

 

- Préparez à fond l'audition: une bonne planche peut largement rattraper un dossier "moyen" (surtout pour les postes MdC où on prendra en compte les "qualités d'enseignant"). Respectez le timing, soyez pédagogue, ni trop technique ni trop vulgarisateur. Ne faites pas trop dans la récitation, ne soyez pas "surpris" par vos slides, faites preuve d'enthousiasme sans paraître grande gueule.

N'oubliez pas que vous avez entre 10 et 20 minutes (temps variable fixé par la commission) pour présenter tout ce que vous avez fait (thèse, post-doc(s), enseignements) et tout ce que vous allez faire (projet de recherches), soit grosso modo un slide par an de travail. C'est un exercice de style très particulier qui doit se travailler...

Potassez les questions, essayez d'amener en douceur le jury sur ce dont vous avez envie de parler... bon, facile à dire, mais si vous êtes nul à l'oral depuis le bac français et que vous n'osez pas parler de vos travaux dans les congrès, je vous conseille d'aller lire les points ci-dessous.

 

- Sachez aussi ne pas vous acharner. Plus on s'attarde dans l'antichambre postdoquesque, plus la reconversion est délicate, et plus ces années sont considérées comme perdues par les futurs employeurs. Si vous enchaînez les classements dans toutes les auditions où vous vous présentez, je pense qu'il faut continuer même si le découragement pointe (les commissions connaissent les classements antérieurs et il y a de nombreux cas de "récompense pour efforts fournis"). Si par contre vous n'avez jamais été classé en deux campagnes, sachez dire stop, parce que ça signifie qu'il y a probablement quelque chose de rhédibitoire dans votre dossier.

 

- Toujours dans la continuation: interprétez intelligemment ce qu'on vous dit. Ou, souvent, ce qu'on vous sous-entend. Si un ancien chef, embêté, ne répond pas à vos mails et finit, contraint et forcé par vous marmonner au téléphone "ouais non, la lettre de recommandation, euh, je pense pas, tu comprends, je serai pas là j'ai pas le temps tout ça...", si on vous dit "non, non, rien n'est joué, mais quand même, tu es sûr que tu veux candidater?"... comprenez à demi-mot. Soyez honnête avec vous-même: si vous avez sorti un papier en 5 ans, si vous êtes incapable d'aligner trois mots en public, si ça se passe mal partout où vous passez, si vous avez eu un gros conflit avec un big ponte qui a la réputation d'être rancunier... sachez dire stop. Vite.

Ne garnissez pas les rangs des intérimaires de la recherche de plus de 35 ans, voguant de contrats de 12 mois en contrats de 6 mois, qui semblent avoir abandonné depuis longtemps toute espérance mais ne paraissent plus en mesure de faire autre chose. 

 

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Published by mixlamalice - dans La recherche
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François 19/02/2011 20:06



Hello !


 


Bon, je préviens, je vais partir dans tous les sens et digresser un peu


Allala, ça fait rêver tous ces facteurs qui concourent au succès d'un candidat (labo, nb d'articles, etc.) qui s'additionnent, se soustraient, se multiplient, etc. Au final, sans tomber dans le
"holisme" pur jus, c'est à se demander si le succès d'un candidat, après tant d'années, est plus consécutif à des effets de structure temporaires (le bon labo, le bon papier, au bon moment) qu'à
une qualité intrinsèque. Alors certes oui, il faut persévérer (en sachant s'arrêter parfois au bon moment, des chefs de labo devraient prendre note), mais à bien y penser, tout le monde
persévère, tout le monde rempile sur un xième postdoc qui augmentera peut-être son employabilité...mais la sélection se fait-elle là, dans cettela persévérance ? Franchement c'est un peu de la
roulette russe parmi des candidats qui parfois se valent parfaitement !


 


Bref, cette véritable course à l'échalote ne serait pas tragique si, for God's sake, le grade de docteur n'était pas si mal reconnu en France...La charte des thèses le vante à
tout bout de champ : le docteur développe soi-disant des compétences transversales, mais les RH s'asseoient dessus car il n'y a nulle part écrit "ingénieur" sur le CV (*boutade*) et le doctorant
reste un indécrottable étudiant car il a sa carte d'étudiant, non ? Faire un seul post-doc, et c'est comme si vous scelliez votre avenir dans l'industrie...on croit rêver.


 


Quelle indigence pour les docteurs : dans l'état actuel des choses, bon nombre de mes contacts docteurs ne mentionnent pas "thèse" sur leur CV mais "gestion de projet scientifique" ou bien
"chargé de recherches". Ce qui est en soi vrai, mais l'on sait tous en filigrane que c'est une façon de faire la danseuse maquillée devant les RH très suspicieux sur ces années
d'étudiant-salarié. Je pense qu'au lieu d'écrire des chartes de thèse (au passage, juridiquement parlant, les chartes n'engagent en rien : bon nombre d'universités se feraient condamner pour
heures de TD/TP jamais payées, par exemple), je suis pour une restructuration FONDAMENTALE du doctorat : module obligatoire d'initiation à l'entreprise, disparition pur et simple
de la carte d'étudiant pour lever toute ambiguité aux yeux des recruteurs/organismes publics (cf la CAF qui comprendra jamais ce statut bâtard d'étudiant-salarié), et développer encore et
toujours les réseaux de docteurs dans des postes de RH.


 


J'évoquerais à peine la situation de nombreux docteurs forcés de se lancer dans un master complémentaire (à bac+8 ! )
ou des formations courte-durée (parfois payantes et parfois très sélectives), tout ça pour augmenter leur "employabilité"...vive les fameuses compétences transversales fort recherchées par les
entreprises, n'est-ce point.


 


Bref, les mentalités n'évoluent pas assez vite,malheureusement. Une majorité des doctorants gardent leurs rêves de carrière académique, ce qui est à la fois une faute politique, une
irresponsabilité inouïe de l'Université et des encadrants directs qui, trop souvent, se soucient de l'avantage à court-terme (financement) et du turn-over de son équipe. Si j'étais un chef de
labo, je me dirais que je suis à la tête d'une bien piètre structure quand je vois la situation précaires des anciens doctorants/post-docs qui en sortent. Comment pourrais-je attendre d'eux un
engagement aveugle sachant ce qui les attend ensuite ? On devrait inverser les valeurs, comme ailleurs dans les pays-anglosaxons : le PhD donne la possibilité de faire de la finance, de
travailler dans une banque, etc.


 


Je sais pertinemment que certains (d'imperturbables optimistes convaincus que tout dépend d'eux-mêmes, en général ces personnes votent à droite) diront qu'il faut prendre son destin en main, face
à l'adversité, il faut se battre car, quand on veut on peut. Et arrêter de se plaindre, hein. Il faut apprendre à connaître les bruits de couloir, ça fait partie du métier, le doctorant doit
savoir que "le monde de la recherche est fait de vérités qui se savent, qui se devinent, mais qui ne s’avouent jamais", "il faut réseauter", "il faut perséver", etc. Ces propos viennent la
plupart du temps de personnes déjà installées (no offence), rarement des personnes qui rament depuis des années, bizarre non ? Après des années de présence dans un labo, je me suis rendu compte
d'une vérité générale : "quand le système promeut une personne, c'est pour récompenser son excellence ; quand le système la rejette (ou ne la gratifie pas), c'est parce que le système est pourri
ou corrompu. C'est souvent un même collègue, à quelques jours ou semaines d'intervalle, qui vous énoncent ces deux indiscutables vérités". Cette vision des choses marche à fond pour le microcosme
de la recherche. La vérité est peut-être dans cet entre-deux...En tout cas, compter uniquement sur le réseau ou croire qu'avec de la bonne volonté on peut tout faire, ces deux attitudes sont les
deux faces opposées d'une même pièce.


 


Je noterai encore une fois l'incommensurable bon conseil que tu as donné : savoir s'arrêter au bon moment dans la recherche désespérée du poste. Avant de finir aigri, de passer son temps à
comparer ses publis avec celui du voisin, de se satisfaire dans un délice pervers que la superstar CR recrutée grâce à son Nature n'a pas publié depuis 5 ans malgré deux thésards et des
stagiaires passés sous ses ordres...alors qu'on en sanctionne d'autres pour moins que ça, malgré leurs x postdocs et leur engagement et leur dévouement qui ne coûtent qu'une seule chose face à
des commissions de babouins : rien.


Voilà j'en ai terminé avec ma diatribe, j'vous dis bonne soirée !



mixlamalice 21/02/2011 10:07



Salut,


Pour résumer, je suis d'accord avec à peu près tout.


Avec quelques détails:


"à se demander si le succès d'un candidat, après tant d'années, est plus consécutif à des effets de structure temporaires (le bon labo, le bon papier, au bon moment) qu'à une qualité
intrinsèque."


Il n'y a pas à se demander: c'est exactement ça. Ou plus précisément: quand on est un "bon" candidat (toujours classé, etc), avoir un poste dépend d'un facteur chance non négligeable car: -les
auditions durent 20 minutes devant 15 personnes. - les labos ne cherchent presque jamais un profil ultra précis (les profils étant le plus souvent un assemblage de mots-clefs assurant que chaque
équipe pourra présenter son ou ses candidats) - il y a toujours plusieurs autres bons candidats. "Franchement c'est un peu de la roulette russe parmi des candidats qui parfois se valent
parfaitement ! "


Alors, quand on est "bon", et qu'on persévère, on finit toujours par être le bon candidat au bon moment dans le bon labo. Le problème est que ça peut être au bout de 2 auditions comme de 15, et
de savoir combien de temps on a envie de s'accrocher.


 


"Bref, cette véritable course à l'échalote ne serait pas tragique si, for God's sake, le grade de docteur n'était pas si mal reconnu en France..." eh oui. D'où l'idée de savoir
ce qu'on veut un peu avant: aux US on ne voit pas non plus trop de "vieux" post-docs, en tout cas pas chez les américains "de souche". Je pense qu'ils ont, pour la plupart, un plan de
carrière mieux défini que le nôtre au sortir du PhD. Mais il est vrai aussi que tous les décisionnaires là-bas sont des PhD, quand chez nous ce sont des Centraliens ou X pur jus, très friands de
consanguinité.


" J'évoquerais à peine la situation de nombreux docteurs forcés de se lancer dans un master complémentaire (à bac+8 ! ) ou des formations courte-durée (parfois payantes et parfois très sélectives), tout ça pour augmenter leur "employabilité"...vive les
fameuses compétences transversales fort recherchées par les entreprises, n'est-ce point. "


Eh oui: ou ces entreprises qui embauchent des docteurs à niveau master parce que le doctorat n'a pas été effectué dans la branche précise...


"Bref, les mentalités n'évoluent pas assez vite,malheureusement. Une majorité des doctorants gardent leurs rêves de carrière académique, ce qui est à la fois une faute politique, une
irresponsabilité inouïe de l'Université et des encadrants directs qui, trop souvent, se soucient de l'avantage à court-terme (financement) et du turn-over de son équipe." Pas mieux.


"Je sais pertinemment que certains (d'imperturbables optimistes convaincus que tout dépend d'eux-mêmes, en général ces personnes votent à droite) diront qu'il faut prendre son destin en main,
face à l'adversité, il faut se battre car, quand on veut on peut."


The American Dream: si je ne réussis pas, c'est que je ne le mérite pas. J'aime bien quand Dassault ou autres héritiers qui n'ont rien branlé de leur vie à part faire sombrer petit à petit la
boîte de Papa m'expliquent ça.


 


"Il faut apprendre à connaître les bruits de couloir, ça fait partie du métier, le doctorant doit savoir que "le monde de la recherche est fait de vérités qui se savent, qui se devinent, mais qui
ne s’avouent jamais", "il faut réseauter", "il faut perséver", etc. Ces propos viennent la plupart du temps de personnes déjà installées (no offence), rarement des personnes qui rament depuis des
années, bizarre non ?  "


No offense... étant installé depuis six mois et encore stagiaire, et "ex-précaire" pendant quasi 3 ans, je ne me sens pas encore comme faisant partie des murs. Mais, qu'on soit jeune recruté ou
jeune candidat, on n'a pas vraiment de pouvoir d'action, on n'a que celui de s'indigner. Donc soit on va voir ailleurs, soit on s'adapte au système tel qu'il est pour y rentrer, et c'est pour
cela qu'il est malgré tout nécessaire de le connaître... pas le choix.


 


"Après des années de présence dans un labo, je me suis rendu compte d'une vérité générale : "quand le système promeut une personne, c'est pour récompenser son excellence ; quand le système la
rejette (ou ne la gratifie pas), c'est parce que le système est pourri ou corrompu. C'est souvent un même collègue, à quelques jours ou semaines d'intervalle, qui vous énoncent ces deux
indiscutables vérités"."


Pas tout à fait: quand le système rejette, c'est parce qu'il n'a pas les moyens d'absorber tous ceux qui le mériteraient. De ce point de vue là, même en changeant radicalement les méthodes de
recrutement pour quelque chose de plus américain (définition d'un profil ultra-pointu, sélection drastique à la source de 5 candidats max, audition in extenso par le labo même sur deux jours,
financement des auditions par le labo, suppression des commissions composées de 50% d'extérieurs - qui doivent aussi s'accompagner de la suppression du localisme ou mandarinat faisant que le
directeur du labo choisit qui il veut et surtout quelqu'un qui ne lui fera pas trop d'ombre... difficile-), il y aurait toujours des déçus ou des galériens. Sauf si les ponts publics-privés
étaient plus développés, on en revient au début.


 


"Je noterai encore une fois l'incommensurable bon conseil que tu as donné : savoir s'arrêter au bon moment dans la recherche désespérée du poste. Avant de finir aigri, de passer son temps à
comparer ses publis avec celui du voisin, de se satisfaire dans un délice pervers que la superstar CR recrutée grâce à son Nature n'a pas publié depuis 5 ans malgré deux thésards et des
stagiaires passés sous ses ordres...alors qu'on en sanctionne d'autres pour moins que ça, malgré leurs x postdocs et leur engagement et leur dévouement qui ne coûtent qu'une seule chose face à
des commissions de babouins : rien. "


Mes premières auditions, j'y allais self absorbed, ne faisant rien d'autre que me concentrer sur ma planche. Au bout de la 4ème, je commençais à éplucher le cv des autres candidats, leurs publis,
à me dire que c'était mort, à faire les prédictions a priori, etc. C'est pas bon... heureusement que j'ai eu mon poste, sinon il était temps d'arrêter (ce que je commençais à me dire que j'allais
faire).


 


A+



poussinette 17/02/2011 21:30



ahlala, quelle galère !


Entre le poste dont la recherche est 32 mais l'enseignement 86, et qui n'est donc fléché QUE en 86 (??)


Le poste annoncé profil 32 (je colle complètement au poste) "mais en fait, on veut un mec de la 33" (ben, bizarrement, je n'y colle plus du tout !)


Les postes d'ATER pas annoncés, ou introuvables (parce que sinon ça serait trop simple et on aurait une chance de postuler)


... la campagne 2011 s'annonce aussi fun que celle de 2010 (et encore, nous n'en sommes qu'au début) ! T'as bien fais de rentrer l'année dernière !



mixlamalice 18/02/2011 09:23



Entre le poste dont la recherche est 32 mais l'enseignement 86, et qui n'est donc fléché QUE en 86 (??) :


Bizarre, surtout qu'on sait tous que dans les "bons" labos, c'est sur le profil recherche qu'on va recruter (même si les expériences d'enseignement ou les "qualités" pédagogiques peuvent
éventuellement départager)... bizarre pour la 32-33 aussi, deux sections qui n'ont pas forcément grand chose à voir... (j'ai eu mon poste sur la 33).


 


"T'as bien fais de rentrer l'année dernière ! "


J'ai surtout bien fait d'avoir un peu de chance... Et après 2 ans à perdre 4 mois de mon année à faire ça, je suis bien content de pouvoir maintenant les perdre à autre chose (écriture de projet
et préparation de cours, entre autres): c'est plus relaxant.


 



(Clovis Simard,phD) 17/02/2011 15:37



Bonjour,


Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.
      
Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.


La Page No-7: LA VIE EN ABONDANCE !


LA RÉSURRECTION DU CHRIST ET LA PHYSIQUE QUANTIQUE !


Cordialement


Clovis Simard



mixlamalice 17/02/2011 17:02



Bon, ça suffit, on a vu votre pub, je suis gentil je la laisse, maintenant faut arrêter de spammer, je n'ai pas que ça à faire.



Me 11/02/2011 13:35



Merci pour ta reponse, j'y vois un petit plus clair dans le maquis des sections.


Le probleme avec mon background, "ingienerie" de l'auto-assemblage de molecules biologiques, c'est qu'il est a la frontiere de plein de sections, sans etre vraiment constitutif d'aucune.


Toute les sections suivantes mettent du nano-bio-self assembly dans leur descriptions:


Section 11:Physique et chimie des objets biologiques macromolécules biologiques et de leur assemblage


Section 12:nanoobjets, chimie supramoléculaire et autoorganisation


Section 13: Assemblages moléculaires : structures, dynamique, thermodynamique, reconnaissance


Section 16: Biomatériaux, systèmes biomoléculaires organisés, vectorisation


et meme section 30: Biotechnologies et Génie des Bioprocédés : .... nano-objets thérapeutiques


 


J'ai l'impression que si je postule au CNRS, ca va ressembler aux 12 travaux d'Asterix. J'imagine l'audition:


"Section 11: a mais monsieur, vous auriez du postuler dans la 12, nous on fait pas dans l'auto-assemblage"


"Section 12: a mais monsieur, vous auriez du postuler dans la 11, vous ne faites pas de syntheses multi-etapes"


 


Est ce que je me trompes ? Comment ca se passe quand tu auditionnes dans des sections a la frontiere de ton domaine ?



mixlamalice 11/02/2011 13:49



A vue de nez, je dirais que c'est plutôt dans l'optique de la 16, ou en tout cas d'une section relevant plus de la bio (mais c'est vraiment à vue de nez, ce ne sont pas mes sections).


Je pense que la 13 est plus axée sur la chimie analytique ou théorique.


 


A mon avis la meilleure chose à faire, c'est d'abord de choisir, ou en tout cas de contacter divers labos qui te "parlent" d'un point de vue thématique. Si les discussions se passent bien et
qu'une candidature CNRS, eux te diront dans quelle section ils ont leurs habitudes ou entrées. Un labo candidate rarement sur plus de deux sections de toute façon (et c'est possible de candidater
avec un dossier sur deux sections en changeant juste un peu la forme pour ne pas fâcher les rapporteurs).


L'autre solution, dans l'immédiat, c'est de regarder les membres des commissions: http://www.cnrs.fr/comitenational/doc/annuaire/annuaire_section_0812.pdf


Si il y a une seule commission où tu connais (as entendu) la moitié des noms (pour avoir lu leurs papiers, les avoir vus en congrès, voire collaboré avec eux), c'est probablement la tienne. Ca
m'étonnerait de toute façon qu'il y en ait plus que deux. S'il n'y en a aucune, il va falloir commencer à se faire connaître...


Après vérification, par exemple, j'en connais effectivement 50% sur ma section, et 25 sur une autre assez voisine... puis à peu près 0 sur 2-3 autres...



Me 10/02/2011 13:01



Post tres utile aux
candidats, comme souvent.

Pour le
CNRS, j’ai vraiment du mal a saisir la philosophie de chaque section. Par exemple quelle est la
difference entre la Section 11 et 12 ? A vue de nez je dirais que la section 12 est un repaire de chimistes organiques et la section 11 un repaire de physiciens. On dirait vraiment qu’il a y eu
un “yalta” pendant lequel chaque corporation a marque son territoire.



mixlamalice 10/02/2011 13:21


Merci. C'est pas toujours évident de faire un distinguo, mais je dirais que c'est encore plus vrai pour les postes MC: si les sections CNU sont plutôt mieux définies que les sections CNRS (en tout
cas plus précises), il y a au nivau des labos des classifications "historiques" qui viennent parfois se mêler à tout ça: typiquement, un labo qui historiquement faisait plus de la chimie des
matériaux (33), peut se retrouver à faire plus de la physique aujourd'hui, et donc correspondre a priori plus à la 28. Mais ils continuent à recruter en 33, sur des profils de 28... D'où l'intérêt
de demander sa qualification dans le plus de sections possibles (parce qu'en plus, certaines commissions sont susceptibles et par principe n'aiment pas voir des candidats n'ayant pas la
qualification dans leur section, même si leur profil correspond pile-poil au poste). Pour la section 12, c'est je crois vraiment de la chimie organique, avec peut-être éventuellement orienté
médical. La section 11, c'est tout ce qui touche à la matière molle, mais ce n'est pas forcément de la physique: il y a d'ailleurs beaucoup de chimistes dans la commission actuelle, mais ça
fluctue. Il y a quand même je pense une approche plus "matériaux" que dans la 12 pour les chimistes qui voudraient candidater (e.g. les labos de synthèse de polymères sont souvent affiliés à la 11,
parce qu'il y en a peu pour qui la synthèse elle-même est une "finalité"). Les physiciens purs et durs de la matière molle peuvent eux souvent tenter aussi la section 5... La aussi, à voir avec les
labos (où recrutent-ils en général? certains labos ne recrutent que sur une section CNRS, d'autres sur plusieurs), et demander à des gens d'expérience si on a un profil compatible avec plusieurs
sections: par exemple, si mon profil pouvait en cherchant bien correspondre à 3-5 sections CNU, il n'allait bien que dans la section 11 pour le CNRS...