Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : La vie au labo
  • La vie au labo
  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
  • Contact

Profil

  • mixlamalice
  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

Recherche

27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 17:20

Depuis quelques mois, Child in Time de Deep Purple exerce une profonde fascination sur moi. Je pense que c'est parce qu'il y a tout ce que j'aime dans une seule chanson: de la montée en puissance, un grand chanteur, une partie instru qui tue.

Une chanson qui date de 1970 (écrite en 69), comme hélas plus personne n'en fait (enfin, il me semble). Ci-dessous, la version studio.

 

 

De façon générale, Deep Purple est vraiment un groupe que je redécouvre, qui vaut largement plus que le riff de Smoke on the water, l'un des plus célèbres de l'histoire du rock, auquel tout boutonneux avec une guitare se doit de s'attaquer et à quoi on les réduit souvent. Tous les musiciens sont d'un niveau impressionnant, à l'aise dans de nombreux styles, du hard-rock au jazz et capables d'improvisations énormes. Leurs compos sont complexes et en même temps "évidentes", bref, il y avait une vraie alchimie dans ce groupe, tout au moins dans son incarnation la plus connue (voir plus bas).

 

Je ne vais pas refaire toute l'histoire, si ce n'est rappeler rapidement que la chanson a été largement pompée sur un instrumental d'un groupe californien It's a Beautiful Day, intitulé Bombay Calling (de 69 également). A l'époque, où la circulation des oeuvres était limitée (peu de "radios libres"), ce genre d'emprunts était fréquent entre anglais et américains (les Stones, Led Zep et autres s'y sont aussi adonnés). Jon Lord, le clavier, avait certainement entendu la chanson et a commencé à la jouer en studio de répète, les autres se sont mis à jammer dessus, Gillan, le chanteur (qui a toujours dit qu'il n'avait jamais entendu l'instrumental en question, mais je ne pense pas que Lord, RIP, aurait pu utiliser la même défense), a rajouté des paroles et des hurlements, etc. 

 

 

 

Bref, je ne suis pas là pour faire un cours de droit, mais pour parler de Ian Gillan, le chanteur de Deep Purple, tout au moins de la mythique "Mark 2" et de quelques autres (Deep Purple existant depuis 45 ans, il a connu de nombreuses incarnations, regroupées sous le vocable de Mark, allant de 1 à 8, la Mark 2 ayant pondu les mythiques In Rock, Machine Head et Made in Japan au début des années 70, plus 3 autres albums suite à une reformation au milieu des années 80 et au début des années 90). 

 

Ian Gillan (né en 1945), dans les années 70, c'est une voix, mais aussi une gueule. En live, il touche les notes sans souci, il n'y avait pas Autotune à l'époque.

Je conseille également de réécouter ses "duels" live voix-guitare avec R. Blackmore, sur Strange Kind of Woman notamment. Mais franchement, pas étonnant que peu de chanteurs aient essayé de se frotter à reprendre le Pourpre Profond de ces années là*.

 

Voici une version live de 1970, où le public est le seul à s'emmerder (mais on en trouve d'autres, comme Copenhague 72 pour ceux qui ne connaissent pas la version du Made in Japan). On notera la maîtrise parfaite de la partie criée (2 fois voix claire, 1ère montée 2 cris, 2ème montée 2 cris), c'est presque mieux qu'en studio, à donner des frissons.

 

 

Le problème, c'est que c'est aussi un anglais, et un anglais chanteur d'un groupe de rock célèbre. Pour le dire pudiquement, il a un peu profité de la vie. Plutôt à la mode traditionnelle anglaise (pubs, bière, whisky, clopes... gonzesses et clubs aussi bien sûr) qu'à la façon ricaine des 80's (coco, héro...), mais tout de même. 

Bref, Gillan n'a pas trop pris soin de sa voix et cette chanson est assez exigeante.

 

Lors de la reformation des années 80, ça allait encore. Notons que son timbre s'est un peu modifié (plus grave et plus nasillard), que le cri entre "you'd better close your eyes" et "you'd better bow your head" a disparu, et que sur la 2ème montée de la partie criée, ça commence déjà à fatiguer, le cri étant accompagné de pas mal de reverb et d'une note tendue de guitare (me semble-t-il).

 

 

 

En 1995, on commence à avoir mal pour lui (certains disent que son "manque de sérieux" explique en partie le départ de Blackmore - cela dit, les deux semblent caractériels et ont toujours eu du mal à cohabiter).

Donc, la voix est encore plus grave et nasillarde (la tonalité de départ a-t-elle été changée? je n'ai pas une assez bonne oreille pour le dire), Gillan fait un peu bouffi aussi (bon, il a 50 balais quand même), le cri entre les deux phrases est esquissé mais il semble vite se rendre compte que ça ne passera pas, et la 2ème montée est là quasiment masquée par la guitare de S. Morse, le remplaçant de Blackmore.

 

Ou une version avec Blackmore de 1993, juste avant son départ, ou la 2ème montée est simplement squizzée (mêmes cris répétés 4 fois), probablement que Ritchie n'était pas prêt à les "soutenir".

 

 

En 2002, Gillan a pris cette fois un vrai coup de vieux, finis les longs cheveux noirs et le gilet ouvert sur le torse, mais finie aussi la possibilité de chanter cette chanson, même si le son n'est pas terrible et que le public aide beaucoup. Le peu qu'il lui reste est tout de même, signalons-le, juste. Ici, la guitare vient aider dès la première montée. Après cette tournée, elle n'apparaîtra plus jamais dans la setlist, game over.

 

 

 

Voila pour l'analyse de la grandeur et de la décadence de ce grand chanteur sur cette grande chanson. La même chose se produit apparemment en ce moment (Purple tourne toujours activement) avec Space Truckin'. 

Encore un groupe que je regrette de ne pas avoir vu sur scène du temps de sa splendeur, ou même dans les années 80, mais bon, à 4-5 ans ça n'aurait pas été facile...

 

 

* j'essaye aussi, sans succès, au grand dam de mes voisins, car c'est assez facile à transposer en guitare-voix (impossible de toucher cette 2ème montée). Priscilla y arrive, elle, mais son timbre est un peu trop "pur" (plus "lyrique" que rock).

 

 

PS: on notera aussi une reprise "jazz" de Gillan lui-même après son départ de Purple au milieu des années 70. Pas très excitant selon moi...

 

Partager cet article

Repost 0
Published by mixlamalice - dans Musique
commenter cet article

commentaires

DM 02/01/2014 19:25


En effet, aujourd'hui il y aurait des avocats dans la boucle. C'est beau comme un accord de consortium.

DM 31/12/2013 17:08


Je savais que c'était pompé, mais je ne me rendais pas compte à quel point.


Quand je pense que Roger Waters a hurlé à la copie quand Andrew Lloyd Weber a utilisé dans Phantom of the Opera une descente chromatique de quelques secondes, comme dans Echoes...


Ce fichier MIDI est plutôt bon: http://www.thehighwaystar.com/rosas/midi/CHILD.MID

mixlamalice 02/01/2014 18:38



Oui, l'"inspiration" est assez flagrante et difficile à nier, je pense que ça ne serait plus possible aujourd'hui, surtout entre deux groupes pas inconnus (le groupe californien a eu un petit
succès d'époque et s'était "vengé" en repompant eux-mêmes une chanson de Purple dans leur album suivant et avait je crois tenté un procès avorté bien plus tard).


Les premiers albums des Stones regorgent je crois de ce genre d'"inspirations" plus ou moins assumées (plutôt moins que plus), si je me rappelle bien Life de Richards.