Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : La vie au labo
  • La vie au labo
  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
  • Contact

Profil

  • mixlamalice
  • Misanthrope optionnellement misogyne et Esprit Universel.

Recherche

3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 15:23
Un titre accrocheur, pas forcément en phase avec tout ce que je vais raconter, mais qui je l'espère va m'amener plein de lecteurs (j'ai suivi "Journalism 101" dernièrement).

En fait, tout a à peu près été dit ici par Nicholas Carr (avec Google au lieu de iPhone pour faire parler de lui, mais là aussi c'était plus général), et la, sous forme plus comique.

Il y a d'autres choses très justes (comme le fait de ne plus écouter d'album en entier ou la disparition de la pause déjeuner), mais l'essentiel est selon moi résumé ici:
- Memory: When almost any fact, no matter how obscure, can be dug up within seconds through Google and Wikipedia, there is less value attached to the "mere" storage and retrieval of knowledge.
- Dead Time: When was the last time you spent an hour mulling the world out a window, or rereading a favourite book? The internet's draw on our attention is relentless and increasingly difficult to resist.
- Respect of professionals: The proliferation of health websites has undermined the status of doctors (and other professionals), whose diagnoses are now challenged by patients armed with printouts.
- Privacy: We may attack governments for the spread of surveillance culture, but users of social media websites make more information about themselves available than Big Brother could ever hoped to obtain by covert means.
- Concentration

Je ne suis pas statisticien et je ne prétends pas que l'observation de dix personnes fait office de vérité générale (je ne suis pas un institut de sondages), mais d'après mon expérience personnelle et l'observation de mes con-citoyens, j'aurais tendance à croire que c'est assez vrai.
J'ai toujours eu des problèmes d'attention, mais j'ai l'impression que j'ai désormais plus de mal à me concentrer sur un bouquin, ou sur des analyses de données, un match de sport, et même sur un film quand je le regarde à la télé (c'est pour ça entre autres que je préfère aller au cinéma).
Je pense avoir une bonne mémoire, surtout des trucs les plus inutiles, mais il m'arrive de plus en plus de relire 3 fois en 4 jours la même page wikipédia parce que je n'ai rien retenu de l'information que je cherchais.
Quand je m'emmerde et que je n'ai rien à foutre, je vais de plus en plus devant Internet et de moins en moins devant la télé (ça c'est pas forcément trop grave), mais aussi de moins en moins derrière un bouquin (ça ça me mine plus).
Pour les deux autres faits, je ne me sens pas trop visé mais je suis assez persuadé de leur véracité.

Même si vous êtes d'accord avec moi, vous allez me dire "qu'est-ce que l'iPhone a à voir là-dedans, parce que tu causes que d'Internet, connard?".
J'y viens.
Les iPhone et autres GooglePhone, Blackberry, Smartmachin et je ne sais quoi ne font qu'amplifier le phénomène. Il y à peine deux ans, on se contentait de se décérébrer au boulot ou chez soi, en tout cas pas loin d'un bureau. Avec ces petites merdes de 20cm2, on peut être connecté en permanence, dans son bain, aux chiottes, au resto, dans son pieu, n'importe où. Et quand on peut facilement, on ne se prive pas, j'en ai la démonstration sous les yeux en permanence.
Dans le bus tous les matins, la moitié des blaireaux sont en train de doigter leur substitut pénien ou clitoridien (remarque, ça fait toujours ça de moins qui n'est plus en train de brailler sa vie privée au téléphone: maintenant, ils twittent, c'est plus silencieux). Mon chef ne peut pas s'empêcher de checker ses emails toutes les 20 minutes en group meeting. Mais je crois que le pire, c'est au restaurant: je vois de plus en plus de couples chacun sur leur iPhone dès qu'ils attendent un plat. Ou d'abruti qui se fait un petit coup de Google dès que sa moitié part pisser. Si encore c'était un déjeuner d'affaires avec un casse-burnes... mais pendant un dîner romantique, franchement, ça me fait peine. Idem les dernières fois que je suis allé au pub: toujours un ou deux gars à la table qui se mettent à surfer pendant que le reste discute et boit des bières.

Dans quelques dizaines de génération, si l'Homme est encore là, je l'imagine bien muet, avec un cerveau ne permettant que la mémoire immédiate (comme le poisson rouge), et muni d'un index et de pouces surdéveloppés (l'adolescent ricain moyen est déjà à 100 mots/minute en mode texto).

Voila. C'était ma petite minute mensuelle passéiste, "c'était mieux avant même si j'étais pas là avant". Et j'aimerais bien savoir ce que glandaient les thésards quand internet n'existait pas. Moi, en attendant les retours sur mon draft et le meeting de cet aprèm, je vais aller consulter lequipe.fr.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

mixlamalice 03/12/2009 19:25


Une étude un peu plus sérieuse récente de PNAS:
http://www.pnas.org/content/early/2009/08/21/0903620106.abstract?sid=c87dc5e7-c083-48b3-8ce1-0d4dcf298ee7

Notez que l'article du Post où j'ai trouvé ça utilise le même titre que moi alors que le PNAS n'évoque qu'un bien général "media multitasking" (l'auteur a lui aussi bien potassé son
"journalisme pour les nuls").