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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 10:14

Je poursuis ma découverte gastronomique du 15ème, plus particulièrement sa partie Charles-Michel - Vaugirard - Dupleix - La Motte Piquet.

 

J'ai pu récemment déjeuner ou dîner à:

 

- la Cheminée, restaurant iranien (entre Commerce et Charles-Michel): ne pas confondre avec la boîte échangiste du 5ème, située à côté de l'Agrume et Desvouges.

Tenu par les propriétaires de l'épicerie fine Sepide, juste à côté, apparemment assez réputée pour ses produits d'importation. Je ne m'y suis pas encore aventuré, le seul truc que je peux dire est qu'elle est ouverte 7j/7, environ 18h sur 24: visiblement, ce que disait Desproges des épiciers arabes ("Pour des fainéants, c'est incroyable de voir à quel point les épiciers arabes se lèvent tôt et se couchent tard. C'est à se demander quand ils regardent les jeux de 20 heures") vaut aussi pour les épiciers perses.

Well, I don't know much about iranian gastronomy, donc je ne pourrai pas faire de comparaisons ici.

Disons que le carrefour d'influences m'a semblé greco-libanais-maghrébin-indien... (sachant que c'est peut-être la cuisine iranienne qui a influencé les autres, je ne voudrais froisser personne).

Des entrées de type mezze (hommous ou approchant, feuilles de vignes farcies, sauce blanche, etc).

Des plats en sauce à base de riz au safran ou à l'aneth, de fèves, et d'agneau braisé. Sauces à l'aneth ou à la grenade.

Il y a aussi des brochettes de viande marinée, appétissantes.

En dessert, des pâtisseries proches de celles qu'on trouve en Tunisie ou au Maroc, un poil plus sèches (e.g. moins grasses), et des "glaces iraniennes" (parfumées à la rose, semble-t-il).

C'est plutôt bon, copieux (surtout les plats - les entrées sont elles d'un rapport qualité-quantité-prix qui m'a semblé nettement moins avantageux, et les desserts sont bofs), un peu étouffe-chrétien aussi...

Repas complet avec une bière: 30 euros.

Ambiance et déco un peu mornes (ça fait un peu penser à un resto indien milieu de gamme), mais le resto est semble-t-il assez fréquenté par la communauté iranienne et le service est attentionné.

Je ne sais pas si j'y retournerai souvent: peut-être pour goûter les brochettes, mais je pense plutôt pour prendre des plats à emporter les soirs où j'ai à la fois la flemme de cuisiner et l'envie de "changer un peu".

 

- Manna, restaurant coréen (entre Charles-Michel et Dupleix). Recensé par le Figaroscope et le Fooding, une petite salle un peu perdue au milieu de la rue de Lourmel où il ne se passe pas grand chose.

Je suis tombé dessus un jour en allant rejoindre le métro. Le menu avait l'air sympathique et authentique, je n'ai pas souvent mangé coréen (à part chez Bibimbap dans le 13ème, dont j'ai parlé ici), et après avoir eu confirmation que cet établissement était relativement réputé, j'ai décidé d'y emmener ma môman (peu curieuse, assez difficile, mais je me disais que le côté "frais" et "léger" de la cuisine coréenne lui plairait, pari à moitié réussi).

Cela dit, en ce qui concerne Priscilla et moi, nous avons fort bien dîné d'un menu à 20 euros, entrée-plat. Un assortiment de petites entrées joliment présentées (petit bol de mélasse au sésame, petits rouleaux de salade croquante et acidulée, raviolis frits certes un peu gras mais goûteux), puis un bibimbap (riz, légumes ciselés crus, un peu de viande hachée et un jaune d'oeuf - à touiller généreusement dans un poêlon crépitant et à accompagner éventuellement de sauce soja-sésame) avec des légumes marinés servis à côté.

En dessert, il n'y avait hélas plus de tiramisu au thé vert, donc je me suis rabattu sur une galette de riz (proche du pancake) toujours au thé vert avec une glace, au thé vert aussi. Priscilla a opté pour une galette de haricots rouges (là aussi ressemblant à un pancake, pas à la version japonaise).

Avec une bière coréenne, on s'en est tiré à 75 euros pour 3, c'était super. Goûteux, copieux, ludique, je me suis régalé.

Les accortes serveuses sont un peu speedées mais très gentilles malgré une certaine barrière linguistique. La déco est sobre, et nous étions les seuls non-coréens de la clientèle, ce qui est généralement bon signe.

J'avais entendu que c'était un peu désert le soir, mais c'était plein en ce lundi - une vingtaine de couverts-, j'avais donc bien fait d'appeler pour signaler ma venue.

J'y retournerai pour goûter à la carte, plus cher (compter 35 euros) mais avec plein de choses appétissantes à découvrir, et je m'attarderai peut-être aussi sur la carte des vins, visiblement plus intéressante que dans la majorité des restaurants asiatiques.

 

- Le Pétel, restaurant franco-français, en face de la mairie du 15ème (rue Pétel, donc... métro Vaugirard). Une fourchette au guide Michelin.

Nous y sommes allés totalement par hasard avec Priscilla, un midi de semaine où nous étions allés à la Mairie et où nous voulions déjeuner ensemble avant de rejoindre nos jobs respectifs.

Le menu du midi est à 16.50 (entrée plat ou plat dessert). Le soir, on passe à 31.50 pour le repas complet.

La carte fait envie, dans le registre "classique un peu travaillé".

En entrée, j'ai opté pour le "saumon mariné et chèvre frais", un classique des "apéros pour les nuls" (vous roulez du St-Moret autour d'une tranche de saumon fumé - ou plutôt l'inverse, cf commentaires-, que vous coupez en petites bouchées ensuite - il existe une variante jambon cornichon boursin, et sûrement des milliers d'autres). Pas mal, sans plus. Salade un peu jaunie avec.

Un gaspacho pour Priscilla, avec une boule de sorbet melon. Bon, mais un peu écoeurant pour elle, qui raffole pourtant du gaspacho (moi, je trouve ça effectivement toujours écoeurant).

En plat, j'ai pris une belle bavette, bien cuite, avec une sauce au banyuls "imposant" un peu trop son goût par rapport à la viande (c'est pour ça que je ne prends jamais de sauce au roquefort avec un steack: je trouve que c'est une hérésie gustative). Accompagnement fait de petites patates type Noirmoutier cuites avec la peau, pas mal, d'une endive braisée pas très excitante, et de légumes type ratatouille, frais mais eux aussi pas franchement bandants.

Priscilla a pris le poisson du jour (du saumon imparfaitement cuit, un peu rosé au coeur, ce qui ne devrait pas inciter Docadn à y aller), avec un risotto pas mal au niveau gustatif mais qui n'en était pas un (plutôt du riz aggloméré avec quelques fruits confits), et la même endive et les mêmes petits légumes.

A ma description, vous aurez compris que je n'ai pas été plus emballé que ça: ça vaut ses 16.50, et c'est probablement mieux que les troquets standardisés de la place de la mairie avec leur formule entrecôte frites - fondant picard à 18.50, mais ça n'est pas ultra-folichon, et il y a quelques "tics" culinaires que je croyais disparus depuis 15 ans (les accompagnements identiques dans toutes les assiettes, plus la touche décorative avec la petite feuille de salade et la betterave rapée - je n'ai pas testé les desserts-, etc). 

Service attentionné, clientèle de petits vieux du quartier qui ont leur rond de serviette, déco old school de bistrot de poche sans grand chose de remarquable.

Je ne sais pas s'il y a un réel upgrade le soir, mais je ne suis pas sûr d'aller m'en assurer.

En l'état, une fourchette Michelin qui m'échappe un peu.

 

- Et pour conclure, je me suis aventuré hors des strictes limites de mon quartier, pour pousser jusqu'à l'Auberge Bressane, dans le 7ème (entre Ecole Militaire et la Tour-Maubourg, sur l'avenue de la Motte-Picquet, soit pas trop loin non plus, hein, vous me connaissez).

C'est un dossier récent sur les "tables figées en 1950" du Figaroscope qui m'avait intrigué, et la carte annonçant du roboratif à l'ancienne avait donné envie à mon estomac, dont la subtilité n'est pas la qualité première, malgré les tarifs pas très années 50.

Donc, l'occasion faisant le larron et l'auberge étant ouvert 7 jours sur 7, un dîner avec de vieux copains overbookés qui n'étaient dispos que le dimanche soir nous y a poussés.

Ambiance vraiment "auberge" sans que ça fasse trop imitation parisienne à la Ratatouille, même si la clientèle est, elle, majoritairement touristique (une table de japonais qui croyaient avoir pris de la bolognaise avec leur steack, mais c'était de la béarnaise) et des mémés amerloques.

Le service est un peu énervant (à savoir qu'il faut tout redemander trois fois, de la carafe d'eau à l'addition, alors qu'il y a 5 serveurs et un maître d'hôtel pour 10 personnes dans la salle et que les dits serveurs, tout sourire, te répondent toujours "oui, oui, bien sûr monsieur, tout de suite" avant d'aller se griller une clope ou de se taper la discute au comptoir).

Dans l'assiette, les entrées sont gargantuesques et diablement bonnes (que ce soit la plâtrasse de terrine où le demi-kilo de saumon "comme des harengs").

En plat, le poulet à la sauce crème-vin jaune-morille est pas mal aussi, même si la sauce est un peu figée et les morilles probablement réhydratées. Les frites avec sont de bon niveau, fines, un peu molles peut-être. La aussi, bonnes portions, pour dire le moins.

En dessert, le baba m'a un peu déçu (trop massif et donc difficile à imbiber homogènement, avec des fruits confits qui ne s'imposent selon moi jamais), mais les soufflés étaient franchement top (grand marnier ou calva).

Carte des vins imposante avec des coeffs, m'a-t-il semblé, raisonnable. Côtes de Beaune Village 2006 à 40 euros dont le producteur m'échappe, plus charpenté que ce à quoi je m'attendais.

Bilan: 65 euros par personne tout de même (avec apéro et café). Un côté effectivement old school dans l'assiette et dans l'ambiance, mais un service et des prix bien 2010, eux.

Ca m'a fait penser à chez le légendaire et à mon goût un rien pénible Bobosse dans le 12ème (l'Auberge du Quincy).

Et, comme là-bas, je ne crois pas y retourner de sitôt.

Un peu trop cher pour une cuisine franchouillarde bien executée mais un peu trop proche de celle de maman ou de mémé pour ceux qui ont comme moi été élevés autour de la table, franchement glauque pour un repas en amoureux et pas super adapté pour les tablées de potes, un service un peu trop dilettante, etc.

 

 

Bref, à part Manna, on sera plutôt dans le one shot pour cette sélection du mois. Espérons que je serai plus chanceux dans mes prochaines tentatives (Cristal de Sel, FL restaurant, etc).

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Published by mixlamalice - dans Restos
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commentaires

Docadn 22/05/2011 10:29



Salut Mix,


Alors, on fait quasiment dans l'ethno là !! Jamais rien lu sur Manna, mais je note avec beaucoup de curiosité... Et merci pour le poiscaille de Pétel a éviter ;-))


Le qui a fait zéro poisson lors de ses 4 derniers "restos" parisiens (si, si) !!



mixlamalice 23/05/2011 10:21



Salut Doc: oui, concernant Manna, c'est vraiment en passant devant et en étant intrigué que j'ai ensuite vu qu'il avait eu un peu de presse, et pas l'inverse. Mais pour le coup, une vraie petite
pépite de quartier. Je ne maîtrise pas assez le bibimbap pour te dire de traverser Paris si tu loges dans le 20ème, mais si tu es dans le quartier de la Motte-Picquet, voire Montparnasse, ça peut
valoir le coup de faire quelques arrêts sur la ligne 6.


Il n'y a pas beaucoup de restos coréens sur Paris (quoiqu'on en trouve un certain nombre dans le 15ème), à part les "barbecues", et j'ai donc l'impression que ce sont encore assez souvent des
trucs assez authentiques... (d'ailleurs, entre celui-là et bibimbap boulevard de l'hôpital, c'est pas vraiment dans des endroits funkys). Je ne sais pas si ça va durer, puisque leur nourriture
"saine" commence à avoir pas mal de pub, dans ces temps où le légume oublié cru est érigé en étendard gastronomique. Est-ce que ça va être les restos japonais des années 2010? 



JF 19/05/2011 20:25



"vous roulez du St-Moret autour d'une tranche de saumon fumé, "


 


Le St-Moret *autour* du saumon, fau'l'faire...



mixlamalice 19/05/2011 20:51



j'ai même fait mieux: je me suis relu, je me suis dit que j'avais inversé, et du coup j'ai réécrit... ça.



ChTom 19/05/2011 20:20



Une fois avec Beufa on s'était dit "


-Putain ça casse les bollocks d'être toujours assis comme des cons sur ces tabourets qui font mal au cul à boire ces bières dégueulasses (ou l'inverse) en écoutant les Doors et Leonard Cohen en
boucle.


-Ouais t'as raison, on devrait aller à la Flêche d'Or.


-Trop sur"


 


C'était en 2002. Ben tu vois, quand j'ai fini par y aller 7 ans plus tard, on m'a demandé ce que signifiait le petit sourire que j'affichais. J'ai pas trouvé les mots.



mixlamalice 19/05/2011 20:53



Et du coup t'es allé à l'International, où la bière est dégueu et pas de tabourets, mais où la musique est plus moderne...



ChTom 19/05/2011 19:31



Dixit celui pour qui l'aventure commence au périph...



mixlamalice 19/05/2011 20:03



D'apres ma carte, j'ai quand meme passé deux ans à 5600 kms de Paris, pendant que d'autres ont mis 7 ans à découvrir le 11ème...



ChTom 19/05/2011 17:47



Ca arrive, dès que j'ai un appart !



mixlamalice 19/05/2011 17:54



Ah la la ces bobos qui se la jouent aventuriers et leur "couch surfing"...