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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 14:26

Même les plus grands ont eu des (gros) coups de mou. Pas tous, certes: AC/DC n'a heureusement jamais sorti d'album pop ou néo-métal.

 

Voila néanmoins, pour rigoler, quelques ratés énormes de groupes ayant pourtant eu, au moins jusqu'à un certain point, une carrière très respectable.

 

- Kiss meets the Phantom of the Park: Alors qu'en 76-77 le groupe commençait à connaître un succès mondial grâce au live Alive!, à l'album Destroyer et aux deux qui suivirent très rapidement (Rock'n'roll over et Love gun, trois albums sortis en moins de 18 mois), ils décidèrent de capitaliser à mort.

Gene Simmons et Paul Stanley, qui n'ont jamais prétendu faire de l'art et encore moins être désintéressés, ont eu quelques excellentes idées: comics produits par Marvel, déguisements Halloween, poupées et jouets divers, etc. On peut même arguer qu'ils ont anticipé le nouveau modèle économique musical (vente de disques en chute libre, explosion du marché des concerts), puisque depuis leur reformation en 1996, le pognon qu'ils amassent vient essentiellement de leurs gigantesques tournées, les albums, souvent médiocres, n'étant guère plus qu'un moyen de promotion annonçant les concerts.

Mais ils ont aussi commis quelques boulettes.

Chaque membre du groupe a par exemple sorti un album solo, avec sorties synchronisées. Ventes: bof.

Mais le pire était à venir: un film ayant le groupe pour star.

Annoncé comme un équivalent de Star Wars, le film prit beaucoup de retard à l'écriture, le budget ne fut finalement pas au rendez-vous, et après moult délais, fut au bout du compte directement projeté à la télé pour Halloween 78.

Il semble que le groupe n'en soit pas extrêmement fier - vu leur swagger, ça veut dire beaucoup-, cependant il a été ajouté au 2ème DVD retraçant leur carrière.

Il faut dire que ça a atteint un petit statut culte chez ceux qui aiment à la fois Kiss et les nanards.

Un grand moment de cinéma, avec effets spéciaux en bois, histoire en carton (les membres de Kiss sont en fait vraiment doués de pouvoirs magiques, et ils doivent contrer un vilain savant fou dans un parc d'attraction), et acting toc.

Un extrait, âmes sensibles s'abstenir:

 

 

- Ed Hunter: Lors de sa plus mauvaise période, à la fin des années 90, Iron Maiden a dédié un album, moyen, au thème de la "réalité virtuelle". Steve Harris, le bassiste et âme pensante du groupe, annonce qu'un jeu autour de l'univers d'Iron Maiden et de sa mascotte Eddie est en préparation. Et qu'il va détrôner Duke Nukem et ses concurrents, haut la main.
Las, le développement du jeu prend la aussi beaucoup de retard, et la version finale sera loin, très loin du niveau annoncé. Et même largement en-dessous des standards de l'époque: très moche et injouable, il sera sorti sans beaucoup de publicité, en vente chez les disquaires et non dans les magasins de jeux, dans un pack 2 CDs comprenant une énième compile du groupe pour faire passer la pilule et au moins rallier les collectionneurs.
La plus grosse faute de goût dans la carrière presque sans tâche de la Vierge de Fer, à qui on ne peut reprocher autrement qu'un album vraiment faible (No Prayer for the Dying) et la manie assez récente de sortir un live par album studio.

 

 

Après les produits dérivés, revenons à du plus classique: les orientations musicales malheureuses.

 

- Metallica, St Anger: Depuis l'avènement du Black Album, Metallica fait à peu près n'importe quoi. Ou plutôt, semble prêt à tout pour se faire encore plus de pognon, alors qu'ils étaient devenus l'un des plus gros groupes du monde grâce à une évolution plutôt naturelle, du trash brut de décoffrage d'ados boutonneux à un heavy assez sophistiqué et mélodique.
Tout a commencé par Load, un album lorgnant du côté pop-grunge des premiers opus de Radiohead. Les fans en ont perdu la tête (sauf ceux qui pensait déjà que le Black était une merde commerciale).
Reload était encore pire, heureusement Garage Inc., un album de reprises potable, et le live S&M, sortis à la même époque, rachetaient un peu tout ça.
S'en est suivie une longue pause (plus de 5 ans), marquée par le départ du bassiste Jason Newsted et la cure de désintox de James Hetfield, entre autres.
En 2003 sort Saint Anger, avec Robert Trujillo (ex-Suicidal Tendancies, qui a aussi joué avec Ozzy).
Fini le pop-grunge, place au néo-métal et à tous les clichés qui l'accompagnent: cheveux courts et peroxydés, gros boucs, clip tourné dans une prison, son de batterie insoutenable, no soli, chant parfois limite rappé etc.
Une catastrophe entérinée par la sortie simultanée du pathétique documentaire "Some kind of monster" où l'on voit des musiciens millionaires de plus de 40 balais moins matures que la plupart de leurs fans prépubères s'engueulant devant un "coach-thérapeute" affligé. Ca ressemble à Anvil! mais sans le côté sympathique.

 

 

- Megadeth, Risk: A peu près à la période Load-Reload de Metallica (1999), Mustaine sort un nouvel album de Megadeth, censé être celui qui les amènera au panthéon musical. En tout cas, à passer sur les ondes radios US, grâce à un mélange d'électro-pop-rock un peu malsain, un mauvais mélange de Manson et de Nine Inch Nails.
Mustaine n'a jamais vraiment digéré son éviction de Metallica en 1983, et Megadeth a quasiment toujours suivi, en parallèle mais dans l'ombre, la même carrière. Normal qu'ils sortent des albums à chier au même moment, qui en plus de ne pas faire gagner de nouveaux fans, a fait fuir les anciens, qui se sont rendus compte qu'il fallait mieux aller voir ailleurs.
On peut voir une confession la aussi un poil pathétique du cher Dave dans le documentaire cité précédemment:

 

 

D'ailleurs, le parallèle est toujours d'actualité aujourd'hui, puisque les deux groupes ont sorti récemment des albums "retour aux sources", qui fleurent autant l'authenticité que l'album rock de Céline Dion.

 

- Manowar, Gods of War: Je conçois qu'on n'accroche pas à l'univers plus cliché que cliché de Manowar. Du cuir, des choppers, de la bière, des pouffiasses, de la testostérone sous diverses formes, des chansons qui traitent plus ou moins métaphoriquement de ces différents thèmes (parfois en faisant appel aux vikings ou autres barbares).
Cela dit, dans leur style musical, composé de trois types de chansons (la ballade épique, l'hymne fédérateur mid-tempo à base de whohoho et le morceau in your face de 3 minutes avec un gros riff à 200bpm et de la double pédale), ils étaient plutôt efficaces.
Depuis quelques années, Joey de Maio aime à dire que Wagner était le premier compositeur de heavy metal de l'histoire. A vrai dire, je crois que je peux comprendre, et là n'est pas le problème.
Le problème, c'est qu'il s'est mis dans l'idée de foutre de la musique classique au milieu de Manowar.
Alors, tant qu'il y avait une reprise de Nessun Dorma ou une intro "lyrique" par-ci par-là, ce n'était pas trop gênant.
Mais dans leur dernier album studio de 2007, il n'y a quasiment plus que ça. Des envolées au clavier bontempi, avec un accord de guitare plaqué de temps à autre, et des tempos d'arthritiques avec des lignes de violons programmées...
Une catastrophe, même si heureusement le chanteur est brillant.
Le pire étant qu'ils continuent dans cette voie avec un album concept sur la saga Asgard, en collaboration avec un écrivain allemand... Fini le bon vieux temps des Metal Warriors et autres Wheels of Fire.

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Published by mixlamalice - dans Musique
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commentaires

postdoc 18/06/2010 12:50



Il faut croire que le m'etal n'est pas le genre favori du chercheur gastronome moyen.



mixlamalice 18/06/2010 13:41



Ca doit être ça. Ou alors, les hardos sont des gens extrêmement timides (pas mal de visites google ici sont dues à des recherches orientées "metal").



mixlamalice 18/06/2010 11:49



Notre pays est affligeant (en tout cas ses politiques et autres culs serrés): http://www.lemonde.fr/culture/article/2010/06/18/hellfest-la-consecration-du-plus-gros-festival-de-metal-francais_1374723_3246.html 


Et un petit lien plus amusant: http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_genres_de_metal



mixlamalice 16/06/2010 16:09



Pourquoi quand je parle de métal, tout le monde s'en branle, alors qu'il y a toujours du monde quand je parle de bouffe ou de recherche?


Le pire c'est l'indifférence, personne peut se dévouer pour me dire que j'écoute de la merde? Le mieux, ça serait un fan de M, au moins on pourrait se fighter. Un effort, merde.