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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 19:08

Que faire des enseignants-chercheurs non-publiants?*

Question complexe.

A laquelle comme toujours l'administration va trouver une réponse aussi simple qu'inadéquate.

 

Un exemple dans l'établissement qui m'emploie:

Il a été décidé que les non-publiants ne seraient pas affectés à des équipes de recherche. Soit. J'imagine que ça permet entre autres d'avoir des évaluations AERES pas trop pourries au moins au niveau des équipes.

 

Sauf que, j'entends depuis un bon bout de temps la rumeur (qui semble se confirmer car je viens de croiser un non-publiant en train de gueuler comme un putois à ce propos dans un couloir) que les heures complémentaires des personnels non affectés à des équipes de recherche ne seront pas payées. Soit.


Mais alors si je comprends bien, l'an prochain, les non-publiants diront fuck off à tout ce qui est au-delà de leurs 192HED statutaires (en tout cas c'est ce que je ferais à leur place)**. Or les heures complémentaires à faire existeront toujours.

Donc qui qui c'est qui devra les faire? Les personnels des équipes de recherche, eg les publiants. Donc, ils auront moins de temps pour faire de la recherche, donc ils publieront moins.

 

C'est con hein? Est-ce que quelque chose m'échappe, est-ce que je suis le seul à m'être rendu compte que c'est la quadrature du cercle ou est-ce que tout le monde s'en fout?

 

 

* Addendum: comme Aisling le souligne en commentaire, il est aussi possible que la réponse soit "rien", dans la mesure où la nouvelle mouture de l'AERES n'évaluera plus cette population. Toutefois, la "compétition internationale" ainsi que l'autonomie me fait croire que les universités continueront de s'en préoccuper.

 

** parce que bon, faut pas rêver, les universités ne vont pas recruter à tour de bras... non seulement ce n'est pas le chemin suivi par la fonction publique actuellement, mais il faut aussi être conscient que payer un vacataire ou des heures sup coûte beaucoup moins cher que de recruter un ATER, sans parler d'un MCF ou d'un PU. (à la louche, 200HED d'HC ou de vacations = 10k€ pour l'employeur, 1 ATER = 40k€)

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Published by mixlamalice - dans La recherche
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commentaires

mixlamalice 31/05/2013 10:18


Un ami me suggère un mot simple: "vacataires". Il a sûrement raison, c'est ça le sens de l'histoire: l'"externalisation" de la fonction publique. Se pose la question de la compétence, mais bon,
qui ça intéresse? (il n'y a qu'à voir les annonces pour remplacements dans le secondaire)


C'est probablement un moyen terme; à court terme, la solution consiste si je comprends bien à fermer les formations à tour de bras, donc à faire la chasse aux heures sup pour tout le monde, vu
qu'on ne recrute plus.


C'est une vision qui se défend, mais parler alors d'"Etat stratège" et annoncer que l'enseignement supérieur est la priorité des priorités, et la recherche et l'innovation les moteurs de la
croissance du futur et du renouveau du pays, est sans doute un peu fort...

postdoc 29/05/2013 22:12


Pourquoi ne pas moduler la charge d'enseignement tout simplement ? Plein de papiers leader → peu d'enseignement (disons 64 heures). Peu de papiers → plein d'enseignements (disons 384 heures). Le
tout évidemment pour le même salaire pour tout le monde, la charge d'enseignement supplémentaire compensant les missions non remplies au niveau de la recherche. Bon, évidemment ce genre
d'arrangement ne passerait jamais les fourches caudines des syndicats.

mixlamalice 30/05/2013 09:59



tout est dans le détail du "tout simplement": est-ce que c'est un one way ticket ou est-ce qu'il y a des possibilités de passerelles? 


Dans mon département US, le "head du département" ne faisait quasiment pas de recherche, mais quand il a laissé sa place il a remonté un petit groupe (avec quel budget je ne sais pas). Comme on
aime bien mettre les gens dans les cases, je ne sais pas comment ça se passerait...


 


A mon avis, la solution passe plutôt par une meilleure prise en compte des tâches administratives: eg, il faut admettre que gérer un labo ou un M2, ça occupe 1/4 de son année ou quelque chose
comme ça si on veut le faire bien, et pas "20 HED" ou 0...


 


 


Le pb d'une réponse "autonome" (c'est à dire univ par univ) est que les personnels se réfugieront derrière leurs statuts "nationaux" (et ils auront raison). Donc la solution ne peut passer que
par une modulation des statuts du décret de 1984. Enfin, je pense.



Aisling 29/05/2013 21:38


Je croyais que cette notion de personnel non publiant avait disparu avec la nouvelle mouture de l'AERES qui n'evalue plus au niveau des individus mais des groupes/departements/themes, granularite
au choix du labo?

mixlamalice 30/05/2013 09:52



J'ai entendu les mêmes échos (et trouve ça dommage: cette notion complexe quand il s'agit de "savoir quoi faire" de ces personnels, permettait aussi à un établissement de prendre un peu de recul
sur sa gouvernance/politique d'embauche etc: si un établissement a deux fois plus de non-publiants que la moyenne, je pense que c'est quelque part un peu de sa faute aussi, et ça permet d'essayer
de rectifier le tir).


 


Dans ce cas, les non-publiants sont ceux de la précédente évaluation, ou ont même été définis en interne et en amont* avant la vague précédente d'évaluations AERES. Il y a une corrélation très
proche de 1 entre "non appartenant à une équipe de recherche" et "non publiant", les quelques exceptions étant des jeunes MCF dont l'équipe a été dissoute (soit parce qu'évaluée C par l'AERES
soit parce que les autres membres sont partis, à la retraite ou pour un monde meilleur) entre leur arrivée et aujourd'hui, et qui sont un peu dans un no man's land. La direction de la recherche
essaye actuellement de les recaser...


 


* en prenant je pense les critères de l'AERES qui ne sont pas ultra-contraignants, soit moins d'un papier (article, proceeding, brevet... quel que soit la place dans la liste d'auteurs) tous les
deux ans.



FBLR 29/05/2013 21:24


C'est vraiment pas possible d'être aussi débile.


Le mieux aurait été de supprimer tous les avantages liés à la recherche (genre remboursement de transport pour participer à une conf ou autre)...


Ce pays m'agace chaque jour un peu plus

mixlamalice 30/05/2013 09:56



En fait les non-publiants partent pas trop en congrès et n'ont pas trop d'avantages inhérents (hormis de se sucrer en heures sup)...


J'ai plutôt envie de dire: si vous recrutez des EC avec un profil recherche et qu'ensuite vous les flinguez de cours, pourquoi ne pas recruter directement des PRAG? au moins la question du double
service ne se poserait plus...



JF 29/05/2013 21:00


J'imagine que l'idée est de limiter les incitations à ne pas publier : une de ces incitations est de faire des masses d'heures complémentaires sur le temps libéré en ne faisant pas de recherche,
et donc de se faire un gentil petit bonus, tout en ne faisant pas (la totalité de) son travail. D'où l'idée de ne pas payer les heures sup aux gens qui ne font pas leur travail (dans sa
composante recherche); sur le papier c'est logique (si tu ne fais pas la totalité de ton taf, on va pas te payer des heurs sup).


 


Ceci dit, comme tu le signales, en ce qui concerne la mise en place y'a comme un défaut... :-/

mixlamalice 29/05/2013 21:27



J'avais en effet compris la logique initiale (avec laquelle je suis d'accord même si n'ai pas trouvé de moyen d'application simple)... la mise en place comme tu le dis l'est déjà moins...


Je suis aussi pour une prise en compte le poids de l'histoire: la plupart des non-publiants, chez nous, sont proches de la retraite et j'ai de la peine s'ils n'ont pas fait de recherche par choix
ou parce que la politique de l'établissement était alors clairement centrée sur l'enseignement et l'incitation à faire de la recherche nulle voire négative (je parle de temps bien avant l'AERES
qui a eu le mérite de mettre quelques coups de pied dans des fourmillières endormies). Je penche pour la 2ème solution... et les "boucs émissaires" sont donc un peu "facilement" désignés. Comme
je le disais dans un autre article j'en cotoie quelques uns, qui font des heures sup certes, mais qui passent un temps fou à "gérer" des UEs ou des cursus, vachement mieux que plein de "nouveaux"
(moi compris) qui ont pas que ça à faire...