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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 16:32

"A partir d'octobre 1939, il est interdit de citer un auteur juif dans une thèse de doctorat, à moins que cela ne soit absolument indispensable pour des raisons académiques, et dans ce cas sa qualité de juif doit être clairement indiquée".

 

C.R. Browning, Les origines de la Solution finale (Points).

 

Quelque part, j'y vois autant la folie du régime nazi que dans le génocide proprement dit.

Qu'au beau milieu des ratonnades et privations civiques, en chemin vers les éxecutions sommaires puis l'assassinat de masse organisé, il y ait eu des bureaucrates pour penser à édicter ce genre de règles quasi-futiles (comparées au reste) et les faire appliquer, est, je trouve, extrêmement difficile à conceptualiser.

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Published by mixlamalice - dans La recherche
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Guils 06/11/2011 22:47



Je ne suis pas certain que ce soient forcément des bureaucrates qui ont pensé à ça.


Dans les années 1930, une partie des physiciens allemands, qui critiquaient Einstein et la Relativité, ont formé un mouvement
scientifique nommé deutsche Physik (http://en.wikipedia.org/wiki/Deutsche_Physik). Après l'exil des scientifiques juifs
(http://en.wikipedia.org/wiki/German_nuclear_energy_project#Emigrations), ces physiciens sont restés seuls en poste dans les universités et ont pris une sorte de revanche contre leurs anciens
collègues en imposant leurs théories.


Heureusement pour l'Humanité que les nazis ont poussé au départ les meilleurs physiciens de l'époque vers les Etats-Unis, où
beaucoup participèrent au projet Manhattan, puisqu'eux-mêmes eurent bien du mal avec leur projet de bombe-A...



mixlamalice 07/11/2011 09:35



Oui, tu as sans doute raison: de plus, il y avait aussi beaucoup de Herr Doktor dans l'organigramme du parti (mais qui assumaient donc des fonctions de bureaucrates).


Est-ce que l'idée est venu du bas (Heidegger et autres présidents d'Université, ou les membres de Deutsche Physik) ou de plus haut (quel que soit l'entité qui gérait ces questions - je ne pense
pas non plus que l'ordre vienne de très haut), je n'en sais rien...



Chrisos 03/11/2011 10:16



les allemands sont très méthodiques et rigoureux, jusque dans le n'importe quoi.


tout à fait en ligne avec les autdafés de livres.


ils en voulaient non pas aux hommes, femmes et enfants juifs, mais à l'idée de juif



mixlamalice 03/11/2011 14:08



Ce que montre ce bouquin, et d'autres, est en fait une extrême désorganisation, pas classique mais du type "trop d'organisation tue l'organisation".


Le système nazi était caractérisé par une multitude d'officines, de sous-officines, de structures parallèles et toujours "en compétition" (l'armée, la SS, les responsables des territoires
occupés, le "gouvernement central", et toutes les sous-structures comme la Gestapo, le HSSPF, le RSHA, les EinsatzGruppen, etc à tel point qu'il est extrêmement difficile de définir un
organigramme cohérent de l'organisation nazie). Il semble aussi que dans bien des cas, il n'y avait pas d'ordres stricts venus d'en haut, mais plutôt des directives "vagues" et bourrées de jargon
flou. Libre aux responsables locaux ou régionaux d'interpréter au mieux ces directives, toujours dans cet esprit de "compétition" avec les autres responsables. Il se trouve que ceux qui les
interprétaient de la façon la plus radicale qui soit étaient souvent promus plus vite que les "légalistes" qui dans le doute s'abstenaient ou demandaient des éclaircissements... D'autres
directives venaient ensuite appuyer a posteriori les "meilleures" initiatives locales. Il est visiblement difficile de déterminer ce qui fut d'origine "centrale" de ce qui fut d'origine
"périphérique", les deux se nourrissant de feedbacks successifs.


 


 


Par exemple, ici, le "simple" organigramme du RSHA:http://fr.wikipedia.org/wiki/Reichssicherheitshauptamt