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  • : La vie au labo
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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 17:29

D'un côté, mon établissement nous (les enseignants-chercheurs) explique que l'activité minimale, pour obtenir des postes, en enseignement est de 192hed devant élèves. Autrement dit, toutes les activités d'enseignement autres, rebaptisées sous le vocable référentiel (jurys, responsabilités de diplômes, tutorat, direction de laboratoire, création de cours ou de formations...) n'est prise en compte qu'une fois les 192hed devant élèves effectuées.

Ainsi  on vient de sucrer dans notre équipe pédagogique 1.5 ETP en 3 ans (sur un total d'environ 10) alors que nous sommes en moyenne à plus de 250HED/an/EC MAIS environ 180 HED devant élèves et le reste en responsabilités diverses (nous sommes très impliqués dans diverses formations par apprentissage, dont un master, qui génère pas mal d'"activités de référentiel") pour lesquelles nous ne faisons strictement qu'appliquer les barêmes qui nous été soumis. On nous le justifie en nous disant que "nous ne faisons pas notre service".* 

 

Dans le même temps, on nous explique qu'il est normal que les services gestionnaires de nos conventions de recherche soient fermés 3 mois dans l'année, qu'on ait     besoin de 3 mois pour signer une convention de stage ou faire un contrat pour un post-doctorant, ou encore qu'on ait absolument besoin d'un RIB pour passer une commande à l'étranger ou qu'il soit impossible de faire un bon de commande prévisionnel chez Sigma ou VWR pour pallier les 3 mois de fermeture. J'en passe et des meilleures, comme le fait qu'aucun nouvel arrivant MCF n'ait droit à une quelconque décharge d'enseignement, par exemple.

 

Et pourtant, en parallèle, nous recevons des messages enflammés nous expliquant à quel point la recherche est prioritaire aux yeux de la direction, nous poussant à demander des primes d'excellence (ou dite "d'encadrement doctoral" aujourd'hui), s'insurgeant de l'auto-censure des personnels, mais aussi du faible taux de réussite des rares déposants**, ce qui impacte les évaluations de l'établissement par les instances. On nous explique aussi que des personnalités très importantes montent au créneau pour faire bouger des critères d'évaluation peu adaptés aux spécificités de notre bel établissement.

 

Alors, je me demande: est-ce qu'on se fout de notre gueule, ou est-ce que les directions protéiformes sont inconscientes du merdier dans lequel elles nous mettent?

 

 

* il y a d'ailleurs une autre contradiction ici puisqu'on nous demande de "rationaliser" notre enseignement (supprimer les UE doublons assurées par des départements différents, mutualiser le plus possible, fermer les formations n'attirant plus assez de monde, minimiser les doublements de tds etc). Or, on se rend compte que ceux qui "jouent le jeu" se voient reprocher l'année d'après de ne pas faire assez d'heures et se voient donc refusées leurs demandes de poste, pendant que ceux qui expliquent dès le départ que leur enseignement est génial et pensé de façon optimisée, et qu'ils ne changeront rien, récupèrent les postes.

 

** de mémoire, il y a quelques années, il y avait une dizaine de PES pour plus de 300 EC dans l'établissement. Je ne pense pas que ça ait grandement changé depuis.

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Published by mixlamalice - dans La recherche
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commentaires

mixlamalice 17/05/2014 21:45


Je précise que les heures de "référentiel" sont (ou devraient être) des heures comme les autres. Ce sont des activités d'enseignement (administratives, ou pas d'ailleurs, comme les jurys ou le
tutorat - dont on se demande bien pourquoi on considère qu'elles ne sont pas "devant élèves") qui doivent être faites, et comptabilisées et dont on ne comprendrait pas pourquoi elles ne devraient
être faites qu'en heures complémentaires. 


L'an dernier, par exemple, j'ai fait 200HED dont 35 en référentiel, et ça n'a posé aucun problème. Pour le paiement, cette année encore, pas de problèmes, mais comme des collègues de l'équipe
sont dans le même cas, par contre ça a impacté le renouvellement de notre ATER. Après, peut-être qu'on aurait trouvé une autre raison si ce n'avait été celle-là.

DM 15/05/2014 18:28


Il est classique que dans les établissements il y ait un décalage entre d'une part les objectifs ronflants des discours de certains dirigeants (p.ex. qui nous encouragent à demander des contrats
prestigieux), d'autre part le fonctionnement des services administratifs (pas forcément capables de les gérer).


Est-ce que vous vous plaignez à la direction?

mixlamalice 15/05/2014 22:42



Il y a eu des tentatives, tant individuelles que collectives ou syndicales... globalement, j'ai l'impression qu'on nous écoute plutôt plus qu'il y a quelques années (et qu'il y a aux "hauts
postes administratifs" des gens plutôt pas mal quand on arrive à faire appel à eux), mais qu'il y a beaucoup moins de pèze, donc les deux ont tendance à se compenser...



Lemoigno 15/05/2014 18:27


À la dernière question, la réponse 2 est la bonne, je pense...


Pour avoir été directeur adjoint d'une UFR plurisciences, même en continuant à enseigner environ 150 HETD/an, il est indéniable qu'on s'éloigne du quotidien des collègues tant on a d'autres
problèmes à gérer. Le contraire est également vrai : l'enseignant lambda imagine assez mal les problèmes de gestion d'un gros machin comme une UFR (et je ne parle même pas d'un établissement).


D'un côté, la direction fait assez peu de cas des petites misères qui bouffent la vie des enseignants : un vidéo-projecteur en panne est une broutille, sauf pour l'enseignant qui s'en aperçoit en
rentrant dans l'amphi et doit improviser, par exemple. De l'autre, les "yaka/faukon" surgissent assez vite dans les revendications des collègues qui viennent se plaindre à la direction :
difficile de leur expliquer la complexité d'une situation dont ils ne voient qu'une petite partie.


C'est au final parfois un dialogue de sourds mais il est tout de même de la responsabilité d'une direction de fac ou d'université de faire l'effort d'écouter la base. Les bonnes intentions
d'avant élection restent toutefois souvent lettre morte, tant l'exercice de ce (tout petit) pouvoir change parfois beaucoup les gens...

mixlamalice 15/05/2014 22:40



Merci pour ce comm "de l'autre côté du miroir" qu'il est toujours bon d'avoir. Je ne peux qu'imaginer le merdier "administratif" que ce genre de postes peut être (et aussi le "melon" que le
pouvoir peut générer chez certains). Il y a deux problèmes parfois: des personnes veulent ce genre de postes parce qu'elles cherchent le pouvoir mais sont déjà surchargées ET on a tendance à ne
filer ce genre de responsabilités qu'à ce genre de profils.


Après, mon coeur balance entre les postes admins pour les chercheurs versus les postes admins pour des admins professionnels ne pigeant pas vraiment les spécificités de la recherche. 



Lazarre 15/05/2014 17:54


Ma réponse usuelle dans ce genre de situation est "Hé bien dans ce cas nous arrêtons les activités de référentiel".


Ca fait grogner, ça provoque pas mal d'appels à l'investissement désintéressé et aux bons sentiments, ça provoque des éclats de voix, mais au final ça fait son effet.

mixlamalice 15/05/2014 22:34



J'y viendrai peut-être mais ça m'embête, entre deux, j'avoue que j'aime bien ça avoir un peu de référentiel... Après, c'est vrai que si le choix c'est 300hed dont 50 de référentiel ou 250 sans
référentiel, je finirai par faire comme toi.


Je suis aussi assez partisan de dire non à tous les arguments du style "investissement désinteressé, sacerdoce, tout ça..."