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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 18:13

Le Kazakhstan est un pays d'Asie Centrale assez méconnu malgré Sacha Baron Cohen et le subtil Borat (qui ne se veut pas un documentaire réaliste sur le pays*) ou les exploits plein de panache (je dis ça sans ironie: dopé ou pas, le panache ne s'invente pas; demandez à Denis Menchov ou Jan Ullrich) du transfusé Vinokourov.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d3/Flag_of_Kazakhstan.svg

Le beau drapeau du Kzakhstan, Source Wikipédia

 

On ignore par exemple souvent que ce pays est le 9ème plus grand du monde, faisant à un poil près la même taille que l'Argentine, et grosso modo 4 fois la France en superficie. 

On y compte 16 millions d'habitants (soit 4 fois moins qu'en France). Ces deux chiffres font comprendre pourquoi le pays est largement composé de steppes désertiques et de hautes montagnes (point culminant du pays, le Khan Tengri, est à 7000 mètres, dans la chaîne des Tian Shan constituée d'un bon paquet de sommets à 4000, 5000 et 6000 mètres).

Le pays possède des frontières avec la Chine et va à l'Ouest jusqu'à la mer Caspienne et au Nord jusqu'à la Sibérie avec des frontières avec la Russie, l'Ouzbekistan, le Kirghizistan et le Turkménistan.

La capitale est Astana depuis 1998, cité "futuriste" construite quasiment de rien au milieu du désert au nord du pays avec la volonté d'en faire le "Dubaï des steppes". L'ancienne capitale (pendant 70 ans) et toujours la ville la plus peuplée du pays (10% de la population) et plus ou moins son coeur économique est Almaty, au sud-est, quasiment à la frontière kirghize et pas très loin de la Chine (en tout cas à vol d'oiseau).

A l'origine peuplé quasi uniquement de nomades, ceux-ci ont été sédentarisés (et largement décimés) par Staline, qui s'est longtemps servi du pays comme une espèce de poubelle géante ("prisons" et "goulags" pour diverses peuplades, essais nucléaires etc). Il en résulte aujourd'hui une multiethnicité assez forte, avec en proportion importante des kazakhs (les descendants des dits nomades, voisins des mongols), russes, ouzbeks, dounganes, ouïghours, géorgiens, allemands, coréens, ukrainiens etc. L'assimilation et la vie en commun ne semblent pas poser de problèmes particuliers et se ressent beaucoup dans la gastronomie du pays (j'aurai le temps d'en reparler).

Il n'y a par contre presque plus de nomades (0,1% de la population ou quelque chose comme ça) et la mythologie de la vie dans les yourtes à cheval est désormais presque reléguée au rang d'attraction pour touristes (la plupart des yourtes que l'on peut rencontrer sont des "chambres d'hôtel" en plastique).

Le climat est on ne peut plus continental (c'est le plus grand pays sans accès à l'océan): donc prévoyez votre écran total en été, avec des températures de l'ordre de 35 degrés ou plus. En hiver, le voyage est je pense déconseillé (-40 dans la steppe, -10 à Almaty)

La langue officielle est le kazakhe (langue turque) mais la langue la plus utilisée reste le russe.

La religion majoritaire est l'islam, mais il y a relativement peu de pratiquants "stricts" (ils ont préféré assimilier la religion soviétique de la picole) même si on peut voir un peu partout dans le pays fleurir les mosquées.

Il semble assez nécessaire de visiter le pays avec quelqu'un parlant et surtout comprenant un minimum le russe, et sachant lire le cyrillique. L'anglais n'est ici d'aucune utilité, à part probablement dans les grand hôtels ou quand on rencontre des jeunes de la classe aisée. On apprend assez vite les 30 ou 50 mots permettant de marchander avec le taxi et de commander au resto, mais la situation peut rapidement devenir complexe, ne serait-ce que par exemple pour commander un billet de train: le site internet n'est disponible qu'en russe et en kazakhe. A la gare, les guichetiers sont directement hérités du soviétisme (ils feraient passer n'importe quel guichetier de la Poste pour un croisement entre Gandhi et l'abbé Pierre). Ils vous braillent dessus en russe au bout de 10 secondes si vous répondez mal à leur question, et la communication se fait à travers une vitre blindée par le biais d'un micro dont la qualité laisse penser qu'ii est lui aussi hérité des années soviétiques. Comme de plus tout le monde essaie de vous griller dans la queue, je pense que ça peut être un grand moment de stress et une épreuve presque impossible pour le non-russophone.

La monnaie locale est le Tengue: 180T = 1euro, 150T = 1$. On trouve des distributeurs automatiques à tous les coins de rue à Almaty, dans les centres commerciaux dans les villes de taille moyenne (Chymkent par exemple), et plus difficilement dans les petites villes. On trouve aussi beaucoup de bureaux de change pratiquant à peu près tous les mêmes tarifs et ravis de récupérer vos euros et dollars.

 

Le Kazakhstan est une "République" indépendante depuis 1991 (ancien satellite de l'ex-URSS) et dirigée depuis 1989 (comme Premier Secrétaire d'abord puis comme Président ensuite) par Nursultan Nazarbaev, brave homme présentant néanmoins quelques tendances autocratiques (réélu moult fois à 90% des suffrages et ayant modifié la Constitution pour se représenter ad vitam aeternam, le principal parti d'"opposition" était par exemple dirigé par sa fille; il a depuis fusionné avec le sien. On voit beaucoup sa bibine en 12*4 un peu partout le long des routes du pays et à la télévision aussi). 

La situation politique semble néanmoins difficile à jauger: le pays possède beaucoup de ressources (pétrole, bientôt dans le "top 10" des exportateurs, mines de fer, uranium, charbon, etc). Si Nazarbaev et sa famille font probablement partie des plus grandes richesses mondiales, il a su également dans une certaine mesure en faire profiter les habitants, dont le PIB a été multiplié par 4 en 15 ans. Il atteint aujourd'hui en gros 1000$/mois/habitant et est proche en terme de niveau de vie de celui de pays comme le Brésil, l'Argentine, la Turquie ou la Roumanie, et largement supérieur à celui de ses voisins ex-soviétiques (gouvernés par des régimes visiblement plus autocratiques, moins stables et sans profits visibles pour la population). Il y a certainement une grande disparité entre les citadins d'Almaty, Astana, Chymkent etc et les villageois ou quelques nomades restants, mais la classe moyenne des grandes villes est entrée de plain-pied dans la société de consommation et aime étaler les signes extérieures de richesse par le biais de grosses bagnoles et de tous les gadgets possibles et imaginables (de l'ipad à l'aspirateur automatique en passant par les téléphones portables dernier cri). Du coup, la population n'évoque jamais la politique, sans qu'on sache si c'est à cause des interdits ou parce qu'ils sont globalement heureux de leur sort et de la stabilité du pays, ou un peu des deux (il faut quand même mentionner des révoltes ouvrières dans la région pétrolière il y a quelques mois, réprimées avec une finesse que ne renierait pas V. Poutine).

Donc, comme dans un certain nombre de pays au régime "fort", la principale source d'emmerdes tant pour le touriste que pour le citoyen lambda semble venir de la police elle-même: la délinquance dans les villes a l'air très faible (quelques pickpockets dans les zones très peuplées et quelques faux "taxis" tard le soir, paraît-il), mais les flics ont beaucoup de pouvoir, dont celui de faire "chanter" le contrevenant qu'il soit fictif ou réel. Ainsi, le cousin de Priscilla qui était notre hôte ne conduisait jamais sans attacher une caméra à son pare-brise (pour avoir une preuve en cas de mise à l'amende abusive). On peut être contrôlé à tout moment (ne jamais se balader sans son passeport) et conduire en ayant bu ne serait-ce qu'une goutte d'alcool peut conduire au choix suivant: 2 ans de suspension de permis ou 3000$ en cash (expérience vécue par le dit cousin). 

 

En vertu de ce qui précède, le Kazakhstan n'est pas ce que je qualifierai une destination "économique", en tout cas pas plus que le Maghreb ou l'Europe de l'Est, par exemple. De façon assez semblable, il y a certaines choses très peu chères (le taxi, même en payant la "surtaxe du touriste" - voir plus bas) et d'autres extrêmement variables (on peut manger convenablement pour 5 euros mais on trouve des restos à 50, voire probablement encore plus dans les grands hôtels pour businessmen et expats). Acheter des fringues de marque ou des technologies modernes ne présente aucun intérêt, mais on trouve beaucoup de "bazars" pour acheter pas cher de la contrefaçon chinoise de tout type.

Je pense qu'il faut compter en gros 50euros par jour par personne pour des vacances "raisonnables", pas chicos mais sans privation: on peut trouver des hôtels "soviétiques" pas franchement funkys mais fonctionnels et propres pour 15-20 euros par personne. On peut déjeuner et dîner correctement pour 5 euros dans des bouis-bouis (1 plat + 1 pinte, parfois 1 entrée à partager), et faire des petits gueuletons pour 10 euros. 

Hors des grandes villes, une solution agréable peut être de loger chez l'habitant: on trouve des pensions complètes où vous serez chouchoutés pour 30 euros (bon, parfois, les toilettes sont la cabane au fond du jardin et la douche est froide, mais la bouffe à base de produits de la ferme cuisinée du feu de dieu compense largement). Difficile de trouver les adresses surtout si on ne parle pas russe, mais il existe plusieurs associations éco-touriste à Almaty (joignables par mail) qui disposent de réseaux, parlent anglais, et peuvent s'occuper de réserver pour vous si vous leur expliquez ce que vous voulez faire (avec une comm' de 10%). Nous sommes passés par l'EIRC et ça s'est bien passé, mais il y en a visiblement d'autres.

 

En ville, presque toute voiture est un taxi potentiel: il y a quelques taxis officiels qu'il ne faut pas prendre car ils sont 3 fois plus chers que tout le reste. Il y a ensuite des taxis "sauvages" (dont c'est la profession mais qui n'ont pas de licence ou équivalent). Le prix se négocie avant la course. D'expérience le taximan demande au touriste environ 2 à 2,5 fois le prix "normal" que paiera le à client local. Sauf si vous aimez négocier pendant 30 minutes (ce qui n'est pas mon cas), vous n'arriverez pas à le faire descendre à ce prix local, mais assez rapidement à +20/+50%. Il faut savoir que de toute façon, un trajet intra-muros dans une grande ville, inférieurs à en gros, 10 kms, vous reviendra à typiquement 500T, soit moins de 3 euros, donc ce n'est pas forcément très utile de s'emmerder plus que de raison pour descendre à 2,5 euros. Si on vous demande plus de 1000T, il faut fuir ou essayer de faire descendre. Les trajets plus longs sont eux aussi peu chers: 50kms * 2 (aller-retour, à 4) pour aller visiter un site archéologique nous est revenu à 25-30 euros, sachant qu'on aurait probablement pu descendre à 20.

La "taxe touriste" a aussi cours dans les marchés, bazars, et globalement partout où le prix n'est pas affiché.

N'importe quel automobiliste est également susceptible de s'arrêter si vous vous postez au bord de la route en faisant du "stop" (bras en avant et pointé vers le bas, pas pouce levé). En gros, vous ne resterez pas plus de 2 minutes sans qu'une voiture ne s'arrête. Le principe est en fait plus proche du covoiturage: vous donnez votre point d'arrivée au chauffeur, et si c'est sa direction il vous embarque. En échange, vous lui filez une petite contribution, un peu moins que le prix d'un taxi (et la généralement la "taxe touriste" ne s'applique pas). 

Il y a aussi beaucoup de bus décatis qui vous emmènent n'importe où pour 80T (moins de 50 centimes d'euros, à Almaty), mais il n'existe aucun plan aux arrêts, donc il faut demander au chauffeur ou au contrôleur (à qui là, on paye au moment de descendre), ou qu'un contact vous donne le numéro de bus à prendre. On notera aussi l'ouverture d'un métro flambant neuf à Almaty, avec beaucoup de stations encore en construction: assez grandiose (inspiré des métros soviétiques), peu cher (comme le bus), il semble plutôt affaire de "prestige" pour l'instant, et son utilisation n'est pas encore tout à fait rentrée dans les moeurs locales.

Le train est également plutôt économique (moins de 40 euros l'aller retour en train couchette pour Almaty-Chymkent).

 

Autres informations pratiques: On trouve des billets d'avion aller-retour Paris-Almaty pour un peu moins de 500 euros par des compagnies turques ou ukrainiennes (avec une escale). Notre voyage avec Pegasus, low-cost turque, s'est passé sans souci, mais par contre les avions arrivent et repartent à 4 ou 5h du matin. La seule ligne semblant proposer des horaires "raisonnables" est Lufthansa, mais les tarifs sont loin d'être équivalents (on est plutôt dans les 2000 euros)... Tarifs à peu près similaires pour Astana.

Un visa est nécessaire pour rentrer au Kazakhstan, mais c'est quasiment une simple formalité pour les ressortissants français. Il y a un petit formulaire à donner, 35 euros à payer, et votre visa vous est normalement remis sous les 10 jours. Il est conseillé de fournir une adresse "contact", qui, je pense, peut être celle de l'hôtel où vous prévoyez de loger au début. Les choses peuvent être un peu plus complexes si vous souhaitez visiter les pays voisins (Ouzbékistan, Kirghizistan) qui eux aussi nécessitent un visa: vous devrez alors demander un visa kazakh double ou triple entrée, un peu plus cher et sur lequel l'administration kazakhe est peut-être plus regardante. Dans ce cas-là, il est semble-t-il plus simple de s'adresser à une agence spécialisée qui gère tout pour vous, comme quand on va en Russie.

 

Ce qui peut finir par revenir cher, ce sont les excursions "organisées" auxquelles il est difficile d'échapper si on ne dispose pas d'un contact local disposé à vous emmener presque n'importe ou gratos comme c'était le cas pour nous. Il y a énormément de randonnées et sites magnifiques (parcs naturels, canyons, lacs, montagnes) au voisinage d'à peu près toutes les grandes villes, mais le réseau routier n'est pas fameux (même si d'énormes chantiers laissent espérer que ça va changer rapidement) et il faut souvent faire de la piste. Les kazakhs conduisent de façon très rock'n'roll donc louer soi-même une jeep ou une bagnole semble assez périlleux donc ce n'est pas facile à faire en "totale autonomie" si on n'est pas un routard professionnel.

Beaucoup d'agences (dont celles mentionnées ci-dessus et d'autres plus locales) proposent des excursions en relativement petit nombre sur 1 jour ou 2: les prix ne sont pas très élevès (de 15 euros la journée pour les plus simples à 30 ou 40 si il y a nuit au refuge et bouffe prévue), mais ça peut finir par peser lourd sur le budget si on en fait une dizaine. Heureusement, certains sites sont quand mêmes accessibles en taxi, ce qui permet de limiter les frais et d'éviter les "bus à touristes" quand on n'est pas fan.

Mais il faut comprendre qu'on ne va pas au Kazakhstan pour passer 10 jours à Almaty ou Astana: je n'ai pas visité la capitale, mais Almaty est une ville au "charme" profondément soviétique. Il y a des choses à y faire (le marché central, le bazar en périphérie, les bains, le centre-ville "européanisé", le quartier d'affaires ultra-moderne, quelques parcs etc), mais ce n'est ni Budapest ni Paris. C'est avant tout un "point d'appui" pour la nature avoisinante et des randonnées qui peuvent aller de la balade pépouze de quelques heures au trek musclé d'une semaine avec guide et cols à 5000 en passant par la promenade plus ou moins longue à cheval.

Almaty, à 900 mètres d'altitude, est vraiment au pied des montagnes: c'est à dire qu'en moins d'une heure de route depuis le sud de la ville vous êtes à 1500-2000 mètres d'altitude, et vous pouvez vous retrouver à quasi 3000 après 2 ou 3 heures de rando.

La ville est entourée d'un immense parc national comprenant la chaîne de montagnes, il y a donc pléthore de sites magnifiques, canyons, lacs naturels ou artificiels, plateaux etc, à des distances comprises entre 1h et 4h de route de la ville.

Le gros plus qui fait beaucoup de différence est lié à la méconnaissance occidentale de ce pays dont je parlais**: le touriste y reste une espèce rare, ce qui est très agréable quand on est un touriste en short qui n'aime que moyennement la compagnie des autres touristes en short. Plus sérieusement, visiter un site qui n'est pas sans rappeler le Bryce Canyon ou les ruines d'une ville de la Route de la Soie au milieu du désert en n'entendant d'autre bruit humain que ses propres pas a quelque chose de magique et s'avère encore plus agréable qu'imaginé.

 

 

Quant à nous, nous étions logés et souvent nourris chez les cousins de Priscilla (sa famille paternelle est kazakhe, bien que celui-ci soit désormais naturalisé français***), qui comme souvent dans les pays où l'hospitalité et la famille sont encore des valeurs importantes, nous ont donné énormément de leur temps, et même de leur argent (indirectement, hein, et malgré nos protestations) sans parler de leur confort (ils ont dormi dans le canapé du salon avec leur bébé de 8 mois pendant la totalité de notre séjour, nous laissant leur chambre, même quand nous sommes partis une semaine en vadrouille). 

Etant donné l'immensité du pays, nous nous sommes concentrés sur le sud du pays, la région d'Almaty donc, plus un voyage vers l'Ouest à Chymkent (proche de l'Ouzbékistan, et d'un autre parc national) et au site historique de Turkestan.

On reviendra j'espère dans quelques années pour voir le nord autour d'Astana et l'Ouest autour d'Aktau (sur la Caspienne) jusqu'à ce qu'il reste de la mer d'Aral (ils sont forts, ces Soviets: dans le même genre que Lyssenko et le blé en Sibérie, il y a eu le coton en Ouzbékistan qui leur a permis de réussir à assécher la mer). 

 

Désolé pour cette longue introduction (et félicitations à ceux qui ont lu jusqu'au bout), mais les articles suivant seront du coup beaucoup plus "entertainings": beaucoup de photos, peu de texte.

 

 

* De façon amusante, le gouvernement kazakhe a d'abord interdit le film (on peut les comprendre) avant de remercier Sacha Baron Cohen en 2012, déclarant que le film avait décuplé le nombre de visas et donc le tourisme dans le pays.

 

** Le seul guide touristique disponible est celui consacré à la route de la Soie de Lonely Planet, plutôt bien d'ailleurs même si parfois un peu lapidaire (puisque traitant 5 pays) et comportant quelques erreurs de réactualisation (comme l'adresse de l'EIRC par exemple).

 

*** C'est d'ailleurs pour cette raison que nous y sommes allés (et pas à cause de Borat): Priscilla n'y était pas allée depuis longtemps, j'aime voyager et en particulier les destinations un peu rock malgré la réputation de bobo urbain que certains camarades me donnent, et les cousins passés par Paris cet hiver nous avaient presque demandé nos dates et ce qu'on voulait faire quand on leur avait dit en plaisantant à moitié qu'on passerait peut-être les voir prochainement. 

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commentaires

Cub 24/08/2012 03:03


Je m'intéresse aux parcs nationaux des pays issus de l'ex URSS, mais il est impossible de trouver des bouquins dessus, que ce soit en anglais ou en français... Seul wikipedia a des infos, donc si
tu connais des bouquins (autre que le Lonely Planet), je t'en serai fort reconnaissant.


Au passage le coup du "tout seul dans mon petit coin de paradis" on le retrouve aussi en Australie, bien plus souvent qu'on ne le croit. En dehors des vacances scolaires et des sites principaux
(barrière de corail, Uluru, Great Ocean Road, Kakadu) il est très facile de se retrouver complètement seul : sur des plages paradisiaques en Tasmanie par exemple, sur des lacs roses en plein
milieu du désert à Murray Sunset, dans la neige à Baw Baw etc... C'est l'avantage des pays immenses et peu peuplés.

mixlamalice 24/08/2012 15:31



Hélas non, je n'ai pas trouvé de guide non plus. Wikipedia est effectivement peut être ce qu'il y a de plus complet. C'est assez gênant car les sentiers de rando ne sont pas franchement super
balisés (quand il y en a).


Cela dit, dans certains parcs, par exemple celui d'Aksu-Zhabagyly dont je parlerai bientôt, il est obligatoire de louer ou payer un "ranger" d'accompagnement, qui connaît le parc comme sa poche
(et a une sacrée bonne condition physiue). Le "ranger" russe n'est pas très communicatif et ne dira rien si tu ne lui demandes rien (sauf de ne pas aller par là bordel), mais il est possible de
payer un peu plus et d'avoir un ranger parlant anglais donc peut-être plus causant si tu lui expliques ce que tu as envie de faire...


 


"tout seul dans le coin de paradis", j'avais aussi vécu ça dans certains endroits au Brésil, qui pourtant est pas mal peuplé, mais le territoire est tellement immense, où même en Islande, tout
petit pays (mais peu peuplé)... cela dit, au Kazakhstan, c'était quasiment tout le temps et partout, assez impressionnant (il n'y a guère que le lac d'Issyk et ses à côtés qui semblent être
le lieu de villégiature du citadin d'Almaty). En tout cas ça faisait longtemps que je ne l'avais pas ressenti à ce point, c'est agréable.



Pof 20/08/2012 19:28


Les techniques de queues en Inde sont pas mal non plus: en gros, le moindre centimètre de libre est une invitation pour quiconque veut s'insérer. Donc on fait la queue le nez dans les cheveux du
mec de devant, le c... dans le ventre du mec de derrière... les guichetiers sont ok, mais si on prend du temps, y'aura 5 ou 6 mecs qui s'agglutineront au guichet...

Pour revenir sur ce que tu disais plus haut, je suis pas sûr que ces destinations soient réservés aux publics aisés. Pour moi, c'est aussi cher niveau avion, mais ça le devient bcp moins sur les
hotels et la bouffe, comme tu le disais. Je pense que c'est la réputation du pays qui dois jouer pas mal, on s'attend probablement à plus de fun à New York qu'à Samarqande... 

mixlamalice 20/08/2012 20:41



Je parlais surtout des destinations un peu "roots" du genre les Andes, l'Islande, l'Asie Centrale, etc etc. (NYC a beaucoup d'attraits qui lui permet d'attirer un public d'horizons vraiment
vastes, comme Paris ou Rio...)



Pof 20/08/2012 17:57


J'espère ne pas rassembler sous un mauvais stéréotype l'ensemble des pays slaves, mais dans tous les pays où l'on parle russe où je suis allé, je n'ai jamais trouvé un fonctionnaire aimable. Le
coup du guichetier, je l'ai vu à St-Petersbourg, à Moscou, et en Arménie pareil...
Et donc, c'était Priscilla qui faisait la traduction ?

mixlamalice 20/08/2012 18:41



Oui, avec sa soeur, difficilement, parce que malgré des parents russophones elles ne parlent pas russe tous les 4 matins (en gros elles pratiquent une fois tous les 5 ans) et parce que l'employée
ne faisait pas en sorte de rendre la chose facile (même si elle s'est un peu "calmée" au bout d'un moment).


Griller dans la queue, je ne sais pas si c'est une habitude des pays slaves héritées de 50 ans à la faire pour tout et n'importe quoi... mais au Kazakhstan, fallait jouer des coudes (la encore,
le français moyen ne joue pas dans la même catégorie).



Catherine 19/08/2012 21:58


La barrière de la langue fait, je pense, que les trekkeurs un peu désargentés préfèrent l'Amérique du Sud. Les routards français se sentent plus proches culturellement de cette destination
latine. Je ne suis pas spécialisée en marketing des TO "d'aventure", mais l'Asie Centrale, le mythe de la route de la soie, la conquête et la cruauté de Gengis Khan, attirent les voyageurs plus
"intellos". Je peux aussi complètement me tromper. Je vous donnerai quand je l'aurai retrouvée, la référence d'un récit d'aventure passionnant qui relate la marche d'un homme à travers tous ces
pays de l'Asie Centrale, vous en saisirez facilement "l'âme", je pense. ;-))

mixlamalice 20/08/2012 17:17



Oui, cette hypothèse de barrière de la langue se tient.


Toutefois, je pense que le trek/rando dans des contrées lointaines s'adresse de toute façon (en général, avec bien sûr plein d'exceptions) à un public relativement aisé/intello. Il faut
avoir les moyens de se payer un billet pour l'autre bout du monde (même si ensuite on vit à la fraîche) + avoir un boulot et des contraintes familiales suffisamment "lâches" pour le faire.


Bref, ça concerne sûrement plus les profs/chercheurs/ingénieurs world company etc que les bouchers ou maçons. (mais je peux me tromper complètement aussi).


 


Après, je suis d'accord que le profil "historique" de l'Asie Centrale et peut-être aussi son côté moins nécessairement exigeant physiquement attire une population plus âgée/moins "roots"/plus
"intello" que les Andes.



Catherine 19/08/2012 14:29


Effectivement, le Kazakhstan, au même titre que l'Ouzbékistan ou le Kirghizstan, est une destination assez prisée d'une certaine catégorie de trekkeurs ou routards (ou bobos friqués qui casquent
3500 euros les deux semaines de voyage avec le TO Asia, par exemple), depuis déjà plus de 10 ans. Mais la "cible" est différente de celle de l'Amérique du Sud.


Intro au pays très intéressante et pas du tout ennuyeuse, on attend la suite, les photos et leurs légendes !

mixlamalice 19/08/2012 15:03



Je ne connaissais pas TO Asia: effectivement des offres comme celles-la est alléchante, mais est quand même réservé à une certaine upper class
(http://www.asia.fr/circuit-organise-Kirghizstan-Le_Voyage_de_Marco_Polo-106780/programme). Je pense qu'on peut se faire le même voyage tout seul pour environ 3 fois moins.


Par contre ils ne proposent rien sur le Kazakhstan qui est un peu à l'écart de la route de la soie. Le Kazakhstan est du coup un peu moins "réputé" (moins "sauvage" que le Kirghizistan - ou en
tout cas plus "étalé" et moins "historique" que l'Ouzbekistan et Samarcande).


Dans le même genre "thuné", il y a le ski heliporté dans les sommets kirghizes...


 


En quoi est-ce que la population de trekkers qui vont au Kirghizistan est-elle différente de celle qui va dans les Andes? (question naïve, j'ai du mal à imaginer une réponse) N'est-ce pas
simplement une histoire de réputation moins établie? (le mythe de la panaméricaine pour tous les routards ou so-called "aventuriers" est assez puissant).