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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 13:22

Histoire de permettre aux cousins d'Almaty de respirer un peu tranquilles quelques jours, nous avons décidé de faire une petite escapade d'une semaine dans la région de Chymkent, 600 kms à l'ouest (et un peu au sud) d'Almaty, et 100 kms à peine au nord de l'Ouzbékistan et sa capitale Tachkent.

 

Nous nous rendons dans la région en empruntant le train de nuit (même ligne que le Almaty-Moscou en 72h, pour ceux qui ont la foi).

L'épreuve la plus rock'n'roll fut, comme déjà évoqué, l'achat des billets à la gare, qui semble même difficile pour les gens du cru (l'opératrice visiblement plus payée à la gueulante qu'au sourire éditant manuellement chaque billet).

Le billet classique en dortoir coûte environ 15€ l'aller-simple, et pour 20% de plus vous pouvez rajouter l'option "compartiment", à savoir une cabine avec 4 lits, idéal dans notre cas vu que nous étions 4 et pas à 2€ près.

La literie n'est pas inconfortable et c'est relativement spacieux, mais vous ne passerez probablement pas la meilleure nuit de votre vie, principalement à cause du train lui-même (bruyant et qui s'arrête en gare peu ou prou 15 minutes toutes les 45 minutes - le trajet dure plus de 13 heures, autant dire qu'on n'est pas en rythme TGV*) et du climat (le sky, ça colle quand il fait 35°C et que le train a été construit avant l'invention de la clim').

 

Le voyage se décompose comme suit: arrêt à Tulkubas, 70kms avant Shymkent, pour rejoindre la réserve naturelle d'Aksu-Zhabagyly (un parc "montagnard" qui est en fait la même chaîne qu'à Almaty) où nous passerons deux jours et deux nuits en logeant chez l'habitant.

Puis, 1 journée (et 1 nuit) à Chymkent avant de rejoindre Turkestan où nous passerons également une journée (et 1 nuit) avant de repasser quelques heures par Chymkent et de rentrer à Almaty.

 

Première petite péripétie: le Lonely Planet écrit que l'arrivée à Tulkubas est vers 5h du matin, nous mettons le réveil à 4h30. Histoire de ne pas se réveiller pour rien, on demande au contrôleur qui nous dit que non, c'est vers 6h, et qu'il viendra toquer à la porte. On se réveille donc vers 5h30, le contrôleur ne vient pas nous voir mais le train s'arrête vers 6h15, on demande si nous sommes bien à Tulkubas et on nous répond que nous sommes à Mankent, et que Tulkubas c'était la station d'avant. Comme quoi, croyez plutôt les guides que les contrôleurs blasés.

On descend quand même et on se retrouve donc dans un village un peu paumé et décrépit qui se trouve en fait dans la banlieue éloignée de Chymkent. Ce n'est bizarrement pas très vivant un jour de semaine à 6h du matin.

Après quelques atermoiements et avoir appelé notre contact d'Aksu qui nous demande ce qu'on a branlé bordel et nous dit de nous démerder prendre le taxi, nous nous dirigeons vers la grande route ou un marché semble se mettre en place.

Comme toujours, une voiture s'arrête rapidement pour nous demander si nous avons besoin d'un taxi (avec nos shorts, nos sacs, et nos grolles de rando, je crois qu'on remarque facilement les paumés de service). On explique tant bien que mal au mec qu'on est paumé, il s'assure qu'on lui demande bien de nous emmener à 60 bornes de là, on lui dit que oui, il nous dit que ça fera 4000T (25€), on répond ok parce qu'on n'est ni trop d'humeur ni trop en position de marchander, et on monte dans sa Lada d'un autre monde, où visiblement tout est d'origine et d'avant ma naissance. Le gars fait même un petit détour chez lui récupérer une roue de secours, au cas où.  

 

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Ce n'était pas cette Lada, mais le même modèle, blanc, encore plus délabrée

 

Nous finissons par arriver chez nos hôtes, dans le village de Zhabagyly à l'entrée de la réserve: en gros, une rue principale goudronnée avec des croisements en terre, peuplée de maisons type petites fermes plus ou moins en dur selon la richesse de l'habitant.

 

DSC03998

 

Les tarifs sont de 7000T par nuit (un peu moins de 40€) et par personne, pour une chambre pour 2 et la pension complète (petit-dej et dîner de haute voltige, dont je reparlerai plus tard, plus un "panier repas" pour aller avec les excursions). 

Nous sommes en fait logés dans le "bâtiment principal", comprenant entrée, salle de bain avec douche chaude et chiottes "modernes", petit salon avec télé, cuisine, deux chambres avec literie super confortable et une grande salle à manger, et la famille (Bagdat, Gulia et leurs 2 - ou 3- enfants) loge dans l'"annexe". Il y a un petit jardin avec un potager, un poulailler, la famille a également un chien et un veau. 

 

 pepouze

Deux crétins en train de digérer paisiblement en matant bien confortablement le triomphe kazakhe des JO en haltérophilie féminine dans le coin télé chez nos hôtes

 

Le contact qui nous a été fourni par l'EIRC nous a organisé deux petites sorties, pour lesquelles nous devons payer 2000T par personne (entrée dans le parc et "location" -obligatoire- d'un ranger), ainsi que la location d'une jeep avec chauffeur (15000T la journée pour la deuxième excursion: elle fut nécessaire, même si nous avons aussi vu une Lada sur les pistes horribles par lesquelles nous sommes passés)...

 

La première excursion, une simple balade dans le parc dont l'une des entrées est à une petite demi-heure de marche de la maison, n'est pas terrible pour deux raisons: le chemin de rando n'est pas mal, assez sportif, mais il s'arrête assez abruptement au bout de quelques kms, un peu au milieu de rien, ce qui fait très coïtus interruptus. L'autre raison est le "ranger", un russe qui se faisait grave chier a passé son temps au téléphone et à tracer comme un malade pour que ça soit torché le plus vite possible (parce que j'aime la marche physique, je me suis battu pour le suivre et je peux vous dire qu'il avait une bonne condition le salaud, parce que je pense qu'il était à 20% et moi à 99%).

Finalement, le plateau entre la maison et l'entrée de la réserve sera le clou du spectacle, où nous reviendrons nous balader le soir, et prendre en photo la rentrée au bercail des divers troupeaux.

 

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Vu d'en haut, le plateau et le village de Zabagyly

 

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Le soleil se couche sur la steppe (ou n'est-ce pas la steppe?)

 

Il paraît que la plupart des rangers sont comme ça, mais ça surprend quand même.

 

Heureusement la rando du lendemain sera plus sympa, le ranger aussi, qui fera un effort pour nous expliquer la géographie du coin, ce qu'on peut faire et trouver dans la réserve, etc.

Elle a lieu au canyon d'Aksu, qui n'a rien à voir avec celui de Charyn, auquel on accède par une bonne dizaine de kms de piste après être rentré dans la réserve, à flanc de montagne d'abord, sur un plateau ensuite. On roule au bord de la falaise, on se tape des nids de poule d'1m, on s'arrête 15mns pour refroidir le moteur, c'est assez sportif.

Une fois arrivés tant bien que mal au point de départ de la balade (le refuge des rangers), on s'y colle: la marche elle-même fait quelque chose comme 2 ou 3 kms seulement mais avec un dénivelé de 500m, pour finir à la rivière Aksu, ultra-pure et glaciale. A l'aller, rien de bien difficile même si certains passages sont un peu glissants, par contre c'est au retour qu'on en chie grave (avec un bon rythme imposé par le guide là encore, la montée a été faite en moins de 45 minutes: le guide nous a dit qu'en forçant il faisait l'aller retour en moins d'une heure). En bas, on profite d'une petite pause au bord de la rivière.   

 

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Avant de descendre 

  

DSC04076En bas du canyon 

 

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Une petite bouffée de chaleur à la remontée 

 

Et puis, après une deuxième nuit chez Bagdat, nous partons pour Chymkent en marchroutka (un mini-van, à mi chemin entre le taxi et le bus, plus ou moins officiel et plus ou moins bien géré: je pense qu'on était 20 pour 12 places assises, avec des personnes debouts, d'autres sur des tabourets ou sur leurs sacs).

 

La suite bientôt dans la "part 2".

 

 

Bonus photo:

Si vous vous demandiez où se prenaient les photos des calendriers de la Poste, je pense que vous pouvez désormais répondre que c'est au Kazakhstan...

 

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 Dans les campagnes, comme je le disais, c'est encore assez souvent la cabane au fond du jardin, un exemple:

 

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* il existe une ligne "rapide" reliant Almaty à Astana, 1000kms de distance, en 12h ou quelque chose comme ça, car les lignes ne sont pas adaptées pour les trains espagnols utilisés. A priori, des contrats avec la Chine ont été passés et un vrai express entre Almaty et Astana devrait voir le jour en 2015, ainsi qu'une ligne Russie Chine via le Kazakhstan.

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commentaires

Docadn 31/08/2012 08:28


Salut Mix,


Merci pour cette suite "roots" ferroviairement et pedestrement parlant !! Le très vieux souvenir (82) d'un Chambéry-Rome en train en 23h00, dantesque (au lieu de 08h00) sûrement dans les mêmes
trains que ceux que tu as testé cet été !! Le ranger kazhakh juste à l'opposé du ranger ricain, mais en plus sportif ;-) ?! 


A+

mixlamalice 31/08/2012 13:49



Le train se traine vraiment beaucoup, et n'a pas été construit la veille, mais c'est plutôt confortable et propre, donc ça passe (bien sûr, si on ne fait que de l'Eurostar 1ere classe, y a moyen
d'avoir un choc). Les arrêts en gare sont assez folkloriques aussi, avec des espèces de marchés ambulants le long des voies etc.


Jamais fait de ranger ricain, le ranger russe est plutôt un espèce de panneau de sens interdit vivant (et obligatoire pour avoir le droit de se balader dans la réserve), juste là pour
éventuellement t'ouvrir la voie, et surtout pour te dire "va pas la" "ok tu peux aller la", etc. Il y en a heureusement de plus sympas, mais la norme est assez austère (comme
les employés de la gare, en fait). Par contre, ils sont effectivement assez sportifs, à force de se balader tous les jours ou presque entre 1500 et 3000m avec des dénivelés de 20%, même en
se coltinant des puceaux de la rando dans notre genre. Le mec en train de cloper tout en parlant au tél et en s'arrêtant cueillir des framboises sauvages va plus vite que toi à bloc...