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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 19:19

Je ne sais jamais ce que je dois penser des mails "à tous" de l'administration centrale qui ont pour but d'expliciter une procédure.

 

En effet, j'ignore si je dois me réjouir devant une volonté d'ouverture encore loin d'être systématique de nos jours dans un établissement d'enseignement supérieur, ou sombrer dans la dépression devant la stupidité des dites procédures, tout au moins lorsqu'on les ramène au temps, à l'intelligence et au pognon (le salaire et le QI de certaines personnes impliquées n'étant pas ridicule loin de la) dépensés pour un résultat qui devrait, dans un monde parfait, couler de source.

 

Un exemple ici, vrai bien sûr (où irais-je inventer tout ça), le paiement des heures complémentaires. On pourrait, très naïvement, penser que c'est une procédure tellement courante dans l'ESR qu'elle aurait fini, malgré la nécessité de contrôles (dans une époque pas si lointaine et qui existe encore certainement par endroits, il y a eu quelques dérives spectaculaires des heures complémentaires) par s'automatiser quelque peu.

L'avantage annoncé dans le cas présent est de permettre un paiement 3 mois après la fin de l'année scolaire précédente et non 9 à 10 mois comme auparavant. L'inconvénient, annoncé lui aussi, est que si quelque chose grippe, ce qui est toujours possible voire hautement probable dans un processus à 27 étapes impliquant 12 personnes, "il n'y aura pas de paiement possible en 2014 pour les heures de 2012-2013" (la légalité d'un tel argument d'autorité me semble largement douteuse, mais l'idée est probablement de miser sur le fait, si problème il y a, que 90% s'écraseront et qu'on ne paiera que ceux qui se rebellent).

 

Je mets des guillements car même si j'ai changé beaucoup de choses, le mail reçu était vraiment rédigé comme ça, et insistait sur "l'importance du respect par chacun des échéances."

 

"

Étape 1: du xx au xx 2013 (3 jours, NdeMix) 

Les directeurs de département précertifient les états de service.

Étape 2: le xx 2013 (oui, 1 jour, NdeMix)

Les directeurs d'école certifient.

Étape 3: (le même jour, NdeMix)

L'administration génère les fiches correspondantes, "document officiel" pour la validation des états de service.

Étape 4: (6 jours, NdeMix)

Les enseignants signent leurs fiches. 

Étape 5: du xx au xx 2013 (2 jours, NdeMix) 

Les directeurs de département signent les mêmes fiches.

Étape 6: (1 demi-journée, NdeMix)

Les directeurs d'école signent.      

Étape 7: (1 demi-journée, l'après-midi du même jour, NdeMix)

Le chef d'établissement signe.

Étape 8: (3 jours, nous sommes désormais environ 3 semaines après le début de la procédure, NdeMix)

La DRH et la compta font le boulot pour que tout arrive aux finances publiques et qu'on soit payé dans les temps.

"

 

Il faut tout de même noter que dans l'établissement, on compte quelque chose comme 500 personnels enseignants (EC, ATER, PAST...), beaucoup de vacataires, ainsi qu'un grand nombre de personnels techniques (ingénieurs d'étude ou de recherches) assurant un certain volume horaire de TPs, formations et autres. Chacun a droit à sa petite fiche personnelle, et donc même s'il s'agit d'une signature électronique, le chef d'établissement, quelqu'un de brillant qui a fait une belle carrière et touche un joli salaire, passe une demi-journée à signer quelque chose comme 2000 fiches... J'espère qu'il a des journées plus palpitantes à se mettre sous la dent.

 

Je note également qu'on nous a envoyé, en parralèle, une notice de 9 pages pour expliquer comment assurer le suivi et comptabiliser nos activités d'enseignement pour l'année à venir.

 

Bref, il reste du chemin à accomplir pour le "choc de simplification" cher à Flanby.

 

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Published by mixlamalice - dans L'enseignement
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commentaires

DM 24/09/2013 21:00


Sans parler des secrétaires qui imitent les signatures, par souci d'efficacité!

mixlamalice 26/09/2013 11:29



Cela dit, ça se faisait beaucoup à l'époque dans mon labo de M2 et c'était pas plus mal... Même si réglementairement c'est pas génial, psychologiquement je préfère qu'un Prix Nobel réfléchisse
plutôt qu'il signe les bons de commande...



DM 21/09/2013 09:51


« Blah blah je ne suis pas là cette semaine là.


- Ah bon ?


- Ben oui je suis à Madrid.


- Mais pourquoi ?


- Tu devrais le savoir, c'est toi qui a signé mon ordre de mission.


- Parce que tu crois que je me rappelle de tout ce que je signe ? »

mixlamalice 21/09/2013 12:11



j'ai en effet déjà repéré cette incohérence que je trouve regrettable:


- d'un côté on explique les lourdeurs administratives par le fait que le signataire "engage sa responsabilité et celle de l'établissement et qu'on ne peut pas faire n'importe quoi".


- de l'autre les dits responsables sont tellement sollicitées pour engager l'établissement sur tout et n'importe quoi qu'ils n'ont plus aucune idée de ce qu'ils signent. (les parapheurs sont
d'ailleurs faits de telle sorte qu'on ne voit pas vraiment le papier si on ne fait pas l'effort, juste l'endroit pour signer...)



Guils 20/09/2013 16:46


Il se passe quoi si un enseignant a un colloque au Japon la semaine  où il est censé signer sa fiche (je suppose qu'un mail ou une signature électronique ne suffisent pas) ? On relance toute
la procédure en marche jusqu'à la signature du président de l'université, ou bien il l'a dans l'os ?


NB : L'incapacité de l'administration universitaire à déléguer les signatures est effarante. Le président doit avoir plusieurs centaines de milliers de signatures à faire pendant son mandat,
puisque la moindre procédure (recrutement, financement, bourse, stage, maquette de diplômes...) remonte jusqu'à lui. Quel métier, j'espère que ça en vaut la chandelle.

mixlamalice 20/09/2013 16:53



Non, je me dois d'admettre qu'outre l'"affichage clair de la procédure", il y a eu un effort de simplification au moins pour les signatures: on est passé à la signature électronique, eh oui.
(Finis les parapheurs de 8 kilos qu'on voyait encore dans tous les couloirs il y a 2 ans). Donc on peut signer en étant en congrès (et le site est plutôt clair, la aussi une fois n'est pas
coutume).


 


Cela dit, 1000 ou 2000 fiches à valider, même électroniquement, ça prend du temps...



magali 20/09/2013 09:03


Vous devriez faire partie du comité de réforme de l'Etat ! je suis sûre qu'il aurait certainement de nombreuses choses à apprendre ! En tous les cas, bravo pour ce pur moment de bonheur (?) de
critique paperassière !

mixlamalice 20/09/2013 16:51



Merci.


 


Mon problème serait que je n'ai pas de vision claire des solutions (ou de ce qui est applicable légalement etc). Cela dit, c'est à la fois une lapalissade et du poujadisme, mais je pense vraiment
que les acteurs des comités, qui évoluent souvent dans la "stratosphère" gagneraient parfois à mieux connaître le terrain, oui...