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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 20:08

Lasserre (site web) est une institution du Paris gastronomique depuis son ouverture ou presque par M. Lasserre en 1942. Situé 17 avenue Franklin D. Roosevelt, à peu près à mi-chemin entre le pont des Invalides et les Champs-Elysées (Paris 8), il a été dirigé par son fondateur jusqu'en 2001, avec 3 étoiles pendant presque 20 ans et 2 étoiles depuis 30. Aujourd'hui, le restaurant est dirigé par un fonds d'investissement suisse ou quelque chose comme ça (tout fout le camp). 

 

Ce fut l'un des lieux de prédilection du gratin politico-médiatique de l'après-guerre.

Aujourd'hui, comme bien des institutions, on en parle relativement peu chez les apôtres de la nouveauté et autres blogueurs influents. Ce n'est pas pour ça que c'est devenu pourri.

Bon, je ne vais pas non plus vous la jouer "contre-découvreur" de talents, Lasserre, "tout le monde" connaît au moins de nom, à défaut d'y être allé.

 

Nous profitons d'une occasion (un anniversaire) et d'une promotion pour prolos pour "connected people" via Facebook (menu entrée poisson viande dessert à 100€) pour aller visiter ce "monument".

 

On est accueilli par environ 17 personnes successivement, c'est toujours agréable. Le petit plus consiste à prendre l'ascenseur d'époque pour aller dans la salle à l'étage, avec le groom habillé comme Spirou (le petit moins est qu'il faut reprendre l'ascenseur avec tout le tralala à chaque fois qu'on veut aller faire pipi*, ce qui finit par être un poil too much niveau cérémonial quand comme moi on picole trop on a une petite vessie).

 

La salle est assez imposante, "grand style", hauts plafonds, superbes lustres et mobilier, il y a à peu près autant de personnel de service que de clients (je suis un peu Marseillais mais à peine). Les tables sont un peu plus "rapprochées" que dans la plupart des lieux du genre.

D'ailleurs, ces tables assez "serrées" (tout est relatif, hein), plus une clientèle ultra-BCBG (pas m'as-tu-vu ou vulgaire, plutôt le genre chic mais pas trop prout pour qui manger là est à peu près aussi naturel que pour vous manger à la cafète d'entreprise), ainsi qu'un joueur de piano "musique d'ascenseur" (qui avait l'air blasé grave), donnent un petit côté "brasserie ultra-luxe" finalement pas désagréable.

 

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En été, on peut profiter du "toit ouvrant", mais ce soir là il faisait moche donc ils l'ont juste ouvert quelques minutes pour épater la galerie (qui à part nous semblait s'en foutre royalement).

 

J'ai malheureusement oublié ce qu'était exactement les amuse-bouches (il y avait un cucurbitacée), mais cela donnait le ton de ce que fut la cuisine de Christophe Moret, ancien chef du deuxième fleuron ducassien le Plaza Athénée: une cuisine très "terrienne", peut-être marquée par le début de l'automne, tout en étant d'une légéreté surprenante.

 

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En entrée, cèpes de châtaignier de la tête au pied en fine pâte craquante de sarrasin. Un très beau plat, riche mais raffiné, joli mélange de fondant (les cêpes)-croquant (la galette de sarrasin et quelques amandes fraîches), comme dirait Lignac. La sauce puissante mais pas trop riche est une signature assez ducassienne, si j'en crois ce qu'on m'a appris quand je fis mon petit cours de cuisine .

 

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Pour suivre, le homard bleu aux pêches rôties, avec une sauce au vin rouge. Un assemblage surprenant, là aussi une interprétation "terrienne" du homard qui réussit malgré tout à respecter la "subtilité" du crustacé, goûteux et pas caoutchouteux. Un très beau plat (visuellement et gustativement).

 

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Le pigeon "André Malraux", qui venait manger là tous les jours (nos grands hommes ont toujours eu la vie dure) est une autre tuerie. Désossé, reconstitué, avec une farce au foie gras et aux abats, et un nouveau jus démoniaque**. Le tout servi avec des navets et des betteraves, et quand un chef réussit à me faire aimer ces deux atrocités, je peux vous dire qu'il est balèze. 

 

Claire Heitzler est une pâtissière paraît-il très réputée. Son soufflé au chocolat est délicieux mais sans doute un poil trop riche pour finir le repas (je finirai quand même celui de Priscilla qui explose en plein vol).

 

Comme d'habitude, le bât blesse sur la carte des vins, impressionnante en quantité mais stratosphérique au niveau des prix et des coefficients. La maison pratique de plus assez peu le vin au verre, ce qui est dommage pour les menus dégustation, je trouve; les accords proposées par le sommelier ne m'ont pas non plus semblé super extras.

Sur les vins au verre, on peut avoir du 12€ le verre pour une bouteille à 5€ producteur...

Bon, je ne vais pas refaire mon laïus, je sais à quoi m'attendre et je ne le vis pas spécialement mal, c'est le modèle économique de quasiment toutes les grandes maisons (menus à prix cassés, matraquage sur le vin et les boissons: les non alcooliques font une vraie affaire, les poivrots comme moi casquent: avec eau minérale, café, 1 coupe de champagne et 2 verres de vin par personne, rajouter 70€: à 170€ tout compris je trouve que ça reste un bon rapport qualité-prix).

 

Le service est parfait dans son registre vieille France, service à la cloche, sauce à la petite cuillère, récitation des plats, eau toujours à niveau tout en restant invisible, etc etc.

 

En terminant le repas, on nous offre deux livres, l'un étant le livre de recettes de J-L. Nomicos, l'ancien chef (désormais aux Tablettes dans le 16ème), l'autre étant le livre anniversaire du cinquantenaire Lasserre. N'ayant pas la prétention de penser qu'on m'a "reconnu" (si j'osais: LOL), je conclus juste que c'est la grande classe. Par contre ce n'est pas demain que je referai une recette de Nomicos (rien qu'en regardant la liste des ingrédients et le dressage, j'ai envie de chialer).

 

Un petit tour par les cuisines pour visiter et nous repartons heureux.

 

 

Et puis Paris, la nuit, c'est beau même s'il fait un temps de merde:

 

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* C'est d'ailleurs le seul resto de ce standing que je connaisse possédant des pissotières. Celles-ci sont bien évidemment largement plus propres que quoi que ce soit dans mon appartement, il y a probablement 3 personnes qui viennent les nettoyer dès que vous êtes sorti...

 

 

** petit plaisir rétrospectif de se faire un pigeon deux ou trois jours avant que quelques exilés fiscaux viennent nous les briser menu.

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Published by mixlamalice - dans Restos
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commentaires

Délices à Paris 09/11/2013 13:43


J'ai moi aussi beaucoup aimé cet établissement,je crois que peu de gens y sont déçus.

mixlamalice 11/11/2013 17:08



Oui, le "classicisme" a parfois du bon... en tout cas, quand c'est assumé et bien fait, comme la, j'adhère.



Docadn 21/10/2012 14:14


Dans le même esprit, j'avais vu que les Bras à Laguiole ont été obligés de préciser que les tongues et les bermudas n'étaient pas autorisés dans leur établissements. Eh oui, là encore des
blaireaux qui vont comme tu dis claquer une petite fortune dans un endroit exceptionnel, mais trouve normal de se pointer en tenue de bouliste comme pour aller faire un quinté+... 

mixlamalice 21/10/2012 14:24



Après une pétanque et deux trois ricards, quoi de mieux qu'un gargouillou de jeunes légumes?



Docadn 21/10/2012 14:01


Re,


Oui, je me souviens du tweet avec le café servi par El Gringo en personne vu le tarif !! Tu fais bien de préciser que la veste est obligatoire, ils sont moins d'une dizaine encore a imposer ce
dress code en France, mais j'avais lu il y a peu, que le prêt de veste marche encore bien à l'entrée...

mixlamalice 21/10/2012 14:06



Re,


Effectivement il y a eu un article il y a peu là-dessus, dans le Monde peut-être? A Paris, le Plaza de Ducasse est un autre endroit à port de veste obligatoire.


Cela dit ils sont assez permissifs sur la coupe (il y avait un mec avec une veste en cuir qui faisait plus motard que bon bourgeois) et comme tu dis ils prêtent à l'entrée si besoin.


Apparemment chaque année quelques clients font un esclandre, refusent de mettre la veste et se font jeter: j'ai du mal à comprendre le "rebelle anti-conformiste" qui réserve pour aller claquer
200 boules ou plus chez Lasserre mais refuse de se plier au "dress-code"... enfin bon.



docadn 20/10/2012 23:40


Re,


Mêmes trauma que toi pour le navet et la betterave !! On a réussi une fois a me faire avaler une tranche de navet aussi tendre et presque aussi goûtue que la St-Jacques posée dessous (en fait
j'ai cru au départ que c'était 2 St-Jacques !!). Sinon tes descriptions donnent assez envie de tenter le truc (promo aidante), mais à la flotte il manquera sûrement un petit bout de plaisir...


Bon retour de L'Epicuriste !!

mixlamalice 21/10/2012 13:52



Avec 1 ou 2 verres de "premier prix" plus la flotte, tu peux t'en tirer à 120 ou 130 tout compris... (évite le café à 12 euros) (!!). Ou autour de 100 le midi avec le menu à 85. Mais le menu
promo à 100 du soir avec un plat en plus est vraiment pas mal.


C'est quand même assez chouette, je recommande d'essayer...


Ah, veste obligatoire.