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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 14:45

Je n'ai pas encore trouvé la recette miracle pour bien vivre l'enseignement dans une formation où le niveau des élèves est relativement médiocre.

 

Elle n'existe probablement pas, mais il y a plusieurs niveaux de problèmes potentiels à mes yeux:

 

- Au niveau des relations enseignant - élèves: 

Soit on passe l'UE à réexpliquer des choses qui sont censées être intégrées depuis le lycée (sachant que cela risque d'être parfaitement inutile) tout en se contentant de faire passer un ou deux messages très simples sur la matière qu'on est censée enseigner.

 

Soit, après beaucoup d'introspection sur la qualité de ses enseignements, qui ne résiste pas toujours à la réalité, on fait son cours plus ou moins comme on l'avait imaginé, et on constate les dégâts à l'examen.

 

Dans les deux cas, rien de très enthousiasmant...

 

 

- Au niveau des relations enseignant - administration:

Je tiens à signaler qu'on n'a jamais de problèmes si on s'arrange pour donner l'examen à tout le monde ou presque. Plus subtilement, on peut faire en sorte que la majorité ait la moyenne sur la globalité de l'UE en étant relativement généreux sur les notes de TP. Mais déontologiquement, ce n'est pas toujours facile de mettre 7 ou 8 à un élève ingénieur qui ne comprend pas le principe de la règle de 3 ou ce qu'est une densité.

 

Par contre, si on fait comme mon collègue incorruptible qui n'hésite pas à mettre 30 rattrapages sur 38 copies s'il le faut, on se fait taper sur les doigts par la hiérarchie et les collègues: par la hiérarchie qui vient vous expliquer qu'"il est déjà difficile de recruter à cause de la multiplication des formations, qu'il ne faut pas être trop dur avec ces pauvres petits, que vis-à-vis de la CTI* et autres organismes de contrôle il n'est pas envisageable de faire redoubler la moitié de la classe etc".

Et par les collègues, par exemple responsables d'un cours d'option sur un sujet connexe l'année après la votre, qui viennent vous engueuler "parce que tu les as tous dégoûtés, donc ils sont 3 dans mon option et 27 dans l'autre".

Sachant que, de toute façon, 90% de la promo aura son diplôme quoi qu'il arrive, et ne viendra probablement même pas en rattrapage par le jeu des compensations de note (le 15 en "conceptualisation du métier de l'ingénieur au 21ème siècle" rattrapant opportunément le 5 en "mécanique du solide").

 

 

Je trouve donc le choix, entre abandon de toute ambition pédagogique d'une part et hautes attentes aussi illusoires qu'inutiles d'autre part, un peu cornélien. Et déprimant aussi. 

 

 

* commission des titres d'ingénieur qui détermine si le contenu d'une formation est compatible avec les critères requis pour l'obtention d'un diplôme d'ingénieur.

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Published by mixlamalice - dans L'enseignement
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Guils 10/01/2012 18:11


Vous recrutez en post-bac ou en post-prépa? Dans tous les cas, je dirais que vous avez un problème de sélection...

mixlamalice 10/01/2012 18:27



Oui, très clairement.


Le problème étant que c'est une école peu renommée, donc, pour caricaturer à peine, prend les élèves dont les autres écoles concurrentes n'ont pas voulu. Si ça ne tenait qu'à moi, je dirais
"arrêtons de vouloir donner un diplôme bac+5 à tout le monde".


Malheuseusement, là ou ça rend les choses compliquées et ce qu'on ne mesure pas forcément quand on n'est pas dans le circuit, c'est que les formations fonctionnent aussi "pour donner du boulot" à
tout un tas de personnel... si la formation s'arrête, que faire des MCF et de leurs heures, des secrétaires, des responsables de filière etc?


Ainsi, j'avais assisté à une réunion assez hallucinante (pour une autre formation dont nous souhaitions nous désengager) dont les conclusions au bout de deux ans étaient "personne ne veut venir,
on n'a que 4 inscrits pour l'an prochain, le cursus n'est reconnu ni par les élèves ni par les employeurs ni par le ministère". La réponse n'était pas "bon, on arrête", mais "comment remaquetter
tout ça pour que ça devienne super vendeur".


 


PS: la formation dont je parle principalement recrute à bac+2 (mais pas en prépa). Cela dit, j'ai un peu mélangé diverses expériences de diverses formations... (qui ne sont pas toutes forcément
catastrophiques d'ailleurs)