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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 12:46

Jour de grève nationale, le 12 octobre, nous sortons nos plus beaux habits pour aller déjeuner à l'Espadon, le restaurant du Ritz (http://www.ritzparis.com/jump_to.asp?id_target=1313&id_lang=1), dans le cadre de la semaine du goût.

Prendre un jour de congé un jour de contestation pour aller déjeuner au Ritz, c'est pas très rock'n'roll, mais baste, on ne fête pas tous les jours la fin de 9 mois de séparation et un anniversaire.

 

Les cuisines du Ritz ont notamment vu passer Auguste Escoffier, l'homme qui a modernisé la cuisine française et lui a redonné sa renommée internationale au début du 20ème siècle.

Depuis 2001, elles sont tenues par Michel Roth, M.O.F. et Bocuse d'Or, qui a su leur redonner le lustre d'antan et rapidement reconquérir 2 étoiles au Guide Rouge. 

 

La semaine du goût, qui se tient chaque octobre depuis plusieurs années, est une opération commerciale d'une semaine censée notamment promouvoir la gastronomie chez les jeunes. Entre autres, certains restaurateurs de qualité proposent cette semaine là un "menu du goût" aux tarifs alléchants, principalement pour les étudiants mais pas que. 

Pour ceux qui la pratiquent depuis longtemps, elle connaît une certaine baisse de régime, notamment dûe à une récupération par quelques restaurateurs peu scrupuleux, qui en profitent pour "vendre" des "menus du goût" en tout point identiques (prix et plats proposés) à ceux qu'ils proposent tous les jours de l'année.

En ce qui me concerne, c'était la première fois que j'en profitais, et je n'eus pas à m'en plaindre, même si j'admets qu'il faut être un peu vigilant lors de son choix.

 

L'Espadon proposait dans ce cadre un menu spécial à 150 euros, proche du menu de saison proposé habituellement à 170 euros (entrée, poisson, viande, prédessert, dessert), mais avec trois verres de vin en sus.

 

Le hall du Ritz, la "galerie des tentations" sont un peu rococo, couleurs vives, décoration chargée d'une foultitude d'objets et de dorures.

 

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La salle est un peu plus "sobre" - tout est relatif- , aux tons pastels, avec une belle impression d'espace (une quarantaine de couverts, tables rondes pour deux qui pourraient accueillir 6 personnes sans se serrer, largement espacées, belle hauteur sous plafond, salle très lumineuse, et grande plante centrale qui n'est pas sans rappeler le Bernardin).

 

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Nous sommes placés près de la baie vitrée, ce qui nous donne une jolie vue centrale sur la table et sur les points de service.

 

Nous commandons une coupe de champagne rosé cuvée Ritz (20% du prix du menu, mais on ne vit qu'une fois) pour débuter et consulter le menu spécial:

 

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Noix de Saint-Jacques en tartare, fine gelée et riviera de mangue

 

Filet de rouget barbet, fregola sarda aux cèpes et marrons

 

Suprême de pintade à la fleur de cazette et foie gras, émincé de choux vert aux zestes d'orange

 

Touche sucrée (un "crumble" pomme-citronnelle) 

 

Poire pochée à la cardamone, crème légère au chocolat et glace caramel

 

Et à boire:

 

Sancerre blanc Paul Prieur 2009

Château Patache d'Aux 2004 Médoc

Muscat des Baumes de Venise 2008, Domaine des Bernardins

 

Les Saint-Jacques donnent le ton de ce qui, me semble-t-il, doit être la philosophie du lieu: une cuisine subtile, globalement classique se permettant quelques touches "exotiques" avec un dressage superbe, mais malgré tout un peu en retrait. On n'est pas là dans la flamboyance, l'esbrouffe.

Un second rôle qui crève l'écran, en quelque sorte, et sait faire briller ses partenaires, ici un lieu chargé d'histoire et hors du temps, et un service aux petits oignons qui sait s'adapter parfaitement à la clientèle éclectique (repas d'affaire, vieux bourgeois pur sucre, jeunes couples en goguette, touristes japonais ou américains...) pour vous faire sentir le roi de la journée.

 

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Le rouget marie subtilement des saveurs marines et terriennes, avec cet accompagnement automnal (cèpes, marrons, fregola sarda). Grâce à des produits au top, ça fonctionne parfaitement: le rouget a une saveur puissante qui ne s'efface pas devant le reste. Joli.

 

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La pintade est plus dans la "tradition française", même si l'assiette est encore une fois sublime et que la large tranche de foie gras grillé, au goût délicatement fumé, m'a laissé un excellent souvenir.

 

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Il faut ici mentionner le pain, divin, qu'il s'agisse de la baguette individuelle ou des pains spéciaux (lardons, cèpes, tomate-basilic...), et les vins qui, sans s'avérer bluffants, jouent parfaitement leurs rôles d'accompagnateurs de bon goût (j'ai rapidement consulté la liste des vins, impressionnante tant au niveau du choix que des tarifs).

 

Suivent un excellent prédessert, et un dessert qui, bien que magnifique visuellement, m'a plus déçu: un peu lourdaud peut-être (mais les desserts au chocolat sont rarement mes favoris).

 

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Nous terminons par un café accompagné de délicieuses mignardises, en admirant le ballet des serveurs et le service minuté à la cloche.

 

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Nous terminons ce voyage de 3 heures par une visite guidée des cuisines, assurée par un maître d'hôtel décidément parfait sur toute la ligne, sur 3 niveaux, impressionnantes.

 

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Puis nous rentrâmes en notre demeure, baignés dans une délicate torpeur qui ne nous quitta que le soir venu, en remerciant chaudement Michel Roth et toute l'équipe pour leur accueil, leur gentillesse (nous eûmes même droit à un menu dédicacé par le chef) et ce superbe moment.

 

Et merci aussi à la semaine du goût donc. A choisir avec précaution, mais à refaire l'an prochain.

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Published by mixlamalice - dans Restos
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commentaires

Docadn 02/11/2010 22:48



Ben reçu, c'était juste pour savoir s'ils étaient en ligne justement avec les palaces se voulant plus accessibles au déjeuner...Donc un podium pour ce dernier pour ta part...


Le Ritz étant le roi du marketing, je me souviens du menu du reveillon 2007 à 2007 euros...



mixlamalice 03/11/2010 09:08



L'ambiance n'était d'ailleurs pas super formelle, j'étais l'un des seuls clients dans la salle à avoir sorti le costard (sans cravate). Même si j'aurais tendance à penser que s'habiller classe
(tendance chic, pas tendance bling-bling) fait partie du jeu quand on va dans ces endroits...


Après tout, tu ne vas pas à un mariage en tongs-bermuda.


Mais sinon, oui, podium. Pour la cuisine, je placerais sûrement le Bernardin et Toqué devant, pour l'ambiance-déco, c'est le mieux que j'ai connu avec Gilt (dans un tout autre style), pour
le service, c'était le top, même si le sommelier de chez Toqué était super.


Après, je n'ai mangé que dans un 3 étoiles et 3 2 étoiles, plus quelques restos top niveau dans des villes où le Michelin ne passe pas, donc, comme je pense (a priori donc vu que je n'ai pas les
moyens de les contredire) que le guide rouge fait pas trop mal son boulot pour les 2 étoiles et plus, il y a une certaine logique...



Docadn 02/11/2010 21:45



Salut Mix,


Alors ? côté rapport qualité/plaisir/prix à ton goût ?? A combien est le déjeuner basique ? Belle manière de fêter des retrouvailles en attendant...


 



mixlamalice 02/11/2010 22:37



Un gros kif pour nous deux: je pense qu'on peut manger plus bluffant dans la capitale pour ce prix la ou même pour moins, mais tout était parfaitement en place. Ambiance, service, cuisine. On y a
passé 3h30 sans voir le temps passer, seuls au monde et en même temps chouchoutés. Quand on prend tout ensemble, je pense qu'on s'est plus eclaté que si on avait été dans un truc plus axé sur la
cuisine mais moins "chicos" (de type, disons, Kitchen Galerie).


L'un dans l'autre, je crois que c'est ce que j'ai fait de mieux en France.


 


Le dejeuner classique le midi est a 70 euros E+P+D. Quasiment tous les restos de palace proposent un menu dans cette gamme de prix desormais.


A la carte, c'est le coup de bambou (probablement le prix du menu de saison), et il y a un méga menu dégustation dont j'ai oublié le prix tellement c'est ébouriffant.