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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 09:24

Voici quelques restos, majoritairement dans le 5ème arrondissement de Paris, où je suis allé récemment, qui, pour des raisons diverses, m'ont amené à réfléchir sur le pourquoi de leur succès. Et, par voie de conséquence, sur la difficulté à en tirer une recette miracle, tant certains échecs ou réussites semblent se faire, parfois, en dépit de ce qu'on penserait être le bon sens.

Oui, c'est lundi, et j'aime bien enfoncer les portes ouvertes.

 

Le Vin qui danse: Une mini chaîne (3 restos à Paris, 1 à Lille, je suis allé à la maison mère dans le 5ème, tout près du Panthéon). http://www.vqd.fr/

Le concept bar-resto à vins (si on peut parler de concept) est suffisamment développé à Paris pour qu'on puisse penser que seuls les meilleurs réussissent, les autres se contentant de vivoter ou de mettre rapidement la clef sous la porte.

Or, le Vin qui danse semble avoir suffisamment de succès pour ouvrir quatre enseignes en quelques années, et pourtant, il n'est guère qu'"average at best".

L'absence quasi-totale de presse aurait du me mettre la puce à l'oreille, malgré le référencement "viral" qui fait que leur nom sort très haut dès que vous cherchez un bar ou resto à vins à Paris sur Google ou un site de type cityvox.

Le Figaro les a déboîtés en 2008, et c'est à peu près tout: la page presse de leur site web est d'ailleurs à pleurer.

 

Le chef est un ancien du Meurice, mais comme le faisait remarquer François Simon à propos de ce name-dropping en vogue, il pouvait tout aussi bien y éplucher les patates.

Bon, ce n'est pas que c'est mauvais, mais à 27 et 35 euros les menus, il y a beaucoup trop de choses réchauffées (les ravioles servies 40 secondes après la commande) ou juste moyennes: la terrine se laisse manger comme les desserts, le jarret de veau croustillant est plutôt pas mal malgré son service là aussi ultra-rapide.

Le principal défaut est que ça ne choisit pas son camp entre la cuisine de bistrot classique à base d'ingrédients top et quelque chose de plus élaboré: ça se la joue un peu, pour un résultat très moyen. Si encore le menu était à 18 ou 22 euros, ça passerait, mais dans les 30, on peut commencer à être exigeant vu la popularité de la mouvance bistronomique...

A part ça, la déco est ok, un peu cave à vin revisitée par Disney, le service plutôt compétent, la carte des vins ne m'a pas impressionné mais pas non plus semblé totalement hors du coup ou sortant le flingue question prix. La bonne idée, la aussi sans doute un peu trop facturée, c'est l'accord mets-vins (3 verres associés aux 3 plats) pour 15 ou 20 euros: disons que dans cette gamme de restos, c'est assez rare, et moi j'aime bien.

Bon, fallait trouver un truc pour 21h un samedi et il était 19h, ça se tentait...

 

Bref, sans pour autant clamer que ce fut un mauvais moment ou une grosse arnaque, je dirais juste qu'il y a tellement mieux ailleurs, dans le même style et avec des prix comparables (pour ne rester que dans le 5ème, le Pré Verre, les Papilles...), que je ne comprends pas très bien le succès de cet établissement.  

 

Bibimbap: Un resto coréen familial sur le boulevard de l'Hôpital, entre Gare d'Austerlitz et la Pitié (5ème aussi). http://www.bibimbap.fr/

Le bibimbap est un plat coréen populaire, mélange de riz, légume, viande, oeuf, servi dans un plat brûlant en fonte. Ils en servent bien sûr, ainsi que le barbecue coréen (boulgogi) et d'autres plats plus ou moins mystérieux.

Ce petit resto a ouvert peu avant que je parte aux US, à 100 mètres de ce qui était à l'époque mon domicile. J'avais été l'un des premiers à laisser un avis sur cityvox, et à vrai dire je pensais que le resto n'allait pas faire long feu.

Une bonne cuisine "exotique" et une gentille patronne ne me semblaient pas suffisants pour contrebalancer une localisation vraiment pourrie (le boulevard de l'Hôpital, en plus d'être très moche, est franchement isolé et l'un des moins vivants de Paris: bref, pas l'idéal pour voir passer de la clientèle et la fidéliser), une déco pas folichonne, et des prix croyais-je un peu élevés (menu complet autour de 30 euros) par rapport à ce que le parisien moyen est prêt à payer pour de la cuisine asiatique.

 

Je me gourrais totalement, et finalement tant mieux.

Quelques articles élogieux (F. Simon venait probablement de rater son train), une bonne communication des propriétaires sur Internet (un site bien tenu, des référencements, etc), et une citation dans le Michelin (une fourchette) ont fait du bien à la maison, qui affichait complet ce vendredi soir. Ou alors, la cuisine est suffisamment authentique et de qualité pour attirer la clientèle asiatophile: pour ma part, bien que je trouve ça "frais" et bon, je ne m'estime pas assez connaisseur pour clamer qu'il faut absolument traverser la capitale pour y dîner.

Quoi qu'il en soit, à une ou deux tables près, nous avons failli être refoulés en nous pointant comme des fleurs sans réservation. La patronne désormais n'est plus obligée d'assurer le service en salle en plus de sa cuisine et a deux serveurs à sa disposition.

Ca tourne bien, visiblement.

 

Le Tourbillon: (5ème toujours, dans le triangle Val-de-Grâce, Mouffetard, Gobelins, http://www.restaurant-letourbillon.com/).

Un bon petit resto de quartier ouvert il y a environ un an (à un emplacement qui avait la fâcheuse tendance à changer de proprio tous les 2 ans), dans une zone de Paris qui en manque justement un peu. Comme c'est de plus en plus le cas (le Gaigne, l'Agrume...), c'est un jeune couple qui gère tout de A à Z: Cédric Tessier, ancien de chez Michel Rostang, aux fourneaux, sa femme en salle.

On y mange bien, peut-être de façon un peu inégale: le bavarois de tomate et chèvre en entrée m'a semblé so-so, le filet mignon était excellent mais ce qui l'accompagnait, la purée de carottes comme la sauce, était un peu trop sucré à mon goût. Les lasagnes de légumes ont un peu déçu leur destinataire, au contraire de l'entrecôte, toute simple mais copieuse et avec une bonne béarnaise. Les desserts étaient eux vraiment très bons, surtout celui aux figues.

La carte des vins est relativement courte mais est assez bien construite pour proposer un large éventail de domaines et de prix.

La déco est assez moderne, il y a une petite terrasse, et on est bien accueilli par ces jeunes gens commerçants et méritants.

Une enseigne prometteuse avec peu de concurrence à proximité immédiate (il faut bien compter 10-15 minutes de marche pour arriver à l'Ourcine, l'Agrume ou le Petit Marguery).

 

Cela dit, je reste un peu dubitatif quand je vois les deux coeurs du Figaro (les détails de la critique sont d'ailleurs assez conformes à mon ressenti, et me sembleraient plutôt du niveau un coeur) ou quand J. Talbott le recommandait à des touristes comme la pépite "off the radar" actuellement, à vite visiter avant qu'il ne soit référencé partout et complet 1 mois à l'avance (je dirais qu'il y a quand même de la marge - il est d'ailleurs plus mesuré lui aussi dans sa critique: nous sommes d'accord, c'est un -bon- resto de quartier, pas encore un futur étoilé, ni même un faiseur de buzz).

 

Breakfast in America: (5ème, rue des Ecoles, plus du côté de Jussieu que du côté du boulevard Saint-Michel, http://www.breakfast-in-america.com/main/).

Un diner à l'américaine, comme son nom l'indique: tables en formica, tabourets, banquettes en cuir rouge. Service indigène également, assez sympa dans l'ensemble (ça m'a fait plaisir de recommander un burger et une pinte en V.O., mais ils ont pas mal laissé tomber le côté pot de colle des serveurs outre-Atlantique). C'est plutôt authentique, et du coup rare dans son genre sur Paris.

J'ai trouvé le burger pas mal du tout, meilleur qu'au PDG pour environ 5 euros de moins (entre 8 et 11 euros pour le burger normal, rajoutez 3.5 pour le double: soit 12.5 le double cheese, contre environ 17 au PDG si ma mémoire est bonne).

Il vous claque son homme, le steack est de bonne qualité et bien épais (demandé medium rare-saignant pour moi, amené plutôt medium-à point, mais les deux autres l'ont eu comme ils voulaient). Le bun est ok, les condiments sont là - oignon rouge, tomate, salade, pickle-, et il y a même la moutarde "French's" (ultra-sucrée, tout sauf française, mais top avec les burgers). Les frites sont bonnes, elles pourraient être excellentes si elles étaient faites minute (la cuisson est là, mais on sent qu'elles ont quelques heures et commencent à ramollir).

A ce stade le dessert est superflu, tant mieux parce que c'est là qu'ils font la marge (4 euros le petit pot de Ben & Jerry's, 6 euros la pecan pie avec glace). 3.5 euros le coca, 5.5 la bière, bref, si vous voulez un menu ultracalorique, vous en avez pour 25.

 

Ca serait un bon plan régressif s'il n'y avait pas une heure de queue le samedi soir pour y rentrer: ce qui est rare est cher. On l'a fait parce qu'on n'avait pas de plan B, mais je dois avouer qu'à 30 piges, poireauter 1h pour bouffer un burger, c'est plus de mon âge. Cela dit, c'est typiquement américain puisque là-bas aussi, on adore passer son dimanche matin à faire la queue pour son assiette de pancakes. Et ça l'est encore plus puisqu'il n'y a pas de réservation.

Visiblement, c'est aussi blindé en semaine, et le midi, j'imagine que le menu étudiants à 8 euros a son petit succès auprès des étudiants de Jussieu qui voudraient une alternative pas trop traumatisante au kebab.

Bref, je ne suis pas sûr qu'on m'y reverra de sitôt, c'est dommage car j'avais trouvé le lieu pour assouvir mon envie biannuelle de burger.

 

Le Comptoir du Relais: On s'exile dans le 6ème, à Odéon, chez Camdeborde, le pape de la nouvelle vague bistronomique, et depuis peu jury à la Nouvelle Star Master Chef.

 

J'y retourne après un passage fin 2007, toujours au déjeuner, un week-end. Ca n'a pas vraiment changé, au déjeuner c'est brasserie service non-stop, il y a toujours du monde et il faut faire la queue. Ce dimanche, Yves est en salle et fait le show.

Maintenant on peut prendre un verre et grignoter en attendant à l'Avant-Comptoir, petite salle ouverte juste à côté, une bonne idée. Il y a quelques vins au verre pas très chers et de bon goût, de la charcuterie de haute qualité (attention aux prix par contre). C'est plutôt sympa, même si on est dans la caricature du name dropping. Bordier, Ospital, M. Lapierre, Camdeborde (le frère), tout ça en gros au mur et sur la carte, on se croirait un peu dans une agence de pub. A noter qu'ils font aussi des sandwiches minute qui ont l'air pas mal, et des crêpes à des prix très raisonnables quand on les compare aux baraques immondes de Montparnasse.

A la carte le midi, il y a une forte dispersion de prix sur les plats, de 15 à 25 euros. Mon principal reproche n'est pas sur la qualité des mets servis, excellente (tomate coeur de boeuf farcie à la joue, cochon de lait), mais sur la quantité (plus proche d'une grosse entrée que d'un plat: une tomate, coeur de boeuf certes, reste une tomate) et sur le prix subséquent.

On enchaîne avec un dessert, et avec deux verres de vin on s'en tire pour 35-40 euros le midi. Et à ce prix là, on a plutôt mangé "léger", de la très bonne cuisine de terroir.

 

J'en suis sorti les papilles ravies, mais au fond de moi, je pensais un peu ce qu'Alexander Lobrano a écrit récemment: "si la qualité du repas fut bonne, tout était largement trop cher, et je ne peux m'empêcher de penser que cet endroit est devenu un attrape-touristes (et/ou bobos) malin. C'est trop chaotique pour un repas paisible, et trop cher pour ce qu'il y a dans l'assiette".

Il faut en effet se rendre compte qu'on est, pour une cuisine "basique" même si les produits et l'éxécution sont au top, dans la même gamme de prix que les formules déjeuner entrée plat dessert (ou entrée plat 1 verre de vin) que certains (mono-)étoilés proposent...  

Il recommande d'essayer d'y aller le soir (pour ceux qui l'ignorent, le soir, c'est formule unique dégustation avec une cuisine un peu plus recherchée, aux alentours de 50 euros, et il faut réserver plusieurs mois à l'avance). Il paraît que là, ça reste une affaire. Je n'aurais rien contre, si quelqu'un a une table. Dans le cas contraire, je crois que je ne suis toujours pas prêt à réserver mon quatrième mardi d'avril pour m'en assurer.

 

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Published by mixlamalice - dans Restos
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commentaires

docadn 14/09/2010 14:15



Salut Mix,


court passage sur la capitale en début de semaine dernière et pas la possibilité de tester une de ces cantines (y'avait défilé, et le 9-5 à pied c'est très loin !!)


a une prochaine



mixlamalice 14/09/2010 14:19



Salut,


N'hésite pas à me faire signe la prochaine fois que tu passes si tu as plus de temps.


A pluche



Ch'Tom 14/09/2010 00:33



Faudrait ajouter que l'ambiance à B.I.A. est quand même très teenager. C'est à dire que non seulement tu attends une heure, mais tu attends une heure que les 4 minettes qui devraient finir de
s'empiffrer leur milk-shake (et dieu sait que ça ne leur fait pas du bien) finissent d'actuliser leur statut facebook pour avoir une table...



mixlamalice 14/09/2010 09:02



En même temps qui d'autres que des teenagers peuvent patienter une heure pour un burger et un milkshake? Je veux dire, à part des blaireaux comme nous qui font ça une fois parce qu'ils ne savent
pas ou aller?