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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 11:29

 

Une nuit d'août 1974, le funambule -et presdigitateur à ses heures perdues- Philippe Petit s'introduisait illégalement dans les tours encore en travaux du World Trade Center.

Au petit matin, après presque 10 heures passées à installer le câble avec ses complices, il effectuait la traversée entre le sommet des deux tours, à 415 mètres du sol. Il est en fait resté plus de 45 minutes sur le fil, produisant un véritable spectacle - il alla jusqu'à s'allonger et s'asseoir sur le cable, effectuer plusieurs saluts, courir etc- devant une foule ébahie de new-yorkais le nez en l'air, qui ce jour là arrivèrent très en retard au boulot.

Il fut ensuite arrêté et jugé pour "conduite impropre" ou quelque chose du genre. Il semble qu'il fut condamné symboliquement à une peine de type "travail d'intérêt général": donner une représentation publique. Mais de façon encadrée et plus conventionnelle.

 

Cette histoire eut un énorme retentissement à l'époque, bien que la scène n'ait pas été filmée et qu'il n'y ait pas tant de photos que ça.

Un peu oubliée, on en a beaucoup reparlé récemment, comme une sorte de contrepoint optimiste aux attentats du 11 septembre: une bande de pied-nickelés déjouant par une préparation minutieuse les systèmes de sécurité pour perpréter illégalement, sur l'un des symboles de la puissance américaine, un acte de création (artistique), de beauté, et non de destruction.

Notamment, le documentaire Man on Wire reçut en 2009 l'Oscar (vidéo partielle en lien, très forte émotionnellement à mon goût).

Philippe Petit: "Ma criminalité est purement artistique. Si j'avais demandé l'autorisation et qu'on me l'avait refusée, j'aurais fait cette traversée quand même. Mais je n'y ai même pas songé. Pour moi, c'est une évidence : il n'y a pas besoin de permission quand on a envie de faire des choses belles. Il faut les faire, c'est tout."

 

Colum McCann s'en est inspiré dans son très beau dernier livre "Let the great world spin" (un peu pompeusement traduit en français par "Et que le vaste monde poursuive sa course folle"). L'acte lui-même sert de fil conducteur -ahaha- au récit, mais celui-ci décrit en fait une douzaine de personnages new-yorkais plus ou moins connectés dont les vies se trouvent changées autour de cet évènement (pas vraiment "à cause de", plutôt "simultanément"). C'est un roman polyphonique, une allégorie subtile, et j'ai trouvé les différentes voix justes, belles, variées.

La dernière partie perd selon moi un peu en intensité, mais c'est en ce qui me concerne la riche rencontre avec un auteur dont j'avais entendu parler sans l'avoir jamais lu (hormis un recueil de nouvelles ne m'ayant laissé aucun souvenir, Ailleurs en ce pays).

 

Dans un registre moins poétique, j'ai également découvert un écrivain qui me plaît beaucoup, Joyce Carol Oates. "Découvert" est ici sans doute mal choisi car elle a entre autres tout de même été plusieurs fois finaliste du Pulitzer et mentionnée plusieurs fois parmi les favoris pour le Nobel. Toute proportion gardée, Oates me fait un peu penser à Nothomb: look un peu "gothique" -teint blafard et longs cheveux noirs de jais-, écrivain excessivement prolifique, goût pour les univers sombres et les personnages glauques.

Oates écrit bon an mal an un roman ou une nouvelle chaque année depuis quarante ans. J'en ai lu 4 ces derniers mois, tous plutôt récents (Zombie, 1995, Beasts, 2002, The Tattooed girl, 2003, Rape: a love story, 2003), tous très bons, pour ceux qui aiment les histoires pour le moins noires: Zombie est écrit sous la forme du journal intime d'un serial killer (il est plus ou moins inspiré de la vie de Jeffrey Dahmer), Rape raconte l'histoire d'une mère de famille violée dans un petit village proche des chutes du Niagara et surtout comment la population locale en vient à prendre la défense des violeurs, Beasts s'intéresse aux relations troubles entre un professeur charismatique et ses élèves dans un lycée de filles pendant les années 70, The tattooed girl décrit l'itinéraire d'une jeune paumée devenant l'assistante d'un écrivain reclus.

Je pourrais exposer quelques divagations machistes pour expliquer mon entrain, vous dire qu'habituellement je lis peu d'écrivains femmes, pas de façon réfléchie d'ailleurs mais plutôt parce que peu m'ont marqué, qu'Oates propose des univers et un ton très personnels, que le malsain qui s'en dégage rappelle plus un McCarthy féministe que Gavalda et que c'est peut-être ça qui me plaît, mais bof. Restons simples: j'aime bien.

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Published by mixlamalice - dans Littérature
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mixlamalice 16/07/2010 09:58



Un Philippe Petit moderne?


http://www.guardian.co.uk/world/gallery/2010/jul/15/norway?picture=364917925#/?picture=364917929&index=5