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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 14:44

Depuis que j'ai émigré rive droite dans un quartier Fooding (r) (voir mes articles "où manger à Faidherbe-Chaligny", 1, 2, 3, 4, série en court), il m'est arrivé environ autant de fois en six mois qu'au cours des 5 dernières années ce phénomène étrange qui consiste à avoir le sentiment d'être dans l'impossibilité de quitter un restaurant.

Vous savez? Vous avez mangé, tout s'est (plus ou moins) bien passé, vous avez fini et vous souhaitez partir, vous demandez l'addition et là, plus rien. Vous devenez invisible. Cela peut prendre plusieurs formes. Soit les serveurs s'agitent autour de vous sans plus vous voir, soit ils semblent disparaître complètement de votre champ de vision. Ca peut d'ailleurs se passer avant ou après qu'on vous ait donné l'addition, mais quoi qu'il en soit, impossible de payer, impossible de se barrer. On reste là comme des cons, parfois presque aussi longtemps que ce qu'a pris le temps du repas.

Je vous assure que je ne suis pas un client casse-couilles (je suis même plutôt le style à se faire marcher sur les pieds), mais j'aime bien me barrer quand j'ai décidé de me barrer, et pas quand le restaurateur décide qu'il est temps pour moi. Or, finalement, il m'arrive plus souvent de ne pas réussir à partir que d'avoir l'impression d'être foutu dehors.

J'avais déjà fait un article un peu sur le sujet, mais ne me taxez pas tout à fait de manque d'inspiration. Cela m'est vraiment arrivé très souvent ces derniers temps, et la compréhension de ce phénomène m'échappe toujours autant. Visiblement (ou alors je n'ai pas du tout été chanceux ces derniers temps), il y a un lien avec le quartier, donc probablement avec une ambiance particulière. Il me semble aussi que c'est un phénomène parisien: comme discuté dans mon article précédent, il y a beaucoup de choses à dire sur le service en province, en tout cas dans les endroits que je connais, mais je n'ai pas souvenir d'avoir remarqué ce problème là (ou alors, je suis parisien depuis trop longtemps). Pourtant, ce ne sont pas toujours exactement les mêmes situations (je vais détailler). Donc si quelqu'un a une explication rationnelle (hormis celle qui consisterait à mettre en cause notre absence totale de charisme, à Priscilla et moi), je suis preneur.

Parce qu'autant je peux comprendre l'intérêt à foutre un client dehors (ça permet d'avoir ça de moins à s'occuper, de relancer éventuellement un nouveau service à la table occupée), autant garder un client qui a fini de consommer, je ne pige pas. A moins que ce ne soit pour les serveurs un moyen de se décharger d'un peu de boulot sans se faire trop démasquer par le patron? Ou alors, le client lambda parisien aime bien rester 1h à discuter après la fin de son repas et je suis donc de ce point de vue atypique pour les serveurs?

 

La pire expérience récente de ce genre a bien sûr eu lieu au Tintilou, mais on peut évoquer la thèse de l'accident industriel. La brigade était tellement dépassée ce soir là, qu'on peut finir par penser qu'il était inévitable qu'ils ne ramènent jamais l'addition, et pire encore, alors qu'on avait fini par se lever pour aller payer au bar, qu'ils mettent 10 minutes à nous demander ce qu'on voulait (que peut-on bien vouloir au comptoir à 23h dans un restaurant dans lequel on vient de finir de manger?) puis qu'ils se montrent incapables de faire marcher la machine à carte bleue.

 

Toutefois, nous avons aussi été confrontés à une situation similaire aux Amis de Messina (italien de qualité mais au rapport qualité-prix pas super que je n'ai pas encore chroniqué, 204 rue du Faubourg Saint-Antoine). La encore, le service n'avait, pendant toute la durée du repas, pas été complètement au top, mais m'avait semblé plutôt victime d'une difficulté en cuisine à sortir les assiettes. Nous avions été victimes, en parallèle d'un autre phénomène un peu agaçant, celui d'être, pour une raison ou une autre, visiblement catalogués "clients de seconde zone" et donc d'être servis un peu après tout le monde en dépit des ordres d'arrivée, de commande, etc.

 

Autre déconvenue chez Da Totto e Peppino (4 rue Alexandre Dumas, 75011, pas encore chroniquée), honnête pizzeria au business model assez étrange, puisque le patron nous annonce ce samedi soir, que les cuisines sont fermées, et qu'on ne peut donc commander que des pizzas. Ok, soit. Mais visiblement, les serveurs sont en congés aussi et le patron, qui se tape toutes les pizzas à faire (une bonne trentaine de couverts, donc une bonne trentaine de pizzas), n'est aidé que par une jeune femme qui ne parle pas français et qui n'a visiblement jamais assuré de service de sa vie. "Cuisine fermée" signifie aussi qu'ils ne sont pas non plus capables de couper quelques tranches de charcuterie pour patienter pendant que le mec enchaîne ses 30 pizzas... du coup, tout le monde a un peu le couteau entre les dents.

Heureusement nous sommes arrivés tôt, donc on arrive à manger dans un temps raisonnable. Par contre, on a beau demander 2 ou 3 fois l'addition à l'handicapée de service, pas de réaction. Encore une fois, au bout de 20 minutes sans qu'il ne se passe rien (ou plutôt que la "serveuse" ne gaspille une énergie folle à ne rien faire comme une poule sans tête), on finit, encore, par aller au bar où, après une petite attente, elle aussi nous demandera ce qu'on veut (la réponse n'a donc pas l'air de couler de source). Avant d'aller chercher le patron parce qu'elle ne sait pas encaisser... Celui-ci, brave homme qui a perdu 3 ans d'espérance de vie depuis le début du service, veut nous offrir le digeo pour se faire pardonner de l'arrache totale, mais on n'est à ce stade plus vraiment d'humeur (je suis déjà presque dehors, en fait).

 

Un autre service globalement longuet et à l'organisation discutable (même si très largement moins catastrophique que le cas précédent) nous a été proposé au Jodhpur Palace.

 

Mais il y a aussi des choses plus bizarres, comme à En attendant l'Or (6 rue Faidherbe), brasserie aveyronnaise à l'authenticité je pense douteuse, mais plutôt sympathique avec beaucoup d'ambiance et une carte "produits de terroir de masse" au rapport qualité-prix sans surprise. Nous y sommes allés plusieurs fois, le service est globalement efficace comme il l'est souvent dans les brasseries. Une fois néanmoins, alors que tout s'était jusque là passé dans un tempo convenable, et qu'on nous avait apporté l'addition, nous avons pu assister à une disparition totale et instantanée du service. Pour une raison qui m'échappe, plus personne ne passait à proximité de nos tables. Et quand cela se produisait, on ne nous voyait pas malgré nos gestes de plus en plus désespérés. Encore une fois, on a fini par aller payer au bar.

 

Un scénario similaire s'est produit récemment à Waly Fay (restaurant d'Afrique de l'Ouest globalement pas mal du tout, pas encore chroniqué, 6 rue Godefroy Cavaignac, 75011).

La encore, le service a été plutôt bon jusqu'à ce que l'on nous retire nos plats principaux. Certes, c'était ensuite un peu le coup de feu (visiblement, dans le quartier, le samedi soir, on bouffe vers 21h30, parce qu'on est jeunes et cools). Il a donc d'abord fallu que j'arrête un serveur pour lui subtiliser les cartes pour regarder les desserts, puis devant le peu de choix et l'attente qui commençait déjà à peser, que je fasse signe à un autre à l'autre bout de la salle pour demander l'addition, avant qu'il ne disparaisse, autant que je puisse juger, pour de bon. Un troisième nous l'a finalement apportée mais n'est pas resté pour qu'on règle (ce serait trop simple). Il a fallu réussir à entrer en contact avec un quatrième pour pouvoir régler. Du coup, nous n'avons pas, je l'avoue, signalé l'erreur en notre faveur sur la note (ils ont oublié de nous compter le pichet de pinard).

 

 

Et puis, je conclurai sur cette tentative avortée de manger un burger et boire une bière chez Patrick's, le ballon vert, 33 rue de Montreuil (75011), pub irlandais dans son jus. Nous y avons été une bonne demi-douzaine, peut-être même une petite dizaine de fois en à peine six mois: sans faire de nous des habitués, cela nous vaudrait un statut de "regulars" dans certains établissements (le patron du Negus nous a reconnu dès la deuxième fois, par exemple), mais pas ici. Pourtant, ce sont toujours les 3-4 mêmes serveurs (le patron, un vieil irlandais, n'est pas toujours là mais je pense que lui me remet, au moins vaguement). Bon, ok, c'est un grand bar, avec une clientèle de passage qui vient regarder des matchs. 

Mais la dernière fois, nous sommes devenus invisibles avant même de pouvoir commander. Pourtant, une serveuse nous a salué en rentrant. Nous ne nous sommes pas installés dans son spot, donc elle ne nous a plus calculé ensuite, et n'est apparemment pas allée jusqu'à signaler notre existence à ses colègues. Pendant quelques minutes, personne n'est passé à proximité. Puis, finalement, un serveur est venu s'enquérir d'une table proche. Il ne nous a visiblement pas vus. Il est ensuite revenu, a regardé Priscilla dans les yeux. Le jeu s'est répété une fois ou deux supplémentaire. Au bout de quinze minutes, sans signe de vie, sans bière sur la table, et sans cartes à consulter, on a donc décidé de remettre nos manteaux et de nous barrer. Personne n'a semblé s'en émouvoir.

 

Voila, ça fait quand même beaucoup, en à peine six mois.

La solution, c'est peut-être de directement aller payer au bar/comptoir (quand il y en a un)?

 

 


 

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Published by mixlamalice - dans Autour de la gastronomie
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commentaires

JF 25/04/2014 11:55


mixlamalice 25/04/2014 12:01



Pierre Gagnaire s'est fait connaître à Saint-E avant de devenir un "symbole" des grands chefs de la capitale ;)


 


Et puis luxe != mode



JF 25/04/2014 11:08


Et si tu te lèves, que tu t'habilles et que tu te diriges manifestement vers la porte, il se passe quoi ?


 


(je suis juste curieux, je ne fréquente pas les restos à la mode parisiens, alors...)

mixlamalice 25/04/2014 11:47



Le cas où je me lève pour m'arrêter au bar est évoqué dans l'article...


Je connais 2 ou 3 proches qui ont fini par ne pas s'arrêter, franchir la porte et se barrer. Dans tous les cas qu'on m'a racontés, personne ne les a rattrapés...


 


(il ne s'agit d'ailleurs pas, dans la majeure partie des cas de l'article ni ceux juste au-dessus, de restos "à la mode", en tout cas tels que je les définirais)