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  • : Les pensées - j'ose le mot- diverses d'un jeune scientifique ayant obtenu un poste académique à l'Université, après presque trois années en post-doctorat dont deux au fin fond du Massachusetts. Ca parle de science (un peu) mais surtout du "petit monde" de la science. Et aussi, entre autres, de bouffe, de littérature, de musique, d'actualité, etc. Et de ma vie, pas moins intéressante que celle d'un autre.
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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 10:26

Ah, qu'est-ce qu'on se marre en école d'ingé.

 

http://www.rue89.com/comment/2850499#comments-start

 

Un petit copié-collé d'un mail cité en fin d'article, parce qu'il a été écrit par un élève de mon alma mater et qu'il y parle du club de rugby. Une prose de l'"élite de la nation" comme on aimerait en voir plus souvent, et qui vaudra probablement à son auteur un petit quart d'heure de gloire sur la toile...

 

« Objet : [...] Résumé de la soirée à l'ens hier

Salut les gorets,

Pour les polards et les tocards qui n'étaient pas présents hier soir pour la réouverture de la kfet à l'ens, je vous propose une petit résumé [...].

[Notre] troupe de gars bonnard se ramene avec une chaussette sur le sexe et enflamme le dancefloor ! Qqs biffles (comme une gifle, mais avec la bite, NdeMix) sur le podium, frottements de couilles sur la gente féminine, sans compter la pose de couilles sur le comptoir du bar. [...]

Les rugbymen intellectuels commencent alors à insulter tous les jeunes autour, et à emprunter des chapeaux ou des casquettes. On a d'ailleurs trouvé marrant de trickser un homosexuel véti d'une paire de bretelles, d'un pantalon en cuir et d'une casquette en cuir ! Le pauvre, ce qu'on lui a mis. Mais la bonne humeur des porcelets l'a emporté sur l'envie de mettre quelques droites.

Puis nous rencontrons [une fille] de la kfet, qui avait arrosé les couilles [d'un des nôtres] quand celui ci les avait posées sur le bar. La demoiselle un peu bourrée et demandeuse de calins nous paye pas mal de coups, et demande des plaquages dans la cour aux ernests ! [...]

Ensuite petite session podium, et le fameux moments ou tous les porcelets présents sont montés sur le comptoir, les couilles à l'air. Un grand moment de romantisme ! [...]

On en redemande des soirées comme ca ! ! [...] »

 

Moi qui me suis toujours demandé pourquoi je n'avais jamais fait de rugby, je comprends que je n'en étais sans doute pas digne...

 

Je me sens rajeunir, même si à mon époque (2000-2004), se balader à poil en soirée et vouloir poser sa bite n'importe où ou sur n'importe n'était pas répandu; certains se contentaient simplement de faire un barrage de culs.

C'est pendant que je faisais ma thèse (2004-2007, dans la même école, où je continuais à aller boire quelques bières au foyer des élèves ou à des soirées de temps à autres) que j'ai vu ce genre de choses pour la première fois. Ainsi que les mecs proches du coma éthylique à 20h (quelques années auparavant, les cadavres s'accumulaient à partir de 3h du mat', rarement avant).

 

Par contre, chier dans un labo mal fermé ou actionner les douches de sécurité pour inonder la salle blanche (qu'est-ce qu'on s'marre), c'était rare mais ça existait déjà.

 

 

 

 

Bon, plus sérieusement, tout ça est un peu affligeant mais je suis à peu près sûr que les faits décrits sont majoritairement vrais*.

 

Pour mes lecteurs qui ne connaissent pas le monde des écoles d'ingé, oui, ça se passe, parfois, comme ça (et c'est paraît-il pire en fac de médecine). Mais le "jeune" n'est pas toujours très subtil, et il serait étonnant que le "jeune" d'école d'ingénieurs le soit plus: quitte à faire des conneries, autant les faire à 20, quand les conséquences et les responsabilités sont souvent relativement faibles, qu'à 50 parce qu'on ne supporte plus d'avoir eu le cul serré toute sa vie.

On peut aussi disserter sur le bienfait d'un système où 2 années ultra-compétitives à peine sorti de l'adolescence (la prépa) sont suivies par 3 années de branlette quasi-totale où 95% des entrants à son diplôme à la fin en bossant deux semaines par an (l'école d'ingénieurs).

 

Cela dit, les vrais gros bourrins décrits dans l'article ne sont pas majoritaires, et à part peut-être pendant le week-end d'intégration personne n'oblige personne à quoi que ce soit, même si certains peuvent avoir cette impression en ressentant une "pression de groupe". Je connais plein de gens qui ont eu beaucoup d'amis, même parmi les "fêtards", en école d'ingénieurs alors qu'ils n'ont jamais vomi ou montré leur zgueg.

Il faut aussi noter que condenser des évènements qui se sont produits dans plusieurs soirées à plusieurs mois d'intervalle en quelques lignes laisse penser un peu facilement que c'est l'orgie permanente: même si l'ambiance est rarement extrêmement studieuse, ce n'est pas non plus tout à fait le cas**.

Parler de "viol" parce qu'une fille qui a trop picolé a couché avec un mec qui a aussi trop picolé me semble un peu too much (je fais une litote) quand on fait référence à des personnes qui ont 20-25 ans.

Quant aux chansons paillardes, elles ne brillent pas par leur finesse et on peut regretter leur existence dans notre patrimoine culturel, mais taxer de sexiste homophobe celui qui chante "ah la salope va laver ton cul malpropre" me semble aussi tiré par les cheveux que vouloir interdire Tintin au Congo...

 

 

 

 

* bien que leur interprétation et/où la façon dont ils sont présentés soient beaucoup plus tendancieux, (voir aussi en commentaires).

** Casser de la "grande école" est toujours tendance dans certains média (un peu comme les francs-maçons), parfois à raison d'ailleurs. Dans le cas d'espèce, l'ENS ne délivre pas de diplôme d'ingénieur et forme en majorité des fonctionnaires, profs et chercheurs (même si de plus en plus d'ulmiens dérivent vers le privé ou la haute fonction publique). Bref, le symbole arrogant du grand capital et de la reproduction des élites, c'est pas vraiment à l'ENS qu'on le trouve...

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commentaires

Francieii 12/01/2012 19:03


Très bon article. Ca m’a permis de voir que finalement, c’était le bon temps, et de découvrir que le PORC ne ternis pas sa réputation.


 


J’hésite à poster dans la rubrique : http://www.XXXXX.org/#forum/viewtopic.php?f=5&t=103, *


 


même si « notre » école n’est cité que de manière indirecte dans cet article


 


 


Enfin, heureusement que nous étions plus drôle à l’époque**.


 


* le lien ne doit mener normalement à rien, XXXXX étant bien sûr le nom de l’école d’origine des gorets, un peu d’anonymat ne faisant pas de mal. 


** Et qu’on avait un arabe sur qui faire des blagues racistes.


 

mixlamalice 12/01/2012 22:52



J'ai même l'impression que le porc s'améliore. Il faut dire que le sang neuf a l'air de qualité...


Je tiens à signaler aux lecteurs que ça intéresse qu'on a parfois abusé de l'alcool mais qu'on a jamais posé nos burnes sur le bar ou ailleurs. Et d'ailleurs, qu'on n'a jamais violé personne,
faut dire qu'on a pas chopé grand monde tout court...



régis 12/01/2012 13:53


J'ai l'impression que cette rumeur de bacchanales estudiantines appuyées est en train de devenir un marronnier pour la presse un peu bas de gamme. 2011 a été une année
pourrie à l'international et cela a occupé les journalistes (ou prétendus tels). Nous sortons de la trêve des confiseurs, il faut occuper les colonnes...


Je suis loin du milieu étudiant maintenant mais mon bureau est proche du campus de Lyon I et je n'ai jamais vu au petit matin de débris d'orgie ni des jeunes intoxiqués dégueulant dans le
caniveau après y avoir laissé leurs déjections et y avoir pratiqué la sexualité de groupe.


Quelles sont les soirées étudiantes les plus chaudes? Médecine a une réputation sulfureuse, d'expérience à Lyon c'était très calme... j'étais le seul de me amphi à connaître et chanter plus
d'une vingtaine de paillardes et j'étais déjà un mec très très raisonnable... on disait beaucoup des soirées dentaire, qui semblaient un peu plus hot. Il y avait la folle nuit des
infirmières, bon, je n'y suis jamais allé, donc pas d'avis... le frère d'un de mes amis a fait droit et les soirées étaient très libérées. En somme, il me semble que les teufs qui soient plutôt
des touzes, ce soient celles des autres... ce qui est typique du phénomène de rumeur et de sa propagation

mixlamalice 12/01/2012 16:16



c'est à dire qu'entre deux numéros sur les franc-maçons, un numéro spécial réseaux de prostitution et quelques uns sur les dangers de l'islam, il faut bien meubler...


Tout dépend aussi de ce qu'on appelle partouze. Je ne suis jamais allé aux chandelles ou à la cheminée, mais si ce qui s'y passe se rapproche d'un mec à 3 grammes qui remue la bite en grimpant
sur une chaise et en beuglant des insanités, ça fait cher les 300 euros la soirée...


Au 21ème siècle, on a l'effarouchement facile, tout en se gavant de téléréalité bien trash.



postdoc 12/01/2012 09:03


J'ai l'impression que dans mon école c'était plutôt calme en comparaison. Alors certains avaient certes mal aux cheveux le jeudi matin pour les cours de langues mais je n'ai jamais entendu parler
de telles débaucheries. Enfin la rumeur courrait que le club ciné avait été fermé d'autorité quelques années avant que j'arrive car certains avaient eu l'étrange idée de se faire une petite
partouse dans la salle à côté pendant que les autres regardaient le film. J'ai toujours trouvé cette histoire un poil douteuse mais en même temps je me voyais pas aller demander confirmation au
directeur. Toujours est-il que notre promo a recréé le club ciné et sans ce genre d'excès.


Ah et il y avait au moins une fille ouvertement lesbienne et un gars ouvertement gay, il ne me semble pas qu'elle aient jamais eu à souffrir du moindre problème lié à ça au sein de
l'établissement.

mixlamalice 12/01/2012 11:13



J'ai vu deux personnes un peu pétées copuler dans la réserve du bar... on peut crier au viol mais ils ont depuis eu deux gamins et je crois sont toujours ensemble 10 ans après... ils étaient
juste exhibo en fait.


Une autre anecdote: un copain avait écrit un mail à toute la promo tout bourré du genre "bande de tarlouzes à la dernière soirée je vous ai encore tous couchés". Grande finesse, à laquelle un gay
a répondu non sans humour (même s'il ne l'a pas très bien pris) "si tu connaissais mieux les gays, tu saurais qu'ils ne se couchent pas tôt"... bien sûr au lieu de ça, il aurait pu contacter rue
89 ou les assoces....



Chrisos 12/01/2012 08:13


autre explication : les deux filles qui sont allées raconter ces sornettes sur Rue89 sont des gros boudins, coincées et complexées, aigries de ne pas partager ces grands moments de franche
camaraderie avec les autres...


elles se sentent exclues, les pauvres!

mixlamalice 12/01/2012 10:53



Il ne restait peut-être plus de place au collectif contre la torture du gavage des oies pour la production de foie gras... on se trouve les combats qu'on peut.



mixlamalice 11/01/2012 20:01


Même si j'ai beaucoup apprecié mes années d'école (tant au niveau de la formation que des amusements en partant par les amis), je ne suis pas dithyrambique sur tout ce qui a trait aux écoles
d'ingé (notamment un certain esprit clanique qui impliquerait qu'on doive se sentir proche de quelqu'un qui a le même diplôme même si on pense que c'est un gros con).


Cela dit, il me semble vraiment que tout le monde a pu vivre sa scolarité, sa sexualité, son implication dans la vie de l'école, comme il le sentait, sans discrimination. A part peut-être les non
fumeurs quand ils allaient au foyer des élèves (et bien sûr ceux qui ne venaient jamais en cours et ne parlaient à personne, qui n'étaient pas très "intégrés").